‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 10 sur 30 · ROI DE F?ANCE · texte numérisé non relu

ROI DE F?ANCE

régna trois ans.

(An 884.)

D. Qui fut le successeur de Louis et de Garloman ?

R. Après la mort de ces princes , le trdne français appartenait à leur frère Charles , depuis surnommé le Simple. Mais il n'avait que cinq ans, et il fallait un homme pour résister aux barbares qui ne cessaient d'inonder la France. On donna donc la couronne à Charles III , dit le Gros y empereur, fils de Louisle- Germanique; et le nouveau monarque vit sous ses lois presque autant d'états qu'en avait eu Charlemagne, l^ais il était incapable de soutenir un tel fardeau.

D. Que se passa-t-il de remarquable sous le règne de Charles-le-Gros?

jR. L.es Normands rentrèrent en France,

• C 9» ) et s'y livrèrent aux plus horribles excès. Cora-^ me la trahison est la ressonrce des faibles , on l'employa pour se défaire de Godefroi, chef de ces barbares. On Tinvite à une conférence 5 un seigneur le provoque à dessein par des paroles injurieuses; Godefroi lui répond avec hauteur, et le traite d'insolent : aussitôt le seigneur le tued'uncoup de sabre.LesNormands, indignés de cette perfidie , s'avancent jusqu'à Pou toise , prennent cette ville, et y mettent le feu. De là, ils viennent assiéger Paris^ dont les habi* tants se défendent avec une valeur héroïque.

Après deux ans de siège , Charles parait à la tête de ses troupes pour secourir ses vaillants etfidelles sujets. Mais, au lieu d'attaquer les ennemis , il leur demande la paix, qu'il obtient moyennant cinq cents livres pesant d'argent , et en leur permettant de passer l'hiver dans la Bourgogne , qu'il abandonne à leur avidité.

D. Quelles furent les suites du honteux traité que Charles m conclut avec les Normands?

jR. Les grands , honteux de servir sous un prince si lâche, se soulevèrent, et détrônèrent Gharles-le-Gros.-^moM/^ bâtard deCarloman, lui succéda à l'empire ; et Eudes , comte de Paris, fut élu roi de France dans une assemblée des évêques et des seigneurs. Charles-le-

Gros, abandonué, réduit à la misère, mourut de chagrin.

EUDES, TRENTIEME BOl DE FRATIOE,

régna i o ans.

(An 888.)

D. A quels services Eudes dut-il la couronne de France?

R. Ce seigneur, le mieux fait du royaume, d'une taille imposante, et d'une force extraor* dinaire, venait de défendre Paris avec un courage et une constance qui Pavaient couvert de gloire; le trône fut le prix de ^a valeur. Cependant il eut la sagesse de protester qu'étant tuteur du jeune Charles, né de Louis^le-Bègue, il n'acceptait la couronne que pour la lui rendre.

D. Que fît Eudes pendant son règne?

jR. Il gagna deux batailles contre les Nor«> mands : la première, près delà forêt de Mont* faucon; la seconde, aux portes de Paris. Ce« pendant , malgré cet avantage*, il fut obligé de leur accorder des conditions favorables.

Avec de grandes qualités , il ne put remédier aux maux de la France. Il mourut, après dix ans de règne, laissant la couronne à Cliarlesle-SimpIe.

( loo )

CHARLES IV, dit LB SIMPLE, TKEKTE ET I]K1ÈME liOI D£ FRANCE , .

régna 3o aas.

(An 898.)

D. Pourquoi rappelle- t-on le Simple?

jR. A cause de la simplicité ou faiblesse de son esprii: Nos historiens comptent deux Charles iv : celui-ci, surnomme fe Simple^ et un autre , surnommé le Bel, qui succédai Philippe-fe-Zong", en iSai.

En 895, Eudes, par un traité, ayaitcédë àCharles-le-Simple une partie de la France^ et Foulques , archevêque dé Rheims , lavait couronné dans Téglise de cette ville.

D. Que nous présente le règne de Charlesle-Simple?

iî. Ce règne n'offre que des revers. Mais il est sur-tout fameux par rétablissement fixe des Normands en France. Le duc Rollon, leur chef, était digne de fonder un état. Deux fois vainqueur en Angleterre, il se jeta sur la France , et prit Rouen qu'il fortifia. Il étendit ses conquêtes , et devint si redoutable,, que Charles lui offrit sa fille avec le pays que depuis on appela Normandie. Il demandait seulement que Rollon se fît chrétien. Le prince normand y consentit,. à condition qu'on lui cédât encore la Bretagne. Le traité conclu ,

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il vint rendre an roi son premier hommage , moins en vassal qu*en vainqueur. L'usage, en pareille circonstance , était de baiser le pied du monarque; le fier Normand refusa de s^ soumettre : un de ses officiers y chargé de le faire pour lui , s'y prit de façon que Charles-le- Simple tomba presque à la renverse. Soit que ce fat ëtourderie ou insolence, les Français se contentèrent de rire, trop faibles pour se veiw ger. RoIIon , maître d'un si beau pays , en de^ vint le législateur. On peut le regarder comme un grand homme , puisqu'il abolit tout-à-fait le vol parmi des brigands accoutumés à ne vivre que de pillage. La Normandie, dépeibplée par tant de ravages, changea tout à coup de face, et devint aussi florissante que lo royaume était malheureux,

D» Ck)mment la couronne impériale sortie elle de la race carlovingienne ?

jR. L'empereur Louis iv étant mort, les Germains en disposèrent en faveur de Conrad, duc de Franconie. La race carlovingienne cessa alors de régner sur l'Allemagne, etl'enipire se trouva transféré aux Allemands. Qiarles oublia les droits de sa naissance, ou n'osa les soutenir. Incapable de régner par lai-méme, il avait pris un ministre, ou plutôt un maître qui gouvernait sous son nom. C'était

( loa > Saganon^homme d'uneorigine obscure, mais habile et courageux. Le roi ne le quittait point; les seigiireurs ne pouvaient plus approcher du prince. Le duc de Saxe, qui était arrivé en France depuis peu, se présenta plusieurs jours de suite pour le voir, et ne put y parvenir.

Piqué de cerefus, il di t : De deux choses Vune, ouHaganonserabieniôtroias^ec Charles ^ou Charles sera bientôt simple gentilhomme comme Haganon. Et aussitôt il partit. ) La prédiction se vérifia. Les seigneurs , irrités contre le ministre, se révoltèrent contre Charles. Robert, frère du dernier roi Eudes, excita le soulèvement , et fut couronné par Hervé , archevêque de Rheims. L'usurpateur ayant été tué de la main du roi dans une bataille, Hugues-le-Grand , sou fils, vengea sa mort. Le roi, vaincu, se réfbgîa chez un seigneur, qui renferma dans une prison où il mourut. Hugues refusa la couronne 5 mais sou beau-frère Raoul ou Rodolphe , duc de Bourgogne, Taccepta.

D. Puisque l'empire fut transféré aux Allemands sous le règne de Charles-le-Simple , voulez-vous nous dire combien de rois de France furent empereurs?

R. Quatre :Charlemagne, Louis-le-DéboU'wre , Gharles-le-Chau ve, et Gh vles-le-Gros.

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RA.OtJL, TRBlfTB* DEUXIÈME ROI DE FRANCE,

régna 1 2 an$.

. (An 94.)

D. Que fît Raoal, pour s'attacher les grands du royaume?

jR. Il leur céda de nouveaux domaines -, et cependant son règne fut tout rempli de sédi* tîons et de révoltes. Les Normands continuèrent leurs incursions. La Lorraine se donna au roi de Germanie. Les exploits de Raoul ne changèrent point la face du royaume. II mourtft sans enfants , en 986.

LOUIS lY, dit d'outremer, trente -troisième ROI de frange ,

régna 18 ans.

(An 936. )

D. De qui Louis iv était-il fils ?

jR. De Charles-le-Simple. Sa mère l'avait emmené en Angleterre pendantlestroubles, et c'est de là que lui vînt le surnom d^Outremer.

Hugues-le- Grand., comte de Paris, duc de France et de Bourgogne , arbitre d^u trône depuis long-temps , pouvait y monter. II y plaça Louis IV, qui, par reconnaissance, se mit d abord sous sa tutelle. Le jeune monarque voulut ensuite reprendre soiiautorité.Hugues, qui ne s'était.montré généreux que par amhi-

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lion, devint tout à coup son ennemi. Mais Fempereur Ollon se déclara pour le roi , et les rebelles rentrèrent dans le devoir.

D. Quelle grande entreprise tenta Louisd'Outremer ? . %

' jR» Guillaume » duc de Normandie , fils du fameux RoUon , mourut en g43 , et ne laissa qu'un fils en bas âge. Louis-dOutremer , se flattant de réunir la Normandie à la couronne, employa d'abord la trahison pour s'assurer de la personne du jeune prince -^ il prit ensuite les armes avec Hugues-le-Grand pour s'emparer du pays. Hugues , suivant les conditions faites entr'eux, devait en avoir une partie.

Le roi lui ayant manqué de parole , Hugues fit prisonnier le roi même , l'obligea de lui céder le comté de Laon, auquel se réduisait presque tout le domaine, et de restituer la Normandie au duc Richard, dépouillé. Les hostilités continuèrent entre le monarque et le seigneur.

Celui-ci touchait au trône. Louis eut recours aux foudres de l'église, plus redoutables que ses armes.Hug-ues-le-Grand fut excomniunié; on se ballit avec plus de fureu r.Olton ménagea enfin la paix. Louis-d'Oulremer n'en jouit pas long-temps. Il mourut d'une chute de cheval»

laissant deux fils , Lothaire et Charles «

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iOTHAIRB y TRENTE - QUÀTRIblde; ROI DE

FRANCE

régna 32 ans.

(An 554. )

D. En quelle ann^é Lolhairé monta-Uil sur le trône?

H. Il avait été associe à son père en gSa; il futcouronnëdeuxans après àRhcims.Hugues* le*Grand aurait pu ceindrele diadème^ maistl protégea le 'jeune prince, et régna sous son nom. Charles , second fils de Louis d'Outre^ mer , n'eut aucune portion des étais de son père; et c'est depuis celle époque que le roydume cessa d'être parlagé entre les frères^ L'aîné seul prit le titre de roi 5 les cadets n'en* rent que des apanages : ce qui contribua ihsensibiemeutau rétablissement de la puissance royale.

D. Que se passa-t-il au commencement du règne de Lothaire ?

R. Hugues-le-Grànd mourut en g56, et transmit ses domaines et son autorité à JJu^ gués Capet son fils. Lothaire fit la guerre à l'empereur Ottonii, pourprendre la Lorraine.

Le monarque français remporta plusieurs vietoires dont il ne sut pas profiter. Quoique vainqueur , il laissa la Lorraine à l'empereur , à charge d'en faire hommage à la couronne.

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. 0. iiOthâïr0 f égna-t*il lonf «-temps ?

R. Il régna trente-deux ans. Il avait trouvé le royaume déchiré par U4ie foule de petits tyrans. Qiaqueduc, chaque comte,se regardait comme indépendant. Us se liguaient entrVeux contre le roi ; ou, s'ils étaient en guerre les uus contre Us autres j le monarque ne pouvait en tirer de troitpes contre Ijes ennemis de Fétat, Lo- Ihaire parvint à réunir ces seigneurs, et à reprendre sur eux une partie de Tautorité. Il formait peut- être de plus grands desseius, lorsqu'il mourut, âgé d'environ quarantecinq ans. On croit qu'il fut empoisonné par sa femime Emme. Il laissa un fils nommé Louis j qui lui Succéda.

LOUIS Y, dît LE FAINÉANT, TRENTE- CINQUIÈME ROI DB FRANGE ,

Régna ua an.

(An 986.)

Dv'A quel âgie Louis v monta- 1- il sur le trône?

K A l'âgé de vingt ans. Lothaire se l'était associé neuf ans auparavant. Ce jeune prince ne régna qu'un an. Il mourut sans enfants , empoisonné par la reine Blanche sa femme.

Il reçutle surnomde i^amea/i/^ vraisemblablement à caisse de la courte durée de son rëgne^

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qui ne lui permit point de rien entreprendre^ car il avait d'ailleurs beaucoup d^activitéetde valeur.

D. Qui devait succéder à Loois v ^

R* Charles , • son oncle , était appelé par droit de naissance à régner apk^ès kii; Mais Hugues Oapet s'empara dntrftne. Ainsi finit la race des Cario^ingiensy qui a duré «37 ans.

On assigne trois causes prinapales h la ruine de cetteseeottde race ^ t^ la division du corps deiTétat en plusieurs royaumes, divièion sui*vie nécessairement de guerres civiles entre les frères; ik*» l^ faiblesse de la plupart des supeea- ^enrs de Çbarlêmagne , pavmi lesquels il s'en trouve à peinocinq ou six qui aieift eu dn bon sens et du courage*, 3^ les -ravages ée$ Nor<mands, qui désolèrent la France pendant plus d'un siècle , et favorisèrent les attentats des grands seigneors.

D. Que remarqoez^vous deis usaiges et coutumes des Français , sous les rois de la seconde race ?

R. i^ La longue chevelure cessa d'être la marque distinctive des princes. Ils portaient des cheveux courts , à l'exemple des maires.

2^ L'ignorance était extrême. On ne savait plus lire ni écrire. Les clercs ou ecclésiastiques conservèrentseulsquelqueteinturedeslettreSr

3* Vers la fia de la seconde race ^ on non* veaa genre de possession s'ëtablit sous le nom defieJs.Les ducs on gouverneurs des provincels, les conUes ou gouverneurs des villes, les officiers d'un ordre inférieur, profilant de Taffaîblissement de Tautorité royale, rendirent héréditaires dans leur maison des titres que ju$que4à ils n'avaient possédés qu'à vie \ et , ayant usurpé également et les terres et la justice, ils s'érigèrent eux-mêmes en seigneurs propriétaires. des lieux dont ils n'é4aient que les magistrats. La noblesse , ignorée en France {usqu'au temps des fiefs , commença avec celte nonvelle seigneurie* Ainsi, ce fut la possession des4erres qui fit des nobles, parce qu'elle leur donna des sujets nommés vassaux. Les vaslkux eurent aussi des arrière- vassaux. Enfin, il se forma un chaos dé droits , de prétentions, de titres, qui mit le trouble dans la société, et réduisit le peuple en esclavage*

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