EXAMEN DU CHAMP VISUEL 2'J
Dans vos premières expériences, vous avez étudié la sensibilité centrale de la rétine, celle de la macula ou point de fixation ; ici vous allez rechercher Tétat de la sensibilité périphérique. Quelque imparfaite qu*elle soit normalement, elle n*en est pas moins nécessaire. Comme Ta dit, avec infiniment de justesse, Maurice Perrin, elle est peu propre à faire voir distinctement les objets, mais elle aide à constater leur présence ; elle est comme une sorte de fonction préparatoire ou d'avertissement qui provoque, avec ou sans la participation de la volonté, le mouvement nécessaire pour placer l'objet signalé dans la direction de la vision centrale et associée. Provocatrice de l'attention qu'elle sollicite, cette vision excentrique est donc indispensable au tireur, à la sentinelle, et son utilité est en rapport avec le champ qu'elle embrasse : chaque œil a le sien et les deux se confondent au milieu pour rester séparés à la périphérie du côté externe, de sorte que, considéré dans son ensemble, notre champ visuel a une partie centrale et binoculaire, une autre périphérique et monoculaire.
Rien de plus facile et de plus rapide que sa mensuration si vous voulez vous contenter d'une appréciation, sans doute bien imparfaite, mais suffisante pour vous éclairer. Laissez votre observé assis à contrejour; placez-vous très près et en face de lui, à o'",io ou ©""ïij de distance. Ordonnez-lui de regarder avec un œil, l'autre étant fermé, un doigt de votre main appuyé contre votre redingote de couleur foncée et autant que possible à la hauteur de son axe optique, ou bien un objet brillant comme vos breloques; çro-
menez alors la main restée libre, ou une bougie, avec de légères oscillations de va-et-vientsuivant les quatre points cardinaux et dans le même plan; Si dans ces quatre positions, il voit à la fois la main fixée et la main mobile, celle-ci arrivant en dehors, aux limites de l'extension du membre, et, en haut, en bas, en dedans, à peine au quart ou au cinquième de la longueur de celui-ci, le champ visuel sera suffisant et votre conscrit pourra remplir toutes les obligations du service.
Si ce procédé vous paraissait quelque peu difficile pour le sujet, à cause de la courte distance à laquelle il doit maintenir la fixation, pendant toute la durée de répreuve, vous pourriez avoir recours à ceuxdeChauvel ou de W^rlomont.
Le premier est recommandé dans l'Instruction du Conseil de santé des armées (Chauvel, loco. cit, p. 76). L'observé et l'observateur sont à o^jço, l'index de ce dernier verticalement placé, sur la ligne de jonction et à égale distance des deux yeux correspondants chez l'un et chez Tautre, tandis que chacun tient l'autre œil fermé. La main libre de l'observateur, ramenée toujours de la périphérie vers l'index point de fixation et exécutant de petits mouvements de va-et-vient, sert à constater la limite du champ visuel dans les quatre directions principales. Si l'observateur fixe lui-même son index, il peut à la fois mesurer son propre champ visuel et celui de l'observé et juger par comparaison de l'état plus ou moins normal de celui-ci. A cette distance de o'",25, le doigt mobile doit être vu en dehors à longueur de bras, et dans les autres directions à