DAGOBERT II , DIX- HUITIÈME ROI DE FRÂI7CS
régna 4 ans.
(An7ii.) '
D. Comment régna Dagobert ii ?
R. Il n'eut pas plus d'autorité que son père. L'état continua d'être gouverné par Pépin y qui termina sa glorieuse carrière en 71 4* Après sa mort, Théodebalde, son pelit-fils, encore enfant, fut proclamé maire du palais, sous la tutelle de Plectrude, veuve de Pépin. Celte
femme ambitieuse , voulant réunir to\!ile Vautoritë de son mari y fit arrêter Charles , dit depuis Charles-Martel j fils naturel de Pépin.
Les peuples s'ennuyèrent du gçuvernement de Plectrude , et engagèrent Dagobert à s'armer contre elle* Le roi remporta une victoire dont il ne sut point profiter. Théodebalde fut obligé de disparaître ; mais Dagobert laissa nommer un nouveau. maire du palais, et se remit ainsi dans les fers. Cette charge fat donnée à un seigneur nommé RainfroL
B« Rainfroi jouit^il paisiblement de sa charge ?
R. Non. Les ennemis voisins de la France profitèrentdes troubles de Tétat. Charles-Martel , échappé de sa prison , parut en Austrasie , et les Austrasiens , en mémoire de son père , le proclamèrent leur duc. Dagobert mourut, et laissa un fils nommé Thierri.
Mais Rainfroi , méprisant la jeunesse de ce prince , fit sortir do cloître Daniel , fils de ChildéricjL, et le proclama roi, sous le nom de Cldlpéric II.
^' Les Goths , qui avaient chassé les Romains d'ïlspagne, en sont chassés, à leur t(Hir, par les Sarrasins, que le comte Julien avait appelés pour se venger de Roderic qui avait déshonoré sa fille.
GàJU>âRIC II, DIX-^BEUYlèME ROI DB lilAllÛX ,
régna fy ans.
(An 716.)
D. Qa'esi-ce que le pègne de Gbilpëric if offre de remarquable ?
£• Ce . prtnee avait quarantenciiiq ans lors^ qu'il parvint au trdae. Il ne doit point être mis au nombre des rois fainétots. Il fit la guerre à Charles-Martel , et le battit dans «11 combat sanglant. Mais le duc d'Austrasie ra% massa les débris de $on armée, et r^aporta deux victoires sur Chilpéric 11. Rainfroi perdit sa place , et le roi fut forcé de jreoonnaUre Charles-Martel pour son maire du palais. CZotaire If^, prince du sang de Clovis , fut pro* clamé roi d'Austrasie. Ce roi est compté mal à propos parmi les rois de France. Mais Tusage a prévalu de comprendre viogtr^deux rois dans la première race , et c'est pour cela que nous regarderons Thierri u coiipme le vingt et unième , quoiqu'il ne soit réellement que le vingtième.^
TIIEltRI II , VINGT ET UNIÈME BOI BE FRAJCCK,
régna 17 ans.
(An 7«o-)
D. A qui Charles-Martel donna-t-il la cou* ronne après la mort de Chilpéric 11 ?
R. A Thierri ii, dit de Ghelles, fils de Dagobert ii. Il n*avak que sept à huit ans.
Ce règne fot le temps de la gloire de Charles- Martel. Il continua de se rendre de jour en jour célèbre par ses victoires et ses conquêtes , tantôt contre les Saxons , et le duc d'Aqui-^ taine qu'il battit deux fois , tantôt contre les Sarrasins qu'il défit près de Poitiers , dans un combat où ils perdirent plus de trois cent mille hommes. Cest depuis cette bataille que Charles fut surnommé Martel, parce que, comme un marteau , il avait écrasé les ennemis. Les Sarrasins étaient des Ar:>bes musulmans , qui , après avoir subjugué TEspagne , vinrent sous la conduite d'Abdérame, leur chef, essayer de soumettre la France à la loi de Mahomet.
D. Thierri n vécut-il long-temps ?
jR. Non. Il mourut en4p3â, dans la vingttroisième année de son âge. Charles-Martel continua de régner .sous le titre de duc ou de -prince des Français, sans se mettre en peine de nommer un autre roi. Il conserva cette autorité jusqu'à sa mort, qui arriva en 741.
Avant que d'expirer , il partagea , du consentement des seigneurs, le gouvernement du royaume de France entre ses deux fils , Carloman et Pépin-le-BreJ.
CHILDÉRIC m, VINOT-J3EUXiÈMB ROI DE FlUNCE,
rcgna i o ans.
f Ati 741).
D. Comment Childërîc iir parvint -il au trône de France ?
jR. Les Français, toujours fîdelles au sang de Cloyis, murmuraient depuis long<temps de n'avoir point de monarque. Pépin crut devoir faire cesser Tinlerrègne; et, pour les contenter , il fil proclamer roi Childéric m , fils de Thierri de Chelles. Ce prince ne devait régner que sur la partie de la France que gouvernait Pëpin, c'est-à-dire sur la Neustrie,. la Bourgogne et la Provence*, car TAustrasie n'eut point d'autre maître que Carloraan , à qui elle était échue eu partage. Carloman»
après avoir remporté d'éclatantes victoires ol fait quelques établissements utiles , quitta la souveraine puissance pour se faire moineau Mont-Cassîn (ï), laissant à son frère le gouvernement de toute la France, On remarque que cefutdansunconcilebenuparCaploman, qu'on commença à dater les années depuis ilncarna* tlon*, auparavant on datait du règne actuel.
D. Que fit Pépin après la retraite de Carloman, son frère?
^HMÉMl
^i) Au royaume de Kaplei.
R. Pëpin n'avait mis la couronne sur la tête de Childëric m , quQ par condescendance pour la nation, et afin d'avoir le temps de disposer les esprits en sa faveur. Aimé des peuples, respecté des grands , estimé du clergé et des moines , il ne voyait plus d'autre barrière qui le séparât du trône , que la difficulté de paraître y monter sans injustice. Mais sa politique sut lever cet obstacle. Ayant mis dans ses intérêts saint Boniface,é vêque de Mayence , il rengagea à sonder le pape Zacharie^ qui, de son côté avait besoin de Pépin, et voulait s'en faire un ami. Quand Pépin fut sûr des dispositions favorables du pontife , il lui envoya proposer, en forme de cas deconscîence, s'il était à propos, dans la situation présente de l'Europe, qu'un homme incapable de régner eût en France la qualité de roi , tandis que la puissance royale était exercée par un autre qui en faisait un bon usage. Le pape répondit qu'il valait mieux donner le titre de roi à celui qui en avait l'autorité. Cette décision fut reçue comme un oracle. Les grands du royaume s'y conformèrent.
D. Que devint Childéric m, après que Pépin eut été reconnu roi?
iî. Ce fantôme de souverain fut rasé et enfermé dans un monastère. Il avait un fils
(75) nommé Thierri , qui subit le m^me sort. Ainsi finit la race des Méwçingîens , après 333 ans de règiie depuis Pbaramond, et 270 depuis le grand Clo vis. On doit en attribuer la chute à la faiblesse des derniers rois et à la trop grande puissance des maires du palais.
On remarqtie , sous les rois de la première raôe , les assemblées du Champ de Mars et les épreuves judiciaires.
D. En quel temps se tenaient les assemblées du Champ de Mars ?
R. Elles se tenaient tontsles ans au mois de mars , en rase èampagne. On les tint depuis au mois de mai. On y réglait les intérêts de la monarchie. )Le roi, ou le maire de son palais, proposait les questions qu'on devait examiner; l'assemblée délibérait, et la pluralité des voix emportait la décision. Ce que la diète avait prononcé devenait loi de Tétat.
D. Qu'est-ce que les épreuves judiciaires ?
jR. C'étaient divers moyens employés par lesjuges pour découvrir la vérité. Les principaux étaient le serment, le duel, et sur-tout le feu et l'eau. La superstition persuadait à nos barbares ancêtres que le feu nedevaitpas brûler uninnocent, que l'eau devait rejeter un criminel. Ils faisaient donc manier un fer rouge à l'accusé, ou lui faisaient plonger la main
dans l'eau boi|inantè *, et, s'il se brûlait , oa le déclarait coupable: xm bien ils le plongeaient, pieds et mains Liées , dans une cuve pleine d'eau ] et , yit aaraageait, on le condamnaitHle méme»'9^eUes étaient les principales épreui^es judiciaires. Elles semblaient faites pour dé- ^Iruire la justice. On en fit autant de cérémonies religieuse», que la superstition devait longtemps maintenir.