SERVICE AUXILIAIRE
SOUS de 1/4, Tautre œil ayant conservé une vision normale ou égale à 1/4 ;
10" La myopie comprise entre 1/4 et 1/6,' sans complication d'amblyopie ou d'altérations pathologiques des membranes internes ;
11° Uhyperméiropie abaissant l'acuité visuelle ausous de 1/4, mais susceptible d'être corrigé par des verres ;
12° Le strabisme incompatible avec le service armé, lorsque la vision de l'œil non dévié n'est pas sensiblement altérée.
En somme, et sans s'exposer à encombrer les dépôts de l'armée ou les divisions de nos ports de mer, de serviteurs inutiles, gênants ou onéreux, il suffira qu'un homme puisse convenablement remplir dans les bureaux, les ateliers, les casernes ou les hôpitaux, les fonctions de planton, d'écrivain, d'ouvrier ou tel autre emploi de service intérieur, pour qu'il soit apte à être rappelé au besoin. Si, pour certaines spécialités militaires^ de grandes exigences du côté de la vision sont indispensables, déjà on est contraint à bien moins de sévérité pour le serviee général du soldat et même du marin ; et pour le service auxiliaire^ on ne devra pas oublier que le maintien d'un homme dans l'Un quelconque des emplois qu'il comporte, en rend aussitôt disponible un autre plus valide, et prêt à combler les vides qui peuvent se produire dans le service armé.
Note I. — Instruction du 4 août iS"]^^ p. 20.
Quelques exemples empruntés aux actes de la vie maritime feront encore mieux comprendre la nécessité de cette modification.
Le matelot de pont, celui qui monte dans la mâture, ou prend part à la manœuvre des voiles, à plus forte raisonle gabier, doit voir distinctement lesmanœuvres courantes, discerner celles qui doivent être mises en jeu, les suivre de l'œil dans toute leur longueur, dans leur parcours à travers les poulies aux différents étages de la mâture, il doit pouvoir s'assurer qu'elles ne .font pas entre elles de tours, qu'elles ne sont pas engagées, etc.. Or toutes ces cordes sur une frégate blindée peuvent varier de 60 à 90 millimètres de circonférence, soit 20 à 30 millimètres de diamètre, elle, ne sont susceptibles d'être distinguées nettement qu'à 70 ou 90 mètres. Celui qui ne jouit que d'une acuité égale à 1/4 ne les verra par suite qu'à 17 ou 22 mètres. Or la mâture ayant près de 40 mètres de haut, ces manœuvres ne pouvant être vues qu'obliquement et ■en se plaçant à quelque distance du pied même des mâts, il ne pourra que rarement être assez rapproché pour les voir nettement. Son imperfection serait bien plus à redouter quand il serait de veille aux bossoirs ou en service de vigie. Il faut en effet qu'il signale tout -ce qui flotte sur l'eau assez à temps pour que le navire puisse manœuvrer et éviter un choc ou un danger.Or, î 15 nœuds de vitesse, la frégate, que nous prenons pour type des navires de combat, parcourt 463 mètres par minute. Elle ne peut instantanément rompre son erre, se dévier de sa route ; il faut que la vigie prévienne, que l'officier entende, constate, décide, ordonne : quelques minutes sont bientôt passées et si l'objet en question, barque, tonne, bouée, balisant un passage,
28o NOTES EXPLICATIVES
épave quelconque, n'a pas été aperçu et signalé au moins à i 500 mètres de distance, ce qui ne suppose en somme que 3' 12'' entre le premier avertissement et Texécution de la manœuvre, il sera trop tard pour l'exécuter. Ainsi une barque de pécheur, objet déjà assez volumineux, ne mesurant pas un mètre au-dessus de l'eau, peut facilement être signalée par de bons yeux à 3 ou 4 mille mètres ; l'amblyope de 1/2 ne la voit plus qu'à 2 000 et celui dont l'acuité est descendue à 1/4 peut tout au plus la distinguer à I 000. A plus forte raison lui serait-il difficile de signaler en temps opportun des objets plus petits et en particulier par exemple ces lignes de liège indiquant un filet mouillé, cette cause si fréquente d'embarras et d'ennuis pour l'officier, d'avaries pour le navire.
Le rapport entre l'acuité visuelle, les dimensions des navires, et la distance où ils sont perceptibles, est encore plus digne d'attention. D'après une note empruntée au rapport inédit du docteur Lucas, médecin principal , qui fut attaché autrefois à la commission de l'Ecole navale , deux frégates blindées, type Belliqueuse , marchant à l'encontre l'une de l'autre, avec 8 nœuds de vitesse, et ne montrant que l'avant, ne seraient visibles qu'à 3 600 mètres, et pour-^ raient se rencontrer 7' après qu'on les a signalées.
Dans les mêmes conditions, avec deux avisos, type Adonis ^Voïïicier ne disposerait que de ^'2^'^ pour parer au danger d'un abordage, et il est bien d'autres cas^ avec des types ou plus rapides ou plus fins de forme où ce temps se réduirait à 4' (Communication du docteur Maréchal), et même à bien moins encore, car ces types existent aujourd'hui : tout y est sacrifié à la vitesse qu'on prétend porter à 20 et 25 nœuds pour les croiseurs, tandis que le torpilleur minuscule» réduit à 33 mètres de long, à peine élevé de i mètre au-dessus de l'eau, disparaissant dans la brume, la
pluie, entre les lames, menaçant par sa rapidité, ses monstrueux adversaires, tend à devenir invisible à quelques centaines de mètres , même pendant le jour.
Loin donc de trouver trop sévère ce chiffre de V =i 1/2 exigé pour les inscrits maritimes, il faut le considérer à peine comme un minimum qu'on a eu tort d'abaisser à 2/5, et je pense qu'il doit être aussi applicable aux engagés volontaires ou aux hommes du recrutement qui viennent compléter les divisions. Quoique l'Instruction de 1879 soit muette sur ce point, en pratique il peut pourtant en être ainsi. Toutes les années un certain nombre de recrues désignées par le tirage au sort parmi les jeunes soldats auxquels échoient les premiers numéros de chaque canton (art. 39 de la loi du 27 juillet 1872) est affecté à l'armée de mer et doit combler les vides de l'artillerie, de l'infanterie de marine et des équipages de la flotte. Le contingent que ces derniers demandent au recrutement est en général rempli et au delà par une foule de jeunes soldats peu soucieux du service colonial auquel les condamne à bref délai leur incorporation dans l'un des deux corps militaires de la marine et qui préfèrent être enrôlés dans les divisions et servir comme marins. Aussi pourrait-il être permis, en raison même du choix que l'on peut exercer, d'être exigeant pour leurs aptitudes physiques et de renvoyer tous ceux qui ne remplissent pas cette condition d'acuité. Pour les régiments d'artillerie et d'infanterie de marine, la règle commune ne peut être transgressée, elle reste la même que pour l'armée.
Note 2. — Bulletin officiel^ 2^ semestre 1875, p. 75. L'épreuve visuelle imposée aux candidats à rÉcole navale leur est toute spéciale. Rien de pareil n'existe pour les jeunes gens qui concourent pour l'École Polytechnique ou l'Ecole de Saint-Cyr, et qui ne sont
soumis qu'aux conditions générales d'aptitude au service militaire. La sévérité des conditions imposées au futur officier de marine se justifie par l'importance même du rôle qu'il aura à remplir. De sa part une erreur involontaire d'appréciation sur les distances ou la position des objets peut entraîner les plus sérieux •dangers et pour les hommes et pour les navires : erreur d'autant plus redoutable que l'augmentation des vitesses la rend plus facile.
La sévérité de l'épreuve était donc justifiée, mais il était utile en outre qu'elle fût simple à pratiquer, portant à la fois sur l'ensemble des conditions de la vision distincte, éliminant toutes les imperfections de la vue quelle que soit leiir origine et susceptible d'être appliquée par les chefs d'établissement soucieux d'être à même de diriger leurs élèves vers une carrière au seuil de laquelle un refus imprévu et désespérant pour les familles, ne vienne pas les arrêter (i). Toutefois, telle qu'elle avait été tout d'abord établie^ elle devait donner lieu à quelques observations.
D après la disposition de l'appareil tel qu il était, il semblait que l'examen devait porter â la fols sur les deux yeux. Si l'attention n'était éveillée de ce côté, on serait exposé à accepter comme propre à être officier un amblyope monoculaire, un borgne, qui de fait serait impropre au service.
Il eût été aussi peut être utile de se préoccuper uu peu plus delà portée de la vue, qualité si nécessaire au marin, et de procéder à un double examen de près et de loin, car un myope de 1/24 qui peut satisfaire à l'épreuve prescrite à 2 mètres de distance peut être toutà fait impuissante remplir touteslesconditionsde vision que leservice exige, à moins qu'il ne soit accepté
(i) La circulaire du 20 octobre 1888 autorise les parents à demander cet examen anticipe aux conseils de santé des ports : l'avis exprimé par eux est officieux.
.en principe que le port d'un lorgnon ou des lunettes est toléré pour Tofficier.
Éclairé directement, le grand tableau blanc de l'appareil tel qu'il était, exerçait sur la lumière un effet dispersif peu favorable a l'exame net très nuisible pour des yeux fatigués qu'il éblouit.
Ne convenait - il pas aussi de le munir d'une échelle de couleurs, qui pût permettre d'obtenir l'acuité chromatique, et non pas seulement de dévoiler les cas accentués d'achromatopsie ? Enfin les résultats fournis par cette méthode appliquée surtout sur de jeunes candidats à la veille d'un concours sont variables et ne présentent pas pour tous des conditions d'une parfaite identité. En effet pour satisfaire à l'épreuve, le jeune observé doit utiliser son acuité, sa réfraction statique et sa réfraction dynamique, c'est-à-dire son accommodation.
Or chacun de ces trois termes d'où peut dépendre sa réussite est modifié, par les études qui précèdent l'examen, non d'une manière uniforme chez tous, mais variable au contraire, suivant l'hygiène de la vision de l'école, suivant l'état de la réfraction statique, les dispositions individuelles tant du côté de l'état général que du côté de l'organe : l'acuité peut diminuer par suite d'un état congestif des membranes profondes, la réfraction statique se modifier par l'allongement progressif de l'axe antéro-postérieur dû aux efforts du travail de près, la réfraction dynamique, par la fatigue du muscle acçommodateur qui reconnaît la même cause, surtout quand un certain degré de débilitation générale vient y contribuer. Le repos, le grand air, un court séjour à la campagne en présence d'un horizon étendu, la cessation du travail, au contraire, de même encore qu'un exercice modéré avec l'appareil réglementaire qui permettrait à l'œil de s'habituer et de connaître les difficultés de l'épreuve,
pourraient redonner à la vision Tacuité qu'elle paraissait avoir perdu au moment d'une épreuve faite dans des conditions fâcheuses.
Ces dernières causes d'inégalité sont inévitables, et leur correctif ne peut se trouver que dans l'exacte observance des règles de l'hygiène de la vue, surtout en ce qui touche l'éclairage, la durée des études, des repos, le choix des livres, etc. etc..
Les imperfections du procédé pouvaient au contraire être ultérieurement modifiées. Déjà le docteur Maréchal a fait connaître, à l'Ecole de Brest, un optomètre dans lequel il paraît avoir rempli, d'une manière originale et très satisfaisante, toutes les conditions de cet examen. J'ai moi-même fait construire et montré à ma clinique un appareil léger, portatif, avec lequel on pourrait remplir tous ces desiderata, éviter toute supercherie et examiner rapidement, non seulement l'acuité visuelle de près et de loin , mais aussi l'acuité et le sens chromatique tant à la lumière réfléchie qu'à la lumière transmise.
Malgré les défauts de l'appareil réglementaire, auxquels il faudrait ajouter encore celui du poids et de ses dimensions exagérées, ce n'en a pas moins été un immense progrès que de l'avoir introduit dans la marine, et d'avoir établi une expérience et une règle fixes, pour les candidats à l'bcole navale.
Peu à peu on s'était pourtant relâché de toute rigueur dans l'application de ces règles si sages ; les appareils qu'on avait cru pouvoir substituer à celui primitivement recommandé, incomplets ou compliqués et ne reproduisant pas les conditions exactes des prescriptions de 1874, étaient tombés en désuétude, même sur le Borda ; il était nécessaire qu'une instruction officielle vint rappeler à l'exécution du règlement et faire connaître le mode d'examen à employer. Tel a été le but de l'instruction du 2)
mars 1888 que je donne en entier, à la fin de ce travail.
Les résultats de son application ont pourtant affecté péniblement le monde officiel. Déjà l'annonce de la sévérité, que Ton apporterait dans les examens, a semblé diminuer le nombre des candidats de 520 en 1887 il est tombé à 487 en 1888. Sur ces 487, 91 ont été trouvés insuffisants par les commissions, la plupart comme vision ; de ces 91, 20 qui se trouvaient sur la limite ou ne présentaient d'affaiblissement de la vision que du côté gauche ont été acceptés, 71 refusés définitivement :
3 pour faiblesse de constitution ou autres états les rendant impropres au service ;
68 pour défectuosités de la vision, 8 daltoniques, 60 acuité insuffisante, presque tous amétropes, l'immense majorité myopes. Parmi ces derniers beaucoup étaient signalés par les chefs d'établissement comme bons élèves.
Pour les daltoniques, nul doute qu'il ne soit nécessaire de maintenir dans toute leur rigueur les prescriptions réglementaires.
Nul doute encore que l'acuité de 2/5 exigée, ne soit un minimum au-dessous duquel on ne puisse descendre, quand il s'agit d'une amblyopie, quelle qu'en soit la cause.
Mais pour la myopie faible, faudra-t-il aussi maintenir la défense de toute correction ? N'y aura-t-il pas lieu de tenir compte des observations que je faisais en 1880 (p. 217,1V® chapitre) et relativement au port d'un lorgnon, faire une exception en faveur de l'officier ? Le contingent annuel y perdrait comme aptitude physique, il y gagnerait comme aptitude scientifique. La question pourrait bien ne pas tarder à se poser.
Note 3. — Il est fâcheux, au point de vue pratique, qu'il n'existe pas entre la diminution de l'acuité au loin et le degré de myopie un rapport constant, qui
puisse permettre de conclure de Tun à Tautre, et de fixer, à la fois, par le simple examen ou de Tune ou de l'autre le chiffre compatible avec le service de la flotte. Cest ce qu'avait fait ressortir Maurice Perrin, dans sa réponse aux inspecteurs du service de santé, Jules Roux et Walther, le consultant sur l'épreuve visuelle à imposer aux candidats à l'École navale, et ce qui explique pourquoi nous n'avons pu fixer qu'approximativement le degré de myopie compatible avec l'épreuve aujourd'hui réglementaire. Les dissemblances dans le résultat de l'examen au point de vue de l'acuité au loin sont en effet très grandes. Elles tiennent d'abord aux différences individuelles de l'acuité physiologique des myopes, souvent en déficit, ensuite aux différences non moins grandes de l'interprétation des impressions rétiniennes diffuses qu'ils reçoivent ; l'exercice, la faculté de combinaison, les habitudes ont ici une très large part, aussi le myope qui porte lunettes et qui, par suite n'est pas habitué à faire abstraction des cercles de diffusion, comme celui qui en est privé, lui sera-t-il bien inférieur, quand il les abandonne, et s'il en est brusquement privé parun accident par exemple, sera-t-il plus impuissant encore que l'amblyope auquel je l'ai comparé.
Note 4. — Annales (Toculistlque, Mai-juin 1879. Critique des résultats obtenus par Maurel, dans l'étude de Giraud-Teulon sur l'acuité, ses éléments et leur mesure Or, ces résultats, j'ai pu les contrôler dans une série d'expériences faites dans ce but, d'après le procédé de Maurel, et je les ai confirmés en répétant, chez les mêmes hommes, l'examen avec le numéro 10 de l'échelle de Wecker. Je dois même ajouter que, dans cette dernière épreuve, l'acuité a toujours été supérieure à celle indiquée par Maurel ; il est vrai qu'il en est tout différemment avec les numéros de l'échelle optométrique de Giraud-Teulon, dont les
lettres n'ont plus la même disposition, la même égalité de jambages, d*où la nécessité de toujours indiquer l'échelle employée.
Note 5. — Les fusils aujourd'hui acceptés (modèle 1886) portent efficacement de I 500, à 2 000 mètres, et le projectile peut même aller à 3000 mètres. Mais cette longue portée ne pourrait être utilisée que bien rarement, car même dans des feux d'ensemble ou de salve, à partir de 400 mètres, l'homme ne vise plus ; la distance, la fumée, l'émotion l'empêchent de diriger son arme plutôt sur un point que sur un autre.
Pour les feux individuels, ils ne peuvent guère être efficaces à plus de 1000, et ne deviennent réellement redoutables et certains qu'à 600 mètres contre un cavalier, 520 contre un homme debout ou 420 s'il est à genou. Un bon tirailleur doit donc voir son objectif» l'ennemi, à cette distance de i 000 mètres, ce qui est impossible à celui dont V = i /4, et ne devient théoriquement pratique que, pour celui dont l'acuité est
presque normale, c est-à-dire =1: ou — environ,
puisque, d'après les dimensions de l'homme, nous avons dit qu'il devait être distingué à environ 1 30a mètres. L'acuité pourtant doit être au moins égale à i, si on réfléchit que dans cette guerre de tirailleurs, l'ennemi se défilant, se couchant, profitant de tous les plis du terrain, de tous les abris, ne montre qunne partie de son corps^ et qu'aussi bien à terre dans les tranchées d'un siège, dans les fossés d'un camp ou en bataille, qu'à bord dans les hunes ou à l'abri d'un réduit ou d'un bastingage où l'homme est en grande partie masqué, il s'agit de le dépister, de prévenir ses coups, et souvent de le reconnaître même dans de mauvaises conditions de milieu et d'éclairage.
Dans les exercices de tir, les distances varient en
général de 150 à 800 mètres ,; les buts ont des dimensions totales de i'",5oà 2 mètres de côté, visibles bien au delà de ces distances : mais la partie noire centrale que Iç soldat devrait surtout viser et qui est remplacée aujourd'hui par l'intersection de deux axes ou par des lignes en noir circonscrivant des cercles ou des rectangles, mesurait, comme cela existe encore dans la marine :
o 30 1 de diamètre pour l 300 m. 1 ce qui devrait être l 990 m. o 50 > I 600 > vu distinctement < 1650
o 75 ^ le tira ( 800 ] par un œil normal à ( 2475
Distances et grandeurs des buts sont donc calculées ici pour des vues inférieures à la normale, et dont V égalerait seulement un tiers ou un demi : quant à la cible totale, les plus mauvaises vues, celle de V := 1/4 sont toujours capables de les atteindre par un tir d'à peu près Seulement, si la partie du but à atteindre est suffisante dans son ensemble, les lignes noires qui leur servent de limites ou leur intersection qui doit être le point de mire, ne mesurant que 0^,03 ou o^iO^ de large, le sont à peine pour les petites distances et cessent d'être visibles pour les grandes. (Camus, des cibles, Rec de méd, militaire^ 1881, p*. 206.)
Lartillerie de campagne peut aujourd'hui porter jusqu'à 7 000 mètres, mais elle ne peut efficacement engager la lutte au delà de 4 000 mètres dans un combat d'artillerie ; contre la cavalerie, il est recommandé de ne tirer qu'à i 500 mètres, et contre l'infanterie à I 200 mètres. Les exercices de tir à obus se font au maximum à 3 000 mètres sur des panneaux de longueur variable et de 2 mètres de hauteur.
Pour les pièces de gros calibre, Texercice ne se fait guère qu'entre i 800 et 3 500 mètres, quoique leur portée puisse atteindre même 12000 mètres. Dans les sièges, et à moins de bombardement, le maximum du tir n'est guère que de 3 000 mètres.
Dans la marine, malgré le calibre de Tartillerie actuelle, on n'exerce les hommes qu'à environ 500 mètres en marche, sur un but flottant, et à i 200 mètres au mouillage sur un but fixe. Ces cibles cylindriques, et plussouvent sphériques, n'ont que i mètre de diamètre. Un œil normal devrait les distinguer à 3 300 mètres. La portée des pièces est cependant de beaucoup plus considérable, car le canon de o'",24 peut aller à 14000 mètres, celui de o™,i9 à 9 000 mètres, mais on estime, qu'entre bâtiments, une distance de combat de 2 000 mètres est déjà un maximum. Dans le tir de rupture contre les cuirassés, on ne pourrait dépasser I 000 mètres sans dépenser ses coups en pure perte, et lorsqu'on cherche à couler une embarcation, un porte-torpille, on ne peut guère espérer l'atteindre et y réussir qu'à 4 ou 500 mètres.
En résumé,
T ♦ ^'11 • / *5*^ * 3000 mètres contre les voitures ou les pièees rendues
L, artillerie i apparentes par le feu.
•de campagne < j^^^ mètres contre la cavalerie en mouvement.
tire a ^ j^^^ mètres contre l'infanterie, visant à la ceinture.
/ 1500 à 2000 mètres contre les remparts pour faire brèche.
L'artillerie I 3000 mètres contre l'artillerie de la place.
de siège | 6000 à 7000 dans un bombardement visant les édifices les V plus élevés
i"K / 2000 mètres au maximum contre un bâtiment, les sabords,
<jros calibre i cheminée, ligne de flottaison, parties non blindées servant
• "® j de point de mire.
la manne ^ j^^^ mètres tir de rupture contre la cuirasse.
Ainsi, dans bien des cas, le tir s'exécute à des distances relativement rapprochées, comparées aux dimensions •des objets à atteindre ; mais l'artilleur, dans d'autres circonstances, n'en a pas moins besoin d'une bonne portée de la vue et d'une acuité parfaite, quand il •doit, à 2 500 ou 3 000 mètres, viser sur un groupe -d'hommes, de chevaux et sur mer, atteindre à i 500 ou 2 000 mètres, les parties vulnérables d'un navire, de peu d'élévation sur l'eau et que sa peinture déguise encore au regard.
BARTHéLBMY. L'examcn de la vision. 19
Note 6. — Dans ces yeux à longue portée, y a-t-il seulement acuité plus parfaite, ou ne se distinguentils seulement que par une perceptivité plus grande de la lumière ? Ou encore, les éléments terminaux du nerf optique sont-ils plus grands, ou ne diffèrent-ils que par une faculté d'appréciation plus développée de la lumière, de telle sorte que l'image rétinienne minima étant chez eux (égale à celle des autres, ils la distingueraient de plus loin, malgré l'atténuation de ses teintes qui la rend invisible pour d'autres?
Lorsque nous cherchons à voir un objet éloigné, si nous ne pouvons y parvenir, ce n'est pas que Tangle visuel sous lequel son image peut se faire sur notre rétine, soit trop petit, mais bien plutôt parce que les rayons lumineux qui en émanent et arrivent jusqu'à nous, sont insuffisants.
Il y aurait donc réellemeet deux propriétés : Vacuité en rapport avec la grandeur des cônes et bâtonnets, la portée en rapport avec la délicatesse de la perception lumineuse.
Note 7. — Le docteur Loiseau (i), médecin militaire belge, qui s'est occupé avec talent et une grande ingéniosité des procédés d'examen de la vision devant les conseils de milice, avait imaginéle mode d'examen suivant dans le but de classer les soldats d'après leur aptitude au tir.
La taille moyenne d'un homme étant de i^ïÔo, sa largeur étant égale au 1/4 de sa hauteur, soit o'",4o, son image aura sur la rétine o",oo5, quand il sera placé à I 300 mètres environ, et sera, dès lors, perceptible. Or, un objet de o'",oo6 de largeur et de o"',034 de haut fournira, à 20 mètres, une image de même dimension etla figure 16, par exemple, représentera à cette distance un fantassin. L'œil qui le voit à 20 mètres
(i) Loiteau, Ahh. d'ocul., 1878, pour ton optomètre, et 1879 janvieff février, — juillet, août.
ïst considéré comme susceptible de voir l'homme i I 300.
Si le sujet peut s'éloigner au delà de îo mètres tout en continuant à voirdistinc- :ement l'objet, c'est une preuve que la por- :ée de sa vision va au delà de i 300 mètres; îUe reste en deçà s'il doit se rapprocher.
Et pour procéder pour ainsi dire plus militairement, le docteur Loiseau voudrait que ie sujet eût à regarder cette image avec un pi^^ jg télémètre spécial, gradué pour donner sans calcul, d après la distance à laquelle l'image est vue, la distance à laquelle, sur le terrain, l'homme luimême le serait.
En résumé, ce procédé revient absolument à celui que j'ai conseillé, seulement au lieu d'un test-caractère de o",oo3 visible à 10 mètres, on se servirait d'un objet plus grand de o^.ooô visible à 20 mètres.
Note 8. — « La transformation subie par le maté- « riel naval a considérablement réduit le nombre des « hommes que réclament nos escadres, mais elle leur K demande plus de force, elle exige d'eux des connaisse sances plus étendues . L'instruction dispendieuse , « donnée à ce corps d'élite, augmente la valeur indi- « viduelle de chacun des hommes qui le composent, « elle rend leur choix plus important et les non va- « leurs plus préjudiciables. » /;z5/r/ir//o;z, 1879, page 3, voir aussi la lettre du ministre qui la précède.
Note 9. — Il est absolument certain que quelquesunes dés catastrophes qui ont attristé la marine ou les chemins de fer n'ont pas eu d'autres causes que cette aberration du sens chromatique (voir à ce sujet le travail de Féris, ceux du D" Favre, qui seront signalés plus loin, les faits cités par Holmgren, les observations du D*" Romberg sur le rôle du daltonisme dans les sinistres maritimes, reproduites dans le travail de
Carreras Atâgo, Examen delà vision^ Barcelone, 1880.) Sur deux mille quatre cent huit catastrophes enregistrées dans la marine de 1859 à 1866, Romberg en attribue huit cent quarante-six à des altérations du sens chromatique. La lecture dans les archives de la marine, des séances des conseils de guerre, pour abordage pendant la nuit, serait aussi particulièrement instructive pour le médecin qui s'occupe de cette question du daltonisme.
Les signaux employés dans la marine, sont des pavillons dont toutes les combinaisons sont formées par les couleurs blanche, rouge, bleu, jaune, beaucoup plus rarement par le vert; des feux rouge, vert et blanc ; les fusées et les feux Coston colorés aussi en rouge, vert ou blanc. Les phares, qu'ils soient fixes à éclats uniques ou doubles, n'ont aussi que trois couleurs et sont surtout rouges ou blancs, plus rarement verts; les balises sont noires, rouges ou blanches.
Note 10. — Dalton estimait déjà à 8 ou 10 0/0 le nombre de personnes susceptibles de ne pas reconnaître toutes les couleurs. Prévost disait que sur vingt personnes que le hasard réunit, il y en avait au moins une dans cette position. Kellan n'évaluait cette proposition qu'à 2/100. Favre, sur sept cents vingt-huit employés de chemin de fer de dix-huit à soixante ans, et en tenant pour tels tous ceux dont les hésitations étaient réitérées au sujet delà même couleur,en a trouvé 8/100, et Féris, sur cinq cent un marins examinés, en a compté quarante-sept, présentante des degrés divers, une altération du sens chromatique, soit 9,4/100. Les plus maltraités étaient les chauffeurs, qui ne présentaient pas moins de 18/100. Le D"* Favre avait noté une proportion encore plus élevée pour cette profession qui lui avait donné 24/100.
Réunissant ces deux chiffres, Féris arrive à ce résultat très important à noter, d'une proportion de vingt
chauffeurs pour loo atteints de daltonisme. Il est cependant probable que cette diminution du sens chromatique, qui, chez eux doit être le fait d'un épuisement de la sensibilité rétinienne pour le rouge, n'est que temporaire, ce que des observations ultérieures m'ont démontré.
Les chiffres qui précèdent seraient peut-être trop élevés, si on s'en rapporte à la plus grande des statistiques que nous possédions, celle d'Holmgren (i). En Suède, sur trente-neuf mille deux cents quatre-vingtquatre personnes, il aurait trouvé une moyenne de 3,25 0/0 parmi les hommes, au nombre de trente-deux mille cent soixante-cinq et de 0,26 0/0 pour les femmes examinées, au nombre de sept mille cent dixneuf. D'autre part, Cohn de Breslau n*'a trouvé que 4 0/0 d'écoliers qui en fussent atteints et pas de filles. Ce fait serait en contradiction avec le résultat des examens du D'' Favre, dans les écoles de Marseille où il aurait trouvé 30 0/0. Est-ce différence de race, ce que quelques observations de Galezowski porteraient à croire, ou différence dans le mode d'examen. Je serais plutôt porté vers cette dernière supposition, le D*" Favre ayant noté comme daltonisme les simples hésitations sur la dénomination des couleurs, et étant en outre arrivé facilement par quelques exercices avec les laines colorées à redresser chez la plupart ces erreurs chromatiques, ce qui implique plutôt un défaut d'éducation qu'une réelle imperfection native de la rétine. Dans ces statistiques, il y aurait peutêtre aussi à tenir compte de l'éducation antérieure aussi bien des individus examinés que de leurs ascen-
(i) Holmgren, Annales d'ocuiisiique, 1879. Au congprès de Copenhague, 1884, Libbrecht, de Gand, ne donne que 2,65 0/0 et Kedard 2 0/0. Ces différences tiennent sans doute à la précision relative des divers modes d'examens et à la confusion faite trop souvent entre les inintelligents, les non éduqués et les vrais daltoniens.
dants. N'est-il pas possible, puisque le daltonisme congénial est souvent héréditaire, que réducation,son degré , son genre, et pour ainsi dire Tancienneté de la civilisation des uns et des autres, ne joue un certain rôle dans la fréquence de laffection ? S'il est vrai, comme Magnus a cherché à l'établir, que le sens des couleurs se soit développé chez les peuples d'une manière lente et progressive, idée originale qui a suscité tout récemment encore une polémique très vive; s'il se confirme aussi comme Andrée (i) l'a avancé, que certaines imperfections chromatiques existent chez les peuplades les plus diverses, séparées ethnologiquement et géographiquement, et n'ayant de commun que leur état plus ou moins sauvage, on serait tenté de croire â priori que le sens chromatique doit être plus développé chez les descendants des familles depuis longtemps arrivées à une éducation surtout artistique complète , que chez les autres, de telle sorte que la civilisation aurait ce singulier résultat d'augmenter le sens chromatique et de diminuer l'acuité visuelle en provoquant la myopie.
Un travail tout récent de Denefïe, de Gand, Ann. d^Ocul.^ juin 1888, confirme les appréciations qui précèdent sur l'influence de l'hérédité et de l'éducation du sens chromatique. Daprès lui, le nombre des daltoniens serait plus considérable dans les classes inférieures; plus chez l'enfant que chez l'adolescent; chez celui-ci que chez Tadulte ; chez l'homme que chez la femme, dans la proportion de 45 à i et à tout âge. Il est par suite porté à admettre l'existence de deux sortes de daltonisme : l'un, attribuable à l'absence de l'élément chromo-esthésique , plus rare et incurable , l'autre, à son imperfection par défaut d'éducation chez l'individu ou ses ascendants, beaucoup plus fréquent et susceptible de perfectionnement.
(x) Andrée, Ahh, d'ocul., 1879.
Note II. — Nombre de cécités chromatiques ne sont que des manifestations d'une diminution de la sensibilité lumineuse (L) et le sens chromatique (Ch) suit dans sa dégradation la marche de l'affaiblissement de Tacuité visuelle (V) du centre à la périphérie (Giraud-Teulon, De la vision^ p. 563, 565).
Si ces trois éléments distincts de la vision physiologique se trouvaient indissolublement unis, si, tant à l'état normal que pathologique, il n'y avait jamais disjonction^ un simple examen d'acuité serait suffisant. Il n'en est pas ainsi et malgré qu'en général il existe des relations directes entre la diminution de l'une et celle des deux autres, il est bien des cas, surtout audébut des affections, où l'altération porte surtout sur l'un d'eux et plus particulièrement sur le sens chromatique.
A défaut de règle fixe il m'a paru utile de résumer, à titre de renseignements à consulter, les observations de Parinaud (Ann, d'ocu., 1881); d'Olle Bult, Hilbert, Holmgren, etc., 1882, 1884, 1887), sur les rapports qui peuvent exister entre les maladies et les manifestations qu'elles provoquent du côté de Ch, L, V, quant à l'ordre dans lequel elles se produisent et au siège qu'elles occupent sur le champ visuel.
Parinaud divise tous ces cas de daltonisme en quatre groupes :
Daltonisme acquis vrai. Il se rapproche du daltonisme vrai ou congénital. Au début il est peu prononcé et facile à méconnaître, la cécité chromatique peut occuper partie ou totalité du champ visuel, mais la vision centrale est toujours plus atteinte^ elle peut même en être le siège unique : le sens lumineux peut être normal et l'acuité visuelle encore bonne, alors que déjà le sens chromatique est profondément altéré. Plus tard tous seront atteints.
Cette disjonction n'existe que dans les affections
qui intéressent le système nerveux central et relèvent d'une lésion cérébrale. Dans cette catégorie entrent : les atrophies d'origine cérébrale ;
Les amblyopies toxiques et en particulier nicotique et alcoolique, dans lesquelles le premier symptôme est toujours l'apparition du scotome central, d'abord pour les couleurs (rouge et vert), plus tard pour la lumière.
Dans l'amblyopie hystérique, les atrophies progressives, sens lumineux, sens chromatique baissent ea même temps et dans ces dernières le champ visuel se rétrécit rapidement.
Le plus souvent la cécité porte sur les deux couleurs complémentaires le vert et le rouge, ce n'est que dans les compressions du nerf optique, ou alors que la destruction des éléments de la rétine est complète, que l'achromaptosie est totale (011e Bult).
Dalfonisme acquis faux. — Dyschromafopste. — Caractérisée par l'affaiblissement corrélatif de L et de Ch., avec conservation plus ou moins incomplète de V. Cette forme peut bien exister dans les amblyopies d'origine centrale, mais elle appartient surtout aux affections périphériques ou exclusivement oculaires (Parinaud). Dans tous les cas où avec la torpeur rétinienne, le sens lumineux diminue, le malade commet les confusions que nous pouvons constater pour nousmêmes, à un très faible éclairage (Forster), il confond les faibles nuances du rouge avec le jaune, celles du vert avec le bleu (OU., Bultj. L'affaiblissement du sens chromatique intéresse d'ailleurs d'une manière assez irrégulière la vision des différentes couleurs, ce sont celles dont l'intensité lumineuse est plus grande qui sont les mieux perçues (Parinaud).
Il en est ainsi quelquefois dans les amblyopies d'origine cérébrale et plus souvent dans les cas de lésions
des membranes profondes : choroïdites, décollement rétinien; dans les affections nerveuses avec tendance à Tanesthésie cutanée ; avant même que l'amblyopie soit confirmée, le sens lumineux peut être atteint à un haut degré sans que le malade en soit incommodé et que le médecin puisse le soupçonner; si l'acuité n*a point sensiblement baissé et si Texamen se fait à un bon éclairage, les premiers symptômes de l'affaiblissement chromatique peuvent lui échapper.
Dans l'héméralopie, la confusion porte d'abord sur le bleu (Macé, Nicati).
Chez rictérique le mélange de la bile aux humeursrend plus défectueuse la perception du rouge.
Dyscrliomaiopsie relative, — Celle-ci n'intéresse aucune des trois facultés de la rétine. Elle tient à la dispersion de la lumière et des rayons de réfrangibilité différente chez les amétropes. Au delà de son PR l'œil du myope n'est plus achromatique ; de près, sens^ lumineux, chromatique, acuité, peuvent être parfaits; de loin à 5 ou 6 mètres le vert, le bleu à rayons hétérogènes, seront moins bien vus que le rouge en général plus monochromatique, et à grande distance la lumière incomplètement blanche des signaux, suivant l'état des réflecteurs ou l'état de l'atmosphère, pourra tourner au jaune ou à l'orangé (Parinaud).
La cécité des couleurs, au lieu d'être définitive ou d'une certaine durée, peut être transitoire (D"" Hilbert,. Ann, dr'-ocu,, 1887). Les causes qui peuvent provoquer cette dyschromatopie sont :
I** Un traumatisme déterminant des désordresmoléculaires dans la substance cérébrale, analogues à ceux de la commotion ;
2° Les substances toxiques et midro-organismes,. amblyopies toxiques intermittentes ;
3** Toutes causes capables d'amener une irritabilité excessive du système nerveux chez des personnes
névropathes ( hypnotisme , épilepsie , hystérie ) ;
4** A cette énumération il faut encore ajouter le surmenage cérébral, la fatigue oculaire amenant le défaut d'adaptation de la rétine aux perceptions lumineuse et colorées. Cette fatigue agit plus vite et plus complètement sur Tacuité chromatique centrale que périphérique. C'est dans cette catégorie qu'il faut ranger les cas fréquents de faux daltonisme signalés par Féris chez les chauffeurs.
Note 12. — Les laines de Holmgren, la méthode des ombres colorées et des tables isochromatiques de Stilling ont leurs partisans également convaincus. Beaucoup leur assignent une valeur égale (Schmith) ; Cohn, Pfluger proclament l'excellence de celle-ci, Warlomon, Kolbe, Mauthner préfèrent celles-là. La difficulté de l'exécution des tables de Stilling, leur prix, feront sans doute longtemps encore préférer les laines dites de Berlin ; on peut les trouver partout et on peut les remplacer par des pains à cacheter, des papiers colorés soit ceux à teintes veloutées pour la tapisserie, soit ceux à teintes mates pour la fabrication des fleurs artificielles. Les papiers ont l'avantage de tenir moins de place et toute la coUectioil se glisse facilement dans une poche, mais les nuances sont plus difficiles à trouver et à compléter qu'avec les laines.
Ces dernières, toujours mates, faciles à manier en écheveaux, ont pourtant l'inconvénient d'être encombrantes. Pettorelli {An. d'oc, 1887, p. 56) en avait tendu les fils sur des boules, ce qui doit être assez gênant comme volume et difficile à employer à cause de leur mobilité. Dans l'appareil qui sera décrit ultérieurement et qui est réglementaire dans la marine, je leur ai donné une disposition qui me paraît pratique. Un fil de chaque couleur est enroulé à plat sur un petit carton de quelques centimères ; le fil y fait
douze tours rapprochés et les bouts en sont fixés dans une petite fente faite sur les bords. Les soixantequinze échantillons choisis se placent facilement dans une boite en carton, analogue à celles qui contiennent une ramette de papier à lettre. Dans Tintérieur de la boîte doit être collée une instruction sommaire du procédé et la planche coloriée d'Holmgren , réduite à son numéro i etii*qui suffisent.
Holmgren employait de nombreuses couleurs ou nuances dontles rouge, orange, jaune, vert-jaune, vert pur, vert-bleu, bleu, violet, pourpre, rose, brun, gris, de préférence plusieurs nuances de chaque couleur et dans chaque nuance au moins cinq gradations de la plus foncée aux plus claires. Warlomont, enlevant les vert-jaune et vert-bleu, et prenant cinq teintes graduées pour les autres, avait réduit le total des échantillons à cinquante. Wecker en emploie cent, Petorelli cent quatre. Chacun a varié en plus ou en moins, sans grande raison.
Ces laines peuvent facilement servir à l'épreuve d'appellation et remplacer l'échelle chromatique de Galezowski d'après Chevreul (i), la carte ou canevas de Daae proposé par l'auteur pour être substitué à la méthode d'Holmgren, les lettres de Snellen, de Wecker, l'échelle chromatique de ce dernier qui sert encore à la mesure de l'acuité chromatique, le ciel étoile de Donders et tant d'autres dispositions dont rénumération deviendrait infinie.
Badal [An: d'ocu., i88i,p. loi) a proposé pour l'expérience d'Holmgren un échiquier original, dans les trous duquel l'observé doit placer des fiches colorées qu'on lui donne à choisir.
La méthode des intensités minima de Landolt, le
(i) Galeieowski, Échelles optométiques et chromatiques. Paris, 1883, et Échelles portatives des caractères et des couleurs^ Paris, 1880,
disque rotatif de Maxwel, le contraste simultané de Weber, moyens de précision pour les recherches physiologiques et pathologiques, ne peuvent être d'un usage courant.