AL
(OL«c. Yllï, 46.
(3) i^ossucL , dise, sur i'hist. anjy,, 1 p.'n*^ Yl.
:? du témoignnge ries Juifs, c'est que Jésus- Clirist » a fail des miracles pour juitilicr sa mission ».
î^ Il en est de mcme du témoignage des Gen- » tils. Celse, le grand ennemi des clireiiens.^ el » qui les attaque dès les premiers tcmjis avec lou^e 5^ rhabikté imaginable, recherchant avec un soiri » infini tout ce qui pou\oit leur nuiie, n"a p-^Sr » nié tous les miracles de INolre-Seigneur : il sen » défend en disant avec les Juifs que Jésus-Ci] ri^t 5> avoit appris les secrets des Egyptiens, c'esl-à- » dire la magie, et qu'il \oulut s'atirihuer la di- » vinité par les merveilles qu'il fit en vertu de cet » art admirable. Cest pour la même raison que » les chrétiens passoient pour magiciens : et nous > avons un passage de Julien Tapostat qui mé— 3> prtse les miracles de Notre-Seigneur, mais qui 3> ne les révoque pas en doute, ^'olusien , days » son é[>ître à saint Augustin , en fait de même j et ce discours étoitcommun parmi lespaiens (i\» Le plus grand et le plus décisif de tous les miracles de lEvangile, est sans doute la résurrection de Jésus-Christ ^ mais sa vérité n'est-elle pas portée auplushaut point de certitude, puisque les ap'ôirçs et les disciples qui prêchent cette inefTable merveille, opèrent eux-mêmes des prodiges , et scellent leur témoignage de leur sang.
Que si , de la considération des miracles , on passe à celle de Fenseignem-ent , le Sauveur du monde ne paroît pas moins admirable lorsqu'il prêche lEvangile du royaume (2)^ que lorsqu'il commande à la nature^ et qu'à son gré il en suspend toutes les loio. ;
(1) îbid.. n^XîT.
(2) Pfictlicans £vangelium regni- Mstth. IV. 23.
Quand Jcsus-Christ annonce sa doctrine, on le € voit plein des secrets de Dieu^ mais on voit > qu'il n'en est pas e'tonne , comme les autres !^ hommes à qui Dieu se communique: il eu » parle natuiellement, comme étant né dans ce » secret et dans celte gloire (i).
Il propose à croire des dogmes incomprélieusibles, et veut que tous les esprits soient réduits en servitude , et soumis par la foi à son obéissance (2).
Il n'exige pas moinj le sacrifice du cœur. La voie dans laquelle il ordonne cfentrer, est la voie étroite (3). 11 faut sortir de soi-même, renoncer à tout, tout crucifier pour le suivre.
» 11 propose de nouvelles idées de vertu, des prati- » qu^s plus parfaites et plus épurées. La fin de la 9 Religion , famé des vertus , et fabré^é de la loi , » c'est la charité. Mais jusqu'à Jésus-Christ, on peut 3^ dire que la perfection et les efibls de celte vertu !> n'étoient pas entièrement connus. C'est Jésus— 5> Christ proprement, qui nous apprend à nous con- ^ tenter de Dieu seul. Pour établir le règne de la » charité, et nous en découvrir tous les devoirs, il y> nous propose Famour de Dieu , Jusqu'à nous » haïr nous-mêmes, et persécuter sans relâche le » principe de corruption qi\e nous avons tous dans » le cœur. Il nous propose l'amour du prochain, » jusqu'à étendre sur tous les hommes cette inclina- » lion bienfaisante, sans en excepter nos persécu- » leurs* il nous propose la modération des désirs
)!>sr
(1) Bogsuet, ibia., n<>. VI.
(2) la capîivitaleni redigcntes oninein inteîleclum in oi fjuium Chrisli. 1 Cor. X, 5.
(3) iîiïiJitcper ynguslani porUut) : quia Jala porta et spaîiosa via est ^uœ ducit ad perdiliontni. Muliii. Vil, i3.
» sensuels, jusqu'à retrancher loul-à-fjii nos propres
î> membres, c'est-à-dire, ce qui lient le phis vive-
> mont et le plus intimement à noire cœur: il noiis » propose la soumission aux ordres de Dieu, jusqu'à » nous réjouir des soufTiances qu'il nous envoie: il 's> nous propose riiumilité, jusqu'à aimer lesoppro-
> bres pour la gloire de Dieu, et à croire que nu ile ï> injure ne nous peut meure si bas devant les » hommes, que nous ne soyons encore plus bas de- » vant Dieu par nos péchés. Sur ce fondement de » la charité, il perfectionne tous les états de la vie » humaine. C'est par-là que le mariage est réduit à sa s> forme primitive^ Tamour conjugal n'est plus par- :> tagé^ une si sainie société n'a plus de fin que celle. » de la vie^etles enfans ne voient plus chasser leur » mère , pour mettre à sa place une marâtre. Le » célibat est montré comme une imlialion de la » vie des anges, uniquement occupée de Dieu et
> des chastes délices de son amour. Les supérieurs » apprennent qu^ils sont serviteurs des autres, et » dévoués à leur bien : les inférieurs reconnolssenl » l'ordre de Dieu dans les "puissances légitimes, lors » même qu'elles abusent de leur autorité : cette pen-
'^ séc adoucit les peines de la sujétion^ et sous des
'^ maîtres fâcheux, l'obéissance n'est plus fâcheuse
» au vrai chrétien.
» A ces précepies, il joint des conseils de per-^
» fection éminente: renoncer à tout plaisir^ vivre
» dans le corps, comm.e si l'on éloit sans corps:.
s> quitter tout ^ donner tout aux pauvres, pour
» ne posséder que Dieu seul ; vivre de peu , et
ï> presque de rien, et attendre ce peu de la divine
» providence.
* Mais la loi la plus propre à l'Evangile, est
» celle de porter sa croix. La croix est la vraie
» épreuve de la foi, le vrai fondement de i'cspti-
(106) > rance, le parfiiit e'purement de la cbarîfe', eut
» un mot le chemin du ciel. Jësiis-Christ est mort
» à la croix , il a porté la croix toute sa vie 5 c'est
» à la croix qu'il veut qu'on le suive ^ et il met la
s> vie éternelle à ce prix (1) .^
Et celte doctrine, quelqu'opposée qu'elle soit
à tous les préjugés et à- toutes les passions, <i se
» répand de famille en famille, et de peuple en
!& peuple .... ^ et malgré tonte la puissance romaine,
» on voit les chrétiens, sans révolte, sans fair«
» aucun trouble, et seulement en souffrant toute
» sorte d'inhumanités, changer la face du monde.:.
» La promptitude inouie avec laquelle se fait
» ce changement, est un miracle visible. Jésus^
» Christ avoit prédit que son Evangile seroit
5> bientôt prêché par toute la terre: cette merveille
T> devoit arriver incontinent après sa mort *, et il
:& avoit dit : qu après cjuoîi rauroit ékvé d& terre^
» c'est-à-dire, qu'on l'auroit attaché à la croix, il
» attireroit à lui toutes choses (2). Ses apôtres
j> n'avoient pas encore achevé leur course, et
» saint Paul disoit déjà aux Romains que leur foi
» étoit annoncée dans tout le monde (3). Il disoit
» aux Golossiens que l Evangile étoit oui de toute
» créature qui étoit sous le ciel ^ qu'il Jructi/ioit^
» qu'il croissoit par tout lunivers (4). E^ne tra—
"!> dition constante nous apprend que saint Thomas
"!> le porta aux Indes, et les autres en d'autres pays
» éloignés. Mais on n'a pas besoin des histoires.
'fc>
» pour confirmer cette vérité : reifet parle : et on 5> voit assez avec combien de raison , saint Paul ap—
(0 Bossuet. Tbid. KO VI, (2) Joari. Xli. 32.
(3; Rom. } 8.
(4) Coloss. I. 6,.. 23.
plique
( 129 ) vpliqueaiïx apôtres cepassaji;edupsaimistc:îeorvoiK » s^ est fait entendre pnr toute la terre. ^ et Leur * parole a été portée jusquauoc eoctrémitcs dw » inonde (i). Sous leurs disciples, il uy àvoitpius- » de pays si reculé et si inconnu, où rEvari^iio » n'eut pénétré. Cent ans apîès JésMs-Cluisî» saine Jnstiiî comploit déjà parmi les fidèles beauconp
)ies va-
i de nations sauvages , et jusqu^à ces petj»
gabonds qui erroient de-cà et de-ià, sans avoii? aucune demeure ïi^e. Ce n'étoil point une vaine
» exnçreraiion: cVtoit un lait constant et notoire
'» quii avançoit en présence des empere^irs, et à
^ la face de tout ^univers. Saint Irénée vient un
» peu après, et on voit croître le d'inoir^bremenç
> qui se faisoit des églises. Leur concorde étoie
> admirable: ce qu'on croyoit dans les Gaules , » dans les Espagnes, dans la Gei manie, on 1(3 » cro3oit dans rÈgj^pte et dans l'Orient^ et comme » il n y avoil qu'un même soleil dans tôiit Tunivers^
> on voyoTt dans toute l'Eglise, depuis une ex— » trémité du monde jusqu'à l'autre, la mcme Ui^ '!> miére de la vérité.
« Si peu qu'on avance, on est étonné des pro-
» grès qu'on voit. Au milieu du troisième siècle^
•^ Tertuliien et Origène font voir dans TEglise^
» des peuples entiers, qu'un peu devant ou n'y
» metloit pas. Ceux qu'Origène exceptoit , qui
» étoient les plus éloignés du monde connu ^ y
* sont mis un peu après par Arnobe. Qne pouvoit
» avoir vn le monde, pour se rendre si prompte-
5> ment à Jésus-Christ F S'il a vu desmisacles. Dleti
» s'est mêlé visiblement de cet ouvrnge : et s'il se;
? pouvoit faire qu'il n'en eût pas vu, ne seroit~ce
» pas un nouveau miracle plus grand et plu5 in-
'\) Rom. X. iH, • ^
C •3'> ) » croyable que ceux rjiiV.n ne veut psrs croire^ * d avoir corwei tt le monde sans miracle^ d'avoir » fail entrer laiit cTi^^yiorans dans des mystères si » hauts : d^avoir inspire à laul de sa vans nue » huQîbîe sof] mission • et à'moir persuadé tant » de choses iricrojables à des incrédules (i) (*).
Ln efiet qucis ont été les mstrumens d'une si: étonnante révolijlionf «Ce ne soni point les sages, » ce ne sont point ies nobles, ce ne sont point les ï> puissans qui ont Ihit un si grand miiacle: IVieuvre » de Dieu a été suivie, et ce qu'il avoit commencé » par les humiliations de Jésus-Cln'ist . il Ta con- » somme par ies bu Q-;i lia lions de ses disciples... Les ^ apoîres et leurs disciples, le rebut du monde et » le néant même^ à les regarder par les yeux bus> mains, ont prévalu à tous les empereurs et à » tout l'empire. Les homm.es avoient oublié la » création , et Dieu Ta renouvelée, en tirant de » ce néant son Eglise qu'il a rendue toute-puissante » contre Terreur. Il a confondu avec les idoles toute » la grandeur humaine qui s'inléressoit à les dé— » fendre-, et il a fait un si grand ouvrage, comme "^ il avoit fait fiinivers. par la seule tbrce de sa » parole (3). »
Que cette force de sa parole, et la vertu de sa grâce, paroissent d'une manière bien admirable dans la constance des martyrs ? Car cette constance n'a pas été pas^sagère: elle a duré trois siècles consécutifs. Elle n'a pas été concentrée en tai seul lieu : elle s'est manifestée par toute la terre. Elle n'a pas été restreinte à un petit nombre de personnes : elle a éclaté dans une multitude innombrable d'iiomme*
( 1) S. Aug. rlc civit. D-î XXI. 7, XXII. P) BoàSTiot ibid. n. Y II. (1) Ibid. li. XI.
( ,3. ) el de femmes 5 àe riches ei de pauvres, de savane é( c]\'iiuoraps. de vieillards et de jeunes gi'iis, de jeunes filles, d'eiifans même. Elle ne se borii<jii pas à faire faire le sacrifice de fa vre^ eile lài^oii stippojler i;ne [ougue mort, au milieu des lonrmcus les pii:s recherches et les plus cruels: et elle la faisoir supporter avec paix, avec calme, avec se— lëiiité, avec joie ^ de manière que les marijrs rej^ardoieut les inst'rumens de leurs supplices , comme îe char de leur triomphe. Enfin sans parler des atifres prodiges qu'operoient les martyrs, souvent iiicme en faveur des tyrans qui les avoient coîi— dsmn'-^s, et des bourreaux qui les tourmentoient j la constance de ces lieros de fEvangiîe, en multipliant les victimes qui tomboient sous le fer d-3S ]>erséculeurs, augmentoienl le nombre des chrétiens ^ t't qui peut de bonne foi s'empêcher de recounout e dans une pareille constance rhitervention de la Divhîité, qui fortifioit ses serviteurs, pour renclie témoignage à sa Rehgion, el seservoitpoar Tétendre^ du moyen même que les puissances du siècle avoient regarde comme le plus propre à Taneantir?
Mais pendant que les Gentils reçoivent la hi— mière, el qu'unis aux Juifs cowverlis, ils deviennent par ïa foi enfans d'Abraham et héritiers di^s. promesses faites à ce grand patriarche, en quel e'iat tombent [es Juifs incrédules! et qu'il est éclatant, le témoignage que ne cesse de rendre à la diviniui de TEvangile la désolation de ce peuple autrefois si favorisé !
Le Sauveur du monde avoîi prédit q'ie Jérusalem, en punition de ce qu'elle favoit méconnu, seroit assiégée^ que la ville et le temple seroient détruils : qu'il n'y resteroii pas pierre sur piene (i).
(i) Videns ( Jc<us) civiuicni (Jerosoljmaro ), lîevit sapcï
( >32 ) Et la soixante-douzième année de Tère Chreiienncy J^'ru^alem est assiégée par îes Romains* onze cent' n:iiîle hommes y périssent en sept mois de siège ; la ville est ruinée de fond en romble. Tile, malgré toute sa puis?anre et ions ses efforts , ne peut em— p'jcher que le temple ne devienne la proie des flammes^ et il aperçoit d'une manière si sensible le doigt de Dieu dans celte dcslniction de la capi^ taie de la Judée, qu'il ne veut pas recevoir \e$ cnngratnlaiions des peuples voi&inf, ni les couronnes qu'ils lui envojoient pour honorer sa vic-^ tcire, et qn'il confesse hautement qu'il nVtoit point le vainqiicur, qn>l rréloit que lelbible instrument de la vengeance divine.
Depuis celte terrible époque, le> enfans de Juda n'ont point vu le terme de leur maîheur: les siècles se succèdent et sVcoulent, sans que leur triste sort s'adoucisse ^ toujours ils sont bannis de la terre promise ^ dispersés parmi toutes les nations, san^ temple, sans autel, sans rois, sans princes, sans lionnenr, sans aucune fîgurc de peuple.
Et il est impossible de ne pas reconnoître dans une calamité si disrable le châtiment continuel que Dieu leur f;iit subir, pour venger les attentats commis contre le libérateur qu'il a envoyé. Car le
illam. dicens: quia si cognovisses et tu, et cjuidem in bac (lie tua quîE ad paccm tibi , nunc autem ab^condita sunt ob oculis tuis. Quia ycnient dies in te: et circnnrjdt»! unt te inimici kii vallo, et cinumdabijnl te, et co^ngiiMahuut te utidi-r que , et ad terram pro>t(Tueiit te , et filic; tuos qui in te çunt, et non relin<iuent in te lapidcm super tapiricm .eo(]iiôd noji cognoveri-^ leinpus vi-ifaiionis tf.se. T.uc. X !X. 4'' 4^- 4^*) 44* Egics5us J^fsiis de teniplo ibat, et acctsserunt (b'scipuli eju<, ut ostendcrtnt ci a^dilicaiiones tcmpli : ipse autem rcspon-r drns, dixit iMis: vidais hs^c omnia : ameu dico vobis ; non ielinqiK-îi;r bic lapis super liipidem qui non deslruatar, .l\^atth. XXIV. 1.2.
.( >33) yciiple jnif a été choisi de Dieu, pour être wh 4\c'ni|)lo j)alpable de sa providence. La boniie ou la niriuvaise fortune de ce peuple devoit toujours .di^pcndre de la piété. Si sous ses ji-ges et sous ses rois il s'e^it souvent lendu coupabie d'idolâtrie, il .on a été puni par .des captivités passaj^ères : mais depuis la venue d-e Jésus-Christ, les Juifs n'ont j)oint adoj'é -de dieux étranj^ers; et néanmoins ils sont tombés dans un état de désolation qui semble 'n'avoir pas de fin : il faut donc que depuis ce temps ils se soiem rendus coupables d'un crieie .plus énorme, que Tidolâtrie ellô-racme^ et ce dime, pourra-t-on jamais lindiqu^r, si Ton ne convient que c'est celui qu'ils commireni , lorsque ,par des clameurs sacrilèges, ils demandèrent h mort de Jésus, et qu'ils piononcer^nt contre eux-r- Tuêmes et contre leur postérité, cette eiiioyul^le itia- .piécaiion : que son sang re^tombc sur nous et sur ■fios enfans (i).
Cependant ce peuple inlbjt une subsiste toujours, malgré de si longs malheurs ^ et le doi^i de Dieu est .encore ici (2).
Les Juifs -eoniinuant de subsister dans leur dispersion, et se perpétuant, sans se mel(;r à aucun -:<les peuples au milieu desquels la vengeance divine :les a jetés, donnent à l'univers un spectacle iuoui^ et on ne peut trouver la raison d'un lait si snij) reliant, que dans la profondeur des conseils de Dieu : ,or, voici ce qu'il lui a plu deiious faire coniioitre de ses desseins ultcrieqrs sur le peuple qu'il a appelé son premier né (3 î.
(1) LnivcrsLis pr,p;;Iii>i rlixit; sai£ri;is cjus super iioj. et super fili'ji nostios iVialiîi. XXVM- ?/> = • (?.) Di,<];ilus Dc-i est \\\c. j:.vod. VU. 19.
(3) lUoc <)icil D'-nntiLu: liiiua iiitui primogcnilus Israël. jflxod. iV. 22.
( .34 ) « Comme les Juifs doivent revenir un Jour ù
♦ ce r^îessie qu'ils ont méconnu , et que le Dieu
♦ d'Abraham n'a pas encore épnise' ses niiséricord< s s> snr la race quoiqu'itifidcle de ce palriarclic; il a » tronv<^ un movcn, dont iitj j a dans le moiideque » ce ^eii! e\>emple, de les conserver hors de leur » paj's et dans ietir ruine phis long-temps même p que les peuples qui les ont vaincus. On no » voit plus aucun reste ni des anciens Assyriens', i> ni des anciens 3Ièdes , ni des aîiciens Perses,
> ni des anciens Grecs, ni même des anciens » Romains: la trace s'en e^.t perdue, et ils se sont p confondus avec d'autres peu])les. Les Juifs., qu.i y> ont été la proie de ce.s anciennes nations si célèbres
> dans les histoires, leur ont survécu^ et Dieu en y> les conservant, nous tient en attente de ce qu'il :/> veut fîure encore des malheureux restes d'un » peuple autrefois si favorisé. Cependant leur » endurcissement sert au salut des Gentils, et leur » donne cet avantage inestimable, de trouver en » des mains non susj)ectes les Ecritures, qui ont prc- » dit Jésus-Christ et ses mystères. Nous voyons y> entre autres choses dans ces Ecritures et l'aveu—
♦ glement et les malheurs des Juifs, qui les con^ » servent si soigneusement. Ainsi nous profitons d^ ■'S> leur disgrâce : leur infidélité fait un des fonde— » mens de notre foi :ils nous apprennent à craindre » Dieu , et nous sont nn spectacle éternel des ji'.ge- ^ meos qu'il exerce sur ses enfans ingrats ^ afin que » nous apprxMjions à ne nous point glorifier des
> grâces faites à nos pères.
» Un mj'stère si merveilleux , et si utile à fins— » truction du g^enre humain, mérite bien d'èir^ » considéré : mais nous n'avons pas besoin des » discours liu mains pour l'entendre : le Saint-Esprit ^ a pris ^oia de bous rexpliquer , par la bouche
9 do sninl PanL... (i) Après avoir parJe du petit
> nombre des Juifs qui avoieut reçu l'Evangile^ el
> d^^ ra\ eugiorneut des autres, il (cel A{)6lre) entre 5> dans i:ri<e profonde consideiation de ce que doit » devenir un pe;:[)îe honoré de tant de grâces^ et » nous droouvie tout ensemble, ie protll que nous ,5> 11! ons de leur chute, et les fruits que produira nu T> ynw leur conversion... Il nous lait donc voir » ciairemcnl, qu'a[)iès la conversion des Gentils le » Sauveiir que Sion avait nic-connu et que les en— s> fans de Jacob avoi^nt rejeté . se tournera vers » eux, efîacera leurs pèches, et leur rend» a l'intelU- » ^eoee des propkéî-ies qi/ils auroriî perdue durant » un long temps, [)our passer successiveraeiuet de » main en main, dans tonte la poslerixé, et n'être ^ pji.'s oublie'e. Ainsi les Juifo reviendront un jour, » el ils reviendront pour ne s'égarer jamais ; mai^ » ils ne reviendroiit qu'après que l'Orient et lOcci- 'p dent, c'est-à-dire, tout l'Lnivcrs, auront été rem- !& plis de la crainte et delà eonnoissance de Dieu...
* V^oilà ce que dit saint Paul sur ielecîion des y> Juifs ^ sur leur chute, sur leur retour, et enfin siir » la CGiiversion -des Gentils qui sont appelés pour » tenir leur pîace , et pour les ramener à Ja fin des » siècles à la bénédiction promise à leurs pères, c'esty> à-dire, au Christ qu'ils ont renié. Ce grand Apôtre » nous fait voir Ja gi ace qui passe de peuple eu ï> peuple pour ienir tous les peuples dans la crainte » de la perdre; et nous eu montre la force invinci- » ble, Cil cequ'iiprès avoir converti les idolâtres, elle » se r(\s€rve pour dernier ouvrage , de couvaincffî » fen durcissement et la perfid;^^ judaïque.
» Par ce profond conseil de Dieu, les Juifs suhr> sistent encore au milieu des nations, où ils sont
/,i) Eoin. XI..
» dispersés et captifs: mais ils y snbsîslent avec le » caractère de leur réprobation (i), parce, qti'ils n'ont » pas reçu le Christ j)roniis à leurs pères.
» lis l'aiteridcut néanmoins encore^ et leur al— » tenle toujours frustrée fait une partie de leur supr y> plice: ils rallendent, et f)nt voir en Tattendant, » qu''il a toujours été attendu. Condamnés par lour^ » propres livres , ils assurent la vérité de la Religioi*^ » ils en portent, pour ainsi dire, toute la suite écrite » sur leur front : d'un seul regard ^on voit ce qu'ils » ont été, pourquoi ils sont comme on les voit, e^ » à quoi ils sont réservés (a).
Enfin cette suite même de notre sainie Religion, » continuée sans interruption et sans altération du- 3> ranl tant de siècles, et malgré tant dV.bslacles sw- » venus, fait voir manifestement que la main de 3> Dieu la soutient.
'» Quy a-t-il en efiet de plus merveilleux, que ■» de la voir toujours subsister sur les mêmes fonde- » mens dès les commencemens du monde, sans que > ni ridolâtrie et rimjuélé qui renvironnoient de » toutes parts, ni les tyrans qui Font persécutée, ni » Jes hérétiques et les infidèles qui ont tâché de la » corrompre, ni les lâches qui Ibnt trahie, ni ses ^ sectateurs indignes qui Tont déshonorée parleurs » crimes, ni enfin la longueur du temps qui seule ,» suffit pour abattre toutes les choses humaines, .» aient jamnis été capables, je ne dis pas de rétein- » dre, mais de Taliérer (3) f
C'est ainsi que les prophéties qui ont annoncé Jesus-Christ, et leur accomplissement dans sa per- .sonne ^ la vie de ce Dieu Sauveur, ses miracles, s^
(0 Bossnet. Ibi.î.n.YU, (-?.) îbid. n. Xili.
;(3) Ibid. n. lo
iloctî îne.sa passion^sa morl,sarésurreclîon^Ia prortiplitudc avec laquelle sa Religion s'est propagée ^ leg instrumciis qu'il a emplojespour rétablir eiréieridrej la constance des Martyrs qui Tont scellée deletir saiig • la désolation de la Judée, la dispersion des, Juifs, la conservation de ce penj>le malheureux- Fanciennelc enfui et la perpétuité de notre sainte Religion , sont autant de moyens qui concourent à prouver d'une manière victorieuse, sa vérité et sa divinité:^ et il est impossible d'envisager tontes ces ])reuves ramassées ensemble, sans en ressentir la force, à laquelle nul homme raisonnable ne peut résister.
Qu'on juge après cela, s^il est possible de douter que la Religion dont Jésus-Christ est Fauteur, soi» l^i seule véritable, et si jamais aucune autre a rien eu ;qni eu approchât : mais que l on juge ausi quel nom méritent ceux qui méconnoissenl eux-mêmes , al voudroient Taire méconnoître aux autres, cet ineffable don de ])ieu; et s'il est vrai .comme ils Tadirhent, que le sentiment qui les anime, est l'amour xle Dieu et l'amour de leurs semblables.
Les chefs de ces nouveaux sectaires imitent ce$ Jiomrncs dont parle saint Augustin, qui tâchoient de persuader aux autres de bien vivre , et de n'être pas Chrétiens. Quœru-nt erqo ple.rumque taies hominés etiam persuader e hominihas ut benè vî<mnt ^ et Christ iani non sint (i). ils marchent sur les trace^ de certains philosophes dont parle le même Père, qui traitoient d'une manière subtile des vertus et des viees, débiloient à pleine bouche leur propre sagesse, et osoient dire aux hommes: suivez-nous, .«embrassez notre secte, si vous voulez vivre Jieureux. I^uerunt ergo quidam philosophi de i^irtutihus et
(i) Saint Aug. Tract, 45- i" «^^^axi.
vitiis subtilia multa t tractantes..,, suambapienûam buccis crêpant ibiis s^cnlilanles ^ qui etiani diccrc auderent hominibiis: nos sequimini^ sectam. nostram tenete^ si i^ultis beatè livere (i). Mais quel jugement le grand Evêqiie dllippoiie portoit-il (k ces prétendus docteurs 1' Il les re^ardoil comme dts voleurs el des larrons qui, n'cnlranl point par la porte, ne vonloient que perdre, qu'égorger, qiîe tuer. Sed non intrabant per ostiunt : perdere «^"Olebant^ mactare^ et occidere (2). Par-là même il à Jugé \e^ lliéophilantliropes de nos jours ^ il les a démasques; il a démontré toute la fausseté du titre qu'ils s'attribuent. Est-ce aimer les hommes, que de les perdre ? Est-ce aimer Dieu , que de perdre les hommes?
Que ces nouveaux sectaires se vantent tant qu'ils voudront de bien vivre : sans examiner si ce témoignage qu'ils se rendent eux-mêmes est conforme à la vérité , nous dirons à'eiw ce que saint Augustin disoit des païens qui tenoient le même langage: dès qu'ils n'entrent point par la porte, quel avantage pourront-ils retirer de ce dont ils se glorifient? Dicant ergo Pagani : benè vivlmus. Si per ostium non intrant^ quid prodest eis iindè glorianfzir(3)? Car de quoi sert-il de bien vivre , à qui n'obtient pas toujours de vivre ? nam cui non datnr semper çii'ere^ quid prodest benè vii^erc (4)? Or, personne ne peut avoir f espérance certaine et véritable de toujours vivre, s'il ne re— connok la vie qui est Jésus-Christ, et s'il irenire par la porte dans le bercail. lYo/i estauteni cniquani spes ver a et certa semper ç'ii^endi^ nisi agnoscat
(i) S. Aiig. Tract. 45. iu JoajQ.
- (3) Ibid.
(4) ibid.
( i3.0) .mtmn^ quod rst Christus^ et peT januam intret in ovile (i).
Les rbefs de cette nonvclle secte eiiseîgnenl à lei:rs disci-^)les, qu'après cetl-e vie passagère^ il ^-41 ^sl une ^auli-c qui n'aura pnin4: de terme , et lotJt profession <l'atlendie eux-mcmes cette. vie.liitnrAî et eterneiie. Mais s ils meui enl d/ins J incrédi^ite , quel sera leur sort duiant ^eiie vie qui ne ckw't jamais inûr? Ert comment ie petit nombre des v^ériiéi; •qu'ils admettent ne leivr fait-il pas ouvrir ks yeuK .sur les dangers auxquels ils s'exposent, en refuseiU -eux-mèmeiJ de croire, en de'tournant les autres de croire les do^^mes qu'ils osent rejeîei'? Dès qu'où Teconnoit qu'il existe un T3ieu , .et que lame esl; immortelle, il est impossible de ne pas convenir -qu'aussitôt après qu'elle sera séparée de son corps, l'ame retournera à Dieu qui l'a créé^ (2). Mais \a Cre'ateur qui la rappellera à lui ne la jr»gera-t-U pas selon sa jusiicc, coBrime.il l'a tirée du néant par sa puissance? L'Apôtre des nations assure qi^î jcq redoutable jugement aura lieu : « il est arrèt-e .'p que les hommes meurent une fois ; et leur morl ^ sera suivie du jugement (3). Et la raison seule » démontre que DiJu se doit à lui-même d'exercer » cet acie cle sa justice. f> SeroÏL— il infiniment parlait, seroit-il Dieu, s'il pouvoii demeur^er indiiTcrei^t à l'usage que des -créatures rai.sonnablcs aiiroieut lait de ses don>T Mais quelle sera la règle de ce ju-r- »g€ment divin F le même apoU e aisure que la règle »de ce jugement sera lEvaiigile. « Dieu jugera par
(0 Ibid.
(ji) Revertalur'piilvîs in terrain suam u.udeerat.j efc spirit^ç redoatad Dcu;n gui dédit illum.Eccl. XII 7.
(3) Statiitr.m est lionjinil)us scmcl niori , post hoc aul^qj Ju4i:Ciuni. llvbi-, IX. 27.
%> Ocsiîs-tlhrist, selon FEvangile fjuc je prccîte., » ce qu'il y a de cadié dans le cœur des hommes (i). » Et .lésus-CLirist a dit dans TEvaugrie : celui qui » ne croira point sera condamué (2). *
O vous, qui ébranles déjà et sur le point d'être ^séduits par des suggestions perfides, par l'amour de Ja nouveauté', par i'inte'rêt de passions fougueuses ui vous pr-essent de les délivrer de tout Irein, et e les laisser s'assouvir en liberté, par le dégoût enfin de la saine doctrine, et la démangeaison d 'entendre ce qui vous flatte, pensez à vous choisir des maîtres qui vous instruisent selon vos désirs déré^ glés (3)^ avant de faire une démarche qui peut avoir pour vous des suites ^i terribles , avaiH de renoncer à Ja Religion de vos pères, attendez du .moins que ceux qui vous en prêchent une nouvelle vous démontrent, mais de maRÎère à ne vous laisser aucun doute, mais de manière à vous établir dans une parfaite sécurité, q\je le Dieu qui a créé votre ame immortelle ne la jugera point: ou que s'il la juge, il ne la jugera point selon TEvaugile, et <ju'cnfin . s'il la juge selon TEvan^ile , il ne la condamnera point , quoiqu'elle ait refusé d'obéir à l'Evangile.
Ou plutôt, puisqu'il ne sera jamais possible de rien avancer de solide à l'appui de ces fatales er^ 3 eurs ^ «fermez foreille aux discours profanes ot » vains de ces hommes dont la parole gagne comme » la gangrène^ qui se sont égarés eux-mêmes du » chemin de la vérité, et ont réussi à renverser la
(1) Jadicabit Dcus occulla îiominurn. securi'iùin Evange- Jiurn TO 811171 , per Jcsum Chrislum. Rom. II. 16.
(2) Quiveionou credidetit ^ coixlemnabitur. I\Iarc. XVL
(3) Erit cnim tempus cùm sanam doclrinam non siistinc— !|3unl, sed ad saa desidcria coacçr.vabuut sibi magistros^, pru:=- -ricutes auribus 2. Tim. IV. 3«
( 'Il )
2> foi ch qiieîqn?s-iins (i). Mnlîienr à caix q\.ï » ont embiassé leur criminel parli, el qui se son* T> iiiis au raniï de leurs disciples ! Ils ap])rendroiil '» lonjours el ne parvienaronl jamais a ia conv> noissance de la vérhé (2). Malheur cà ces fauK ^ docteurs! Comme Jannès elMambrès rcsislèrer.t ^ aulreFois à Moïse, ceux-là de mêiTie rrsisieni à î;i •» vérité : ils sont corrompus dans Tespril , et per- » vertis dans la toi. Mais le moment vi nelra oiY leur folie sera connue de toiU le monde, comma » le fut alors celle de ces deux imposteurs (3. 3> Quant à vous, demeurez fermes dans les cliosr* » que vous avez apprises, sachant de qni vous ie^ 'p tenez (4). N'oubliez jamais que, par le bienfo£ '» inestimable de votre vocation, vous êtes de 1,^ •p cité des Saints et de la maison de Dion : qt'.c* 'p vous rtese'difie's sur le fondement des apôtres cl dQS prophètes, Jesus-Christ étant lui-même la principale pierre de l'angle*, et que tout rédifice posé sur celte pierre s'élève et s^accroît avec 9 une juste symmélrie, pour être un saint temple » consacré au Seignetir^ et que vous-mêmes vous p entrez dans la structure de cet e'difice, pour être » la maison de Dieu , par le Saint-Esprit (p).
(1) t^rofana antem el vrfnilnfjnia devita.... sermo eoriim ut efnfr;r serpit.. qui à vc ritnîc cxcidernnt.. et subvciterunt qnornnKiam iidtni. 2. Tirn. II. 16. 17 iB.
(?,) Semper (li^'cente<, et nunquam ad scientiam veritaus pervenipntts. Ihid. lil. 7.
(3) Oiu-inn :l:î!och:iu Tannes et Mambres resisfernnt Mojm : itaitlii resisuuit veriiaû, hornines corrupîi mente, rejuaSi
*circa (ilcin: se<l insipientia ... corum manifesta erit omnibus, sicnt et illorum fuit. Ibid. y. 8. 9.
(4) Tu veiô permane in iis quse didîcisiî ., scions àq':o didrceris. ll)id. '^. i4'
(fî) Estis civos stnctorum et domcstici Dci superœ ■•incaîi super ftAtidaœciituiU upoôtoioruia et piopliclarum, ipsosuMuii^
a» Ne vous opposez point à perdre de si précieux » avaTiîa«j;cs. » Lnissfîz les hommes dépourvus do ^erls cijcrcher à se fixer dans dos iDaisous bâties nir le sable, el dont ht ruine est inévitable (i). Tous, demeurez ii-révocaidemeiU d;nis [a structure #]e la m;HsoM (ondée sur la pierre. Maintenant, il <îsl vjai, la [)îuie tombe; les fleuves débordes roulent leurs eaux contre eeîte maiscmv sainte :, les vents sont de'ehaîîios conire elle: mais dép plusieurs fois elle a essuyé de semblables orag-es, (rt ris ne Tont point fait tomber: il en sera de mèîîie de eeltiie\ : il ne la renversera point., parce rpr'elleest fondée sur la pierre (». Ne vous laissez donc point troubler, ne vous laissez point séduire par les scandales dont Vous êtes les témoins: livrez-vous au contraire aux Justes senirnïens d'horreur c[ue doivent vous inspirer de si énormes exeès.
il en est un surtout, dont jusqu'à nos jours les annales du momie n'avorcnt point' (biirni d'exemple, et qu'il étoit réservé à notre siècle d'enthnier. Qur jamais a voit ouï dire qu'on eût formé la monstrueuse entreprise d'établir une associa^ionw/'/îomme^ sans Dieu^ d'éiahfir une association dont on ne pomroit devenir membre, qu'en prenant d'une Uianière expresse et solennelle, rengagement cVemplojev tous les mojens ^ excepté celui de la violence y
angnlari lapide Christa Jesu : in quo otnnîs SL'difîcaU'o cous— lruc(;i crescit \\\ tenjplurn sànctuni in Domino: in quo et vos coœdificamini in liabifaculuni Doi in Spiiilu. Eplici. II. 19-
(1) Ornais qui audit verba mea, et noti facit ea, similis est viio stnllo jrdificaiili domnni siiain super aienam... cl fuit ruina iliîus magna. Matlli. Vîl. 26. 27.
(2) Dfscciidit pluvia., et vcneruul flumina, el flaverunt TCntî. el inueruni in doninm i!i«ni. cl non cecidit: iuudala etiim eial supra pelrani. îhiij. \^. ?,5.
poiii' déraciner V errent^ f al aie de Veacùtence cfnn Dlr.u{x)?
Parn^i les ouvrae;<'s des anciens auteurs qui ont ociit au mlliou des irnèbres du j.'aganisme, on <?a trouve oùTexisleuce de Uieu est reconnue el eiiseiiiFie'e, comme la vérité toul à la lois la plus iucop.tesiable et la plus utile.
L'un dit: <x aniérieuremeni à tout en-:eign€tiienî, s> nous sommes tous persuadés qu'il existe unedî— * vinité vers laquelle nous devons tourner nos res> gardj , à laquelle nous devons recourir^ et il me îi> semble que nos âmes sont par rapport à Dieu. » ce que sont les organes de la vue par rapport à j> la lumière (2). f>
L'autre croit » plus l'acile de bâtir une ville sans » terrain, que de réunir solidement une cité, si on » bannit entièrement la croyance de la l)ivinilé(3}.»
Celui-ci observe que si «les anciens pbilosophes » ont eu sur la nature de Dieu des opinions di- » verfes . et qui ne s'accordoient pas ent r elles ; » guidés par la nature, ils reconnoissoient rexistencé » de Dieu (4).
( i) ProspLclus de la secte des hommes sans Dieu.
Quand on y est admis . on prend ( en mettant la main sur Je livre destiné à eniégistrer les actions de verln ) l'engagement d'employer tous les raoveas, excepié celui de la violence, potir déraciner IVneur fatale de rexislence d'un Dieu,
(2) Omncs ante dociriîîam nnin^n esse alitfuèd persuasi snmns : eo respiciendiini ^ ad cam properandum : credoquc; sic animos ^>o^t^os se h;die:e ad Deum , ut visu prcedita ad inccm. .îulir.n. Epi-l.ad Heraci.
(3) F.'jciiiîis nrbem condi sine solo posse puto, quâm opiaioue de diis peniuis snhlaJ.a. civiiatem coire aut coastjte. Pint;t:cli. contra., cololen. Kpic.
(4j Sentcntise veterunt pîiilosop'iorum de natura Dei fuerunt vaiiix,', et inter se dissidentes .. naturâ duce iatelîigeb:iut Deurn esse. Cicer. i . de natur. Deor.
CehiUià ne" craint point d*assnrer qu'il n'y a s> nulle part de nation assez étrangère à toiife loi, » à toute moralité , pour ne pas croire qu'il existe » quelque divinité (»). y>
Tel a été le lauL^age de ces philosophes païcni avant la chute des idoles : et dix-huit cents ans après la ptrdicatiori de FEvangile, des hommes ries dans le sein du christianisme, entreprennent de former une association dliommes sans Dieu ^' «ne association dont on ne pourra devenir mem^ bre , sans prendre d'une manière expresse et so-» lennelle , Teugagemcnt cremployer tous les moyens ^ excepté celui de la violence^ pour déra* ciner l'erreur fatale de V existence d'un Dieuî
O Cierix, frémissez d'étonnement; obstupescile cœli(2) ! Pendant que vous publiez la gloire du Créateur, et que vous annoncez sa puissance jus^ qu'aux extrémités du monde (3), de foiblcs mortels se liguent et forment un complot, pour faire mé— connoîlre Texistence de celui qui leur a donné Fêtre ! mais vous contintiez de rendre à ce grand Dieu un éclatant témoignage, et les torrens de lumière que vous répandez jusque sur la tête de ces" ohscurs blasphémareurs, dissipent sans peine tous les nuacjes qu'ils cherchent en vain à répandre , pour tâcher d'obscurcir réternellc vérité dont vousne cessez d'instruire les habitans de funivers.
Nous venons de mettre sous vos veux , nos trèschers frères, le triste tableau des atteintes portées à notre sainte Pieligion, par les diiTérens ennemis
(i) Nec uHa gens usquam est adcô extra le^es moresque' projecia , al nou aliquos Deos ciedal. Ser;cc. de Bentf.
(2) Jerem. II. 12.
(3") Cdjii enairant gloriara Dei . in f|ces orbis tcrrs verb^ coium.Ps. XVIIÏ. i. 1...4.
qui
qui ont conjuré contre elle : et vous voyez jas— qu'où ceux qui ne se proposent rien moins que de la de'truire, ont poussé l'exécution de leur projet insensé. Ces désastres, dont vous avez été et vous continuez encore d'être les témoins, vous pénètrent sans doute d'une vive douleur; et votre ame est désolée, comme le fut autrefois celle du prophète, lorsque lisant dans Tavenir^ dont Dieu dai^noit lui révéler le secret, les malheurs qui alloient bientôt fondre sur Jérusalem , il s'écrioit : « Mon cœur est » tout languissant au dedans de moi...» la plaie profonde de la ûlle de mon peuple m'a blessé profondément : j'en suis attristé ^ j'en suis accablé (i). Mais il ne vous suffiroit pas de ressentu' une attliclion stérile. Tous devez, chacun dans votre état et selon votre pouvoir , vous opposer au progrès d'un si grand mal, et travailler à le réparer. Afm d'accomplir ce devoir indispensable, ayez soin d'abord de Vous préserver vous-mêmes de la contagion ; de vous affermir de plus en plus vous-mêmes dans un attachement inviolable à la vérité et à l'unité. Ayez dans le cœur et sur les lèvres ces admirables paroles du grand évéque de Barcelone, saint Pacien : chrétien est mon nom : catholique est mon sur-* nom (2).
Si les apôtres de l'incrédulité viennent vous dire: venez avec nous, embrassez notre parti : que chacun de vous soit prêt à leur répondre : chrétien est mon nom: Jésus-Christ est mon unique maître (3) \ et son Evangile est ma loi. J'adore ce Dieu Sauveur
(1) In me cor meam mœrens... super contritione fliise populi mei couiritus sura • et conir:status ^ stupor obtinuit me, Jerem. VIII. 18.. 21.
(2) Chrisuanus mihi nomen est : catholicus verocognomen. S. Pacian. Ep. Barciuon. Ep. I. ad Sempron. ?sovalian. quce est de cathulico nomine^
(3) Magisier vester ûdus est Chrislus. Matlh. XXIII. 10.
qui a porté mes pécliés en son corps sur la croix ; afin qu'étant mort aux péchés, je vive pour la jnsti\^e (i). Je vous plains, si Jésus crucifié est jpour vous un scandale ou nne folie : la parole de la croix n'est une folie que pour ceux qui se perdent : la parole de k croix estpnur moi rinstrumeni de la puissance de Die\i : Jésus crnciFié est pour moi la force de Dieu , la sagesse de Dieu (2). Voi.s vous croyez doués d'une haute sai^esse, parce que vous rejetez tout ce qtû a été prêché : mais cette prétendue sagesse est une véritable folie (3) : C'est d'elle que Dieu a dit : je détruirai la sagesse des sages , et je réprouverai la science des savans (4). Je puis n'être a vos yeux qu\ui insensé, parce que je ne m'^élève point contre la science de Dieu , et qtie je ne rougis point de l'Evangile (5). Mais vos mépris font ma gloire ^ et méprisant moi— même à plus juste tiire la sagesse de la chair qui est ennemie de Dieu (6), je m'attache inséparablement à la folie de la prédication, par laquelle il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient en lui (7).
(1) Peccata nostra ipse (Christus) pertulit in corpore suo super lignum : ut peccatis mortoi justitiae vivamus. v. Petr. II. 24.
(2) Praedicamus Christvim crucifîxum , Judseis quidem scandîlum, gentibus autem stultitiam ; ipsis autem vocatis.... Chrislum Dei virtulcm, et Dei sapientiam. 1 Cor. I. 23. 24.
Verbiini enim crucis pereuntibus quidem stultîlia est : iii autem qui salvi fiant... Dei virtus est. Ibil ^-. 18.
(3) DicenU'S se esse sapientes ., suilti facti sunt. Rom. I. 22.
(4) Scfiptum est enim : perdara sapi<"iitiam sapieutium , et prudentiarj piudentium reprobrabo. 1. Cor. 1, 19.
(5) De^UneiUes... omnem alriuidinem extollentem se ad— vertus srientiam Dei. 2 Cor. X. 4. 5.
ISoii enim erubesco Ev3iigeiium. Pvom. I. 16,
(6) Sapientiîi carais inimica est Deo. jRom. Vltî. "j.
(7) Placuit Deo per stulliliam prjsdicatiouis salvos facere ©iedentes. 1. Cor. I. 21.
Ri les apôtres du schisme viennent vous dire : venez avec nous , embrassez notre parti: que chacun de vous soit prêt à leur répondre : catholique est mon surnom. Je suis membre de cette société ancienne que Jésus-Christ ,a„fo7iclée sur la pierre^ et oit saint Pierre et ses successeurs dois^ent présider par ses ordres '^ de cette société qui se justifie elle-même par sa propre suite ^ et porte dans son éternelle durée le caractère de la main Je Dieu; qui de Pie YI, qui remplit aujourd'hui si dignement le premier siège de l Eglise , remonte sans interruption Jusqu à saint Pierre étcd?li par Jésus-Christ prince des apôtres. Je suis membre de V Eglise catholique^ qui seide remplit tous les siècles précédens par une suite qui ne peut lui être contestée (i). Cette ancienneté, cette suite, cette succession, celte origine, ne se trouvent point chez vous.Yos prétendus pasteurs commencent par eux-mêmes, ils ne succèdent à personne ,ils n ont point de prédécesseurs , ils ne viennent point de la source. Le caractère de votre nouveauté est ineffaçable ^ et comment pourrois-je m'unir à vous, puisque j'ai vu le jour où vous n'étiez pas encore?
Mais que vos œuvres, nos très-chers frères, soient conformes à votre foi ; que votre conduite s'accorde avec cette profession d'un attachement inviolable à la vérité et à funiié. Environnés d'incrédules et de schismatiques, soyez purs et sans tache, comme des enfaus de Dieu au milieu d'une nation dépravée et corrompue^ et brillez à leurs yeux, comme des astres dans le monde (2). A ce débordement
(i^ Bossuet. Disc, sur Thist. unîv. 2. p. n^ XTIf.
(2) vSilissine querelâ, et simplices filii Dei, sine repreherisione. in medio naiionis pravœ et pervers^e iuter quos lucctis sicul luminaiiuin mundo. Philip. It. i5.
( i48 ) de mœurs, à ce déluge de crimes qui souillent la terre où vous vivez, opposez riiinoceuce de votre vie et la sainteté de vos exemples, afin que vos adversaires rougissent, -n'ayant aucun mai à dire de vous (î). Car telle est la volonté de Dieu, qu'en faisant le bien, vous fermiez la bouche aux hommes ignorans et insensés (2). Livrez-vous à la pratique ôt's bonnes œu^res que le malheur des temps rend si nécessaires : que la charitc fiaternelle demeure en vous : ne négligez point d'exercer Thospilaliié : souvenez-vous de ceux qui sont dans les chaînes, comme si vous étiez vous-mêmes enchaînés a\ec eux: (3) el sachez apprécier les services que voua rendent ceux qui travaillent parmi vous, qui vous gouvèrneut selon le Seigneur, et vous avertissent de vos devoirs • regardez— les comme les dignes objets de \ otre chariié, à cause du travail qu'ils font, pour vous procurer les secours spirituels dans des temps si difficiles (4).
Cependant ne croyez pas qu'il vous suffise, pour assurer votre salut, d'être vertueux vous-mêmes ; ne pensez point que vous aurez rempli toute justice, par cela seul que votre propre conduite sera bien réglée ^ ce seroît donner dans nne erreur grossière (5) et vous faire une dangereuse illusion.
>!■ I I ■ I ■' I» I ■ .11 m I II ,1 mm
(1 ) Ul is qui ex adverse est verealur, nihii liabens malum dicere de iiobis. Tit. It. 8.
(2) Sic est volunl«s Dei. ut benè facienles obmulescere facialis bnniinum imprudenlium ignorantiam. 1. Petr. II. i5.
(3) Cliariias fraternilalis in^ineat in vobis . et hospit tlitalem roliie obiivisci... nienienlotevinctorum, tanquam simul vincti Hebr. XIII. 1.2. 3.
(/}) Rogamus autim vog, fralres, ut uoverilis eos qui laborant inter vos, el prœsunt vobis iii Domino, et monent vos : ul habeatis illos abundantiùs in cburitaie propteropus ilioruin. 1 Thessal. V. 12 i3.
(5) Piapiique virlutemsuamsibi salis esseadsalutemputanl: et, si vilam suam rite disponant, déesse sibi aibil ai bi Iran tur:
( «49 ) Dieu a commandé à chacun des hommes de prendre sein de sou prochain (i) : et ce soin doit avoir pariiculièrenient pour objet ceux avec qui la divine providence nous a donné des rapjjorls pkis immédiats : cVst pourquoi Tapôtre saint Paul enseigne que « si quelqu'un n'a pas soin des siens, et spé- » cialement de ceux de sa maison, il a renoncé à » la foi et est pire qu'un infidèle. (2). Mais pour ne point tomber dans cette espèce d'apostasie, ce n'est pas assez de pourvoir aux besoins corporels des siens ; et il est sur-taut nécessaire de pourvoir aux besoins de leur ame (3). Ayez donc la plus exacte vigilance sur tous ceux qui voîts appartiennent : ayez pour eux la plus tendre sollicitiide : n'épargnez rien pour préserver de toute corruption leur esprit et leur cœur ^ et si quelques-uns déjà avoient eu le malheur de donner dans l'égarement, mettez tout œuvre pour les faire rentrer dans le chemin de la vérité.
Pères et mères , entendez ceci , audite hœc^ patres : (4) et appliquez-vous plus que jamais à élever vos enfans. en les instruisant et les reprenant selon le Seigneur. Yos enfans sont un grand dépôt que Dieu vous a confié, et dont il vous demandera un compte rigoureux : que rien ne vous coûte pour
sed hi profecto faliiintur. S. Joan. Clirysost. Homil. XiV. ia Epis t. 1. ad Tiraoïh.
(i) Mandavit (Deus) iilis (homiiiibus)unicuique de proximo suo. Eccli. XVII. 12.
(2) Si qui5 autem suorum, et maxime domesticorum curam non liabet. fidem negavit, et estinfideli deleiior. 1 Tim. V. 8.
(3) Evidente!- et bealus Pau lus hoc in loco idipsum asseril, dicens: si quis autem suorum cuiam non liabet : curae noniiue providenîiara animac . corporisque significat : et haec enim cura est. S. Joan. Clirysost. Homil. XIV. in Epist. 1 ad limoth.
ii) S. Joan. Chrys. Homil. ÏX. ia Epist. I. ad Timotlï.
( '5o ) conserver un dépôt si précieux, et empêcher que le voleur ne vous le ravisse. Vous pouvez acquérir un grand mérite devant Dieu, en accoutumant de boîine heure les enfans qu'il vous a donnes à combattre sous ses lois ^ en les lui dediani, les lui consacrant dès le berceau. De magnifiques récompenses vous attendent, si vous êtes fidèles à poser cesfondemens d'une éducation religieuse : mais à quels chàtimens ne vous exposeroit pas la négligence à vous acquitter d'une obligation si sacrée (i)! Considérez combien le malheur même des temps ren— droit celte négligence plus criminelle. Que vous avez été bien plus favorisés dans les jours de voire jeunesse ! La Religion s'est présentée à vous revêtue de tout sou éclat: de pieux monumens s'offroient par— tout à vos regards, et vous rappeloient les mystères sublimes de la foi : la décoration du sanctuaire et la pompe de ses cérémonies, vous annonçoient la grandeur infinie du Dieu qui y recevoit les hommages de ses créatures : les sources de la sainte doctrine étoient ouvertes de toutes parts ; elles couloienten abondance: qu'il vous éioit facile dy puiser la connoissance de la vérité et l'amour de la vertu ! Yos enfans sont privés de tous ces avantages. Les signes de la piété ont été proscrits €l anéantis : ce qui reste des sanctuaires du Seigneur,
(i) Neque enim parvi meriti est induites nobis à Deo liberos, ad ipsius exerce.-e mililiam ; eique ab ipsis infantiae paonis dedicare; nam si cjuscoeducationis fandamenta jecerint, snaximiç afficiendi sunlprcemiisrquemadmcdumsi neglexerint, gravissimis cruciatibus... Audite iî.tc, patres, vestrosque fiiios in disciplina, et correptione Domini erudrte sumniâ cum di— li^eutià... rnagnuni habemiis pretiosuujqne depositum filios; ingenti ilios servemus cura, aiqtie omnia faciamus, ne fur id nobis astutus aufcrat. S. Joau. Chiys. Homii. IX, in Epist. i, Hd Tinioth,
( i5i ) n'offre plus que de tristes débris qui en attestent la spoliation et le pillage. Que de lemples il faut fuir, de peur de participer à un culte sacrile'ge ! Que la parole du Seigneur est devenue rare! Les moyens de séduction semblent se multiplier , à proportion que les ressources pour s'en garantir disparoissenl. Quelles écoles a~t-on ouvert à la jeunesse, et que se passe- t-il dans la plupart des établissemens destinés à son instruction ï La vérité en est bannie. On met tout en œuvre pour y introduire des pratiques anli- chréiiennes, et renseignement de Terreur, ou pour forcer du moins à y laisser les malheureux élèves dans fignorance absolue de ce qu'il leur importe le plus de con— noître ^ tandis que la dépravation inouie des mœurs publiques menace d'étouffer dans les cœurs , jusqu'au dernier germe de la vertu.
Pères et mères, entendez ceci, auditehœc.patres\ et que vos entrailles en soient émues. Ne laissez point périr ceux à qui vous avez donné le jour : ne vous exposez pas à périr éternellement avec eux. Qu'ils vous soient redevables d'un bienfait plus grand que la naissance selon la chair. Engendrezles en Jésus-Christ par l'Evangile (i) : vous ne pouvez leur donner une plas grande preuve de votre tendresse. Prêchez-leur le nom de Jésus- Christ, prêchez-leur la doctrine de Jésus-Christ. Déplorez en leur présence , apprenez-leur à déplorer avec vous , les malheurs de la Pieligion et l'oubli de tous tes principes. Que vos regrets et vos larmes leur inspirent le désir de voir la vérité et la vertu reprendre leur empire ^ la Pteligioa obtenir un nouveau triomphe, réparer ses pertes ,
(i) Iq Chrislo Jesu, per EvaiJgeliumego vos genui. i. Coi\ IV, i5.
et sortir plus brillante que jamais de Toppression, sous laquelle la font gémir des enfans dénaturés devenirs ses ennemis. Eu agissant ainsi, vous remplirez une espèce d'apostolat dans l'intérieur de vos maisons^ vous serez en quelque sorte des ministres de Jésus-Christ j et vous aurez part à Taccomplisseraenî de la prome:»se que ce divin Sauveur a faite, quand il a dit: où je suis^ mon ministre y sera aussi avec moi (i).
Enfui recourons à la prière; à l'exemple des premiers chrétiens, persévérons tous unanimement dans la prière (2)^ et prosternés devant le Seigneur, donnons à nos vœux toute félendue qu'ils doivent avoir. Nous n'avons eu d'abord à déplorer que les malheurs denoireEglise. L'orage qui a fondu sur elle, épargnoit encore les autres Eglises catholiques du monde^ mais depuis, ce terrible fléau a étendu plus loin ses ravages : et combien de contrées ont été frappées des mêmes plaies ! Elle souffre elle-même celte Eglise, la mère et la maîtresse de tautes les Eglises (3) ^ le père commun des fidèles souffre , non plus seulement parce qu'il co.mpatit aux peines de ses enfans affligés, mais parce que les traits de l'ennemi l'ont atteint lui-même. INi l'éminence de
(1) Cùm ergo aufJitis, fralres ., Dominam dicenlem: ubi ego sum , iliic et ministcr meus erit... etiani vos pio modiilo vestro minisUale Christo .... nomen , doctiinamqiie ejasqui— bus potueritis praedicando, ut unusquisque pater familias hoc uomine agnoscat pateinum affeclum familiœ suce se debere... Ita in domo sua ecclesiaslicun» et qaodammodo episcopale implebit officium, ministrans Christo, ut in œternum sit cui» ipso. S. Aug. Tract. Lï. in Joan.
(2) Hi omnes erant perseverautes unanimiter in oratlone. Act. l. 14.
(3) Sancla romana Ecclesia omnium ecclesiarum mater et magisira. Coac. Trid. Sess. XXV. Décret, de ddectu ci^ horum. etc.
( .53 ) sa dignité, ni l'éclat de ses vertus, ni Tamour de son peuple, ni le respect des nations, ni son âge^ îii ses inftrmités, n'ont pu le mettre à Tabri de la persécution. Il en soutient, il est vrai, TefFort avec vin courage vraiment apostolique; et de si grandes adversités mettent le comble à sa gloire; mais elles mettent aussi le comble à notre douleur. ISe cessons donc de conjurer Fauteur et le consommateur de notre foi , de jeter un regard de compassion sur le chef visible et sur les membres de son corps mystique, et de faire luire sur eux la lumière de ses miséricordes (i). « Demandons-lui le prompt :& retour de la paix , le parfait rétablissement de » l'Eglise, lassurance de notre salut ; prions-le de » faire succéder le jour aux ténèbres, les douceurs
> du caldie à de si rudes tempêtes et de si longues » tourmentes. Supplions-Je de manifester la ten- :> dresse paternelle qu'il nous porte, eu nous ^ accordant les secours dont nous avons un si » pressant besoin ; de renouveler les merveilles » que sa divine Majesté a coutume d'opérer, quand » elle veut sauver ses enfans , afin que les perse— » cuieurs soient forcés de mettre fin à leurs blas-
> phèmes; que ceux qui sont tombés prennent » la salutaire résolution de faire de dignes fruits » de pénitence: et que les serviteurs fidèles qui, » par sa grâce ont persévéré courageusement dans î? l'accomplissement de la justice , aient sujet de 1^ se gloritier en lui d'avoir constamment mis en » lui toute leur confiance. » Rogemus pacem malurim reddi..., ùnplerL.. redintcgrationem Ecccleslœ , securitatern salutis nostrœ,.,.y post tenebras lucem , post procellas et turbines pla*
(i) Miserere Tîostrî,Deus omnium, et respice nos, et ostende nobis lucem miseratioQum tuarum. Eccl. XXXVI. i.
(i54) cidam lenitatem ; pia pnternœ dilectionis auxllia^ dwinœ Majestatis solita magnalia , quibiis et persequentium hlasphemia retundatur ^ et Inpsorumpœnitentiareformetur ^etfortis et stabUis perseverantiamfiducia glorietur (i).
i5 Août 1798.
-J- Dominique , Cardinal de la PiOchefoucaud ,
Archevêque de Rouen.
-}- Louis-Joseph , Cardinal de Montmorency ,
Evoque de Melz.
-j- Alexandre- Angélique, Archevêque de Rheims. -]- Pierre-Louis , Archevêque d'Embrun.
-j- Antoine- Eléonore- Léon , Archevêque de
Paris.
•\ Yves-Alexandre , Archevêque de Lyon, -f Jean- Aijguste, Archevêque de Rourges.
■\ Joseph-François, Evêque de Montpellier.
■j Louis-André, Evêqne de Noyon.
-j- Jean-Louis, Evêque d\\gen.
-|- Jules , Evêque de Lisieux.
-j- César-Guillaume , Evêque de Langres.
-j- Elienne-François-Xavier , Evêque de Toul
-J- Louis-Charles, Evêque d'Amiens.
J Jean-François, Evêque de St.-Pol-de-Léon,
-J- Jean-Ba|»tiste , Evêque de Séez,
\ Pierre-Augustin, Evêque d'Avranche.
\ Marie-Joseph , Evêque du Puy.
-j- Sébastien-Michel , Evêque de Vanne*?*
(i) S. Cyprian. Epist. YIL ad presbyteros et diaconos.
( .55 ) 4- Jean-Baplîsle-Joseph , Evêque de Chartres. -- Marie-Charles-Isidore , Evêque de Luçon. -'- François, Evêque de Clermont.
— Barlhélemi-Louis-Martin, Evêque de St.-Diez. " Louis- Heclor-Honorë-Maxime , Evêque de
Laon.
4- Cacnille-Louis-Apollinaire^ Evêque de Meaux. -j Henri— Beuoît-Jules , Evêque d'Uze's.
-j- Sébaslien-Charles , Evêque d'Aire.
-j- Jean-Bapliste , Evêque de Chalon-sur-Saône. -}- Anne- Antoine-Jules , Evêque de Châlon-
sur— Marne, -j- Charles-Eutrope , Evêque de Nantes.