Les traverses font perdre un espace, plus
ou moins considérable, dans l’intérieur des ouvrages, et y mettent obstacle aux mouvemens des troupes. On pratique, sous leurs massifs , des magasinspour les munitions, et des passages pour les défenseurs; leurs inconvéniens se trouvent ainsi compensés ou atténués. Dans les grands ouvrages , on peut les faire concourir à la défense , en leur donnant un profil convenable. Elles servent alors de retranchemens intérieurs. 11 est inutile de dire que la plongée s’incline du côté qui est le plus exposé à une attaque. On creuse, du même côté , un petit fossé , qu’on palissade. En recommandant ces dispositions , M. de Saint- Paul ( Traité complet de Fortification , tom. II , pag. 1 44 ) s’appuie sur l’exemple intéressant que présente la prise de la redoute anglaise de Toulon , en 1793. Les Français parvenus dans cette redoute, qui était très-grande, en furent chassés deux fois par le feu d’une traverse , et ils ne parvinrent à s’y maintenir , après une troisième attaque , qu’en faisant tourner la traverse par une partie des leurs.