‹ Instruction sur le défilement des ouvrages de campagne, a l'usage de l'École d'application du Corps royal d'ÉtatmajorChapitre 8 sur 8 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Pratique du Défilement sur le terrain.

4o. La. pratique du défilement sur le terrain consiste à exécuter à l'aide de jalons, de lattes, et de cordeaux, les opérations qui ont été décrites dans la deuxième partie. Elle ne peut présenter aucune difficulté, si l’on a bien compris tout ce qui précède. On tracera la projection, de la crête de l’ouvrage sur le terrain ; on plantera des piquets aux sommets des angles du tracé , on clouera des lattes contre ces piquets ; on fera la même opération aux points qui sont* indiqués

u°* 44 et 45* On coupera plus tard toutes les lattes à des hauteurs telles que les sommets se trouvent dans les plans de site ou de défilement qu’on déterminera. On plantera des jalons à tous les points dominans de la partie du terrain , de laquelle on doit se défiler. Nous négligeons ici la double considération des feux d'artillerie et des feux de mousqueterie , qui obligerait à employer deux sortes de jalons : les uns de i m ,5o de longueur hors de terre, et les autres de a^o (i). Nous fixons à a mètres la limite en hauteur de l’espace extérieur; ainsi, tous les jalons devront avoir cette longueur hors de terre. Si l’on ne peut aller placer des jalons sur le terrain , parce qu’il serait occupé par l’ennemi , on déterminera les plans de site et non les plans de défilement. On établira ensuite les terre-pleins à o m ,5o au-dessous des plans de site.

Nous allons examiner successivement les procédés pratiques qu’on peut employer pour défiler un ouvrage ouvert, dans les deux cas principaux qui ont été traités, deuxième partie, n° ao et suivans. Ces procédés sont applicables à tous les ouvrages.

4i. 1 er cas. Soit, pl. 111, fig. 17 , ABCDE le tracé d’une lunette; il faut d’abord déterminer le re-

( 1 ) On suppose , en adoptant cette limite , qu’un homme à cheval peut tirer un coup de fusil à lq hauteur de » m ,3o.

lief des points projetés en A et E, de manière que, dans le plan vertical, dont la trace est la ligne AE prolongée, le point A masque le point E, aux vues de revers de l’espace extérieur, et réciproquement. Cette opération est indiquée, pl. II , fig. 12 :as et e£ sont les hauteurs des points A et E dans le plan de défilement , as ' et et! les hauteurs des mêmes points dans le plan de site. On fait usage des unes ou des autres , suivant que l’on veut déterminer le plan de défilement ou le plan de site.

Lorsque la ligne de site est peu élevée audessus du terrain , l’observateur est obligé de se courber ; souvent les rayons visuels sont interceptés par les objets qui se trouvent à la surface du terrain. Pour éviter cet inconvénient, dans la détermination du plan de site, on relève -d’une égale quantité la ligne de site et les points dominans; il suffit de tenir compte de ce relèvement dans la suite des opérations.

On peut procéder à la détermination du plan de site, ou de défilement, de trois manières.

4a. i° Au moyen de petits cordeaux. Soient, pl. 111, fig. 17 ,AE la trace du plan vertical passant par la gorge, mn la trace d’un plan parallèle au premier et passant en arrière de la gorge; on plantera deux jalons aux points projetésen m et n. Supposons qu’on rabatte les deux plans verticaux autour de leurs traces; et soient as et et les hauteurs de la crête aux points A et E. On tend un

cordeau du point s au point t, ou du point x au pointjr si les poiuts s et t sont un peu éloignés l’un de l’autre; soient F/’et llh les jalons plantés aux points projetés en m et n , on tend entre ces jalons un autre cordeau fh , et on le fait mouvoir le long des jalons, parallèlement au premier, jusqu’à ce que l’on trouve une position dans laquelle le plan déterminé par les deux cordeaux laisse, au-dessous de lui, tous les points de l’espace extérieur. Le plan qui satisfait à cette condition est le plan de défilement. On détermine les hauteurs auxquelles il coupe les lattes appartenant aux cinq points A, B, C, D, E du tracé , et on scie les lattes à ces hauteurs (n° 4o).

Si , pour exécuter l’opération qui vient d’être décrite, il fallait tendre les cordeaux à une trop grande hauteur, on déterminerait le plan de site, à l’aide du cordeau s't', tendu à 2 mètres au-dessous du cordeau st.

43 . 2 0 Au moyen d’un triangle def \ pl. III, fig. 18, construit avec des lattes d’un mètre de longueur environ. On établit le côté de sur la ligne st de la fig. 17 ; et l’on fait tourner autour de ce côté le triangle, jusqu’à ce que le plan déterminé par les faces supérieures ou inférieures des lattes laisse au-dessous de lui les têtes de tous les jalons qui ont été plantés aux pointsdominans.

Il faut assembler les trois lattes de manière que le dessus et le dessous présentent deuxplansexac-

tement parallèles. On peut bornoyer (i), suivant .l’un ou l’autre (le ces plans, ou suivant tous les deux à la fois. On fait mouvoir le triangle, soit à la main, soit à l’aide de ficelles, le long de trois jalons placés aux trois angles. En employant le dernier moyen, ou opère avec plus de précision.

Si l’on n’avait le relief que du point de l’ouvrage projeté en O , on établirait le sommet/’ du triangle sur la verticale de ce point, à la hauteur déterminée. Si le relief d’aucun pointde l’ouvrage n’était positivement fixé , on établirait le sommet /du triangle sur la verticale d’un point quelconque z.

44 - 3 ° Aumoyen de jalons. Soient, pl. III, fig. 19, M, M', M " les projections des points dominans, O, O', O" les projections de points situés en arrière de la gorge, sur l’alignement des points projetés en M , M', M", et du saillant C. Un observateur se place en l’un de ces points, au point projeté en O, par exemple. Un aide marche, ayec un jalon, sur la direction EA, et s’arrête au point projeté en P, où se coupent les traces des deux plans verticaux passant par les lignes EA, OM; il élève ensuite la tête de son jalon jusqu’à ce qu’elle se trouve dans la direction de ts, pl. III, fig. 17; ce qu’annonce un autre observateur.

(1) On peut employer, pour le même objet, deux bouts de ficelle tendus dans un même plan , sur un triangle formé arec des lattes non dégauchies. «■

placé au point projeté en E. Celui qui est placé au point projeté en O, imagine un rayon visuel par la tête du jalon du point projeté en P, et par la tête du jalon du point projeté en M; puis il fait marquer sur la perche, placée au saillant, le point où elle est coupée parle rayon.

En répétant cette opération , on obtiendra un plan de défilement pour chacun des points dominans projetés en M , M', M w . Parmi ces plans , on choisit celui qui passe à la plus grande hauteur au-dessus du saillant. On détermine les hauteurs des points projetés en B et D, qui sont situés dans ce plan. Ces hauteurs et celle du point projeté en C doivent être moindres de 3 m ,5o.

45. 11 e cas. Soient, pl. III, tig. ao,M,M',M", M"', les projections des points dominans dont la position et la hauteur sont telles qu’on 11 e peut pas mettre les cinq points de la crête projetésen A, B, C , D , E , dans un même plan de défilement. Soit CF la projection de la crête de la traverse qui est nécessaire. L’ouvrage sera divisé en deux; parties ABCF etFCDE, dont chacune aura son plan de défilement particulier , que l’on déterminera en employant ou les cordeaux parallèles, ou le triangle, ou les jalons, selon les moyens que l’on aura à sa disposition, et selon les données du problème n oS a3, a5, 27 et 28 .

Quant à la traverse, soit h la projection d’un point de sa crête dont on veut connaître le relief. On déterminera sur l’alignement des points

projetés en M, M', M", M w , et du point projeté en h , les points projetés en P , P/, P", P H/ , sur le tracé de la projection de la crête. Un aide se placera au point projeté en h , avec une perche; on élèvera aux points projetés en P, P', des jalons , jusqu’à ce que leurs têtes dépassent de o m 5o la hauteur de la crête en ces points ; on élèvera semblablement des jalons aux points projetés eu P", P'", jusqu’à ce que leurs têtes dépassent de o m ,5o la hauteur de la crête en ces points. Un observateur se transportera successivement aux points projetés en O, O', O", O"', sur l’alignement des points dominans et du point projeté en h, et fera passer des rayons visuels par les têtes des jalons des points projetés en P, P', P" et P"', M, M', M' ; et M'". L’aide marquera les quatre hauteurs où son jalon est coupé par les quatre rayons visuels; la plus grande est celle que doit avoir le point de la traverse projeté en h. On opérera de la même manière pour avoir la hauteur de la traverse au point projeté en h 1 .

Il nous paraît inutile d’entrer dans le détail des opérations qu’il serait nécessaire d’exécuter sur le terrain pour déterminer la position de la traverse, par la condition que la crête se trouvât à l’intersection des plans de défilement à revers. Il nous suffira de dire que ce problème exige deux observateurs qui opèrent simultanément : l’un aux points projetés en O et O/; l’autre aux points projetés en O" et O"'.

( Go )•

46. Nous avons supposé, dans tout ce qui précède, qu’on déterminait les plans de défilement ; mais on trouvera, en général, plus de facilités pour déterminer les plans de site. On ne sera pas obligé de planter des jalons aux. points dominans, ni de s’élever , à l’aide de petites échelles , pour bornoyer.

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Fùj. 10.

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