‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 4 sur 30 · CARIBERT , HUITIÈME ROI DE FRA.NCB · texte numérisé non relu

CARIBERT , HUITIÈME ROI DE FRA.NCB

régna six ans.

(AnSGa.)'

D. Qui monta sur le trône de France, après la mort de Clotaire i^'?

JR. Le royaume fut encore partagé entre les quatre enfants de ce prince- Caribert fut

roideïHrrîs; Gantran^ d'Orléafts; Sigeherti^ d'Auslrasîe; CAitpéric i«^, de Soissons. Mais îes quatre royaumes ft^éiirent paâ les mêmes Hmites^ qu*ils avaient eues df^abord. On joignit à celui de Paris laTouraine , TAlbigeois et Marseille. On réunît à celui d^Orlëans la Bôui-gogne dont il prit fe nom fie Sénonais , et nne partie de la Champagne : Çhâlons-sur- Sadne d'evint la capitale de cet état. Le royaume de Sôîssons fut augmenté du Tournài^ts , si toutefois cel pays n'en avait pas dëjà fait partie. Ce! tri d'Austrasîe , en perdant quelques provinces datis la Gaule, se trouvait agrandide louleïa^Thurînge dans la Germanie.

Garibert ne fut point guerrier , et se déshonora par des alliances honteuses pour la majesté. Il répudia Ingoberge, pour épouser Mircfletir, fflle d'un artisan. Celle-ci fut remplacée par sa sœur Marcouëfe , qui avait fait des vœux de religieuse. On vit enfin , dans la personne de Theudegildc , la fille d'un simple berger élevée sur le premier trône de l'empire français. Ces désordres firent excommunier le roi par saint Germain , évoque de Paris. Caribert mourut , en 667 , et ne laissa que des filles. Les rois ses frères partagèrent sa succession. C'est encore une applicatioiv de la loi salique.

D. Chilpériç, roi de SoiSiSOiis ,.n*eatreprUil rien cpntre les ëtaU de ses frères ?

K. Les partages n'étfient pas encore faits que ce prince ambitieux et perfide entreprit, de seTdudre maître de Paris. Il s'empara dea t^résors. de son père , les distribua aux princir paux de la nadipii ^ et » s^étant mis à leur tête > il vint $e faire p^roclamer roi dans la x^apitale^ Ses frères , indignés , levèrent des tl:oup^s^ Taçsiégèrent dia»s Paris même, robligèr^iit de descendre du trône qu'ilavait usurpé , et le forcèrent de s'en rapporter à la dédsion du sort. Bientôt il fit upe nouvelle entreprise, contre les ë^ts de son frère Sigebert. Ce prince était allé combattre les Huns, qui s'é* taient jetés sur. ses provinces d'au-delà du Rhin. Il les joignit dans la Thuringé , qu'ils avaient fait révolter. L'évêque Fortunat dit que lejeune héros se mit au premier rang ^ 6t que , la hache à la main , il chargea les bàr^ bares avec une intrépidité héroïque , les enfonça , les renversa , et les contraignit de lui demander la paix. Il repassa ensuite le Rhin en grandehâte pour venir combattreChilpé rie qui avait pris Rheijns , et avait fait le dégât dans toute la Champagne. Aidé de Théodebert, son neveu, il assiégea Soissons, et s'en rendit tnaitre. Il défît ensuite son frère en bataille

(«9) rangée; mais ; cédant aux prières de Contran et de Caribert, il lui rendit ses états et son fils.

D. Quel mariage contracta Sigebert , après ses victoires sur les Huns et sur Chilpéric ?

jR. Le victorieux Sigebert songea sagement à s'allier par un mariage digne de lui dans une maison royale. Brunehaut, fille d'Athanagilde , roi des Visigoths (i) , passait pour la princesse la plus accomplie de son siècle. Le roi d'Auslrasie la fit demander par Gogon, son maire du palais. C'est la première fois qu'il soit parlé , dans notre histoire, de cette dignité qui, plus tard, devint si funeste à l'autorité royale. Le maire du palais ne commandait d'abord que dans le palais et aux domestiques. Cet officier devint ensuite ministre, commandant des armées, chef, prince, enfin roi de la nation. Le règne de Clovis ii et de Sigebert ii est l'époque de l'élévation du maire du palais et de rabaissement de la majesté royale. La négociation de Gogon eut tout le succès qu'on pouvait désirer. La nouvelle reine arriva à Metz aux acclamations de tout le peuple , et le mariage fut célébré avec toute la magnificence possible. Quelque temps

(0 lies Visigoths babliaieat TEspagne.

apxès, elle abjura rariam$mç-, et sa ïsécoaciliatiofi à TÉgUse^par Toiiction du saint chxéme, mit l& comble à la joie du prince et des sujets.

D. Chilpëric ne voulut-il pas aussi eontr^ter , comme son frère ^ un mariage hoQo^ rable ?

fi. Oui. Le roi de Soissons , ioucbë de l'exemple d^ son frère , et résolu de renoncer àsesindignesamours^fitdemanderGalsttinde, sœur aînée de la reine Brunehaut. Ce ,ne fut pas sans diifipulté qn'il Tphtint. On connaissait son caractère inconstant et volage. Le roi d'Espagne fit juner aux ambassadeurs qu'au^ (mne autre femme n'aurait le nom et le rang de reine du vivant de la princesse sa fillç. {1$ le promirent en tirant , agitant et secouant leur épée. C'était l'usage des anciens Francs » lorsqu'ils s'€inga,ge^ient avec serment à feire observer quelque chose. La nouvelle reine partit de Tolède avec da grandes richesseç^ et arriva à Rouen » montée sur un char d'argent qui ét^it dj? figure ronde. C'est dans celte ville que ses lUonveauiç sujets lui prêtèrent serment de fidélité, soit que ce fut la coutume de ce temps-là , soit qu'Athanagilde l'eût exigé pour rendre sa fille plus respectable à la nation. Chilpéric, en l'épousant, lui assura pour

( 3t ) • apanage , suivaat Tusage établi , le Bordelais , le Limousin, le Qaercy et le Bigorre (i). C'est ce qu'oa appelait le présent du matin. On déterminait cette dot avant le mariage. La donation ne s'en faisait 4|ue le leodemaîn des noces.

Ghilpéric , quoique plein de respect pour la vertu de sa nouvelle épouse , laissa bientôt rallumer dans son cœur des* feux illégitimes/ La reine s'en plaignit dans une assemblée des états. La nation obligea le roi de jurer qu^il serait fidelle à ses anciens serments. Mais, quelques |ours après, Gaisuinde fut trouvée norte dans son lit. Le soupçon de cette mort tomba sur Frédégonde , femme d'une grande beauté, et d'une méchanceté plus grande encore. Cle soupçon fut pleinement confirmé , lorsqu'on lui vit occuper la place et le trône de sa rivale.

- GHILPÉRIC I^Jf ,* NEUVIÈME HOI DE FRANCE,

(An 567.)

D. A qui passa le royaume de Paris , après la mort de Garibert ?

R. Il fut partagé entre les trois frères de ce

(i) Le Bigorre forme aujonrd^hiy la plus grande partie da département des Hautes-Pyrénifes.

prince ; et, comme chacun d'eux vonkit avoir

la ville de Paris, il fut arrélé qu'ils la possède*

raient touts trois par indivis , sous la condi-*

tion qu'aucun des trois n'y entrerait sans le

consentement des deux autres. Malgré ce

traité bizarre , confirmé par les serments les

plus solennels , la plupart de nos historiens

mettent Cbilpéric au nombre des rois de la

capitale, immédiatement après la mort de

Caribertt D. Quelles furent les suites de la mort de

Galsuinde?

R. Brunehaut voulut venger la mort de sa sœur. Elle engagea Sigebert , son époux , et Contran y son beau-frèré , à faire une guerre sanglante à l'auteur de ce cruel assassinat.

Lès deux princes ligués s'étaient emparés de la plus grande partie des états de Cbilpéric, lorsque l'intérêt ramena tout à coup la tranquillité et la concorde. Les conditions dd traité furent que le roi de Soissons céderait à la reine d'Austrasie les domaines qu'il avait assignés pour dot à Galsuinde. Mais cette paix ne fut pas de longue durée. Frédégonde et Brunehaut , véritables furies , déchirèrent la France. Leur haine mutuelle et leur empire sur leurs maris produisirent une infinité de crimes.

D. Après que la paix eut ëtë rétablie entre les enfants de Clotaire^ quelle guerre fit Si-*gebert?

jR. Sîgebert se vit obligé de porter les armes contre les Huns (i) , qui avaient recommence leurs courses sur les terres de son royaume situées au-delà du Rhin. Cette expédition fut des plus malheureuses. Le roi, abandonné des siens , se trouva investi et enfermé de tout côté. Mais c'était rfh prince d'une figure aimable et d'une rare prudence : il sut vaincre par ses libéralités ceux qu'il n'avait pu subjuguer par les armes. Les barbares , gagnés par ses présents , lui rendirent la liberté, contractèrent alliance avec lui, jurèrent qu'ils ne lui feraient jamais la guerre, et le co-âublèrent de caresses et d'amitiés.

D. Pendant que les Huns attaquaient la France du côté du Rhin , quels autres barbares vinrent l'attaquer du côté du midi ?

R, Les Lombards, qui avaient, depuis peu, fondé un nouveau royaume en Italie , se répandirent dans la Bourgogne , défirent et tuèrent le patrice (a) Amé , taillèrent en pièces

(i) Aujourd'hui les Hongrois, (a) Ce titre était affecté oux gouyerneurs dç 1« Bourgogne.

Vitmée de Gontran, çt» chargés, d'un riche burtin , repau<i$èrent les Alpes, L'avidité du pillage Jointe à Timpunité de leur attentat, les ra^mena bientôt dani^ le Dauphiué. Mummoly le plus grand homme de guerre qu'il y eût en France, les surprit aux environs d'Embrun, et remporta sur eux une victoire complète.

Les evêques d'Embrufx et de Gap , le casque en téteetrëpée en main, chargèrent Tennemi avec une intrépidité qui eût mérité des éloges dans un soldat^, raai$ qui fut un5vei:$ellement blâmée dans des prélats. Lïrruplion des Lombards fut suivie de celle des Saxons, qui les avaient aidés à la conquête deTItalie. Mummol msfrcha à leur rencontre , les , mit eçi dé-

rouie , leur enleva tout le butin qu'ils a vaien t fait , et lesî força de retourner dans leur pays ; qu'ils furent obligés de partager avec les Suèves (i), qui s'en étaient emparés pendant leur absence. .

D. A quelle occasion la guerre civile se renouvela- t-elle e^tre les princes français?

iî. Pendant que la Bourgogne était en proie aux incursions des barbares, Sigebert, séduit par l'occasion , s'empara de la ville d'Arles, sur laquelle il avait quelques préten-

— ' ■Il 11 .11 I II III f^i^i— — ■<»■» ^ If ii « . .»— ^»^i» I m »■! ^1 , » Il

(I) Peuples delà Prasse et de la Pologne.

tions« Elle fut bientôt reprise par Us troupes de Contran. L'àrtnée austrasienne fut battue. Les vainqueurs s'emparèrent d'Avignon , qui était du domaine de Sîgebert; mais Gontran lui rendit cette place en faisant la paix. Cet accommodement imprévu fut un coup de foudre pour le roi dé Soissons ^ qui , profitant de la circonstance » avait fait une irrup-* tion dans les états de Sigebert. Déjà les villes de Tours et de Poitiers s'étaient rendues k Clo<^ vis , le plus jeune de ses fils , lorsque Mummôl parut k la tête de i'arifiée qui venait de si« gnaler sa valeur par la défaite des Lombards et des Saxons. La seule présence de ce gêné-» rai dissipa les troupes de Chilpério , et rétablit par-tout l'ordre et la subordination. Ainsi finit cette première campagne.

L'année suivante, Théodebert, filsdeChilpéric, malgré ses serments de ne jamais por* ter les armes contre son oncle , entra dans le Poitou , défit l'armée de Sigebert , et maître de toutes les places voisines de la Loire , s'avança dans le Limousin et dans le Quercy , où il mil tout k feu et à sang. Le roi d'Anstrasie , épouvanté de ces succès, fit entrer en France une fbtmidable atmée d'AUemainds , de Suèves , de Bavarois , de Thuringiens , et de Saxoïiâ. Chilpéric , trop faible pour tenir la

campagne , abandonné de Contran , qui d^a-»

bord s'était joint à lui, se retira, et se re^* trancha dans le pays chartrain , d'où il envoya faire des propositions de paix à son frère. Les seigneurs français employèrent leur médiation pour une réconciliation entre les trois • frères, qui jurèrent de ne plus rien entrepren* drelesuns contre les autres. Lés troupes germaniquesuavaient compté sur le pillage du camp de Clulpéric. Frustrées de leurs espérances , elles commençaient à murmurer. Sigebert monte aussitôt à cheval , W présente aux mutins, et les déconcerte. On arrête les plus séditieux : il les fait lapider à la vue de toute Farmée, C'est le seul exemple qu'oa trouve dans notre histoire de cette espèce de châtiment militaire , autrefois-en usage parmi les Romains.

D. Chilpéric ne reprit-il point les armes contre le roi d'Auslrasie ?

R. Sigebertavait à peine congédié ses troupes que Chilpéric et Théodebert son fils reprirent les armes. Chilpéric entra en Champagne, pillant, brûlant, saccageant touts les lieux par où il passait. Théodebert marcha en Aquitaine, où il fut tué en combattant vaillamment. Cette mort , la réconciliation de Contran avec Sigebert, et les approches de

'.C 3? ) Tarmée de Germanie , portèient la consterna^

tionàlacourde Soissons. Le malheureux Ghil-

péric se sauve dans Tournay, où il s'enferme

avec sa femme et ses enfants. Tout plie sous

le joug du prince austrasien. Paris , Rouen,

toutes les villes du royaume de son frère le

reconnaissant pour leur maître. Ébloui de ses

succès , Sigebert ferme son cœur à la pitié ^

il veut faire ptSrir son frère. Les remontrances

de saint Germain , évêque de Paris «^ les prières

de la sainte religieuse Radegonde (i) ; les

vœux de la France; rien ne put lui faire

prendre des sentiments plus modères. Déjà il

avait-investi Tournay, lorsque deux scélérats

envoyés par Frédégonde l'assassinèrent-à

Vilri, où il s'était rendu pour recevoir les

hommages de ses nouveau* sujets.

Ainsi périt, au milieu de ses triomphes , le

monarque le plus parfait qui eût encore paru ^

sur le trôpe français. Généreux, libéral, bien»

faisant, jamais souverain ne régna avec plus

d'empire sur le cœur de ses sujets. Intrépide

dans le danger, inébranlable dans le malheur,

(i) Fille de Bertaire, roi de Thuringe, amenée ea France par Clo taire !«•■ , qui la fil instruire dans la religion chrétienne, et TéjDOusa. Six ans après , il lui permit de se faire religieuse.

il sut, jusque dans les fers, se concilier le respect et Tamôur d*un vainqueur qui avait à peine Texlérieur de rhumanîté. Rëglé dans ses mœurs , roi jusque dans ses inclinations , on ne le vit point, comme ses frères, s'attacher à des objets dont la bassesse avilit la dignité du trône. On peut dire que son règne fut celui de la décence et de l'honneur. Il eût élé le règne de toutes les vertus, si ce monarque eût pu vaincre le ressentiment qui Tanimaitii la perte de son frère. Le caractère de Chilpéric est en quelque sorte sa justification.

D. Quel avantage Chilpéric et Frédégonde tirèrent-ils de la mort de Sigebert, leur en-

nemi?

R. Jamais révolution ne fut plus universelle ni plus subite que celle qui suivit la mort de Sigebert. L'armée d'Austrasie leva le siège de Tournay; toutes les villes du royaume de Soissons rentrèrent dans l'obéissance -, la reine Brunehaut fut arrêtée avec ses enfants-, -et Chilpéric, après avoir reconquis ses états, se vit au moment de monter sur le trône de son vainqueur. Déjà Sigulphe et plusieurs autres seigneurs austrasiens l'avaient reconnu pour leur maître. Cet exemple fut suivi de Sigon.^

( 39 ) grand référendaire (i). Le prince se hftta

d'arriver à Paris , où il fit soq entrée solennelle à la suite de plusieurs reliques qu'il ordonna de porter en procession. Il s'imaginait que cette dévotion affectée détournerait la malédiction à laquelle il s'était soumis, s'il violait le traité de partage *, ou que du moins le crédit de tant de saints contrebalancerait celui des autres qu'il avait pris à témoin. On ne peut exprimer quelle (utla surprise et la colère du perfide monarque , lorsqu'il apprit que le fils et l'unique héritier de Sigebei't lui avait échappé. Ce fut un des seigneurs de la cour d'Austrasie qui le tira de l'étroite prison où il

(i) C'est le nom qa'on donnait, sotis les MéroYingiens , à celui qui gardait le sceau royal , expédiait les lettres , scellait les ordonnances. On l'appela Chancelier sous les Garlovingiens , ou parce qu'il barrait les lettres qu'il refusait , ou parce qu'il les scellait dans un lieu fermé de grilles ou chanceaux , suivant le langage de ce temps-^là. Ce n'était autrefois que la cinquiène charge de Fétat. Ce ne fut pas sans peine qu'en iaa4 on lui accorda voix délibéra tive dans l'assemblée des Pairs , et pendant long-temps il n'eut place au parlement qu'après les princes et les évéques. Il est depuis devenu k premier officier de la couronne , le président-' .ué de touts les conseils , le chef de la justice , le dispensateur des grâces , abolitions et pardons. C'est le seul homme du royaume qui ne porte point le deuil , le seul qui reçoive des visites et n'en rende point.

était garde. On le descendît par une fenêtre dans une corbeille. Un homme afjfîdé le reçut et le rèmit-entre les mains du fidelle Austra-» sien , qui le conduisit heureusement à Metz.

Les grands du royaume s'assemblèrent le jour de Noël , et Childebert , qui avait à peine cinq ans, fut couronné roi d'Austrasie. Le roi de Soissons se vengea de Tëvasion de son prisonnier sur les trésors de Sigebert , qu'il en-^ vahit. .

D: La reine Brunehaut ne causa- t-elle pas de nouveaux chagrins à Chilpéric?

jR. Oui. Cette princesse , reléguée à Rouen , reçut pour époux Mérovée , fils de Chilpéric. Ce monarque avait eu une première femme nommée Audouère , qui lui avait donné plu- •sieurs enfants , et il l'avait ensuite répudiée. L'évêque Prétextât bénit l'union de Mérovée avec Brunehaut, quoique la reine fût la tante du jeune prince. Chilpéric, furieux , s'avance vers Rouen pour punir son fils et Brunehaut.

Les deux époux se réfugient dans. l'église de Saint-Martin. On emploie vainement l'artifice et la ruse pour les tirer de cet asile \ ils n'en sortent que sur la promesse la pi us authentiqué que, non-seulement il ne leur sera fait aucun ^mal, mais que leur mariage sera confirmé, si les évoques le jugent légitime.- Le roi, après

cet accommodement , obligea Mërovée de le suivre à Soissons , et laissa Brunehaut dans son ancienne prison , d'où bientôt il la renvoya en Austrasie, avec lesprincesses ses filles* Elle n'y fut pas plus tôt arrivée, qu'elle enga* gea Childebert son fils à faire la guerre au roi son oncle. Contran se joignit à Childebert contre le roi de Soissons, qui avait envoyé deux puissantes armées, Tune en Saintonge, sous le commandement de Clovis son second fils , Vautre dans le Limousin , sous la conduite du général Didier. Le patrice Mummol, général de Contran, joignit Didier, l'attaqua, le défiit. Le combat fut si sanglant et si opi-^ niâtre qu'il y périt Vingt-cinq raille hommes des troupes de^Chilpéric , et cinq mille Bourguignons. Mérovée, regardé comme l'auteur de cette guerre, devint responsable de ce mauvais succès. On lui fît couper les cheveux. Il fut déshérité , ordonné prélre , et confiné dans tin monastère. Echappé de sa prison, poursuivi par son père, errant tantôt de la Touraine en Austrasie ^ tantôt de la Gham- .

pagne en Artois ^ abandonné de sa femme, qui l'aimait tendrement, mais qui ne pouvait rieit en sa faveur -, trahi par les principaux de Térouane , il fut enfin assassiné par les gens de Frédégonde. L'évêque Prétextât fut déposé,

et envoyé bu exil dans une des îles da Golentin.

D. Continuez de nous raconter les fureârB de Frédëgonde.

' R, L'assassinat de Mërovëe et la condamna tion de Tëvéque Prétextât n'étaiient que le pré'lude des atrocités de c^tte femme abominable. Il restait à Ghilpéric un dernier fils du premier lit. C'était ce même Cloyis qui commandait Tarmée de son pêne dans la guerre «contre le roi d'Austrasie» Là cruelle marâtre résolut de le sa* crifier àla grandeur de ses enfants. Il était aimé des peuples : il n^en fallait pas davantage pour exciter toute la haine de Frédégonde% Le ciel lui enleva tout à coup' ses trois enfants , qui mou-* rurent de dyssenterie.Elle n'en suivit pas moins ses barbares projets , et suborna des témoins qui accusèrent Ciovis d'avoir empoisonné les enfants de là reine. Le prince fut arrêté , enfermé au château de Noisy , ensuite poignardé* La reine Audouère, sa mère , expira sous les coups de la même furie , et la sainteté du lieu où elle s'était retirée ne la défendit point de la fureur des assassins. Basine, sœur de l'infortuné Ciovis, fille du roi régnant , après avoir été livrée à d'infâmes satellites, qui lui firent toutes sortes d'outrages , fut renfermée dans un cloître.

Oa dit qoe ces cruelles catastrophes furent précédées des effets les plus sensibles de la CO'* 1ère du ciel> de tremblements de terre , d*inou* dations , d'incendies , de famine j de maladies épidëmiqaes , de pluies de sang , et d'an bouleversement général de la nature , qui fit paraître des fleurs en janvier et des grappes formées en décembre.

D. Comment mourut Chilpéric ?

R. Il semble qu'il fût de la destinée des enfants de Glotaire P' d'être sans cesse en guerre les uns contre les autres. Contran y qui avait perdu ses deux fils, adopta solennellement Childebert , et le déclara seul héritier de ses états. Mais le jeune roi d'Austrasie , oubliant bientôt son adoption, se ligua avec Chilpéric contre le roi de Bourgogne. Il y eut , près de Melun , un combat sanglant , dont chacun des deux partis s^attribua l'avantage. Le prince bourguignon marcha contre Chilpéric, fit at- ^ taquer son camp, lui enleva quelques quartiers , et lui tua beaucoup de monde. Cette victoire devint un acheminement à la paix.

On convint d'une suspension d'armes. Les deux frères et le neveu se jurèrent une amitié à toute épreuve. Mais Childebert et Gontran recommencent bientôt une guerre sanglante contre Chilpéric. Ce monarque est obligé de

se renfermer dans Cambray avec toute ses trésors. Il ne se montrait que rarement à la tète de ses armées , et toujours sans oser rien entre«-

'.^'prendre. Il était venu à Chelles , maisoa de plaisance qui faisait toutes ses délices , et qui fut pour lui un lieu bien funeste ; car Frédé* gonde Ty fit assassiner, en 584 » P^^^ Landry, qu'elle aimait.

Cest ainsi que périt le Néron de la France , le bourreau de sa famille , le tyran de ses sujets : il était digne d'avoir Frédégonde pour femme, et Frédégonde méritait un tel époux.

On vit, à la mort de ce prince, un exemple frappant du peu de fonds que les mauvai^ rois doivent faire sur les hommages d'une cour idolâtre^ c'est leur rang, et non leur personne^ que l'on encense : l'adoration est sur les lèvres , le mépris et la haine sont dans le cœur. Le corps de Chilpéric, abandonné de tout le monde ,

• serait demeuré sur le lieu où il avait été percé, si Malulfe, évéque de Senlis, qui, depuis trois jours, sollicitait inutilement une audience , n'eût pris ^oin de le transporter à Paris. Il fut enterré dans l'église de Saint-Gerraain-des-Piés. Il ne laissait qu'un fils igé de quatre mois, qui lui succéda sous le nom de Clotaire ii. ïl eut pour femmes Audouère^ qu'il répudia; Galsuinde, quifut trouvée morte

dans sonlit ; et Frëdëgonde, qui le précipita^, dans un abyme de crimes et d'horreurs.

GLOTAIRE II , DIXIÈME ROI DB FBiLNGK ,

régna ^^ sxxts, V (An 584.)

D. Quel âge avait Clotaire ii lorsqu'il parvint au trône?

jR. Il n'avait que quatre mois : e'était le seul fils qui restât de Chilpéric. Frédëgonde , sa mère, eSrayëe par le souvenir de ses crimes i détestée de ses sujets , qu'elleavait ëpuisës par ses vexations ^ peu sûre des grands, qui biâ* maient hautement ses violences ; poursuivie par le roi d'Austrasie, qui avait à lui reprocher la mort de son père, haïe de Contran, qui redoutait ses trahisons et ses perfidies , se rëfagia dans Tëglise cathëdrale de Paris , d'où elle implora le secours de Contran , et lui offrit la couronne de Chilpëric , le priant de tenir lieu de père à son neveu. Ce bon prince, touche de compassion , se rendit en diligence à Paris, prit Clotaire sous sa protection, et le fit proclamer roi de Soissons. Frédëgonde fut déclarée régente. Cétait anciennement, comme aujourd'hui , le privilège des reines mères. Mais Contran jetant mort , ChiU

debert , qu'il avait adopté , hérita de ses états ^ et réunit ainsi te royaume d^Austrasie à celai de Bourgogne. Ce prince entreprit de venger l'assassinat de Sîgebert, son père. Frédégonde rassemble ses troupes , porte son fils de rang en rang, et obtient, à Droissi, une victoire complète.

Qiildebert se disposait à renouveler ses poursuites contre sa tante , lorsque la mort Tenleva dans la vingt-cinquième année de ^n âge. Il laissa ses états à ses deux fils , sous la tutelle de Brunehaut sa mère. Théodebert , Taîné, fut couronné roi d'Austrasie ; Thierri, le cadet , eut le royaume de Bourgogne.

D. Frédégonde n'entreprit-elle rien contre Brunehaut et ses petits-fils ?

R, Frédégonde se prévalut de la conjoncture, leva une armée , s^empara de Paris et de plusieurs autres places sur les bords de la Seine. Brunehaut, de son côté, rassembla promptement les troupes des deux royaumes de ses petits-fils, et ïes- fit rtiarcher à grandes journées au secours des provinces désolées.( Les deux armées se joignirent à Leucofao , lieu aujourd'hui inconnu. Le combat est un des plus sanglants qui se soient donnés entre les princes d'un même peuple. Les historiens nous apprennent que les trois rois , dont le plus âgé

(47) n'avait que douze ans ^ étaient à la tête de leurs armées., et que l'avantage demeura à Clotaire.

Frédégoode était au plus haut point de la prospérité. Unecooronue» obtenue par rëclat de ses charmes, conservée par la force de son génie, un mari rétabli par son moyeu sur un trône que ses perfidies lui avaient fait perdre, une minorité conduite avec tout Fart de la politique la plus consommée, une régence illustrée par deux célèbres victoires, un nouveau royaume conquis et assuré au roi son fils, tout publiait la gloire de cette illustre prin*cesse : on oubliait presque que cette femme, ambitieuse , vindicative , cruelle , avait immolé à sa grandeur ou à sa sûreté un grand roi , deux vertueuses reines , deux fils de rois, et une infinité de gens de condition. Ce fut ce moment de triomphe queAe ciel choisit pour Fenlever de ce monde et terminer sa carrière^ comme s'il eût appréhendé que le brillant éclat de touts ces succès ne diminuât la vive horreur qu'on devait à tant de forfaits. Elle fut enterrée auprès de Chilpéric , dans l'église de Saint- Germain*des-Prés (an 597).

D. Quel parti Brunehaut tira-t-elle de la mort de sa rivale Frédégonde P

jR. Elle en profita pour affermir la paix de

(48) tout côté : elle s^accommoda avec les Huns/ qaiy depuis la mort de Childebert, s'étaient jetés sur les terres des Austrasiens ; elle renouvela les anciens traités avec le roi des Lombards : elle reçut les missionnaires que le pape envoyait en Angleterre sur la demande de la pieuse reine Berthe, fille de Caribert , roi de Paris , et femme d'Ethelhert, roi de Kent, qui avait disposé les Anglais à recevoir la lumière de l'Evangile. Brunehaut les fit accompagner par des prêtres français qui savaient l'anglais et le latin, et leur procura toutes les facilités pour passer sûrement à Cantorbéry^ enfin les protégea de façon qu'après Dieu^ dit saint Grégoire , V Angleterre est redevable à la régente de Bourgogne et d'jiustrasie de sa conpersion au christianisme.

Cependant la guerre se ralluma plus vivement que jamais enfre les monarques français. On ignore si l'envie de recouvrer Paris arma Théodebert et Thierri , ou si Clotaire , enivré de ses premiers succès , entreprit de pousser plus loin ses conquêtes. Ce qu'il y a de certain, c'est que ce prince était entré sur les terres de Bourgogne avant que les deux frères eussent pu joindre leurs armées. La rencontre se fit àDormeil-sur-Quesne, près de Sens, Le combat fut des plus meurtriers de part et d'au-

( 49 ) tr^. Clataire, vaincu » prît la fuite. Toutes les places dont il s*ëtait empare après la bataille deleucofao furent reprises et saccagées. Contraint de demander la paix , il ne l'obtint qu*à des conditions très dures : on le dépouilla , et il se vit réduit à un sir.ple apanage pour sa subsistance.

D. Clotaire ii ne reprit -il point leâ armes contre les rois de Bourgogne et d*Au8trasie ?

jR. Oui. Théodebert et Thierri portèrent la.

gueçre au-delà des Pyrénées contre les*Gascons, qui habitaient alors la Navarre. Ils les vainquirent, et les assujettirent à un tribut. Clotaire, qui ne pensait qu'à se venger, fit faire subitement une irruption sur les terres d'entre la Seine et la Loire. Mérovée , son fils, enfant de cinq à six ans, commandait son armée sous la conduite du ducLandri. Ce général, après s*étre emparé de plusieurs places, vintinvestir Orléans , oùBertouIde, maire du palais de Bourgogne, s'était mis en sûreté.

Thi erri , sur cette nouvelle , rassembla promptement une armée , et vola au secours de cette ville. Landri, trop faible, leva le siège, et se retira versEtampes , bien résolu de combattce au passage de la rivière qui porte ce nom.

MaisTarméede Clotaire y fut défaite : la plus

(Ôo)

grande ^ptiie demeura sur la place , et son iBls Afëroivée fut fait prisonnier.

Théodebert , de son côté , était entré dans •le royaume de Soissons, et s^avançait vers Compiègne , où Clotaire avait assis son camp« Déjà les deux armées se trouvaient en présence, lorsqu'on apprit la défaite de Landri. Cette nouvelle obligea Glofaire à demander h paix. Elle lui fut accordée à des conditions raisonnables. Le roi d'Âustrasie commençait à. craindre son frère : il voulait se faire un amfl:ontre un rival si redoutable. La jalousie étouffa en lui l'amour de la gloire , et lui arr racha des maiiis une victoire presque assurée. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est que le victorieux Thierri fît aussi son accommodement avec Clotaire , sans doute pour la même raison et par le même principe. Quoi qu'il en soit, la division se mit bientôt entre les deux frères.

D. Quelle fut l'occasion de rupture entre le roi de Bourgogne et celui d^Austrasie ?

R. Protade, maire du palais de Bourgogne, le courtisan le plus délié, l'homme le plus adroit, le cavalier le plus brave et le plus accompli de son siècle, n'oublia rien pour aigrir Thierri contre son frère. La guerre fut enfin déclarée au roi d'Austrasie. Mais Pro-

( 5^ ) tad« en fot Tictimc. Car lorsque les deux armées se trouvèrent en présence , ks troupes de Bourgogne ise soutevèi^nt contre le maire du palaifiyqu^ellés regardaient comme Fauteur dcis troubles (jui divisent la famille royale. La tente du roi fut entourée , Tair retentit tout à eoup des cris tumultueux des soldats et des généraux qui -démandaient qu'on leur livrât le boute-feu qui avait alluQié la guerre. Le monarque, surpris de cette insolence, se mit en devoir de sortir ppur la réprimer. Mais sa garde , sôit par zèle pour sa personne, soit qu'elle fôt d'intelligence avec les rebellas , ne voulut point peitnettre que ie prince s'exposiât. Il chargea donc un officier de porter ses ordres aux mutins, et de les faire retirer, chacun sous ses drapeaux. L'officier, au lieu d'obéir, leur dit que le roi leur abandonnait le maire du palais. A ces mots, ils forcent la tente du monarque, se jettent sur^Protade, et le mettent en pièces. Cet événement fit résoudre la paix, et les deux armées se retirèrent sans combattre. La politique demandait que l'attentat des seigneurs conjurés ne demeurât pas impuni.

L'ofiioier qui avait changé les ordres de soii souverain eut un pied coupé. La mutilation était usitée dans ces premiers siècles de la

( 5« ) monarchie. Wulfe, qui avait fait soulever Ta rmëe, lîit condamné à mort. ■ - '

Ce fut quelque temps avant la guerre des deux frères que mourut saint Grégoire, surnommé le Grand. Cest lé premier pape qui ait eu des liaisons particulières avec nos rois. On voit , dans une des lettres qu'il écrivit ï Childebert ii, un éloge bien glorieux i la trance.; ^ofre royaume^ lui àxt-Wj^iest au^ tant au-dessus deceux des autres nations que les rois sont au-dessus des euitres hommes.

D. Une seconde rupture n'éclata - 1 - elle point entre Théodebert et Thierri ?

JR. Oui , et la bataille se livra dans les plaines voisines de Toul. Les Aiislrasiens , après un combat opiniâtre, furent mis en déroute.

Le roi, obligé de* prendre la fuite, se retira d'abord à Metz, ensuite à Cologne, où il reçut un renfort considérable de troupes, composées de Saxons, de Thuringiens , et des autres nations de là France germanique. Le monarque se mit à leur tête, revint sur ses pas , et mar* cha droit à Tolbiac , où Thierri avait assis son camp. Ce lieu , si célèbre par la victoire de Clovis sur les Allemands , devint le théâtre de faction la plus vive et la plus meurtrière entre deux petits-fils de cet illustre conquérant. Le carnage fut horrible. Les Austra<-

siens, vaincaj^ pour la seconde fois, ne songèrent plus qu'à gagner un lieu de retraite.

Maiail en périt autant dans la fuite que sur le champ de bataille. Les campagnes, depuis Tolbiac jusqu'à Cologne,' étaient jonchées de cadavres, de blessés , et de mourants. ' L'histoire fournit peu d'eicemples d'un pareil acbarnement. Le roi d'Âustrasie se sauva au-delà du Rhin, où il fut pris. On Famena au prince son frère, qui le fit dépouiller de tous les ornemens de la dignité royale, lui ôta jusqu'à son baudrier, etj dans cet état humiliant, l'envoya, sons bonne garde , à Oiâlons-sûr-Saône. On ne sait rien de cer-* tain sur la fin de Théodebert. Tlûerri , à la tête d'une nombreuse armée, se préparait à fondre sur les états de Clotaire, lorsqu'il fut attaqué d'une dyssenterie qui l'eîileva en très peu de jours.

D. A qui passèrent les royaumes d'Âustrasie et de Bourgogne après la mort de Thierri et de Théodebert ? .

jR. A Clotaire. Les Âustrasiens, sollicités par Arnoul et par Pépin, deux des princi-.

paux seigneurs du pays, so donnèrent au roi de Soissons, et le reconnurent pour leur maître. Les Bourguignons, conduits par Garnier, maire du palais de Bourgogne, conjurèrent

contre les eafanU de Tbierri.. G^esl Que lra<hispa dont rien ne peut effacer la nicpii^eetir.. Garnier livra trou; des^fils dé Thiem à<Glo^ taire» qui les fit ëgorg^r. Le quatrièmev nom^ r^^é Ghildebert , eut le bonheur d- échapper , et ne reparut jamais. Cette cruelle erëcntion n'était que le prélude d?une autre encore plus barjbare. Brunehani fut arrêtée, et conduite à Glotaire, qui lui reprocha la mort de dix rois ou fils décrois), Taccusades ciimes les plus horribles, la livra aux insultes. de la soldatesque, à la cruauté des bourreaux^ et, pour dernier supplice, la fit tratner sur les ronces et les caillons par un cheval îndoiApt^v Les restes de son corps fùrentlivrésauxflattimes, et réduits en cendre^ C'est ainsi que pérît une reine âgée de près^de quatre->-vingt8 an», une princesse, fiUe^ femme, mère, aïeule, et bisaïeule de tant de rois.

Brunehaut fonda des élises, diesi monastères et des hôpitaux; elle fit comstruire, dans la Flandre et dans la Picardie , de superbes chavLsséeSy et, dans la Bourgogne-, de grandes levées, f^lu rieurs de ces monuments portent encore aujourd*|iui le nom de cette reine.

D. Quelle fut la fin du règne de Glotaire u?

jR. dotaireii sembla vouloir &ire oublier,

par d'titUea règlements et par ii^e exacte adviinistration de la justice , to.atce que soimsi^rw patioo et ses cruautés avaient d'odieux. Mais il

consentit à donner à vie les charges dé maires du palais, qui n'étaient originairement que pour un temps. C'est ainsi qu'il devint la première cause de la décadence de sa famille. Sooa'Son règne, les parlements ambulatoires, nommés plaids ^ furent fréquents. C'étaient dee Cours de justice composées des évéqties, des grands offioiers de la couronne, des ducs^ des eomtea, et des farons, qu^on a depuis appelés , barons. Kan Gaa^ il s*assoêia Dagobert, Fainé de ses deux fils. C'est le premier exemple que l'histoire nous fournisse derasso* ciatioB d*un) fils de France à la royauté. Il lui donna peas ministres deuxliommes d'nne grande réputation de sagesse et de vertu. Ar-^ noul, évéque de Metz , et Pépin dille Vieux, ou de Landea. Clotaire mourut en 6a8 , à Fâge dfi 4^ ans , et fut enterré à Paris dans l'église de Saint-Germain^-des^Prés. C'est le second roi de France dunom jde Ûoteice , et , par une destinée attachée à ce nom , k second roi de Boissons qui ait réuni toute la monar* chie française, toujoiurs divisée depuis la mort de devis. Ce fiit un^rince vaôUant et brave, iiaUte dans l'art de gouverner, populaire,

(56) charitable pour les pauvres , mais tfaii èarac-^ tère cruel et féroce.

DIGOBERT I^**. j ONZIÈME ROI BE FRiJ^GE^

régna lo ans.

(An6a8.>

D. Dagobert irecueillit-il toute la s^ùccession-

de Clotaîre II ?

' jR. Non. Aribert , son frère , prince d'uiT grand mérite , obtint quelques provinces k titrçde royaume. On lui (;lonna le Toulousain, le Querci, TAgénois, le Périgord la Saiiitonge, et tout ce qui est entre k Garonne et les Pyrénées. Mais on Tobligea de renoncer à tontes ses prétentions sur le reste de la monar* cbie française. Lé roi d' j^quitaine (c^esi le nom qu'il prit) partit aussitôt pour ses nouveauic états, dont Toulouse devint la capitale. Il y vécut avec éclat , subjugua les Gascons, qui s'étaient révoltés , et soutint avec gloire la majesté du trône.

Le commencement du règne de Dagobert annonçait un prince parfait. Il fit d'abord fleurir les lois et le bon ordre. Mais, après ia retraite du saint prélat Afnoul, le roi s'abandonna aux désordres les plus honteux. Trois fenunes à k fois décorées du titre de reines,

. (57) et une iufiai^ë de maîtresses, absoi(^ent les revenus de l'état. Il devint le tyran ue ses sujets, qu'il accabla d'impôts.

D. La conduite d'Aribert, roi d'Aquitaine, c4ait-elle plus honorable que celle de Dagobprt , son frère ?

R. Oui. Aribert, bien différent de son frère , ne s'occupait que du bonheur de ses sujets. Mais une prompte mort l'enleva de ce monde, et remplit sou royaume de deuil et de tristesse. Le jeune prince Chilpéric , son fils, le suivit de près, laissant à son oncle de grands trésors et un état florissant. La mort précipitée du père et du fils donna occasion à mille bruits injurieux. On crut avoir sujet de soupçonner queDagobert, soit par ambition, soit par jalousie, avait. abrégé les jours d'un frère trop digne de régner sur toute la France. Mais la fidélité de l'histoire ne permet pas de donner pour vrai ce qui n'est qu'une pure conjecture.

D. Dagobert acquit*îl quelque gloire rnili* taire ?

R. Non« Il avait levé une puissante armée pour aller châtier les Saxons Vinides (i) quidé-

(i) Les Vinides étaient une colonie d'Esclavons : c^ sont eux qui ont donné leur nom au. golfe venadique. On appelait ainsi anciennement Teiubouchure de la

Vii»tule. ' C 3

solaient la TbmriDge par leurs fréquentes incar- 9Î0HS. Déjà il s'était aTancé j usqu'à Mayence, et il se préparait à passer le Rhiu> lorsque les envoyés du doc de Saxe vinrent lui faire une proposition qui ne pouvait que Toflenser^ s'il n'eût aimé le repos plus que la gloi^eJlie duc se chargeait de défendre, avec les seules troupes du pays , toute la frontière de la Ger^ manie française » à condition qu'on lui remettrait le tribut de cinq cents bœufs qu'il était obligé de four&ir touts les ans à la maison du roi. Dagobert accepta l'offre, accorda l'exemption demandée , et congédia cette belle armée à la tête de laquelle il était en état de donner la loi à touts les peuples voisins de TAustrasie. Il avait iait, la même année, un accommodement aussi honteux avec Sisenand, roi des Visigoths. Dagobert avait aidé ce prince & monter sur le trône d'Espagne, au préjudice de Suintila, qui gouvernait la nation depuis dix ans. Un des articles du traité portait qu'on lui donnerait un grand bassin d'or dont Aëtius avait fait présent à Torismond. Le bassin était ^enrichi de pierreries, et pesait cinq cents li« vres. Sisenand, proclamé roi, n'osa le refuser aux ambassadeurs français qui étaient venus le demander de la part de leur maître. Mais il aposta des gens qui le leur enlevèrent à

(59) tear retour en Frattee. Dagobert se plaignit vivement de cette violence, et fit de grandes menace^On mit Fai^ire en négociation. Le faible monarque se contenta d'un dédommagement de deux cent mille sous d^or, qui font à peu près trois millions de notre monnaie.

^On ne reconnaît, dans ces deux événements , ni cette noble fierté , ni cette ardeur martiale, qui rendirent les descendants de Clovis si redoutables que même TEmpire romain recberoha plus d'une fois leur alliance. Ces braves fondateurs de la monarchie n'auraient pas manqué de punir les insultes faites à leurs ambassadeurs ni une si lâche infraction des traités. On ne les vit jamais préférer une indigne oisiveté à la gloire de soumettre une nation perfide ou insolente. Cette faiblesse du gouvernement de Dagobert annonce le règne des rois fainéaiits , et la chute prochaine de sa maison.

D. Comment Dagobert régla*t-il sa succès-^ sion ?

R. Les Saxons ne s'étaient pas trouvés assez forts pour remplir leurs engagements et pour arrêter les excursionsdesVinîdes.LaThurînge demeura donc de nouveau exposée à la fureur et àTavidîté de ces peuples barbares. Ces mau vais succès attristaient le monarque, elnele tl-

ralentpoiutdesa noncbalauce. Il sedëtermina à &ire couronaer son fils Sigebert roi d'Austrasie. Le jeune prince n'avait pas encore trois ans accomplis. Ces Austrasieas crurent avoir recouvré leur liber tté, parce qu'ils avaient un roi, et firent la guerre avec plus de vigueur. Les Vinides, ou n'osèrent plus paraître ; ou furent vivement repoussés. Cependant Dagobert venait d'avoir un second fils, qui fut nommé Glovisl'Le roi assembla les seigneurs . de son empire à Paris, et leur déclara qu'il confirmait à Sigebert toute TAustrasie, mais qu'il voulait que le princenrouveau-né lui succédât dans ses états de Bourgogne et de Neustrie.

Les grands y consentirent, et l'affaire de la succession fut ainsi terminée.

D. Après avoir réglé le partage de ses enfants, quelles révoltes Dagobert eut -il à calmer ?

jR. Ce furent celle des Gascons et celle des Bretons*

Les Gascons, nation toujours inquiète, toujours ennismie de toute domination , s'étaient insurgés, et se livraient aux plus grands ravages. Dagoberjr leva contre eux une nombreuse armée. Attaqués de touts côtés, battus dans leurs vallées , forcés dans les montagnes, ils envoyèrent demander quartier. Ils obtiu-

retit leur grâce , mais à condition qu'ils vien* draient se jeter auit pieds du roi pour implo^ rer sa clémence, et se soumettre à tout ce qu'il exiget^ait d'euic. Ils tinrent parole. Leur duc, accompagné de tout ce qu'il y avait de grands seigneurs dans le pays, se rendit à Saint- Denis.^ Mais il n'osa paraître à Clichy , où Da'gobert tenait sa cour. La crainte du juste châtiment que méritait sa rébellion ne lui permit point de sortir de ce respectable asile. Il dépécha quelqu'un pour faire ses soumissions.

Le monarque leur pardonna par respect pour le saint dont ils invoquaient la protection. Ils jurèrent touts sur le tombeau de l'apôtre de la France qu ils seraient fidelle^ au roi et à ses successeurs. .

L'exemple des Gascons avait aussi fait prendre les armes aux Bretons. Lai:;rainte duméme châtiment les fit rentrer dans le devoir. Judicaël , leur duc, au mépris des concordats entre les monarques français et les comtes de Bretagne , avait repris le nom de roi, et ravageait les frontières de la France. Dagobert lui envoya demander satisfaction , avec ordre de lui déclarer la guerre^ s'il ne venait lui rendre promptement les hommages qu'il lui devait. Ce fut saint Eloi que le prince chargea d une commission si délicate. C'était un per-

S ounage que sa vertu faisait aimer de tout le monde , et que son gënie rendait capable die tout» Il avait appris le métier d'orfèvre , et y excellait. Le roi se plaisait souvent aie voir travailler . Iirhonora de la chargede nwnétaireon surintendant des monnaies de France. Sa piété augnieuta avec sa fortune; il devint enfin évéque de Noyon. Ce vertueux envoyé^ sut tellement profiter de la défaite des Gascons , * et ménagea si adroitement Tesprit du duc de Bretagne, qu'il l'amena à Glichy » où il demanda pardon au roi , et le reconnut pour son sei* gneuc^e monarque le reçut avec bonté , l'invita même à sa table \ mais Judicaël s'en défendit avec respect y le conjurant de lui permettre de tenir la parole qu'il avait donnée de manger chez le référendaire Audoën , si connu depuis sous le nom de saint Ouen. La sainteté de cet homme fut son excuse. Le roi ne se tint point ofiensé de ce refus. La vertu avait alors de grands privilèges.

D. Quand mourut Dagobert ?

R. Ce prince ne jouit pas long-temps de la paix qu'il venait de procurer à la France. Il tomba malade à Epinay , maison de plaî«^ sauce sur la Seine , et mourut à Saint-Denis » où il s'était fait transporter. Il fut enterré dans l'église de cette abbaye , qu'il avait fondée et

richement dotëe« Il n'était âgé que d'environ 36 ans. On respecta, après sa mor^ le partage qu'il ayait fait , de son vivant , entre ses deux fils. L'Austfasie demeura à Sigebert.

Clovis fut couronné roi de Nenstrie et dé Bourgogne. .

Un des plus beaux monuments du règne de

Dagobert, c'est la collection des lois des différentes nations soumises à Tempire français. Nous remarquons , dans ces lois , que quiconque osait serrer la main d'une femme libre, était condamné à i5 sous d^or; au double, s'il lui prenait le bras, et au quadruple, s'il lui touchait la poitrine. On ne peut qu'admirer et louer la sagesse de ces dispositions. Les Français avaient coutume de mener leurs femmes à l'armée. Il était de la dernière importance de les mettre à l'abri de toute insulté. Nous remarquons encore qu'une fille libre qui se laissait enlever était condamnée à l'esclavage.

GLOVIS II , DOUZIÈME BOI DE FRAIïGB ,

régna 17 ans.

(An 638.)

D. Que se passa-t-il pendant la minorité des deux rois Clovis 11 et Sigebert son frère ?

R. Ce fut pendant celte minorité ,* fort longue, que le pouvoir des maires du palais s^'accrut d^une manière excessive. Cette place

importante devint héréditaire, et absorba en-, fin l'autorité royale<lfQn donna le surnom de Fainéants aux princes qui portèrent la couronne depuis Pagobert jiTsqu'à la fin de la première race. Clovis ii régna sous la tutelle de Nan tilde sa mère, qui gouverna avec Egra , maire du palais. Pépin, maire du palais d'AnstrasiesousDagobert,lefutencoresousSigebert-

On raconte de Clovis ii que , dans un temps de famine, il épuisa ses cofifres , et fit fondre les lames d'or et d'argent qui couvraient les tombeaux de saint Denis et de ses compagnons, pour soulager les pauvres. Il mourut à l'âge de vingt et un ans , et laissa trois fils qui parvinrent successivc(^iii/ent au trône. Son second fils Childéric avait succédé à Sigebert , roi d'Austrasie , mort avant Clovis ii.

Voici comment Boileau a décrit le règne des rois fainéants dans son poëme du Lutrin, chant 2«.

A ce triste discours , qu''aD long soapir achève,

La Mollesse, en pleurant, sur uu bras se relève,

Ouvre un œil languissant , et , d^unc faible voix ,

Laisse tomber ces mots quVUe interrompt vingt fois:

Nuit, que m^as-tu dit? Quel dcmon sur la terre

Souffle dans touts les cœucs la fatigue et la guerre?

Hélas ! qu'est devenu ce temps , cet heureux temps ,

Oii les rois s^honoraient du nom de fainéants,

SV*ndormaieut sur le trône , et , me servant sans honte ,

Laissaient leur sceptre aux niaius ou d'un maire ou d'un comte?

Aacun soin n*approcbait de leur paisible coar $

On reposait la nuit, on dormait tout le jour.

Seulement au printemps , quand Flore dans les plaines

Faisait taire des vents les bruyantes haIeitieS|

Quatre bœufs attel<fs , d^un pas tranquille et Jcut,

Promenaient dans Paris le monarque indolent.

Ce doux siècle n^est plus. Le ciel impitoyable

A placéjpir le trdne un prince infatigable (i).

Il brave mes douceurs , il est sourd à ma voix ;

Touts les jours il mVveille au brurt de ses exploits. •

Rien ue peut arrdter sa vigilante audace ;

L'ete' n'a point d^enx , lliiVer n'a point de glace :

J'entends à son seul nom touts mes sujets frémir» /

En vain la paix deux fois a voulu l'endormir^

Loin de moi son courage ^ entraîné par la gloire,

Ne se plaît qu'à courir de victoire en victoire.

Je me faiiguerais. à te tracer lé cours

Des outrages cruels qu'il me fait touts les joors.

Do moins ne permets pas... La Mollesse , oppressée ,

Dans sa bouche, à ce mot, sent sa langue glacée ;

Et , lasse de parler , succombant sous l'cflfort ,

Soupire, étend lea bras, ferme l'œil, et s'endort.

CLOTAIRE III , TREIZIÈME BOl DE FRANCE y

régna 8 ans.

(An 660.)

D. A quel âge Clotaire m ceignit-il le diadème?

R. A l'âge de cinq ans. Bathilde , sa mère , fut régente du royaume , et le gouverna avec

(1) Que cet cloge de Louis xit est adroitement amené . Jamais souTerain n'a été plus loué ni mieux loué.

beaucoup de sagesse^ maiâ ensuite elle se^etira par dévotion dans le monastère de ChelleSj qu'elle avait fondé, et laissa le royaume à la merci à!Ebrom, maire du palais , dont elle avait jusque-là réprimé les violences. L'église a reconnu cette pieuse reine pour sainte.

Clotaire in mourut à Tâge de treize ans.

^n frère Thierri , qui n'avait eu aucune part à la succession de son père , fut . placé sur le trône par Ebroïn , sans que ce maire daignât assembler ni consulter les seigneurs. Ceux-ci se révoltèrent de cmicert*, Ebroïn fut relégué à Luxeuil : Thierri fut compris dans sa disgrâce, et renfermé dans l^abbaye de Saint- Denis. Childéric, deuxième fils de.Gloyis, qui avait eu en partage le royaume d'Austrasie , fut reconnu pour unique souverain de toute la France. Mais il abandonna une partie de TÂustrasie à Dagobert ii, fils de Sigebert, qui était revenu d'Ecosse, et qui gouverna ce petit état avec le titre de roi.

OHILDÉRIG U y QUITORZIÈME ROI DE FRJlNCE ,

régaa 4 ans.

(An 668.)

D. Comment Childéric ii se comporta-t-il sur le trône ?

R. U régna d'abord avec sagesse , guidé par

lès con90Û6 de S9Lini Léger j éyéqae d'Autan. Ensuite 11 s'abandonna à la moIlels$e> et k la dëJbaache. A. ces vices il joignit la craaotë , mais elle luifulfun^te. Un seigneur nomme Bodillony lai ayant fait un jour quelques remontrances , fut battu de verges « Cet outrage excita sa vengeance. Il assassina le roi , la reine Bilihilde , sa femme , et Dagobert , un de leurs fils, dans la forêt de Livry. Un autre fils, appelé DaméLy ëdiappa au massacre , et rëgna plus tard , sous le nom de GhilpéricII.

THIEHKÎ I«', QUIIIZIEME BOI DE FRANCE ,

régna i6 ans.

(:Aii673.)

D. Qui fut le successeur de Childëric ii ?

JR. Ce fut Tbierri i«^ , son frère , qui , après un long interrègne et beaucoup de troubles , sortit de Fabbay^ede Saint-Denis, et reprit le diadème. Ebroïn le contraignit par les armes à le recevoir de nouveau pour son maire du palais. Cet homme ambitieux exerça une tyrannie détestable. Ayant juré la perte de saint Léger, il lui fit couper la langue, et ensuite trancher la.téte. Enfin, il se porta à tant d'excès qu'il fut tué lui-même par un seigneur nommé Hermanfroi^ en 688. ^

Dagobert ii, roi d'Austrasie, était mort en

€79; et Thlerri aurait dû être reconnu seul maître de toute la monarchie. Mais TAustrasie, craignant de tomber sous la domination d'Ebroïn , ne voulut plus reconhaitre de roi. Pépin et Martin s'en firent déclarer ducs ou gouverneurs.

D. Qu'est-ce que Thierri i«' a fait de remarquable ?

R. Il voulut s'opposer aux entreprises de Pépin cCHéristal, duc ou gouverneur d'Austrasie , qui s'était emparé de cet état , et qui accordait une retraite aux sujets mécontents du gouvernement du monarque français. Une bataille décida de Tempire. Thierri fut défait, et Pépin s'empara de toute l'autorité , sous le nom de Maire du palais. Ce maixe soumit touts les voisins de la France qui s'étaient révoltés pendant la faiblesse dés règnes précédents. Thierri mourut en 690 , et laissa deux fils y qui ne régnèrent pas avec plus d'éclat que leur père. Ce furent Glovis m et Childebert ii. .

CLOVIS III, SEIZIÈME BOI DE FBàNCE,

régna 5 ans.

(An 691.)

D. Que se passa-t-il sous le règne dé Clovis m?

R. Pépin continua d'avoir toute l'autorité ,

sous le nom du nouveau monarque. Il étendit

(69) ses conquêtes , et vit mourir le jeune prince dans sa quinzième année. Childebèrt ii , son frère , lui succéda.

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