‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 3 sur 30 · MÉROVÉE, TROISIEME ROI DE FKAI7GE · texte numérisé non relu

MÉROVÉE, TROISIEME ROI DE FKAI7GE

régaa lo ans.

(Ao 448.)

D. Qu'est-ce que l'histoire nous apprend dé Méro vée ?

jR. Sa naissance est un véritable problème.

Quelques historiens le font fils de Glodion, et d'autres prétendent qu'il était seulement delà famille de ce monarque. Quoi qu'il en soit , il se montra digne du trône par ses vertus guerrières, jittila , surnommé le fléau de Dieu , roi des Huns , nation tartare qui s'était établie sur les bords du Danube, dans la Hongrie, vint fondre sur les Gaules avec une armée innombrable. Aëtius, pour arrêter ce torrent, se joignit à Mérovée et à Théodoric , roi des J^isigothSj peuples qui habitaient l'Espagne. Attila fut complètement défait dans les plaines de Qiâlons, et son armée dispersée. Dans la

(9) suite , Âëtius ayant été massacre par ordre

de l'empereur des Romains j Mërovëe s'ëten-

dit^ans résistance dans les Gaules. Il moir-

rut après un règne de dix ans. Il a donné son

nom à la première race dos rois -de France*

L'histoire ne dit ni le nombre de ses enfants »

ni le nom de la reine mère de Childëric, son

fils et son successeur. .

CHILDÉRIC I*' j QUATRIÈME KOI DE FRAlf CE ,

régna 24 ans.

( An 458. )

D. Que nous offre de remarquable le règne de Clnldéric I" ?

R. Il nous offre Thisloire d'un prince à grandes aventures. Enlevé dès l'enfance par un détachement de l'armée des Huns, Childéric fut délivré par un brave Français nom« mé Viomade, et retiré comme par miracle des mains de ceux qui l'emmenaient en captivité»

Monté sur le trône k l'âge de vingt-cinq ans, il s'abandonne aux charmes de la volupté, irrite les seigneurs français, dont il corrompt les femmes, se fait chasser du trône, et se retire en Thuringe, d'où il est rappelé au bout de huit ans. Basine, reine de Thuringe, qu'il avait séduite, quitte le roi son mari, comme

tine autre, Hëlène , pour suivre ce nouveau Paris. Childéric Tëpouse, au grand scandale des gens de bien; et c'est de ce singulier mariage qu'est ne le grand Clovis.... Il est bien rare que l'adversité corrige les vices du cœur.

D. Comment Childéric 1^ fut-il rétabli sur le trône de France ?

R. Les Français avaient déféré la couronne

au comte Gilles, commandant pour les Romains dans la Gaule. Ce choix bizarre fut le fruit de la politique du fidelle Viomade, qui profita de l'ascendant qu'il avait sur le nonveau roi , pour l'engager dans des démarches qui ne pouvaient que le rendre odieux à la nation. Les exactions du monarque régnant rappelèrent le souvenir du prince exilé. On commença par le regretter; enfin, on le de-^ manda hautement. Viomade , toujours attentif aux intérêts de son ancien maître , lui envoya la moitié d'une pièce d'or qu'ils avaient rompue lorsqu'ils s'étoient séparés. Childéric reconnut le signal, et vint se présenter à ses anciens sujets. Une seule bataille décida cette grande afiàire. L'étranger fut entièrement dé fait; et le prince légitime se remit en possession du trône.

D. Dites quelle fut la fin du règne de Childéric.

(tl)

jR. La fin d'un règne si romaneâqtie fut signalée par plusieurs exploits glorieux. Lahaine des Francs pour les Romains , et le désir de regagner résumé de. s€s sujets, réveillèrent le> courage de Childérie. Il pénétra bien avant dans les Gaules , défit, auprès d'Orléans , Varméû d'Odoacré, roi des Saxons , et à'empara de plusieurs villes, tant stir TOise que sur la Seiite. La conquête de rAllemagne fut la dernière action mémorable de ce prince. Il mourut y quelque temps après , dans la vingtqua* trième année de son règne. Il fut enterré à Toiirnay. Le hasard fit découvrir son tombeau dans cette vilte, en i653. Ce tombeau renfermait , entre autres antiquités , un anneau où était le portrait du roi, autour duquel on lit le nom de ChildëriCj gravé en lettres romaines. Il y avait aussi des abeilles de grandeur natu*^ relie , faites avec de For massif. Ces abeilles étaient le symbole de la tribu des Francs , qui en parsemait ses enseignes.

CIOVIS 1<', SURNOMMÉ LE GRAND, CINQUIÈMB

ROI DB FRAISCE,

régna 3o ans.

(Aa48u)

D. A quel âge Clovià i*' succéda-t-ii à Chil* déric son père ?

( lO

R. Clovis n*avait que seize ans lorsqu'il ceignit le diadème, en 4^1 -, mais il montrait

* dès-Ioi;s tout ce qu'il devait être un jour. En 486 , il livra bataille , près de Soissons , à Sia* grius, fils du comte Gilles, gouverneur pour les Romains dans la Gaule; Combattre et vain* cre ne fut pour le roi de France qu'une seule et même chose. Siagrius, ëchappé presquô^^,

' seul du combat,, se retire chez les Visigolhs;- Clovis menace Alaric leur roi de leur faire^la guerre , s'il ne lui livre le guerrier fugitif. Siagrius est remis à son vainqueur , qui luir fait couper la tête. La mort du gënëral de-rëm-i .: pire emporta la réduction de toutes les places qui tenaient encore pour les Romains. ;. • ' En 491 » Clovis apprit l'invasion subite de] Basin , roi de Thuringe , sur la partie des ëtafs , français qui était située au-delà du Rhinl' Le vaillant monarque assembla promptement son armée, se jeta sur les terres de son en-, nemi, y porta le fer et le feu, et lui imposa un tribut perpétuel.

D. Quelle était la religion de Clovis?

R. Ce prince était païen, comme son peuple et les rois ses prédécesseurs ; mais il épousa, en 49^1 Clotilde j ûWe de Chilpéric, roi des Bourguignons , que Gondebaud son frère savait détrôné et assassiné en 478. Cette princesse

ëtait chrétienne. Clovis la fit demander par ses ambassadeurs. La cour de Bourgogne n'osa la refuser. Elle craignit d'irriter un jeune coaquërantque la victoire suivait par-tout. Clo- " tilde fut donc épousëe au nom du roi par .r^wrélien y illustre Gaulois , qui lui offrit , selon la^ coutume, un sou et un denier. Cette coutume fut long-temps conservée en France. Les maris donnent encore aujourd'hui quelques pièces d'argent à leurs épouses: il ny adedi3ere.îce que dans le nombre et dans la valeur.

D. Clotilde n'engagea-t-elle pas le roi son époux à renoncer aux erreurs du paganisme?

jR. Elle 1 y exhorta Icîngtempsj et le prince penchait déjà pour la vérité , lorsque le ciel ' décida sa conversion par un événement que la plupart des historiens racontent comme un miracle.

Une armée nombreuse d'Allemands s'était répandue sur les bords du Rhin, et cherchait à former un établissement dans les Gaules , à l'exemple des Francs. Clovis craignit pour son trône encore chancelant. Il courut à la rencontre des Allemands, et les joignit dans les plaines de Tb/i/ac^ aujourdhui ZulchoM Zulpickj entre Juliers et Bonn (an 496.) L'armée' des Francs commençait à plier et tout semblait désespéré pour Clovis. Le roi

lèvelesyeuxauciel,ets'écrie:«DieudelarQÎnc « Clotîlde , si vous m'accordez la victoire, je ,« fais vœu de recevoir le baptême, et de n*a- « dorer désormais que vous! » Bientôt Tordre se rétablit dans ses troupes \ les bataillons ennemis sont enfoncés et mis en déroute. Le vainqueur, iîdelle à sa promesse, se fit ins* truire des mystères de la religion chrétienne. Ce fut saint Remy, évêque de Rheims, homme célèbre par sa naissance, par sa piété et par sa doctrine , qui le baptisa le jour de Noël, dans Téglise de Saint-Martin, hors des portes de la ville. Alboflède, sœur de Clovis, et plus de trois mille Français furent baptisés en même temps.

D. Quel titre ont porté les rois de France depuis le baptême de Clovis ?

R. Celui de rois très-chrétiens^ parce qu^ils sont les premiers rois qui aient embrassé la religion chrétienne dans toute sa pureté , au lieu que presque toutsles princes chrétiens, du temps de Clovis, professaient Tarianisme.

D'ailleurs, les monarques français ont toujours montré plus de zèle que les autres rois pour la défense de l'église et des papes.

D. Quelles furent les suites de la conver* sion de Clovis?

R* Celte conversion fut la cause principale

. ( i5 ) de son agrandissement dans les Gaules^ Les évéques travaillèrent à lui concilier les peuples. Clovis, par reconnaissance, leur montra beaucoup d'égards et de déférence. De là sans doute ce pouvoir excessif .que les prélats conservèrent dans le royaume, et Tinfluence qu'ils eurent dans les affaires de Tétat.

Mais Clovis sut aussi étendre ses conquêtes par le succès de ses armes. Il soumit le Brabant, le comlé de Liégé, et une partie de la Flandre maritime. Il réduisit les Armoriques, c*est-à-dîre, les peuples de la province de Bretagne; et, enfin ^ il rendit la Bourgogne tributaire.

D. Quelle célèbre bataille gagna Clovis, en 5o7 ?

R. Ce futcelle de P^ouillé^ près de Poitiers. Clovis ambitionnait la conquête du royaume des Yisigoths. Les Français , en partant pour cette guerre , jurèrent de ne se point faire la barbe, qu'ils n'eussent vaincu leurs ennemis. Ces sortes de vœux étaient fort usités chez les anciens Francs. Tout est plein de mer-^ veilles dans cette entreprise du monarque français. L'usage de ces temps était de tirer augure du verset qu'on chantait à l'office au moment qu'on arrivait à l'église. Les envoyés de Clovis, à leur entrée dans Saint-Martin ,

(i6) entendirent ces paroles du pseaume i^* :

« Vous m'avez revêtu de force pour la giierrej « vous avez supplante ceux qui s'ëtaient <51e- « vës contre moi 5 vous avez mis mes enne- « mis -en fuite, et vous avez exterminé ceui?; « qui me haïssaient. » Ce qui arriva sur les bords de la Vienne fut une confirmation de cet heureux présage. L'armée i\e savait où passer cette rivière. Une biche s'élança à la vue de tout le camp, et indiqua un gué qu'on nomme encore aujourd'hui fePa^^e /a 5/cAe.

Un troisième prodige plus frappant encore ne laissa plus aucun doute sur la victoire que les Français allaient remporter contre les Visigoths. On vit en Tair un feu qui semblait s!allumer sur le haut de Téglise de Saint-Hilaire*, il vola au-dessus du camp, et vint se poser sur la tente de Clovis, où il acheva de se consumer. Les deux armées en vinrent bientôt aux mains. Les deux rois s'aperçurent, se joignirent, et se choquèrent» Clovis, plus vigoureux ou plus adroit, renversa Alaricde dessus son cheval, et lui porta un coup mortel. Rien ne résista plus au vainqueur; il soumit à son empire tout le pays qui s'étend depuis la Loire jusqu'aux Pyrénées.

D. Quels honneurs rendirent à Clovis les empereurs d'Orient?

R. Le bruit des exploits de Clovis étant parvenu jusqu'à Conslantinople, Tempereur j4n.astase\uï envoya le titre et les ornements de patrice, de consul, et d'auguste. Ce fut dans la ville de Tours que le prince français reçut les ambassadeurs d'Anastase. Il*donna une grande fête à eette occasion : il monta à cheval, le diadème en (été, revêtu de la robe et du manteau de pourpre, jeta beaucoup d'argent au peuple, et prit dès-lors la qualité d'^ugusteyïiom toujours cher et vénérable aux Gaulois par la longue habitude qu'ils avaient eue avec les Romains.

Le nouveau patrice, après avoir congédié les ambassadeurs , revint à Paris , dont il fit la capitale de son empire. Il y avoit au midi de cette ville un palais, ancien séjour des em. pereurs Julien et Valentinien i«^. Ce fut-là qu'il fixa sa demeure.

D. La fortune fut-elle toujours fidelle à

Clovis?

R. Non. Elle le trahit devant -^r/e^^ en Sog. Théodoric, roi des Ostrogoths, battit son armée, et le réduisit à demander la paix.

Cette défaite aigrit son esprit. Il devint sanguinaire, et souilla sa gloire par les cruautés qu'il exerça contre les princes de son sang, dont il envahit les états. Il immola les uns de

sa propre main , et fît massacrer les autres. Ce fut peut-être pour expier tant de crimes qu'il fonda un grand nombre d*égltses et de monastères : pratique assez commune dans ces siècles d'ignorance, où Ion s'imaginait que la justice chrétienne consistait à élever des temples et à établir des couvents.

D. Quand mourut Clovis ?

jR. Il mourut en 5i i , à Paris, après un règne de trente ans. II fut enterré dans réglisé de Saint-Pierre et de Saint-Paul, qu'il avait fait bâtir. L'histoire rapporte que , quelques mois auparavant, on y avait transporté le corps de sainte Geneviève, et qu'un mort avait été ressuscité sur son tombeau. Cette église a pris dans la suite le nom d'église de Sainte* Geneviève. Clovis l'avait construite à la prière delà reine Clotide.

Clovis fut un grand guerrier et un bon politique. La Gaule, subjuguée par ses armes, et conservée pa r sa prudence, est une preuvequ'il était aussi sage dans le conseil que redoutable à la tété d'une armée. On admire le commencement de son règne: c'est un enchaînement de victoires. On en déteste la fin : c'est un tissu d^usurpations et de cruautés. Le héros dispa* raît , et il ne reste que l'hommç injuste et barbare. ♦

( 19 ) • D. Quelles étaient les mœqrs des Français

dans les commencements de la monarchie?

H. Les Francs et les Gaulois , réunis .en une seule nation, conservèrent long-temps leur barharie, et Ton parcourt une. loogae suite d'horreurs avant que d'arriver à des temps dignes de Thumanité.

Clovis , après la victoire de Soissons , né put empêcher le pillage de quelques églises, et même de celle de Rheims. Saint Remy regrettait sur-tout un grand vase d'argent dont on se servaitdans'les cérémonies religieuses . Clovis, à la prière du prélat, promit de rendre ce vase. On allait faire, à Soissons, le partage du butin : les lots devaient se tirer au sort, même celui du grinee, qui n'avait guère que l'autorité de général. Clovis témoigne que le vase lui ferait plaisir. Tout le monde s'empresse de le lui céder. Un soldat seul s'y oppose, et décharge sur le vase un coup de francisque ou de hache d'armes , en s'écriant que la part du roi dépendrait du sort. Clovis dissimule sa colère , prend le vase, et l'envoie à saint Remy. Quelques mois après, Élisant la revue de son armée, il reconnaît le brutal qui l'avait offensé. Sous prétexte que son armure n'est point en état , il lui arrache sa francisque, et la jette à terre. Au moment que ce malheureux se baisse pour

la relever, « Soiwiens-toidu vasede Soissons/n dit le roi, et il lui fend la tête d'un coup, «Les <c Francs, dit l'abbé Millot^ avaient peut-être « besoin de pareils exemples \ mais Texemple « même tenait de la barbarie des mœurs de a nos pères. »

D. Quelle loi célèbre altribue-t-on à Clôvis?

R. On lui doit l'établissement de la fameuse j ^ loi appelée Rîpuaire^ du nom des soldats oudes peuples qui gardaient ou habitaient les rivages de la Meuse 5 du Rhin, et peut-être même de l'Océan. Cette loi fut faite après la réunion de ces divers peuples au royaume de France, et elle porte que le Jfî//:;Mm/Te sera traité comme le Français. Elle a beaucoup de ressemblance avec la loi Salique. On y voit des vestiges de quelques coutumes romaines^ elle contient plusieurs articles qui ont un rapport direct à la religion chrétienne.

D. Quels étaient, 'dans les premiers temps, les revenus de la couronne ?

jR. Durant plusieurs siècles la couronne n*eut d'autres revenus que le produit de ses domaines, les amendes, quelques droits, quelques présents d'usage; mais elle n'avait point de troupes à payer. Les seigneurs devaient fournir et entretenir, en temps de guerre, un cer-

tain nombre de soldats, et servir plus ou moins de jours.

D. A quoi reconnaissait-on les rois francs et les princes de leur famille?

R. Ils étaient distingues par une longue chevelure. Raser un prince, c'était le dégrader^ il devenait inhabile à régner. Clovis avait fait couper les cheveux à Cararic , roi des Morins, et à son fils. Les Morins étaient les peu-, pies du Boulonnais et d'une partie de TArtois. Le jeune prince eut rimprudence de dire que ses cheveux étaient des branches vertes qui repousseraient un jour, puisque le tronc n'était point coupé. Le cruel monarque, informé ^e ce discours, fit trancher la tête au père et au fils»

CHILDEBEET I^, SIXIÈME HOI DE FRIHCB,

( An 5iT.)

D. Que nous offre l'histoire de France depuis Clovis jusqu'à la fin de la première race?

R. Elle ne nous présente , pendant cet intervalle de temps , qu'un mélange confus de noms barbares , d'actions cruelles, d'intérêts obscurs et compliqués , d'invasions et de guerres, dont le détail fatigue l'esprit sans l'éclai-

rer utilement. Il faut se contenter de remarquer les objets les plus frappants.

D. Que devînt la monarchie française aprëi la mort de Clovis ?

iî. Elle fut partagée entre les fils de ce prince en quatre royaumes; savoir: celui diAustrasîe, dont Metz était la capitale; eeux de Paris , ai Orléans, et de Soissons. Il a fallu éprouver bien des malheurs avant que de prévenir Tinconvénient de ces funestes partages.

Thierri fut roi d'Austrasie, Clodomir d'Orléans , Childebert de Paris , et Clotaire de Soissons. Childebert n'était que le troisième des enfants de Clovis ; mais il est compté parmi les rois de France , parce que le sort lui donna le royaume de Paris , et que , Paris étant la capitale de la France, Tusage a prévalu de ne mettre au rang de nos rois que ceux qui ont régné dans cette ville.

D. Qu'est-ce que Childebert a fait de remarquable ?

R. Il se joignit, en SsS, à ses frères Clodomir et Clotaire, pour déclarer la guerre à Sîgismond , roi de Bourgogne , qui retenait injustement le bien de Clotilde leur mère. Ils défirentson armée, et s'emparèrent de ses états. Sigismond , la reine son épouse , et ses enfants, forent livrés à Clodomir, qui les fît massacrer ^

et précipiter dans un puits. Mais bien tôt il fut tué ]ui-niéme dans un conoibal qu'il livra à Gondemar, proclamé roi de Bourgogne depuis la mort de Sigismond.

D. Quel fut le sort des enfants du cruel Clodomir ?

a. Ce prince laissa trois fils en bas âge. Clotilde se chargea de leur éducation. Mais CbildebertetClotaire, ayantformé ensemble ledessein de ravir leur héritage, engagèrentla ver* tueuse reine à leur envoyer les jeunes princes* A peine les eurent-ils en leur puissance , qm^ils firent porter à Clo'tilde des ciseaux et une épée, lui annonçant ainsi qu'il n'y avait d'autre parti à prendre pour leurs neveux que le cloître ou la mort. La relne-raère, pénétrée de douleur, et ne prévoyant pas un excès dé barbarie , dit quelle aimerait mieux les voir morts que dépouillés de leur couronne. Cette réponse devint le signal du crime. Clotaire se saisit de Talné, le renverse par terre, et le poignarde. Le second, effrayé, sejette aux pieds de Cbil"debert, et lui demande la vie. Le monarque, attendri, ne peut retenir ses larmes. Clotaire lui reproche sa faiblesse , lui arrache l'enfant, et régorge sur le corps de son frère. Le troisième eut le bonheur d'échapper aux fureurs de ce prince inhumain et dénaturé. II se fit

couper les cheveux, embrassa l'ëtat religieux, et fit bâtir dans la suite , à deux lieues de Paris, un monastère , où il finit ses jours. On rhonore fious le nom de SainUCloud.

D .Les rois de Paris et de Soissons laissèrentils Gondemar sur le trône de Bourgogne?

R. Non. Us se liguèrent ensemble, et avec Théodebert, fils de Thierri, roi d'Austrasie, pour détrôner Gondemar. Une bataille rendit les trois princes maîtres de tout le royaume de Bourgogne, établi depuis-environ cent ans, et ils le partagèrent entre eux.

Childebert, ayant ensuite joint ses troupes à celles de Clotaire, marcha en Espagne contre lesGoths, et mit le siëge devant Sarragosse. Les habitants, pour se racheter du pillage, lui donnèrent la tunique de saint Vincent, martyr. Childebert, étant de retour à Paris, fit bâtir, hors des murs, l'église de Saint-Vincent, et y déposa la tunique. Celte église a pris ensuite le nom de Saint-Germain-des-Prés.

Childebert , mort en 558 , y fut enterré. Ce prince ne laissa que des filles de sa femme Ultrogote. Elles n'eurent aucune part à l'héritage de leur père. C'est le premier exemple de l'exécution de la loi Salique.

Pendant le règne de Childebert , Justinien i^ était empereur d'Orient, Il a rendu un

service essentiel à la jurisprudence par le Code qui porte son nom. Il fit bâtir , à Gons^ tantinople, la magnifique ëglise de Sainte^ Sophie y que le mahofoëtisme a convertie en mosquée. On lui reproche d'avoir dégradé la majesté de Tempire, en épou^antla comédienne Théodora. Il mourut en 565 , quelques mois après son général Bélisaire. Cet illustre guerrier se trouvait, depuis cinq ans, dans la disgrâce , et privé de ses dignités , sur Taccusation d'être entré dans une conspiration contre l'empereur. Mais il n'est point vrai que Justinien lui ait fait crever les yeux, et l'ait réduit à demander l'aumône.

CLOTAïRE I«', SEPTIÈME ROI DE FRANCE ,

régna 5o anf.

(An 558.)

D. Comment Clotaire i« devint-il seul roi de toute la France?

jR. Childebert, son frère, roi de Paris , et Théodebert , son neveu , fils et successeur de Thierri, roi d'Austrasie, étant morts, les états de ces princes passèrent sous la domination de Clotaire , qui devint ainsi maître de toute la monarchie française , dont il n'avait d'abord eu que le royaume d« Soissons.

Parvenu à ce haat degré de paîs8aB<Ge.^i) éprouva degrands chagrins. Chramne^ un de ses fîls^ leva Fétendard de la révolte, et £çMrça son père à lui livfer bataille. Le nouvel A^salon fut vaincu, et brûlé, avec toute sa famiU§ , dane une chaumière où il s'était ré;fugié. Depuis ce funeste triomphe , le roî vécu! dans une profonde tristesse qui le condiiûâit enfin au tombeau , en 56a , dans la cn»quante; et unième année de son règuB... Près d'expirer, il sMcria, dit^on, en gémissant:

Quelle est la puissance de ce roi du ciel qui fait mourir ainsi les plus grands rois de ia terre? Le bourreau des enfants de Glodomir , le meurtrier de son fils et de ses petits-enfant?, éprouvait donc enfin des remords ! On a remarqué qu'il mourut l'année d'après la mort de Chramne, le même jour et à la même heure.

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