‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 7 sur 30 · FIN DE LA PREMIÈRE RAGE DES ROIS DE FRANGE · texte numérisé non relu

FIN DE LA PREMIÈRE RAGE DES ROIS DE FRANGE

SECONDE RACE ftOYALï:/

DIT£ DES <L1RLQVIISGIENS , '

XfZ LAQUELLÏT II T A'IW TH^Ml mOîà.

PÉPIN , dit L£ BUBF , YIlïGT-XAOISISliB ROI DE

FRANGE ,

régna i6 ans.

. (An^Si.)

D, Quand Pépili commeuça-t-il à régner?

R. V^n 75 1 , il fut proclamé roi dans une assemblée des grands , tenue à Soissonè, et sacré dans la cathédrale de cette ville par saint Boniface, légat du pape.

D. La cérémonie du sacre était-elle connue en France avant l'inauguration de Pépin ?

jR. Non : elle n'avait jamais été employée auparavant. Mais Pépin crut que , s'il se faisait sacrer à la manière des rois d'Israël , il rendrait sa personne plus auguste, et son usurpation plus respectable.Cet te coutume s^estperpétuée depuis pour touts les rois de France.

D. Comment Pépin signala-t-il le commencement de son règne ?

R. Il défit les Saxons , qui s'étaient révoltés.

(78) n chassa ks- Sarrasins des provinces méridionales, oÀ ils s'étaient maintenus. Il força le comte de Bretagne à se soumettre. Il fit la guerre à Âstolphe , roi des Lombards , qui s'était emparé de Texarchat de Ravenne , et avait assiégé Rome. Le monarque français reprit Texarchat , contraignit Astolphe à lever le siège de Rome, et à faire la paix avec le pape ÉtieiHe m , qui était venu en France implorer le secours du souverain.Cest ici Tépoque de la puissance temporelle des papes. Pépin fit don au saint-siége de l'exarchat qu'il venait de conquérir.

D. Que*^t Etienne m pour marquer sa reconnaissance à Pépin ?

jR. Le pontife calma , par une absolution , les remords dont Pépin était rongé depuis qu'il s'était placé sur le trône de son souverain, au mépris de ses serments. Il lui conféra mâme de nouveau, dans l'église de Saint-Denis , l'onction des rois , et sacra avec lui la reine Berthe et ses deux fils , Charles et Carloman.

D. Quels furent les derniers exploits de Pépin ?

R. II vainquit et soumit à un tribut les Esclavons , les Lombards, et le duc de Bavière. Il réunit à la couronne le duché d'Aquitaine , et mourut ensuite , Tan 768 , âgé de cinquante-

quatre ans. Il fut enterré à la porte de Tëgiise

de Saufit-Denis , ainsi qu'il l'avait ordonné,

le visage contre terre et dans la situation d*un pénitent. . .

D. Quel jfut le mérite de Pépin?

B. Bon roi , bon père , bon ami , guerrier ' invincible y et profond politique , il fit oublier qu'il n'était pas né pour le trône : il eut pu passerpour le plus grand monarque delà terre , s'il n'avait eu pour père un Charles-Martel , et pour fils unCharlemagnei^on administration fut dirigée par une sagesse si constante , que, dans la suite , pour donner la plus haute idée de quelqu'un, on disait . // est prudent comme Pépin. On mit sur sa tombe cette épitaphe :

Ci' git Pépin, père de Charlemagne; comme s'il eût été encore plus grand par son fils que par lui-même.

D.PourquoiPépinfut-il surnommé leBr^è

M. Ce surnom lui vint de ce qu'il était de petite taille. II avait cependant une force extraordinaire. On raconte que , des seigneurs ayant un jour plaisanté sur sa petitesse , il imagina un moyen presque incroyable de leur imprimer le respect. Il donna le divertissement du combat d'un lion avec un taureau. Voyant le taureau terrassé par le lion, « Qui de vous, dii-il , osera les séparer ou les tuer ? » Chacun

resia muet. Alors-il s'élance, le sabre àla main, coupe la gorge au lion , et , d'un aa(|| coup, abat la tête du taureau. Des hommes livrés tout entiers aux exercices du corps étaient beaucoup plus robustes que ceux de nos jours. Des tempéraments , qui dégénèrent par ta mollesse , se fôrtifiaientalors par la fatigue.

GHA-KLES I*% dit LE GHAND , OU CHARLEMAGINE , VINGT-QUATRIÈME ROI DE FRANCE , ET EMPE- REUR d'occident,

régna 47 ans.

(An 768.)

D. Qui succéda à Pépin-le-^Bref ?

R. Ce furent ses deux fiis, Charles et Carlomau', mais celui-ci, étant mort peu detemps après, laissa son frère seul marître de la monarchie.

D. Par quelles actions Charles r' méritat-il le surnom de Charleniagne ou de Charles-te^Grand ?

JR. Par des conquêtes immenses , par de sages institutions , et par la protection qu'il accorda aux arts et aux sciences.

D. Quels furent les pi^emiers exploits de Ckarlemagne ?

i?. Il fit la guerre aux Saxons, qui avaient à leur tâte le fameux Witikind. li les battit

près de Paderborn» rasa leur temple» massacra leurs prêtres sur les débris de leur ido(e, et poussa ses conquêtes jusqu'au Wêser.

D. De quel côté Clxarlemagne tourna-t^-il ses armes après avtâr soumis les Saxons? *

i{,IIfutappelëausecoursdupapeAdrienr% auquel Didier, roi des Lombards, venait d'enlever Texarchat de Raveune. Charlemagne passe les monts ^ détrône Didier, et se fait couronner roi de Lombardie. Il renouvelle la donation de Pépin en faveur des souverains pontifes. Adrien lui confère par reconnaissance le titre de patrice de Rome et dé roi d'Italie j avec le pouvoir d'ordonner de^ l'élection des papes , et de la coniirmer.<

D. A quelle occasion Charlemagne passat-il en Espagne?

i2. A son retour d'Italie, il passa en Espagne; pour secourir des Sarrasins contre d'autres Sarrasins. Il re\*enait victorieux, lorsque l'arr rièje-garde de son armée fut attaquée; et taillée en pièces parles Gascons, dans ia vallée de Roncewaux^ en 778. Charlemagi e y perdit Roland , son neveu , rbonneur de la chevalerie , le héros des fables de l'Ariosle.

D. Les peuples soumis par Charlemagne lui demeurèrent-ils fidelles?

R. Les Saxons profitèrent de labsence du

Di

monarque français pour lever Tëtendard de la révolte. Charlemagae remporta sur eux de nouvelles victoires, et soumit enfin àTétatet à la religionTinfatigable Witikind^qui^depuis trèhte-trois ans, luttait s&ùX contre toutes les forces de la France. Ce grand général devint 'sujet aussi soumis qu'il avait été ennemi re* doutable. Les Saxons furent arrachés de leur pays, et di3persés dans la Suisse et dans la Flandre.

D. Quel événement procura à Charlemagn^ le titre d'empereur?

R. Le ^pape Léon m, maltraité par des scélérats , eut recours à la protection du mo-* narque français. Charlemagne passe en Italie ; le pontife lui envoie les étendards de Rome, fait chanter sur le chemin des cantiques en son liopneur, l'attend avec son clergé à la porte de l'église, et le reçoit comme son protecteur et son souverain. Ils restent plusieursjours ensemble , occupés sans doute à concerter leurs mesures. Ensuite Léon se purge , par un .serment public, des accusations dont le chargeaient ses ennemis. Le jour de Noël, en 800, Charles se rend à l'église de Saint-Pierre, revêtu de son manteau de patrice. Tout à coup le pape, qui allait dire la messe, s'approche et lui met une couronne sur la télé. Le peuple

s'ëcrie en même temps : Fii^e Charles , au-guste et pacifique empereur des Romains , couronné de la main de Dieu ! Pendant ces acclamations redoublées ^ le princ^*assied sar nne espèce de trône-, Léon se prosterne , lui déclare qn*il n'est plua patrice , mais empereui:^ et le peuple confirme par ses acclamations le choix du pontife. /

D. Les empereurs de Constantinople ne contestèrent-ils point à Charlemagne sa nouvelle dignité ?

fi. L'impératrice Irène, qui avait fait moilrir cruellement son fils pour régner seule, craignit des dangers inévitables, et envoya proposer à Charlemagne de Tépouser. II y trouvait son avantage. Tout était conclu , lorsque Irène fut détrônée par Nicéphore. Celui-ci sentit de même la nécessité de s'accommoder avec ce terrible conquérant, et lui fit des propositions de paix. On convint par un traité que le titre d'empereur d^ Orient resterait à Nicéphore, et celui (^empereur ^Occident à Charlemagne.

On régla les limites de leurs possessions «n Ita* lie, où les Grecs conservèrent peu de chose.

D. Quand mourut Charlemagne ?

R. Il mourut en 8i4) âgé de soixante et dix ans. L'année précédente, il avait associé à l'empire Louis, \e seurfils qui lui restât. On

remarque que$ dans cette cérémonie, Char* lemagne ordonna à son fils de prendre de sa propre main la couronne qu'on avait mise Eût Tautel j^ur lui faire entendre qu'il la tenait de Dieu seul , et que les pontifes n'avaient aucun droit d'en disposer.

Charlemagnefutinhumédâns Téglise d'Aix* la-Chapelle, qu'il avait fondée* On grava cette épitaphe sur son tombeau : Ici repose le corps de Charles j grand et orthodoxe empe* reur^ qui étendit glorieusement le royaume des Français y et le gous^ema heureusement pendant quarante-sept ans* Cbarlemagne fut mis au nombre des saints par le pape Pascal III.

D. De quelles institutions la France est-elle redevable à Cbarlemagne ?

jR. Elle lui doit ces lois célèbres connues sous le nom de capitulaires de Cbarlemagne, dont plusieurs ont été renouvelées par Louis XIV, et sont entrées depuis dans le Code Jrançais. Il fit aussi des lois soraptuaires, pour régler le prix des étoffes, et l'habillement convenable aux particuliers selon leur état.

.Il établit l'usage de compter par livres, sous et deniers. Il ordonna que les poids et mesures fassent uniformes dans tout son empire.

D. Comment Cbarlemagne se mohtra-t-'il

le protecteur des sciences et des lettres?

' M. Ea ratisemblant autour tle lui des gens de lettres, et formant datis son palais uneaca-» démiedontilétaitmembre. II ëtablitdes écoles dans les cathédrales et les monastères 5 on y enseignait la grammaire , l'arithmétique, et le chant de Téglise. Il avait attiré en France Alcuirty savant anglais^ il lui donna trois riches atjbayes. Le latin cessa d'être la langue vulgaire 5 la langue romance lui succéda''.

Celait un jargon formé du latin, comme Tita* lien etTespagnol. Ce roman est la langue française. Combien n'a-t*il pas fallu de siècles pour la rendre supportable! Mais il n*a fallu qu'un petit nombre d'excellents écrivains , sous Louis XIV, pour en faire la principale langue de TEurope.

Louisi^', surnommé le débonnaire, empereur,

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