‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 11 sur 30 · HUGUES CAPET, TRENTE-SIXIÈME ROI · texte numérisé non relu

HUGUES CAPET, TRENTE-SIXIÈME ROI

DE FOAKCEy

*• régna 9 ans.

(An 987.)

D. Que fît Hugues Capef pour s'assurer la Couronne?

R, Il s'y prît comme Pëpîn-, il flatta les grands*, il tâcha de plaire au clergë, auquel il eut soin de rendre quantité de terres et de bënéfices, renonçant aux abbayes de Saint- Denis et de Saint-Germain, qu'il avait hérîfées de son père •, enfin , il montra beaucoup d'extérieur de religion et de piété, jusqu'à porter sur ses épaules la châsse de saint Riqnier, fort révéré en ce temps-là. C'est ainsi f|u!îl se fraya la route du trône.

Hugues Capcl fut élu dans une assemblée de seigneurs, tenue à Noyon , sacré et couronné àRheims part'archevéque Adalberon. Il s'associa. Tannée suivante, son fils Robert, qui fut sacré à Orléans.

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IX €htr}es , oncle de Loiti» y» n'enèreprk-il rien pour soutenir ses droits à la couronne?

B. Il fit une invasion dans le royaume, et s'empara de Laon ; mais il perdit cette ville peu de temps après , et y fut fait prisonnier. Il mourut au bout de deux ans, et laissa Hugues tranquille possesseur du diadème. Hugues mourut dans la dixième année de son rè^ne , et fut enterré k Saint-Denis. S'il usurpa le sceptre, il se montra toujours digne^de le porter. Il a donné son nom à la troisième race de nos rois.

D. Gomment se subdivise cette troisième race des rois de France ?

R. Elle se subdivise en cinq briancbes. La première estcelle des Capet; elle a eu quatorze rois, dont le premier est Hugues Gapet, et le dernier Charles iv. La seconde, dite Wpre* mière des f^alois , a eu sept rois , dont le premier est Philippe yi, et le dernier Charles viu. La troisième, dite ôl Orléans y n'a eu qn^un roi, savoir, Louis xii. La quatrième., dite la seconde des F^alois^ a eu cinq rois , dont If pren)ierestFraoçoisi^,et.le dernier Henriin.

Enfin , la cinquième , dite des Bourbon j a eu huit rois^ dont le premier est Henri iv^ et le dernier Charles x , aujourd'hui régnant.^

liOBEÉr, T]ie»T£-S£PtlÈta£ ftOl DE FRANCE ^

régna 35 ans.

D. Quels chagrins essuya Robert au <!ommencement de son règne?

R. Il avait ëpousé Bertbe, sa parente au qoatrième degré. Le pape Grégoire v déclara ce mariage nul^ et ordonna aux époux de se séparer* Robert n'obéit point, et le pape Texcommunia. Alors le peuple et les seigneurs rompirent tout cominerce avec le roi. A peine lui resta-t«il quelques domestiques , telldment frappa de terreuir qu'ils &isai«bt passer par le fêu touts les restes de sa table, comme si la main d'un exeommunié f eût attadié la peste.

Robert , abandonné de ses sujets , plia enfin , se sépara de Berthe, et prit pour seconde femme Coîistancey fille de Guillaume , comte d'Arles et de Provence, princesse d'une rare beauté, mais ailière et ambitieuse.

D. Quelle guerre Robert eut-il 4 soutenir ?

R. Henriy duc de ^Bourgogne, frère de Hugues Capet, et oncle de Ro))ert, étant mort sans laisser d'enfants légitimes , avait dédaré le roi son héritier. Cette disposition fut contestée par Landri, comte 'di? Nevers, fils de la S&mme de Henri , duc de Bourgogne. Robert fat obligé de lui faire, pendant plil« ^^urs années, une guérie vive et langlant*.

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Il terrassa son ennemi , et donna ce bel apanage à Henri son second fils.

D. Que fit Robert en faveur de son fils atnë?

R. Il associa au trône ce prince nommé Hugues , et le fit couronner à Compiëgne , le / jour de la Pentecôte. Mais Hugues ne porta le sceptre que durant huit ans, et mourut à la fleur de son âge. Robert voulut mettre à sa place Henri, Talnë de ses autres enfants. Constance, qui n'aimait pas Henri, employa toutes sortes d'artifices pour lui faire préférer un cadet. On doit observer que la couronne, toujours héréditaire dans la famille royale, fut long-temps .élective par rapport aux princes qui la composaient^ Les six premiers rois Capétiens ayant fait sacrer de leur vivant leurs aînés , cet ordre de succession est devenu une loi fondamentale de Tétat, dont on ne s'est jamais écarté depuis. Robert persista dans son dessein, et Henri fût sacré dans une assemblée des gmnds. >

D. Celte fermeté de Robert ne lui atlirat-elle {»» quelques peines ?

R. Constance, aigrie par le choix qu'avait fait son époux , déchargea son humeur % nonseulement sur Henri, son fils aîné, mais sur le cadet Robert, qu'elte s'était efiorcée de Ëiire élire. Une amitié généreuse unissait les deux ff ères. La reine » à force de persécutions , lés

révolta. Ils oublièrent leur devoir, s'enfuirent de la cour, et commencèrent une guerre civile. Le roifut contraint deprendrelesarmes contre deux enfants chéris, qu^une mauvaise mère avait rendus criminels. Leur prompt retour le consola. Il mourut en io3i , universellement regretté.

D. Quelles bonnes qualités remarquez-vous en Robert?

R. C'était un prince clément, pieux, appliqué, aimant rétude, mais dans un siècle trop plein d'erreurs pour qu'il pût s'en garantir. On raconte qu'afin de prévenir les faux serments, très communs alors, il faisait jurer sur des reliquaires dont on avait eu la précaution d'ôler les reliques-, comme si l'on ne pouvait se parjurer sans faire serment sur des reliques! Ayant appris que des scélérats se préparaientà l'assassiner, il les fit arrêter ^'abordi Mais, pendant Tinslruction du procès, il les fit communier. Il vouluhensuite manger avec eux, et envoya dire aux juges q\x il ne pouvait se venger de ceux que son maitœ avait reçus à sa table. Le plus bel éloge de ce prince est renfermé dans ces mots : iljut roi de ses passions comme de ses peuples.

R. Quel homme savant et illustre vivait sotis le règne de Robert ?

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R. Gerbert^ doQt Robert fat \& disciple y qai devint archevêque de Rheims, et, depuis, pap^ $ou6 le nom de Silvestre lu II inventa Tart 46 mesurer le temps , et fît la première horloge. On prétend que ce fut aussi lui qui introduisit enFrance Tusage des chiffres arabes, on indiens \ car les Arabes avaient tire des la* diens cette manière de compter*

D. Quel événement désastreux ^utlieusous Robert ?

R. Une famine des plus affreuses op^asionna autantdecrimesquede calamités. On vit, nonseulement les cadavres déterrés servir d'aliments, mais les hommes aller à la chasse des hommes pour les dévorer. Un boucher de Tournus mit çn vente de la chair humaine. Oiv trouva chez un aubergiste, près de Mâcon, quarante-huit téteshumaines : les corps avaient servi de mets. Cet aubergiste et ce boucher subirentlesupplicedufeu.Unsiècled'borreurs était digne de produire des anthropophages.

IIBNRI I«r, TRENTE- HOITIÊMB HOI DE FRA.NGE,

régna 3o ans.

(An io3i.)

D. Henri parvint * il tranquillement au trône ?

R. Le premier soin de la reine Constance , après la mort de son époux, fut de renouer ses

intrigues contre son fils Henri. Elle forma un

parti au jeune Robert, et l'engagea à se révolter contre un frère dont il avait^^té l'ami. Le nouveau monarque, soutenu du duc de Normlindie, obligea la reine à demander la paix, pardonna généreusement à son frère, et lui céda même le duché de Bourgogne.

D. Le règne de Heuri fut*il long ?

B. Il dara près de trente ans. Un an avant sa mort , Henri assembla les évéqoes et les seigneurs, et les pria de reconnaître pour son successeur Philippe son fils aîné, et de lui prêter serment de fidélité. Ils y consentirent touts avec joie, et le jeune prince, âgé de sept ans, fut sacré à Rheims.

D. Quelle princesse épousa Henri i^r?

iî. Mathilde , fille de l'empereur Conrad , fut fiancée à Henri i«f , qui ne Tépousa points Ce monarque prit pour femme Anne, fille de Joradislas, czar de Russie. La crainte des querelles ecclésiastiques le détermina vraisemblablement à chercher si loin une épouse. Alors il était défendu d'épouser sa parente , même au septième degré, ce qui multipliait à l'infini les empêchements de mariage.

D. Que trouve-t-on de remarquable sous le règne de Henri i^ ?

R. On remarque sur-tout Pé^aWissement de

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la trèife de Dieu. Les ravages du duel étaient effrayants. Pour arrêter le mal, on crat faire beaucoup en ordonnant que depuis le mercrêcli au soir jusqu'au lundi matin les voies de fait seraient interdites sous peine d'amende et d'excommunication : c'est ce qu'on appela ta treize de Dieu. On resserra ensuite cette dé* fense dans un espace plus ëtroit , depuis le samedi au soir jusqu'au lundi matin; de sorte que, tout le reste de la semaine, le meurtre lit le brigandage pouvaient paraître autorisés. Un gouvernement de sauvages n'offre rien de plus affreux.

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