PHILIPPE DE YALOIS , SIXIEME DU NOM , CINQUANTIEME ROI DE FRANGE
, régna 22 ans.
(Ani3a8.)
D. Charles-Ie-Bel u*avait-ii point laissa d'enfants ?
R. La reine son ëpoase était enceinte lorsqu'il mourut. Trois mois après, elle accoucha d'une fille. Edouard m , roi d'Angleterre, prétenditau trône, comme fils d'Isabelle, sœur du dernier roi. Il soutenait que sa mère , ne pouvant à la vérité lui donner la couronne , lui laissait néanmoins un droit de proximité « qui le rendait , en qualité de plus proche parent, habile à la succession. On lui répondit qu'il ne pouvait tirer de sa mère un droit qu'elle n'avait pas et qu'elle ne pouvait avoir 5 qu'enfin la couronne appartenait , non pas précisément au plus proche parent, mais à celui quï Tétait dans la ligne masculine. Ce fut par ces
motifs que lesétats placèrent sur le trône Philippe de Valois, plus éloigné d'un degré, mais parent du côté paternel. Ce priace, déjà régent, fut proclamé et sacré roi avec le plus magnifique appareil. Néanmoins, depuis ce temps, les rois d'Angleterre avaient pris le titre de roi de France.
D. Que se passa-t-il dans les premières années du règne de Philippe de Valois ? •
R. Les Flamands s'étaient révoltés contre leur comte, quiimplora le secours de Philippe. Celui-ci se mit à la tête d'une armée de trente mille hommes, et marcha contre les rebelles.
Retranchés près deCassel, ils avaient arboré un étendard représentant un coq avec ces mots : Quand ce coq chanté aura^ le roi Cassel conquétera. Philippe les tailla en pièces , eifit raser la ville de Cassel. Fier de cette victoire , il somma le roi d'Angleterre de venir en personne lui rendre hommage pour la Guienne et les autres fiefs relevant de la couronne.
Edouard fut contraint de fléchir, et vint rendre hommage à Philippe , dans la cathédrale d'Amiens.
D. Edouard lu ne chercha-t-il pas l'occasion d'humilier le roi de France ?
R. Edouard respirait secrètement la vengeance. Robert d* Artois , bean-frère de Phi-
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lippe, accuse de faux, et banni pour avoir refusé de comparaître au parlement, s'était réfugié en Angleterre. Il inspira ati monarque anglais la résolution d'attaquer la France. Le fameux Artevelle , de Gand , brasseur de bière , chef des Flamands rebelles , se joignit à Edouard. Alors commença entre la France et l'Angleterre cette guerre qui dura, à plusieurs reprises , plus de cent-ans. La seconde campagne fut mémorable par le combat naval de TEcluse. Une manœuvre , qui fit gagner le vent aux Anglais , et qui fut d'abord regardée comme une fuite, leur assura la victoire, et prouva leur supériorité dans la marine.
D. Edouard, roi d'Angleterre , sut-il profiter de sa victoire de l'Écluse ?
i2. Il n'en retira aucun avantage. Il était venu mettre le siège devanlTournay, à la tête de cent mille hommes. Inquiet de la vigoureuse résistance des assiégés , il consentit à une suspension d'armes, qui fut suivie d'une trêve de courte durée. Bientôt il revint fondre sur la Normandie , où il ne trouva point de résistance. Il s'a« vança jusqu'anxportes de Paris.Pressé enfin par Farmée française , il passa la Somme , et se retira vers laFlandre. Philippe le poursuivit avec des forces supérieures. Il l'attaqua saiis prudenceà Crécy, près d' Afebeville, en \ 346.Çette
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joiïrnëé fit perdre à la France envirou trentef mille hommes et rélite de la noblesse. Philippe, vaincu, cherchant un asile, arriva vers le milieu de la nuit à la porte d'un château j il de; , manda qu'on ouvrît. Le châtelain voulu tsavoir qui il était. Oui^rez^ dit-il ^ c'est la fortune de la France. Belle parole dans un revers si accablant !
D. Quelle entreprise fit Edouard m après la bataille de Crëcy ?
R. Il avait besoin d' un port dans le royaume : il tourna toutes ses forces contré Calais. Les assiégés se défendirent pendant près d'un aa avec le plus grand courage ^ mais, mourant de faim, et n'espérant plus de secours, ils^ demandèrent enfin à capituler. Le roi d^'An-* gleterre voulait qu'ils se rendissent à discrétion^ cependant, vaincu par les représentations de ses chevaliers, il promit de faire grâce aux Calésiens , pourvu que six des plus notables vinssent, la corde au cou, lui ap* porter les clefs de la yille ^ et se dévouer pour les autres. Â cette nouvelle,. Calais retenti^i de gémissements ; une cruelle incertitude glace les cœurs : enfin , Eustache de Saint- Pierre prend la parole , et déclare qu'il se livre le premier pour sauver ses concitoyens» On se prosterne à ses genous, on l'arrose de
larmes. lean Daire, soa cottsin, et les dent frères Wisant, leurs parents, imitent cette générosité. L'histoire n'a pas conservé les noms des deux autres. Les six patriotes, conduits par le commandant épuisé de forces, se rendent au camp des Anglais. Tandis que le»
seigneurs les comblent d'éloges, et que le prince de Galles intercèdevivementpoureux, Edouard commande leur supplice. Enfin, la reine se jette à ses pieds, et désarme sa colère. Touts les habitants de Calais furent chassés; mais toutes les villes de la France les reçurent généreusement et à l'envi , et le roi Philippe de Valois les récompensa digne* ment.
Le poëte duBelloy a priscet exemple célèbre de patriotisme pour sujet d'une tragédie intitulée le Siège de Calais.
D. De quels événements fut suivie la prise
de Calais ?
JR, Elle fut suivie d'une trêve de trois ans , pendant laquelle Philippe de Valois mourut, en i35o, à cinquante-sept ans. On lui attribue rétablissement de la gabelle , impôt sur le sel. C'est pour cette raison qu'Edouard m l'appelait plaisamment l'auteur de la loi sa* lique. La couronne acquit sous ce règne le Dauphiné. Humbert , dauphin de Vienne ,
lui céda celte province , à condition que le fils aînë des rois de France porterait le nom de Dauphin.
jEAif II, surnommé le bon, cinquante et