SECONDE PARTIE
Jusqu'ici, nos irès-chers Frères, nous nous som— mes principalement appliqués à combattre ce schisme funeste qui déchire notre Eglise ^ nous avons montré la honte de son origine, les manœuvres odieuses qu'on a d'abord employées pour rétablir, et les misérables artifices auxquels on a eu recours en dernier lieu pour le perpétuer et retendre. Mais nous avons encore à déplorer d'autres atteintes portées à notre sainte Religion , et afin d'affermir et d'augmenter votre attachement pour elle , nous devons vous faire remarquer l'acharnement iuoui avec lequel fimpiété s'o-
(2) Exciderunt à ven'tate. 2Tim. TI, 18.
(3) Per dulces seimones et benedictiones seducunt corda innocentium. Rom. XVI, ib-
(70) piniâtre à en poursuivre la ruine. Que de moyens ii'a-t-elle pas mis, et ne met-elle pas encore tous les jours en œuvre pour exécuter , s'il étoit possible, cet exécrable projet?
A quel autre dessein a-t-elle couvert la France des débris de ces édifices sacrés que la piété avoit élevés à la gloire du Très-Haut? Et ce- n'est pas la France seule qui a été le théâtre de ces destructions sacrilèges : on a vu leurs auteurs les renouveler dans la plupart des pays dont ils se sont emparés par la force des armes ^ et ils ont paru ne vaincre les peuples que pour combattre contre Dieu et renverser ses autels.
Quand nous pensons que tant de destructions ont été ordonnées et opérées par des hommes, que la miséricorde toute gratuite de Dieu avoit fait naître dans le sein de TEglise catholique , et marqués dès leur naissance du caractère ineffaçable de l'adoption céleste, n'avons-nous pas sujet de leur dire, comme autrefois saint Optât de Milève auxDonatistes? « De quel sacrilège ne vous » êtes-vous pas rendus coupables en renversant » tant de temples, en brisant tant d'autels où l'on » préseutoit les vœux du peuple , où TEsprit saint » descendoit, où l'on recevoit, où vous aviez reçu » vous-mêmes le gage du salut éternel, et l'espé- » rance de la résurrection bienheureuse ! Quelle » aveugle fureur a donc pu vous porter à détruire » ces monumens si respectables? Que vous avoit » donc fait Dieu , qui avoit coutum.e d'être in-^ » voqué dans ces sanctuaires ? Quelle offense aviezs» vous donc reçue de Jésus- Christ dont le corps ï> et le sang y reposoienl ? Par ces attentats vous » avez imité les Juifs : ceux-ci ont outpagé Jésus-
(70 » Christ sur la croix : vous Tavez outragé sur » Tautel (i). *
Ajoutons à ces reproches du saint pontife, (les novateurs de nos jours ne nous ont que trop donné lieu de le faire ) ajoutons: vous avez encore fait au Seigneur un phis sensible outrage, en persécutant ses serviteurs et répandant leur sang à grands flots.
Sans parler des différentes déportations si injtistement ordonnées, exécutées d'une manière si inhumaine, et qui néanmoins n'ont d'abord été pour rEgli5« que le commencement des douleurs (2), et de la part des persécuteurs, que des excès de cruauté ^ sous combien d'autres formes fioipiété n'a-t-elle pas exercé ses fureurs contre des hommes^ dont tout le crime étoil leur attachement inviolable à la Religion instituée par Jésus-Christ?
Ici on en rassemble des multitudes dans les prisons, dans les temples même que l'irréligion fait servir à cet indigne usage , et on les y tient étroitement gardés, jusqu'à ce jour si amer (3), où des hordesî d'assassins viennent assouvir sur tant de victimes réunies , et leur propre rage et la rage de ceux qui les envoient.
Là on conduit à Téchafaud une foule de victimes,
(1) Qui'l tam sacrilegura quàm altaria Dei.... frangere... in quibus vola populi... portata sunt... quô... descendit Spiritus sanctus, unde à multis pignus salutis aelernœ.... et spes resurreciicnis accepta esl "f*. .. Eaec omnia furor rester... fre— git... Ouid vobis leceral Deusqui iilïc invocari consueveratE* Quid vobis oflenderat Cbristus cujus illic... corpus et sanguis babitabat f*.... Hoc modo Juda?os eslis imitali ; illi injecerunl manus Chrislo in crure: a vobis percussus est in altari. S. Opiat Milev,. de scliism. Donalist. contra Parme- Dian., lib. VF.
(2) Iniiium dolorum hsec. Marc. XïII. 8.
(3) 2, Septembro 1792. Diem amarura. Amos, VIII. 10.
( 72 ) pour y subir, malgré leur innocence, des arrêts de sang portés par des tribunaux vendus à Piniquité.
Ailleurs, on prépare à d'autres un genre de supplice qui, pour n'être pas sanglant, n'en est pas moins cruel : on les entasse dans des lieux étroits et resseirés, où l'air bientôt corrompu les frappe de maladies cruelles qui leur font traîner jusqu'au tombeau une existence d'autant plus pénible, qu'aucun soulagement ne vient adoucir les angoisses , ni calmer les douleurs auxquelles ils sont en proie (i).
Que dirons-nous de ces submersions préparées par une perfide scélératesse.... (2) ? Mais abrégeons ces borribles détails : et essayons plutôt de nous consoler de tant de pertes , par la vue du bienheureux terme où sont parvenus ces glorieux Martyrs, qui n'ont point voulu racheter leur vie présente, afin d'en trouver une meilleure dans la résurrection (3). Répétons, noiîs le pouvons avec justice, re'pétons ce qr.e le ^rand évêque de Cartilage écrivoit à l'honneur des Martyrs de son temps : « toute » Tillnstre troupe que renferraoit la prison a été 3> enflammée d une ardeur égale, animée du même 3^ courage, pour livrer le combat. Elle s'est montrée » telle que doivent être, dans l'armée de Dieu, » les soldats de Jésus- Christ. Ni les tourmens. ni » les tortures n'ont pu vaincre l'inviolable fermeté » delà loi j la liute glorieuse de nos frères a fourni » une nouvelle preuve de cette vérité si consolante: » qtie celui qui est en nous est plus grand que celui
(1) Voy< z l'xiipiiiriC ayaiU pour ùlvc : récit des traitemens qi^ont e'p'Oure ppiuhiut dix mois ^ en rade de Visle d'^Aix sur les cotes de Saifètonge ^ les prelrrs condamnes à être déportes à la Gir'ane. Gjnstance. 179'S.
(2) Ibid. dans F.jvrru'ss' ment , en iclo du récit.
(3) Non suscipicnts redem^vionrîm , ut meliorèm invenirea* resurrcciionem. H^bi. XI. 35,
> qui est dans le monde ^ et que les peines que
> les hommes font souffrir, ont moins de force
» pour abattre , que la protection divine pour sou-
s> tenir. Héros, nos frères^ quel tribut de louanges
» pourrons-nous vous payer? Par quels éloges notre
» foible voix pourra- t-elle célébrer dignement la
» force invincible de votre ame, et votre constance
» dans la foi? Non, vous n'avez point cédé aux
V supplices, mais les supplices vous ont cédé^ et
» des couronnes immortelles ont mis fin aux dou—
» leurs que les tourmens prolongeoient. Quelle a
3> été la joie de Jésus- Christ! Avec quelle complai-
^ sance il a combattu et vaincu dans de si dignes
» serviteurs ! Il a pris part à son combat ^ il a
» soutenu, fortifié, animé ceux qui combattoient
» pour la gloire de son nom. C'est ainsi que ce Dieu
^ Rédempteur, après avoir une fois triomphé de
s> la mort pour nous, ne cesse de triompher en
» nous. Heureuse notre Eglise, au milieu des maux
» qui laccablent , de voir la divine miséricorde
» répandre sur elle une si brillante lumière ! Heu-
» reuse notre Eglise, dètre illustrée de nos jours
"» par le sang glorieux des Martyrs! Au temps de
y> la paix, les bonnes œuvres d'un grand nombre
» de nos frères lui donnoient une célesie blancheur;
» maintenant, le sang des Martyrs lui donne Téclal
» de la pourpre. Ni les lis, ni les roses ne manquent
> àsa couronne (i). » Pourquoi faut-il qu'un scan-
(i) Comperi... universos.-. qnos aç'tiine sjloiioso carcorin— clusit., pari ac simili calore virtutis ad gerpnclum cerlamen animatosi sicuti esse oportet in divinis cjslris rniiiîeii Chrii:{i ; ut ineorriiptam fidei firniitatem.., non cruciatns ac torfiienta devincant , quia maior est qui in nobis ost, n\i?.m qui e^t in. hoc mundo. Ncc plus ad dejicienduni potf;t terrena rœna , quàm rul eriyendnm tiUela diviiia. Prob-.'a ri.--» 9sl cosUnf.ne fiati'um glorioso... Quibus ego vos iaudibus prardiccm. lor-
(74) daîe manslrueux sorti du sein du schisme, ait couvert d'un nouveau deuil celte Eglise déjà si affligée, et lui ait fait éprouver de nouveaux désastres ?
« Qu'il ne soit point éclairé de la lumière, qu'il » soit couvert de ténèbres et de Tombre de la » mort, qu'une noire obscurité l'environne, et qu'il soit plongé dans l'amertume, ce jour (i), oii l'on vit l'usupateur du siège de la capitale devenu le principal instrument de la conjuration ourdie contre le christianisme , entrer avec un cortège formé par l'irréligion, dans une assemblée prête à accueillir l'apostasie; s'y laisser annoncer, lui et ses complices, comme des citoyens qui demandent à se régénérer^ et àrede^enir hommes ; qid^^iennent^ C072didts par la raisoîi • s'j 'dépoidller du caractère que leur a^olt donné la superstition ; y déclarer en son nom, et au nom de ses prétendus vicaires, qu'ils renonçoient aux fonctions de ministres du culte catholique ^ y déposer leurs lettres de prêtrise, et les siennes^ et y recevoir un embrasse-
tissimi fratres ? Robiir pectoris vestri , et perseverantiam fidei quo prae' onio vocis exornem f' . . . Nec cessistis suppliciis , sed vobis potiùs supplicia cesserutil. Finem dolonim quem tor— menta non dabant, coronœ dederunt... Quàm iœtus illic Christus fuit, quàm libens in talibus servis suis et pu-^navit et vieil ! ... Certaniini suo adfuit, prœliatores, aique a>sertores sui nominis erexit ., corroboravil . animavit , et qui pro nobis moitem semel vicit sernper vincit in nobis.. O beatam Eccle— siam nostiam.) quara sic lionor divinas dignationis illuminât, uam temporibus noitris gloriosus martyrum sanguis illustrât! at autè in operibus fratruni candida ^ nunc facta est in martyrum cruore purpurea; floribus ejus nec lilia, nec ro>8e desunt. S. Cjprian. Epist. VIII. ad martyres et confessores.
(i) Dies ille... non illustretur lumine. Obscurent eum tenebrœ et umbra moriis, oceupet eum caligo, tt iavolvatur ^mariiudinc. Job. lll. 4- 5.
tuent qu'on lai accordoit comme le prix de Vabjuration qui ^'enoit d'être faite (i) !
Ce chef des apostats trouve aussitôt des imiiaieuis parmi ses collègues dans imlrusion. A la même sëaiiVe, trois e'vêques intrus donnent aux fonctions saintes qu'ils abdiquent, les qualifications les plus odieuses^ et déposent aussi sur le bureau
(i) On vit entrer, le 9 novembre 1798, (ians la salle de la convention, le département de Paris, la municipalité, des membres des sociéiés populaires de Paris, et d'autres administrateurs de différens endroits qui avoient demandé à se réunir au cortège. L'orateur delà députation s'exprima ainsi : » Ciw tovens législateurs. . nous venons accompagner dans le seia » de'^la conveiition des citoyens qui demandent à se régénérer, y> et à redevenir hommes. Vous voyez devant vous l'évèque 2> de Paris, ses grands vicaires, et quelques autres prêtres dont » la liste vous sera remise. Conduits parla raison , ils viennent 2> se dépouiller du caractère que leur avoit donné la supers- M tition. »
Lorsque Tora leur eut fini, Gohet dh: « Je prie les reprey> sentans du peuple d'entendre ma déclaration... aujourd'hui » qu'il ne doit y avoir d'autre culte national que celui de la 2> liberté et de Tegalité, j; renonce à mes fonctions de ministre 5> du culte catholique. Mes vicaires font la même déclaration. » Nous déposons sur votre bureau nos lettres de prêtrise. Puis- » se cet exemple consolider le règne de la hberté , et de Ji l'égalité! »
Le président répondit en ces termes; « citoyens, l'exemple y> que vous venez de donner, est l'eflet des eiforts de la philo- 'j> Sophie pour écUiirer les humains. Il étoit réservé à la cornai mune de Paris de veuir la première annoncer le triomphe ^ de la raison. Citoyens qui venez de sacrifier sur l'autel delà Si patrie ces hochets gothiques delà superstition, vous êtes » dignes de la république. Citoyens qui venez d'abjurer Ter— :» reur.) vous ne voulez prêcher désormais que la pratique des » vertus sociales £t morides.. c'est le culte que l'Etre suprême 2> trouve agréable ; el vous êtes dignes de lui »
Comme toute l'assemblée pressoit le président de donner à Pévêquo de Paris l'accolade fraternelle, il répondit : » daprcs !i> l'abjuration qui vient d'être faiu^ févêque de Paris est un » être de laison: je vaia eiiibrusscr Gohet. Gazette nationale, «K ou moniieur universel .^ 2"^^^ auuée de la république, n° 49^
leurs lettres dWdînation , 0!i les marques de la dignité qu'ils avoient sacrilëgemeot usurpée, (i)
Bientôt ce scandale s'étend et se propage ^ les mêmes excès se multiplient; il ne se rencontre qu'un trop grand nombre de prévaricateurs qui, de leur plein gré déposent leurs titres sacerdotaux, les voient de sang froid livrés aux jflammes, ou les y livrent eux-mêmes ; et qui, à ces forfaits ajoutant le blasphème, déclarent qu'ils abjurent solemneî-^ lement V erreur ou ils ont entretenu le peuple ^ quils ontjouéle rôle de charlatans j quils étaient des imposteurs ^ et quils i^ont devenir les apôtres de la vérité (2),
Qu'il est déplorable Fétat de ces ministres perfides qui, en même temps qu'ils ont allumé contre eux la colère du Seigneur par une trahison si in-
(i) Lindet évêque d^Evreux dit: « Que ceux qui ont fait
> la profession de prêties renoncent au charlatanisme.. J'ai- :> tendois le moment favorable pour abdiquer solennellement
> m€s foucUons ^ sans danger pour la pauie: ce moment est » arrivé, et j''abdique. »
On lut à la même séance des lettres de deux autres évêques constitutionaels qui étoient dans le même sens. Lalande évêque de la Mt'urthe s'tixprimoit ainsi: « J'abdique pour toujours
> les fondions ecclésiastiques. Si , à Tcxemple de plusieurs de ^ me<s coufrèies, je ne remets pas sur le bureau mes leilres Ji d'ordination, c'e:t parce que je les ai laissées à Nanci: mais M au lieu de ces parchemins gothiques qui no sont pins bon à oj rien . je vais déposer sur Pau tel de la pauie, mou anneau et i» ma croix. Ibid. a
(2) « Le charlatanisme religieux fait naufrage: ta de'— 3s pretrisation est à Tordre du jour. Les lettres de prêirise jj pleurent autour de moi. Les uns conviennent honteusement 3» du rô'e de charlatans qu^ils ont joué^ d'^auîres disent: nous » étions des imposteurs ^ et nous allons devenir les apoUes »• de la vérité... ils nous conjurent de rendre publiques leurs 2> déclarations, afin d'éclairer leurs semblables. Lettre d'un y commissaire de la convention, 2. novembre 1793. Ibid. > P^' 77* »
( 77 ) digne et de si horribles biasphêmes , se sont couverts, aux yeux même de ceux qu'ils vouloieiit flatter, d'une honte iuefFaçable, et d'un opprobre qui ne s oubliera jamais! Puissent-ils du moins s'appliquer et meure en pratique Tavertissement que le prince des apôtres donna autrefois aux Juifs qui, par des clameurs sacrilèges avoient demande la mort de Jesus-Christ! ■« Vous avez renoncé le » saint, et le juste..., faites donc pénitence, et T^ convertissez— VOUS, afin que vos péchés soient » effacés (i).
Cependant les apostasies volontaires ne se miiltiplient pas assez pour satisfaire ceux qui ont conjuré ia perte de la religion. Ce défaut de succès les irrite: puisqu'il ne suffit pas d'inviter au crime, ils vont tâcher de farracher par ia violence^ et dans la fureur qui les agile^ ils allument d'une extrémité de la France jusqu'à fatitre une nouvelle persécution , afin d'obliger les prêtres à livrer les titres de leur sacerdoce^ conime aiitrefbis Dioclélien en excita une dans tout l'empire, pour contraindre les fidèles à livrer les divines Ecritures. L'Eglise «ut alors des larmes à répandre sur finfidélité de plusieurs de ses enfans- hélas! dans cette dernière épreuve, elle a eu aussi sujet de déplorer la foi— blesse de plusieurs de ses ministres.
O vous qui, après avoir remporté la victoire dans les premiers combats, avez eu le malheur de marcher sur les traces de ces ancieus Tracliteurs ^ et de livrer aux ennemis de la Pieligion le titre si glorieux pour vous, qui élablissoii que vous en étiez les ministres ^ prenez garde de vous faire illusion k
(i) Vos autem sanctum et justum ne^astis... Vœmiem'uX igitur, et couvertimini, ut deleauilur peccata vesura. Aa. iil* 14.... 19.
(78) veus-tnêmes, en vous dissimulant renbrmite de votre cbûie. Pour peu que vous ayez voulu j faire daltenlion, il vous a été bien facile de reconnoîire Todieuse interprétation que Ton donnoil à la de'marche à laquelle vous vous êtes prêles (i) ^ et si dans le cœur vous avez conserve rattachement à la vérité, vous n'avez pas montré votre foi par vos œuvres. « Sans doute vous n'avez point commis » une faute aussi énorme que ceux qui , sons les s> yeux d'un peuple égaré, et qui dans son délire » insulloit à ce qu'il y a de plus auguste, ont pros> fané par des blasphèmes la sainteté de la foi ^ » mais pour être moins coupables, vous n'êtes pas » innocens : il vous est plus facile d'obtenir le » pardon ^ mais vous n'êtes pas exemps de crimes. > Ne cessez de faire pénitence ^ ne cessez d'im- 3> plorer la miséricorde du Seigneur ^ de peur que » votre négligence à satisfaire sa justice , ne com- » pense ce qu'il paroît y avoir de moins grave dans » le déht que vous avez à vous reprocher. Non, il » n'est pas possible d'alléguer de motif capable » d'excuser une si grande prévarication : il falloit » plutôt abandonner sa patrie: il falloit plutôt con- » sentir à la perte de son patrimoine: (2) il fal-
(1) Le 9 novembre 1798 la commune de Paris prit un arrêté (qui a servi de modèle à ceux des autres communes sur le même objet). 11 portoit: « qu''il seroit ouvert un registre J3 sur lequel on inscriroit les déclaratior>s des citoyens qui a voudroient se déprétriser. 2> Gazette nationale , ou moniteur universel . 2™^ année de la république n° 49-
(2) Minus plané peccaverit non... sub oculis circumstantis atque insultantis populi sanctitalem fîdei profanando... Hoceo
Ï>roficit ut sit minor culpa ^ non ut ionocens conscientia. Faci— iùs potest ad veniam criminis pcrvenire ; r<>n est tamen immunis à crimine. Nec cesset in agenda pœnitenliâ, atque in Domini misericordiâ deprecandà , ne quod minus esse in qualitate delicli vidciur ^ in neglcctâ satisfactioue cumuletur.,. Wec est, proh dolor ! justa aliqua et
(79) » lolt suivre les exemples de courage que vous » donnoient vos frères. »
En effet à cette dernière e'poque, comme dans ses plus beaux jours , TEglise a pu compter im grand nombre de serviteurs fidèles qui sont demeures fermes et immobiles dans la crainte de Dieu (i). Cette crainte même a saisi plusieurs de ceux qui d'abord avoienl corrompu leurs voies: elle les a arrêtés sur les bords de ce nouvel abîme. Puisse-t-elle les avoir conduits à Taccomplissement de toute justice! Les cacbots se sont rouverts pour renfermer ceux qui refusèrent de livrer à Timpièlé les titres quils lenoient de la Religion^ les poursuites, les bannissemens, les vexations les plus inouies, sont devenus de nouveau leur partage: mais ils ont mieux aimé s'exposer à tout, que d'obéir à un commandement impie : ils ont mieux aimé livrer jusqu'à leurs corps, que de mériter le reproche si boni eux de Traditeurs des titres honorables de leur sacerdoce^ et de favoriser par cette lâcheté l'exécution de Thorrible projet , que leurs persécuteurs ne rougissoienl plus de mettre en évidence. Car c'est dans le même temps que ceux-ci signaloient par les excès les plus marqués leur haine contre la Religion^ c'est alors que tous les signes extérieurs du christianisme ont été proscrits; que toutes fonctions publiques du culte catholique ont été empêchées ^ que celui même qu'exerçoient les ministres coupables, qui avoient servilement exécuté toutes les volontés des novateurs, n'a pas été épargné ^ (2) et qu'on a vu dans toute l'éten-
gravis causa quaî tantum facinus excuset. Relinquenda erat patria , et patrimonii facienda jactura. S. Cyprian. de lapsis.
(i) Immobilis in Dei timoré permansit. Tob. IL 14.
(2) Le 22 octobre 1793, le conseil de la commuue de Park
due de la France, s'accomplir à la lettre celte parole d'un prophète: «le sacrifice a été banni de fa
3> maison du Seigneur, periit sacrificium de
y élomo Doinini (^), »
Ces violei^ces de toute espèce, dont nous n'avons tracé qu'une l»^gère esquisse, et quil seroit impossible de peindie avec des couleurs assez sombres, ne sont pas ne'anmoins les seuls moyens dont on se soil servi, pour attaquer notre sainte B.eligiou. Oa a encore employé contr"*e]lc d autres manœuvres qui, sans paroître d'abord aussi révoltantes, n'eu sont pas moins funestes, et n'en décèlent pas moins la haine implacable et racharnement de leurs auteurs.
Il faut mettre de ce nombre la nouvelle organisation de Tannée, la nouvelle division du temps, la nouvelle distribution des jours: en un mot ce qu'on appelle le calendrier républicain. Non, ce n'est pas seulement pour procurer à Torgueil une folle jouissance, en opcianl un changement remarquable dans la manière de calculer les années, les mois et les jours, qu'on a bouleversé fancienne organisation de Tannée et des mois ^ qu'on a distribué les jours en décades : ce n'est pas seulement
prit un ariêlé portant: k qu'informé qu'il exisloit encore , au N mépris de la loi, dans plusieurs rues des monumens du ai fanatisme... comidérant qu'il est de son devoir de faire dis— :^ pLiroiire tons les monnniens qui alimenieroicnt les préjuges M ?'eligieux^ il ordonnoit que sous huit jours, les effigies re- :» ligieuses qui exi»loient dans les diEerens lieux de Paris,
> seraient renversées. Gazette nationale, ou moniteur uni- V^seK 2"^^ année de la république n" 34-
«. J'ai requis Parrestation des prêtres qui se pcrmettroient
> de célébrer des fêtes ou dimanches. Je f^is disparoître les ^ crucifix et les croix. Lettre d'un commissaire de la con- 3t veniion. 23 octobre 1793. ihid. n° 35. >
(i j Joël I. 9.
pour
pour la liberté et F égalité^ pour la révolution (i), qtie cette nouvelle division de temps a ëte cre'e'e^ elle l'a été pour opérer, s'il étoit possible., laiii^aiilissement de la religion \ et Tabus manifeste quW a cherché, et qu'on cherche encoie à faire de celle déplorable invention, ne prouve que trop que tel est le principal parti qu'on s'est proposé d'en tirer.
Après rétablissement du calendrier républicain ^ on a vu d'abord paroître une loi qui slaïuoit que les administrations, tribunaux, agens ou fonctionnaires publics ne pourroient prendre de vacances que ks dix, vingt, trente de chaque mois, ou les derniers joars de chaque décade \ (2) qui par conséquent obligeoit tous les fonctionnaires désignés , à continuer leurs travaux tous les jours de dimanches et de fêtes qui ne coincideroient pas avec les derniers jours de chaque décade ^ et par-là même contredisoit ouverlement les lois de la Relig^'on, concernant la sanctification des dimanches et ée^ fêles.
Celte loi a bientôt été suivie d'une autre en forma d'instruction, où le même vice se fait assez sentir ^ puisqu'elle porte : que tous les genres d'agences publiques qui prenoient leurs époques dans la semaine^ ou dans quelques usages qui ne concorderoient pas avec le nouveau calendrier ^ doivent désormais se régler sur la décade^ sur le mois ^ et sur les jours complémentaires. Que
(1) C'est au peuple fiançais à se montrer digne de luimême , en comptant désormais ses travaux, ses plai-irs , ses fêtes civiques, sur une division de temps créée pour la liberté, et J'égalilé^ créée pour la révolution même qui doit honorer la France dans tous les siècles. Loi en forme d'oiesirucîion, du 4 frimaire an 2. ^. Vf.
(2) Les administrations, les tribunaux, les agens ou fonctionuaires publiques ne pourront prendre de vacances r que les 10., 20 et 3o de chaque mois, ou les derniers jours de «haquë décade. Loi du iS veadéiniâiie au 2.
le conseil exécutif ^ les corps aclministratijs ^ les municipalités^ cïoii^ent s'empresser de prendre toutes les mesures que peut leur su ingérer L'amour de l'ordre et du bien public , pour accélérer les changemens que demaîide la nouvelle division de Vannée dans leurs fonctions respectives (i).
Mais il est sur-tout nécessaire de fixer votre attention sur l'arrêté que le directoire exécutif a pris Je quatorze germinal , an six, en conséquence de ces lois publiées quatre ans auparavant.
Les auteurs de Tarrêlé du quatorze germinal, an six, commencent par con\enir que le calendrier républicain est une des institutions les plus propres à faire oublier jusqu'aux dernières traces du régime sacerdotal (2). Mais que faut-il entendre, et qu'ont-ils nécessairement entendu euxmêmes , par ces traces du régime sacerdotal? Les dispositions de leur arrêté ne laissent point cette question indécise*, et pour peu qu'on y réfléchisse, il est impossible de ne pas reconnoître , que par les traces du régime sacerdotal que le calendrier républicain est si propre à faire entièrement oublier, on ne peut entendre autre chose que des pratiques essentielles de la véritable Pveligion.
En effet suivant cet arrêté , les administrations Inunicipales, les juges de paix, soit comme pré-^ sidensdes tribunaux ainsi dénommés , soit comme juges des tribunaux proprement dits ^sonl tenus de régler les jours de leurs séances et audiences , sur la décade , sans qu'il leur soit permis d'avoir
(i) Loi en forme d'instruction , du 4 frimaire an 2.
(2) Considérant que ie calendrier républicain , le seul que reconnoisseut la constilulion elles lois, est une des institutions les plus propres à faire oublier jusqu^aux dernières traces du régime royal, nobiliaire et sacerdotal... Arrêté du directoire coricçrnaQt les décades, i4 germiaal an 6.
à cet eftet aucun égard aux jours de dimanches et de fèies : et c'est un délit dont les auleurs doivent être de'nonces, que de régler les séances et audiences, sur les dimanches et fêtes de l'ancien calendrier (i).
Ainsi les premières dispositions de Tarrête' prescrivent d'e'tablir un ordre de choses, qui ne peut manquer d'entraîner Tinfraclion habituelle des lois de la véritable Pieligion, relatives à la sanctification des dimanches et des fêles ^ et tout à la fois , mettent au rang des prévarications dont, les auteurs doivent être dénoncés, une mesure dictée parle respect pour ces mêmes lois : car que font autre chose des administrateurs et des magistrats, qui prennent pour régulateurs de leurs séances et audiences les dimanches et fêtes, que de témoigner par-là leur respect pour les lois de la véritable Pieligion , concernant ces saints jours f
Suivant cet arrêté, il nest pas permis d'anticiper ni de différer un marché, pour empêcher qu'il ait lieu un jour de dimanche ou de fête : et les administrations municipales doivent s'attacher spécialement à rompre tout rapport des marchés
(i) Les adminisfralions municipales tant ries cantons ruraux, que des communes de cinq mille liabitans et au-dessus^ sont tenues de régler leurs séances sur la décade... Les commissaires du directoire exécutif sont tenus de dénoncer celles qui règleroient leurs séances sur les dimanches et fêtes de l'ancien calendrier. Ibid. Art. i.
Les commissaires du directoire exécutif prè* les administrations municipales, elles tribunaux de police requerront les juges de paix de régler pareillement «ur la décade, les au— ditnces qu'ils tiendront, soit comme président de ces derniers tribunaux.) soit comme juges de ceux proprement dità, soit en bureau de conciliation. Ils dénonceront au ministre de la justice ceux qui prendront encore les dimanches et fêles de l'ancien calendrier, pour régulateurs deleurs jours d'auditçce. Ibid. Art. 2.
aiix poissons, avec les jours d'abslînence désignes par raiicien calendrier (i).
Ainsi dans un seul et même article, Tarrêtë interdit comme une chose illicite le respect qu'on tpnioi«neroit aux solennités même les plus augustes de la Religion, en ne laissant pas les jours où elles devroient être célébrées, assujéiis à la tenue de ventes publiques^ et fait en même temps un deveir aux administrations municipales de s'attacher spécialement à mettre des entraves à la pratique de Fabstinence, et à rendre diOicile raccomplissement de la loi qui la prescrit.
Suivant cet arrêté, les préposés des travaux qu se font au nom de la république, sont tenus sous peine de révocation, non-seulement de régler les travaux des ouvriers sur la décade, et de ne permettre la suspension des travaux que les décadis et jours de fêtes nationales^ mais encore de congédier tous les ouvriers, qui prendroient congé les jours de dimanches et de ietes de fancien calendrier (2).
(1) Les admini>U'3tiGns municipales fixeront à des joursdéterminés de chaque décade, les marchés de leurs arrondis^ semeus respectil's \ sans qu'en aucun cas Tordre qu'elles auront élahli pui.^se être interverti, sous prétexte que les maichés tomher'»ienl à des jours ci-devant fériés. î^lles s"'al tacheront specialt-ment à rompre tout rapport des marchés aux poisson?^ avec les jours d^abslinence désignés pav rancien calendrier. Ibid. Art. 3.
(2) Tous cliefs et préposés d'ateliers, chantiers, travaux et établissemens existans, faits et entretenus au compte de la république, ou en son nom, sont tenus de régler sur la décade les travaux des ouvriers, et les opérations y relatives. Ils ne peuvent faire les paiemens que par décade. Ils ne permettront la suspension des travaux que les décadis, et jours de fêtes nationales. Ils pourront néarmioins l'autoriser les quintidis après-midi , en faveur des ouvriers qui en feront la demande. Ils congédieront les ouvriers qui prendront congé les jours de dimanches et de fêtes de lancieri calendrier *, If lout sous peine de révocation. Ibid. Art- 9.
Ainsi Tarrêté décerne des peines graves contre Facte d'obéissance aux lois de la Religion, qui prescrivent la cessation de certains travaux les jours de dimanches et de fêtes, et même contre la simple tolérance de cet acte religieux.
Quelques autorités constituées ont encore porté les choses plus loin : elles ont défendu d'ouvrir les églises les jours de dimanches et de fêtes ^ et n'eu ont permis fouverture que les décadis.
Enfin rétablissement du calendrier républicain a entraîné Tabolilion de Tère chrétienne (i) , de celle ère qui rappelle on souvenir si précieux , le souvenir du bienfait inestimable de la réparation du crenre humain. A l'ère chrétienne une autre a été substituée. Mais quel souvenir retracera donc cette ère nouvelle 'f Et peut-il être comparé à celui auquel on le substitue f L' ère française commence au 22 septembre l'^gi^ four de la fondation de la république (2) /
Or, pour peu que Ton considère alientivemeut ces différentes di>^posilions , qui toutes tendent à forcer de prendre le calendrier républicain pour régulateur unique des actions de la vie, nonobstant les règles contraires tracées depnis si longleonps par la Pieligion ; comment ne pas reconnoître, qu'on a voulu et qu'on veut faire de ce calendrier, DU des moyens les plus efficaces que les hommes puissent employer , pour effacer jusqu'aux moindres traces des pratiques essentielles de la Pteligion \ pour anéantir, s'il étoit possible, cette Religion ellemême P Et n'est-ce pas encore pour lâcher d'en accélérer la ruine , qu'on s'efforce de représenter ceux
(1) L'ère vulgaire est abulie pour ks U3i;ges civils. Loi du 4 iriiriai'e an 2. Art. 2.
il) Conslitution de i7q5. Art. 372.
qui conservent rallachement qu'ils doîvrnl à ces observances, comme des hommes liés par la force de l'habitude à cV anciens préjugés (i) ^ et que des écrivains soudoye's pour débiter le mensonge, n'ont pas craint d'avancer, que Vancicnne division de jours na d'autres motifs que la superstition? Mais plus on fait d'efforts pour vous égarer et vous séduire, plus il est de notre devoir de vous rappeler la vérité, et d y affermir vos esprits.
La distribution des jours en semaines, ou la division du temps en portions de sept jours chacune, n'est point une invention humaine. Cette distribution des jours , celle division du temps, ont Dieu même pour auteur. En effet Ihistorien sacré termine en ces termes le récit de la création : « Le » septième jour , Dieu ayant achevé l'oeuvre qu'il » avoit résolu de faire, se reposa, a[)rès avoir » formé tous SQS ouvrages. Il bénit le septième jour, » et le sanctifia , parce qu'il h y éloit reposé , après » avoir forrrté tous ses ouvrages (2). »
En bénissant ainsi le septième jour, et le sanctifiant, Dieu se le réservoit pour son culte. Comme il avoil employé six jours pour achever le ciel et la terre et tous leurs ornemens (3) \ il vouloit ac—
(1) On ne sauroit trop.. s''occiipcr des moyens défaire cesser la résistance qu'il ( le calendrier républicain ) éprouve de la part des ennemis de la liberté, et de tous Jei hommes liés par la force de Tliabilude à d''auciens préjugés. Arrêté du directoire du 1 4 germinal, an 6.
(2) Complevitque Deus die septimo opus suum quod fecerat : et requicvitdie septimo ab uni verso opère quod patrurat. Et benedixit diei septimo, et sanclificavit illum : quia ia ipso cessa verat ab oinui o|)ere suo quod crcavit Deus ut fa— ceret. Gènes. II. 1. 3-
(3) Vidiique Deus cuncla qua^ fccerat, et erant valdè bona. Et factus est vcspcrè et manc dies sextus. Igilur per— iecti sunt cœlx et terra, et omnis ornatus eorura. Gen. t» 3i. II. X.
( 8? ) corder àriiofnme six jours conséculifs qu^il ponrroît employer an travail: et comme le sepiiéme jour ^ le Créateur api es avoir f<jimé tous ses ouvrages^ ëtoit entré dans son repos , il vouloil que Thomme, après avoir travaillé durant six jours, consacrât aussi le septième à un saint repos (i).
(i) Benedixit , inquii, Deus diem septimiim . et sanctificavii illum... benedixit: in solo aiilem >eplimo (die) lioc dixit : et appo^uit: et sûncti/icaint illum... JDeinde docens nos divina Scri|)tura causani propter quant dixit: et sanctificavit illum. adjicit : eo quod in illo requieveral ab ojnnibiis operibus suis quae cœperat Deu*; facere. Jam hic ab iniu'o docliinam hune nobis insinuât Deus, erudiens in circulo liebdomadis diem unum inleijram scgres^andum ^ et reponen ium m spiri — tualem operationem. S. Joari. Chrys. Hom. X. in cap. II, Gènes.
Qiipmndmndum ipse Dens operatus fuit res sex diebus, sic dédit homini licenti.im operandi. et intcrioribus intciidendi per totidfm dies. Et sicut seplimâ die cessavit ab opère, sic voluit ut homo septimo die ab omni opère vacet, et ei per contemplationeni inliœral., ac inbacrendo quiescat. Et quia ia hac adhaesione homo oblin."l à Dco ampîificalionem benedic— tionis et sanctificationis, ideô septimus dies dicitur à Deo be— nrdictns et sanciificatus. S. Bonavenlura in 2. Sentent. Dist. XV.
Et sanctificavit illum (Deus diem septimam"), hoc est.saiiGtum ac colebrem ordinavit; quia ad opéra cultus divini spe— cialiter deputavit diem eumdem^ et ipsemet tune quasi ab aliiscessans suî ipsius contemplation! vacavit. Dionys. Chartus. Enarrat. in cap. IL Gen.
Deus à raundi exordio hoc primo sabbati die illum sanc* titicavit, id est, actu festum instiluit, colique voluit ab Adamo, ejusque posteris sacro olio et cuitu Dei , maxime recolendo beneficium creationis suœ, lotiusque mundi illo die completae. Unde palet sabbatum fuisse fostum institulum et sancitura primitùs, non à Moy-e , exodi. XX. 8., sed longé auteriùs, pulà ab ori;îine mundi, hoc ip^opiimo mundi sabbato.. Fuit ergo hoc prajcepUim sabbati divitmm non naturale std po— siiivum: undè à Christo et aposiolis t'esîum à sabaito in Do— minicam est irauslatura. Cornet à Lap. Comment, in Gen, cap. II.
Facta est hsec sabbati sanctifîcatio , seu festiva inslitatio,
C'est ainsi que ce grand Dieu s'en est ensuite expliqué lui— même : « vous travaillerez six jours, » et vous y ferez tous vos ouvrages: mais le septième » jour est le repos du Seigneur votre Dieu. Vous ^ ne ferez en ce jour-là aucun ouvrage.... car le » Seigneur a fait en six jours le ciel et la terreja » mer et tout ce qui y est renfermé, et il b'est reposé » le septième. Gest pourquoi le Seigneur a béni le » jour du sabbat, et Ta sanctifié (i). Et encore : » observez mon sabbat , parcequ'il doit être saint :> pour vous... On travaillera les six autres jours: » mais le septième est le sabbat, et le repos consacré
» au Seigneur Car le Seigneur a fait en six jours
» le ciel et la terre: mais au septième, il a cessé de » travailler et s'est reposé (2).
Dès qu'il a plu au Seigneur de tirer les hommes du néant, c'a été pour ceux-ci une obligation indispensable, et fondée sur la nature même des choses,
non tune solùm quando Judaeis postraodùm ^Egypto cE^ressis dictiim est: mémento ut diem sabbali sanctiHces ^ sed ab ipso statim septimo mundi die, uli littera indicat ., dato primis parentibus de hac re praecepto posiiivo, qui illud posteris suis per traditionem uansmiserunl : siculi nunc in Ecclesiâ trans— miituur cultus diei primi. Quia enim de lege nalurae est ut aliquod tempus peculiariter insumatur in cukum Dei, con— gruum fuit ut illud statim in principio lege positiva determi— liarelur. Léonard. Marius. Comment, in cap. II. Gen.
(i) Sex diebus operaberis , et faciès omnia opéra tua. Septimo aulem die sabbatum Donnni Dei tui est : non faciès omrie opiis in eo... Sex enim diebus fecitDomiuus cœlum ettenam, et mare, et omnia quap in eis sunt. et requievit in die septimo. Tdcirrô benedixit Dominus diei sabbati , et sanctificavit eum. Exod. XX. 811.
(2) Custodite sahbatum meum ; sanctum est enim vobis... Sex diebus facietis opus: in die septimo sabbatum est^ requies sancta Domino... Sex enim diebus fecit Dominus cœlum et terram, et ia septimd ab opère cessuvit. Exod. XXXI. 14. ,i5.... 17.
( 89 )^ d'employer d'une manière spéciale au culte de leur aiiieur, une partie du temps de leur existence. Mais Dieu a voulu déterminer lui-même par une disposition positive .une portion de temps qui devroit être employée à son culte sur le terre ^ et il a réglé qu uu jour sur sept lui seroit consacré.
Ce jour du Seigneur fut d'abord le septième , ou le dernier de la semaine ^ et le premier motif de sa sanctification fut , comme on vient de le voir, le repos mystérieux dans lequel il est écrit que Dieu entra, après avoir achevé loirs ses ouvraf'es. Ainsi cette religieuse observance rappeloit sans cesse aux hommes la merveille de la création, les avertissoit sans cesse de leur dépendance absolue de celui qui les avoit tirés du néant ^ et de la reconnoissance qu'ils lui dévoient; leur remettoit sans cesse devant les yeux l'étroite obligation où ils étoient de fadorer , de faimer, de le servir et de vivre dans une fidélité inviolable à observer ses lois, et à obéir au moindre signe de ses volontés.
Celte religieuse observance nourrissoit en même temps dans le cœur des hommes fidèles, le consolant espoir de partager un jour ce repos du Seigneur. En effet, comme Tenseigne Tapôtre saint Paul , 4r ce sabbat et ce repos est réservé au peuple » de Dieu : car celui qui est entré dans le repos » de Dieu , se repose aussi lui-même en ces- » saut de travailler , comme Dieu s'est re— » posé après ses ouvrages. Faisons donc, con- ^ linue le même apôtre, et fut-il jamais plus né- » cessaire de rappeler cette admirable exhorta- » lionf faisons Tous nos etiorts pour entrer dans » ce repos; de peur que quelqu'un ne ressemble » à ces incrédules qui furent exemplaiiernent pu-
( 90 ) !fr nis (i). Qnl sont ceux à qui Dieu jura qu'ils 3» u'entreroient jamais dans son repos , sinon ceux » qui furent incrédules? En effet nous vovons x> qu'ils n'y purent enirer à cause de leur incré-
^ duliië C'est nous qui croyons, qui entrerons
» en ce repos (2\
Un autre motif de sanctifier le septième jour fut encore proposé aux enfans de Jacob, Ce fut le souvenir de leur miraculeuse délivrance , et de tous les prodiges que Dieu avoit opérés , pour briser le joug sous lequel ils avoient gémi si longtempsen Egypte. « Souvenez-vous, leur dit Moyse, » au nom du Seigneur, que vous avez été vous- » mêmes esclaves en Egypte, et qiie le Seigneur » votre Dieu vous en a tirés par sa main toute- » puissante , et en déplojant toute la force de son » bras. C'est pourquoi il vous a ordonné d ob- » server le jour du sabbat (3).
Mais la servitude temporelle de l'ancien peuple et sa délivrance, n'étoient que des figures. Le genre humain tout entier languissoit dans une captivité bien plus dangereuse et plus dure, dont il devoit un jour être affranchi par un Dieu rédempteur. Aussi a-t-on vu , dans la plénitude des temps , la
(i) Itaque relinquitur sabbalismns populo Dei. Qui enîm ingressus est in requiem ejus, etiani ipse rcquievit ab operibus suis ^ sicut à suis Deus. Festineinus ergô ingiedi in iîlam requiem, ut ne in idipsum quis incidat incredulitatis esemplum. Hebr., IV, 9 , lo, ii.
(2) Quibus autem juravit non inlroire in requiem ipsius, nisi illis qui increduli fueruntf Et videmus quia non po— lueruulintroire propter incredulilatem... Ingrediemur enim in requiem qui credidimus. Hcbr. III, 18, 19, et IV, 3.
(3) Mémento quôd et ipse servieris in ^^ypfo, et edu— xerit te indè Domiuus Dt'us taus, iu manu forli,tt bracliio extenlo ^ idoircô pisecepit tibi ut obseiyares diem sabbati. peuter., V. i5.
( 9' ) veritô remplacer les ombres qui l'a voient précédée , et le Sauveur de tous en opérant , par Teffusion de son propre sang, la réparation universelle , fournir à ceux qu'il a daigné racheter à un si grand prix, le plus digne sujet qu'il soit possible de concevoir d'une action de grâces perpétuelle et générale.
Ce n'est poinlle septième jour,mais le premier jour de la semaine , que les oracles qui avoient annoncé cette étonnante merveille, ont été entièrement accomplis, lorsque Jésus-Christ, ayant détruit par sa mort celui qui avoit l'empire de la mort(i), entra par sa résurrection glorieuse dans son repos élernel, après les travaux de sa vie mortelle et les douleurs de sa passion. Et en mémoire de noire divin Sauveur , conformément à sa volonté , sans toucher au fonds de la loi que Dieu avoit imposée de sanctifier un jour sur sept ^ l'Eglise , dépositaire fidèle de la Tradition apostolique, et toujours conduite par le divin Esprit, qui a voulu choisir aussi le premier jour pour se communiquer aux apôtres et commencer à renouveler la face de la terre, a constamment observé ce qui lui a été transmis dès son origine, que le premier jour de la semaine fut, au lieu du septième, consacré d^une manière spéciale au culte du Seigneur.
Qu'il est juste de sanctifier ce jour que le Seigneur a fait (2) ! « C'est en ce jour par excellence, » dit saint Jean-Chrjsostome , que nous avons été » mis en possession de biens innombrables. C'est » en ce jour que l'enfer a été détruit ; que la ma- » lédiction a été anéantie: que le péché a dis—
(i) Ut per mortem destrueret eum qui habebat mortis imperium. Hebr. 11, 14.
(2) Htcç est dies quam fecit Dominus. Ps. CXVIÏ, y. 24.
> paru ; que les portes des enfers ont ete' brisées ; » que le démon a été fait cnpiif: qu une loniiue » guerre a ete terminée^ que les hommes ont eis
> récanciliés avec Dieu ^ que noire nature a re- » couvre son ancienne dignité, ou plutôt a été » élevée à une dij^nité plus grande^ et que le so- » leil a vu un spectacle inattendu et bien admi—
> rable, fliomme devenu immoi tel.... O homme » considérez quels biens vous avez reçus en ce jour, » et de quels maux vous avez été délivré^ ce que » vous étiez avant ^ ce que vous êtes ensuite de- » venu. Ah ! si nous célébrons le jour anniver-
* saire de notre naissance à combien plus forte
» raison devons—nous célébrer ce jour qu'on peut, »> sans se tromper, appeler le jour natal de toute »• la nature humaine 'i Car nous étions perdus , » et nous avons été retrouvés ^ nous étions morts, s^ et nous avons été rappelés à la vie; nous étions
> ennemis, et nous avons été réconciliés (i).» Cependant FEglise ne s'est pas contentée de
prescrire à ses enfans la sanctification du dimanche. A Texemple de Dieu même qui, sous fancienne alliance , avoit ajouté au sabbat plusieurs autres so-
(i) hinumeris co die (dominico) bonis potiti sumus. Nam eo- die destructus est infernus,- extinctum malediclum; dis— pariîit peccatuin^ confracta^ inferoriiin port.x^ captivas factus €st diabolus^ diuturnuin belium direriiptum ; conciliali Duo homines -, nostrumque fi;eiius ad pristinain, imù ad lïiajoient rcdiit dignitatem \ vidilqne sot inopinalum et admirabilé iltud spectaGulum, quôd homo fitctus est immortalis... Cogita, homo, quanla et qaalia bona accepisli hoc die .> quanlis malis es liberatu^ ; qualis eras anteà^ qualis posleà liactus es. Jam si nos natalitia celebramas....qiiantô magis nobis die? ille obser vendus, quem si qiiis nataliiiuni totius huraanae nalurœ appel! et, baud abenârit. Perdili enitn eramus , et invenîi sumus-, mortui eramus, et revix.iQius; iniraici eranaiis.^ el reconciliaii sumus. S. Joan. Chrysost., sermone t/e eleemo— siiui et colLaùone in sanctos , ad i Gur.
(93) knnîles, l'église a ordonne de célébrer , outre le dimanche , plusieurs fêtes qui toutes ont pour but de rendre la foi plus vive, lespérance piiis ferme. Ja charité plus ardente, et de détacher les fidèles des choses de la terre , pour leur faire chercher et goûter les choses du ciel (i).
Les plus augustes de ces fêtes ont pour objet les mystères d'un Dieu rédempteur. Quelle suite d evènemens elles retracent à lame chrétienne î Le Verbe ayant la nature de Dieu , étant égal à Dieu son Père , consubstanliel à Dieu son Père, s'anéantit lui-même, en prenant la forme de serviteur et se rendant semblable aux hommes (2), Mais en s\méantissant ainsi lui-m.ême, il le fait -de la manière qui convient à la dignité infinie de sa personne: tout est pur, tout est admirable dans la conception du corps qu/il daigne prendre. Ce c^rps est formé, par l'opération de l'Esprit S^int, de la substance d'une vierge que la vertu du Très- Haut a couverte de son ombre (3). Et qui pour— Toit exprimer la sainteté . les perfections . les prérogatives de l'ame qui est unie au corps du Rédempteur? Le Verbe incarné, devant qiii toute la gloire, toutes les grandeurs , toutes les richesses de la terre ne sont que néant, prend naissance dans Félat le plus pauvre. Mais pendant que sa mère le couche dans une crèche, parce qu il n'y avoit
(i) Quœ sursùm sunt quaerite.... Quœ sursùm sunt sa— pite , non quae super leiram. Coloss. HT, ),2.
(2) Cùm in forma Dei essel ( Christus Jésus) semetipsiim exinanivit formam servi accipiens. in similitudinem hominum faclus. Philip, il, 6, 7.
(3 j Respondens angélus (Gabriel ) dixit ei ( Mariae vîrgîni ) : Spiritus sanctus superveniet in te, et virtus Altissimi obumbrabit tibi. Ideôque et qnod nascetur ex te sanelum voca— bitur filius Dei. Luc. I, 35..
( 94 ) point de place pour eux dans rholelierie, Tange du Très-Haut annonce aux bergers qu'il Jeur est ne' un Sauveur^ et une troupe nombreuse de l'arme'e céleste publie dans ses cantiques , qu'il est enfin arrivé ce jour si long-temps attendu, qui assure à Dieu sur la terre une gloire digne de lui, et aux hommes de bonne volonté la véritable paix dans le lieu de leur pèlerinage (i).
Dès son entrée dans le mondi , le Verbe incarné fait voir qu'il n'est point venu détruire la loi, mais Taccomplir (2\ Comme descendant d'Abraham selon la chair, il se soumet à la loi de la circoDcision : (3) mais en même temps il reçoit nn nom qui est au-dessus de tout nom : au nom de Jésus tout genou doit fléchir dans le ciel , sur la terre , et dans les enfers ; et toute langue doit confesser qne le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu son Père (4).
(1) Peperit( Maria) fîlium suum priraogcnilum , et pannis euni iuvolvit, et reclinavit eum in pra?sepio : quia non erat
eis locus in diversorio Et cîixit illis f pastoribus ) angclus :
ecce evangelizo vobis gaudium raagnum quod erit omni populo : quia nalus est vobis hodie Salvator.... Et subiio iacta est cuni angelo multitudo militiaî cœîesiis laudanlium Deum , et dicenlium : Gloria in altissimis Deo, et in icrra pax hominibus bonœ voluntatis. Luc. Il, 7..^ 10, 1 1... i3, 1.4.
Ego te clarificavi super terram. Joan. XVII, 4-
(2) Nolite putare quoniam veni solverc legem aut proplietas : non veni solvere, scd adimplere. Matth. V, 17.
(3) Dédit illi ( Deus Abraliae ) testamenlum circumcisionis Act. VII, 8.
Postquàm consumiriati sunt dies octo ut circumcideretur puer, vocalum est nomen ejus Jésus. Luc. Il, 21.
(4) Deus exaltavit illum , et donavit illi nomen quod est super omne nomen : ut in nomine Jesu omne gcnu flectalur cœlestium., terresiri-um et infornorum^ et omnis lingua confiteatur quia Dominus Jésus Chri^tus ia gloria est Dci Palri». Phibp. Il, 9, 10, 11.
Pour conlinuer d'accomplir la loi , le Yerbe incarné se fait présenter au Seigneur , selon ce qui est écrit: tout enfant mâle premier né sera consacré au Seigneur (i). Mais pendant qu'on paie le prix de son rachat (2) , le premier né de toute créature (3) se dévoue comme une victime qui doit être uTi jour réellement immolée. Cet Enfant-Dieu, présenté dans son propre temple, y traite avec son Père des intérêts de leur commune gloire et du salut du genre humain. 11 dit à son Père: « vous » n'avez point voulu d hostie, ni d'ohiation , mais » vous m'avez formé un corps. Vous n'avez point » agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le » péché ^ alors j'ai dit: me voici ^ je viens... pour » faire, ô Dieu , votre volonté...^ et c'est celte » volonté de Dieu qui nous a sanctifiés par l'oblas> lion du corps de Jésus-Christ (/\). »
La nouvelle alliance, dont Jésus est le médiateur, ne doit pas se borner à un seul peuple; elle doit s'étendre à toutes les nations ; et Jésus ne veut pas différer de leur faire connoître que le temps de leur délivrance approche : à peine estil né, qu'un astre miraculeux révèle sa naissance aux mages dans l'Orient : ceux-ci viennent fa-
(1) Tulerunt illum ( Jesum) in Jérusalem, ul sislerent eum Domino. Sicut scripiuni est in lege Doniini rqiiia omue masculinum adaperiens vulvam sanctum Domino vocabitur. Luc. II, 22 , 23.
(2) Omne autera primogenitum hominis de filiis tuis pretio redimes. Exod., XlII, i3.
(3) Primogfnitus omnis creatiirae. Colos?., I, i5. (4)tngrediens mundum dicit (Christtisj: hostiara etoblaUo-
nem noiuisti ; corpus autem aptasti mihi : holocautomala pro peccato non tibi placueruiît : tune dixi : ecce venin... ut faciam , Deus , voluntUeHi tuam.... in qua volunlate sanctificaii sumus per oblatioaem corporis Jesu Chriiti. Hebr.X, *:6, 7.... 10.
(9G) dorer; par les presens qu'ils lui offrent, ils rcconnoissent qn'il est THomme— Dieu , (ju'il est lenr roi (i). Et c'est ainsi qu'il est enfin manifesté, « ce mystère qui n'avoil pas e'té de'couvert aux » enfans des hommes dans d'autres temps....: que » les gentils ont part au même he'ritage, qu'ils sont » membres du même corps, qu^ils participent à 3> la même promesse de Dieu en Jésus-Christ, » par l'Evangile (2) j et que ceux qni éroient » éloignés sont rapprochés par le sang de Jésus— » Christ (3). »
Avant de répandre sur la croix ce sang précieux qui a pacifié , tant ce qui est en la terre que ce qui est au ciel (4) , Jésus-Christ voulut accomplir la promesse qu'il avoit faite à ses disciples , de leur donner , comme un puissant moyen d'obtenir la vie éternelle et la résurrection bienheureuse, sa chair en nourriture et son sang en
f i) Cùm ergo nalus esset Jésus in Bethléem Juda.... Eccc magi ab Oriente venerunt Jerosol ymam dicentes : ubi est qui nalus est rex Judacorum i" Vidimus enini stellam ejus in
Oriente , et venimus adorare eum et intraates domum
invenerunt puerum cuni Maria maire ejus, el procidenles adoraverunt eum ^ et, apertis lliesauris suis » obtulerunl ei munera, aurum , thus et niyrrham. Maflh. II. i ,2... 11.
ïlius , aurum ., myrrham , Regique, Hominique, Deoque clona ferunt. Juvenc. presbyt. apud S. Hieron., lib. I , comment, in cap. II, Matlh.
(2) Quod aliis generalionibus nonestagnitum (mysten'um) filiis lîominum, sicuti nunc revelatum est.... gentes esse coheredcsetcomparticipespromissionisejus (Dei) per Evangelium. Ephes. m, 5, 6.
(3) Vos qui aliquandô eratis longé, facti eslis propè in sanguine Christi. Ephes., II, i3.
(4) Pacificans per sanguinem crucis ejus , sive quae la terris , sive qusg ia cœiis sunt. Coloss. I, 20.
breuvage
(91) ^ breuvage (i). «La nuit même ou il devoit être » livré, il prit du pain :et ayant rendu grâces , » il le rompit, et dit ( à ses apôtres) : prenez et » mangez: ceci est mon corps, qui va être livré » pour vous : faites ceci en mémoire de moi. Il prit » de même la coupe , après avoir soupe , en disant: » cette coupe est la nouvelle alliance scellée par > mon sang^ faites ceci en mémoire de moi , tou- » les les fois que vous la boiiez (2), '» et par ces dernières paroles , qu'il prononça après la consécration du pain et après celle du vin, il communiqua à ses apôtres et à leurs successeurs dans le sacerdoce, le pouvoir d'opérer le même prodige, jusqu'à la consommation des siècles (3j.
Aussitôt que le Sauveur du monde a laissé aux hommes ce gage ineffable de son amour, il se livre à ses ennemis, et les laisse épin'ser sur lui leurfareur et leur rage ^ afm de s'offrir lui-même à Dieu son Père , comme une hostie saris tache , pour eifacer les péchés (4)*. mais pendant qu'il consomme sur
(i) Qui mandiicat meam carnem , et bibit meum san^ guinem , habet vitam aeteinani , ei ego lessuscitaho eiim ia novissimo die. Caro enini niea veiè e>t cilus , et sanguis meus verè est potus Joan. VI, 55. 56.
(2) Domiaus Ji^ius in qua nocte tradebatur, accepit panem, et gralias agens fregil et dixit : accipite et mytjducatei hoc est corpus meum quod pio vobis tradetftr : lioc facile ia meam commemoralionem. Similiter etcalicem . postquàm cœnavit , dicens : hic caiix ciovum testaïueutum est in meo sanguine ^ hoc facite, quotiesf umque bibetis , in meam commemorationem. 1 Cor. XI, 28, 24. 25.
(3) Si quis dixerit illis verbis : hoc facite in meam commemoralionem. Christum non inslituisse fipostolos sacerdotes; aut non erdinasse ut ipsi , ahique sacerdotes otï'errent ctrpus et sanguinem suum ^ auailitma sit. Coqc. 1 nd., sess. XXII, can. 2.
(4) Semelipsum obtuh't immaculatura Deo oblatus est
ad mukoium exbaurienda peccata. Hebr,,lX., 14... 2B.
f 98 ) la croîx ce grand sacrifice, les plus relatantes merveilles attestent la divinité du pontife et de la victime : le soleil s'éclipse, contre toutes les lois de la nature 5 le voile du temple sedécliiie^ la lerre tremble ^ les rochers se fendent ^ les sépulcres s'ouvrent (i)^ un des voleurs qui étoient crucifiés avec Jésus— Christ le conjure de bC souvenir de lui , lorsqu'il sera dans son royaume (2) *, le centenier, et ceux qui étoient avec lui pour garder Jésus , confessent qu'il étoit véritablement le fils de Dieu (3), et la multitude de ceux qui assis— toient à ce spectacle, considérant ce qui venoit d'arriver, s'en retourne en se frappant la poitrine (4).
Le corps de Jésus est mis dans le tombeau ^ mais ce corps adorable ne devoii pas éprouver la corruption (5) : ce temple de la divinité , qu'une barbarie sacrilège avoit détruit, devoit être rétabli le troisième jour (6). Au moment marqué pour
(1) A sexta autem hora tenebrse factse sunt super universam lerram^ usque ad horam nonam... ve'um templi scissum est in duas parles à summo usque deorsum , et terra moi» est^ et petiae scissae sunt, et monumenta aperta sunt. Matth. XXVIl, 45, 5i,52.
(2) Dicebat ad Jcsum (aller de his qui pendebant lâtro- «ibus ), Domine , mémento meî,cùm veneris in regnum tuum. Luc. XXIII, 42.
(3) Centurio autem , et qui cum eo erant custodientes Jesum.viso terrae motu, et his qua3 fiebant , timueruut valdè, diccntes : verè fîlius Dei erat iste. Matth. XXVII, 54-
(4) Et ooinis turba eorum qui simul aderant ad specta— culum istud, et videbant quœ fiebant, percutientes ptctoia sua reveitebantur. Luc. XXIII, 4^.
(5) Nec dabis sanctumtuum viderecorruptionem. Ps. XV, '^. 10.
(6) Respondit Jésus etdixit(Judœis): solvitetemplum istud; et in tribus diebus cxcilabo illud... ille autem dicebat de templo corporis soi. Joan. Il, 19.... ai.
( 99 ) raccomplissement des oracles , la terre e'prouve de nouveau une Niolenle secousse: un ange descend du ciel, et vient renverser la pierre qui fermoit Ventrée du sépulcre : à l'aspect do Tange dont le visage avoit le brillant de rëclair, les gardes sont saisis de fraveur et deviennent comoie morts : mais cet Esprit cëlesle rassure les saintes femmes que la piété avoit conduites au tombeau du Sauveur j « Pour vous, leur dit-il, ne craignez point */ je 9 sais que vous cherchez Jésus qui a été cru— » cilié : il n'est point ici, parce qu'il est ressuscité^ » comme il l'avoitdit: venez et voyez le lieu où » le Seigneur avoil été mis ^ et hâtez— vous d'aller » dire à ses disciples qu'il est ressuscité : » et bientôt Jésus lui-même se montrant à ces saintes femmes dans sa vie nouvelle, les envoie porter ses ordres à ses disciples : « allez dire à mes frères » qu'ils se rendent en Galilée^ c'est là qu'ils me » verront (i). »
Enfin le Sauveur du monde, après avoir glorifié son Père sur la terre , et achevé l'ouvrage dont il ravoil chargé , est glorifié par son Père de celle gloiie qu'il avoil eue en lui , avant que le
(i)Erce terrse motus factus est magnus ., angélus enim DoîTiini descendit de cœlo : et accedens revolvii iapideni ., et sedebat super eum : erat autem aspectus ejus sicut fulgur..., prae timoré autem ejus exterriti sunt custodes, et facti sunC velut mortui. Respondens autem angélus, dixil mulieribus ; nolite tinif-re vos: scio enim quôd Jesum qu) crucifîxus est quaîritis. No» est hîc : surrexit enim, sicut dixit. Venile , et videte locum ubi posiius erat Dominus : et ciioeuntes, di— cite discipulis ejus quia surrexit.... et ecce Jésus occwrrit illis (mulieribus) dicens.... iie,nuntiate fralribus meis ut eant in Galila-am; ibi me videbunt. Matlh. XXVIII, 2 , 3, 4 î ^ï 6, 7... 9, io.
monde riil(i). Vainqueur delà mort, Jesiis-Chrisit rassemble ses disciples, les bénit, s'e'lèvede la terre pour entrer dans le ciel (2),acconipaoné d'une multitude de captifs dont il avoit brisé les fers (3), va s'asseoir à la droite de la Majesté (4)^ et de là, pour accomplir la promesse de son Père et la sienne, répand TEsprii saint (5).
Les a|)ôlres étoient tous à Jérusalem , réunis en un même lieu (6). Animés du même esprit^ ils y persévéroient tous ensemble dans la prière (7), attendant, selon Tordre exprès qu'ils en avoient reçu de leur divin Maître, le jour où ils dévoient être revêtus de la force d'en baut (8), et baptisés dans le Saint— Esprit (9)^ quand tout-à-coup on entend venir du ciel un bruit , comme d'un souffle impétueux qui remplit toute la maison où ils de— meuroient. En même temps ils voient paroître comme des langues de feu qui se partagent , et s'arrêtent sur cbacun d'eux ^ et ils sont tous
( \) Ego te clariucavi super terram : opus consiunmavi quod dedisti niibiut faciam. Et mmc ciarifica me, tu Pater, apud lenielipsum claiitate quam liabui , priusquàm mundus esset apud te. Joan. XVll, 4 •; 5.
(2) Elevatis inanibus suis, benedixit eis : et factum est, dîim benediceret illis, recessit ab eis, cl ftrebatur ia cœlum. Luc. XXIV, 5o, 5i.
(3) Ascendens iti altum , captivam duxit captivitatem. Epbes.IV. 8.
(4) Scdet ad dcxlerani majestalis in excelsis. Hcbr., f, 3.
(5) Dexleiâ igilur Dei exaltatus, et promissione Spivilûs Sancti accepià à Paire, cfludit liunc. Aci. II, 33.
(6) Erant omnes pariler in codeni loro. Act. II, 1. (•^"^Hi omnes erant perscveranles unauimiter in oratione.
Act. U i4-
(8) Vos autem sedete in civitale, quoadusque induamini i vittute ex alto. Luc. XXIV , 49-
(9)Pr3ec<'pit eisab JerosoI\^misne discederent, sed expecta— rent promissionem pntris quam audisîis (inquil ) per os meum ; quia Joannes quidem baptisabat aquà, vos auttm baptisabimiai Spititu Sancto, non post multos hos dies. Act. I. 4) ^«
remplis du Saint-Esprit (i). Ce signe sensible, sous lequel l'Esprit de vérité daigne se communiquer à eux , annonce les effets qu'il va produire en eux: un zèle ardent les embrase, les paroles qu'ils prononcent sont celles que TEsprit saint leur met dans la boucbe^ ils parlent diverses langues (2}, parce qu'ils sont envoyés pour instruire une multitude de nations. Et déjà les habilans des différentes contrées qui se trouvent rassemblés à Jérusalem, entendant les discours de ces hommes sans lettres, et qui jusque-là s'étoient tenus cachés, sont interdits, sont tout hors d'eux-mêmes^ et dans l'étonnement qui les saisit , s'entredisent : <i ces » hommes qui nous parlent, ne sont-ils pas tous 5> Galiléens ? comment donc les entendons-nous » parler, chacun en notre langue des merveilles •» de Dieu (3;f f> Mais tout ne se borne pas à une admiration stérile: les paroles du prince des apôtres portent la componction dans le cœur d'un grand nombre de ceux qui Técoutoient (4) ^ et la con-
(1) Factns est repente de cœlo son us. tanquàra advenientis spirilûs vehementis., et replevit totani dornum ubi eraiit se— dénies. Et apparue? uni iilii disperfita? linguae lanquàm ignis, seditcfiie supra singulos eorum. Et lepleti sunt omnes Spiiitu Sûiicto. Act. II, :i , 3 ,4-
(2) Cœperunt loqui variis linguis, prout Spirilûs Sanclus dab'it eloqui illis. îbid.
(3) Erant aulem in Jérusalem habitantes viri religiosi ex omni natione quae sub cœlo est. Faclâ autem hàc voce couvenil rauititiido. et mente confusa est: quoniam audiebat uQusquisque linguâ sua eo5 loquentes. Siupebanl autera omnes, et mirabaniur , dicentes : noniiè ecce omnes isti qui loquuntur Galiisei sunt î* Et quornodonos audivimus unus— qui^que linguam nosftam in qua nati sumus ':".... Audivimus eos loquentes nostiis linguis magnalia Del. Act. Il, 5 , 6,7^ 8... 11.
(4) His auditis, compuncli suot corde, Act. II, 37.
version d^environ trois mille personnes est le fruit de sa première prédication (i).
Outre les solennités du Seigneur , l'Eglise a encore désigné certains jours pour rendre \jn cuiie spécial à la plus parfaite des créatures , à la Vierge mère de Diçu, à cette Yierge incomparable qui ne voit au-dessus d'elle que Dieu seul(2). Klle en a destiné d'autres à honorer fange du désert, cet homme qui a rempli un ministère plus auguste que relui des prophètes^ et à qui la vérité niême à rendu le témoignage que, parmi ceux qui sont nés des femmes, il n'en a point paru de plus grand que lui (3) : à honorer le prince des apôtres et le vase d'élection, ces glorieux fondateurs de Piome chrétienne, à qui la Religion assure une autorité spirituelle, plus étendue et plus stable que toute la domination temporelle, dont Rome païenne s'étoit emparée par la force des armes (^4) • ^ honorer enfin ces héros de la Religion , qu'il a plu au Sei—
(i) Qui ergo receperunt sermonem ejus ( Pétri ). baptisati sunt; et apposilae sunt in die illa atiimae circiter tria millia. Act. II,4i.
(2) Cunctas res creatas , ô liorao , cocitatione percurre , et vide an qaicquam sit aequaie vel majus Maria Deiparâ. Terrani undique lustra ^ cœlos mente scrutare , invisibiles oirmes \irtules cogita, ac perspice nùm sit in universis creatis aliud ejusmoHi miraculum. S. Procl. ep.
(3) Quid eiistis in desertum videre !".... Etiam dico vohis^
et plus quam prophetam amen dico vobis : non siirrexit
inter natos mulierum major JoanneBaptistâ. Watth. Xî, 7.... 9... 11.
(4)Isti ( Petrus et Pauîus) sunt patres tuî (Roma) verique pastores qui te.... muho meîius . mullôque feliciùs condiderunl, quàm illi quorum studio prima mœnium tuoruni fundamenta locata sunt... ut.... laliùs praîsideres Reiigione divinâ , qukm duniinatione terrenà.... minus.... est quod tibi bellicus labor subdidit , quàm quod pax chrisliana subjecit. S. L.eo,serm. I , in nalaii apost. Peiii et Pauli.
( io3 )
gneur de susciter en différentes contrées, pour y répandre la semence de la parole, pour les fertiliser par leurs sueurs et leur sang, pour les illustrer par l e'clai de leurs vertus , et en être à jamais les protecteurs, après eu avoir été ou les apoires ou les modèles.
Et parce qu'il est impossible à TEglise de décerner un culte particulier à tous les bienheureux que le Tioi de gloire couronne dans les tabernacles éternels, elle a établi une fête générale à 1 honneur de toute la cour céleste. Dans ce jour solennel, montrant à ses enfans celle multitude innombrable de saints de tout âge, de tout sexe, de tout état, de toute condition , à qui elle les oblige de rendre leurs hommages^ elle leur rappelle en même temps le terme où ils doivent tendre eux-mêmes, le bonheur qu'ils doivent espérer^ et leur fait, d'après le grand apdtre, cette imposante leçon : ceux qui sont Tobjet de votre culte ont été autrefois , comme vous Têtes maintenant , voj^ageiîrs sur la terre: ils 3^ ont accompli les devoirs de la justice^ et ils ont obtenu l'effet des promesses: puis donc que 1^ous êtes environnés d'une si grande nuée de témoins, dégagez-vous de tout ce qui vous appesantit et du péché qui vous assiège, et courez par la patience dans la carrière qui vous est ouverte (i)^ afin que, quand le prince des pasteurs paroîtra, vous receviez aussi la couronne de gloire qui ne se flétrira jamais (2).
d) Operati sunt justitiam , adepti sort repromissiones.... idecKjuc et nos tantam habcntes imposilam nuuem teslium, Hcponentcs omne pondus, et circumslaus no> peccatum, per patienn'am . curramus ad propositum nobis certamen. Heh. XI.3i,XII, i.
(2) Cùm apparuerit princeps pastorum , percipielis immar— cessibilcm gloriœ coron a m. i PcU. Y, 4-
Considérant enfin, d'un autre côte, la sainteté infinie de son épo\ix , devant qui les deux même ne sont pas purs (i) ^ de l'autre, la jurande fraj^ilité de ses enfans, Tépouse de Jésus-Christ leur fait éprouver , au-delà même du terme de celte vie , les effets de sa tendresse. Pénétrée de compassion pour ceux qiii , ajani terminé leur carrière mortelle dans 1 elatde la grâce, ont néanmoins été trouvés redevables encore à la divine justice, et doivent passer par de rigoureuses expiations , avant d'être admis dans le séjour de la félicité; elle ne se contente pas d'ordonner à ses ministres d'implorer la miséricorde du Seigneur sur ces amessoufïrantes, toutes les fois qu'ils offrent l'adorable sacrifice : elle a aussi co-nsacré un jour où elle adresse au souverain juge des prières solennelles pour leur soulagement^ et fait couler de toutes parts le sang de Tagneau sans tache, pour accélérer leur délivrance.
Mais l'Eglise sait que , suivant la parole de son adorable cbef, c'est la voie étroite qui mène à la vie (2) ^ qu'un des caractères dislinctifs du christianisme est fesprit de mortification ^ que cette mortification est nécessaire aux pécheurs poin- les affranchir de la tyrannie de leurs passions, leur faire expier leurs désordres, les préserver delà rechute 5 qu'elle est nécessaire aux justes même, pour persévérer dans la justice , avancer dans la vertu , réparer les manquemens qui échappent toujours à leur fragilité, se rendre de plus en plus conformes à leur divin modèle : et c'est pour cela qu'elle ordonne aux fidèles d'observer en différens temps, et sur-tout à l'approche des jours du Seigneur et des plus augustes fêtes, des abstinences
(O Cœli no] (2) Arcta vi
non SLint muncli in conspectu ejiis. Job XV, 1 5. a est^quae ducit ad viiam. Matth. VII. 1 1.
( io5 ) et des jeûnes, dont la pratique a été rappelée et maintenue dans tous les siècles , par une Tradition si constante et si universelle , qu il est impossible d'en retrouver la première origine , si ou ne remonte jurqu'anx jours des apôtres.
Tels sont les grands objets que nous remet chaque année sous les yeux la suite de nos solennités-, telles sont les pieuses observances qu'elle nous rappelle: et c'est de ces objets si sublirnes, si intéressans , si consolans pour Thomme ^ c'est de ces observances si respectables et si utiles qu'on voudroit eQacer jusqu'au moindre souvenir ! •Mais pour vouloir en faire périr la mémoire , qu'at-on donc â leur substituer ?
Hélas! jusqu'à quel point l'esprit humain se dégrade . lorsque dans le délire de son orgueil , éteignant cette lumière surnaturelle dont Dieu a daigné réclairer, il entreprend de marcher à la lueur de cette prétendue sagesse qu'il s'imagine trouver dans son propre fonds !
Rappelez— vous ces jours de démence, où les temples du Très-Haut furent transformés en temples de la raison; et où Ion vit l'idole abominable de la désolation placée sur Tautel du Dieu vivant (i) : voilà ce qu'on a voulu d'abord substituer à la Religion de Jésus-Christ!
Rappelez-vous ce prétendu système de Religion, si absurde et si révoltant, qu'on n'a jamais pu lui trouver de sectateurs, quoiqu'il ait été inventé, décrété , publié, sous la plus odieuse des tyrannies : ce système monsirueux , où , en reconnoissant Vexistence de VEtre suprême , on ne reconnoît pas ses bienfaits , mais seulement ceux de la nature y
(i) iEdificavit..... abominaadum idolum desolalionis super allare Dei. i. Mtich. I. 67.
(■06) o\i l'on n'établit aucune différence entre ies aonneiirs qu'on attribue à l'Etre suprême , ei ceux qu'on atlribiie au genre btimain en gener?il , à un peuple en particulier, à cîiiFcrenles classes criiommes, et à tant d'antres objets qu'on est si justement surpris devoir destine's à recevoir un culte ] où, en recon- Moissant Vcocistence ck VElre suprême ^ on ne lui d'^ccrne qu'une seule ftie, qu'on lui fait partager a-vec la nature ^ où Ton institue drs fotes, pour consacrer la mémoire des forfaits les plus abominables ^ où Ton décerne des fêtes à des passions criminelles ^ où enfin on porte l'aveuglement , Jusqu'à prescrire de célébrer une fête à la poster ité^ e'trange fèie, dont la dénomination même indique qu'elle ne pourra jamais être cêlêbre'e qu'en i'bon- »eur de ce qui n'eslpas(i). Voilà ce qu'on a voulu
• (i) I. Le peuple français reconnoh TexisUnce de fEtre suprême el rimmorlalité de Pâme. I!. Il reconnoît que le culte di^ne de fEtre suprême, est la pratique étroite de? é€voirs de riiomme. 111. Il met au premier rang de ses dev»>irâ de déte&ttr la mauvaise foi el la tyrannie^ de punir les tj^aus et les traîtres, de secourir \es malheureux , de faire aux aiitres tout le bien possible; de n'être injuste envers personne, de respecter les foibles et de défendre les opprimés. IV. H seia institué des fêtes nationales ., pour rappeler Ihomme à la pensée de la divinité et à la dignité de sou être. V. Ces fêtes emprunteront leur nom des évèncmens ^;lorieux de notre révolution, des plus giands bienfaits de la nature, et des vertus les plus chères et les plus utiles à Thomme. VI. f^a république française célébrera tous les ans des fêtes au i^ iuiJiet , a» lo août, au 21 janvier et au 3t mai. VU. Elle célébrera aux jours de décadi les fêtes suivantes : i" à l'Etre suprême et à la nature*, 2° au genre humain; 3" au peuple français; 4° aux bienfaiteurs de Hiumanité; 5° aux martyrs èe. la liberté; 6*^ à la liberté et à l'égalité; 7^ à la répuï)li(]ue; 8* à la liberté du monde; 9*^ à Tamour de la patrie^ 30® à la haine des tyrans et des traîtres; 11® à la vérité ; ïî»®" à I» justice; i3*^ à la pudeur; 14*^ à la gloire et à TintiDwtalité; i5^ à Tamitié; 16*^ à la frugalité ; 17** au couia^e; iS^ à ia bonne loi '■, i<f ai l'hér oï^nie ; 20" au désiotcf esseoieui ;
(107) ensuite substituer à la Religion de Je'sus-Chrîst ? Mais que veut- on encore substituer à cette Religion sainte? Ce qu'on veut y substituer! De misérables lambeaux du système m^^nstrucux dont nous venons de donner une légère idée : on reproduit encore , et on cëiebre sous vos jeux avec une pompe toute païenne, les fctes à la jeunesse, à la vieillesse, à Tagricultuie (i) : on solennise encore des jours qui ne sont devenus fameux , que par les crimes dont ils ont été souilles (2).
Ce qu'on veut y substituer ! L'irréligion, On veut concentrer toutes vos pensées et toutes vos aflections dans les choses de la vie présente^ on veut eiTacer de vos esprits toute idée surnaturelle^ on veut ne vous laisser d'autre culte, que ce qu'on appelle la pratique des vertus morales et sociales : on veut enfin vous faire rentrer dans cet état, où lapôire saint Paul rappeloit aux Ephésiens ^qu'ils avoieni été réduits avant la prédication de TEvangile, lorsqu'il leur écrivoit : « vous étiez alors sans Christ , » séparés de la société d'Israël, étrangers à l'égard
21^ au s toïcisrae ; 2^® à Pamour; 23® àramour conjugal ; 24" à Tam-mr pairrn^l; 23*^ à la tendresse maternelle; 26^ à la piéîé filiale i 27® à rtrrtfance: 28** à la jeunesse- 29** à Tàge viiiî. 00^' à la vieillesse; 3i° au malheur ; 82® à Tagricullure ; ô3^ à Pindusrrie^ 34® à nos aïeux; 35® à la postérité; 3tJ® ^ au bonheur. Dértt du 7 mai i79{.
(1) On a célébré hier 10 messidor la fête do l'agriruliure. TJn ch«ir . surtnonté d une gcrJie d'< pis janniss.îns . sa.anroît -vers le temple de Cv'>è!e a la halle au bied. îl éloit traîné p.tr six bœufs ornés de gu\t landes , de h.indeiette^ ; kurs cornas et leurs sjib^ts étoirnt dorés. Un second cnar , celai de Bdcchus , étoit décoré de fniits et de pamprrs verts. Un erjfauf a-5i5 s«ir un tonm-au représ<i:toit ce Dieu. Le président de radrjiinislration c^nU-ale a proncn'^é un discours, à la suite duquel il a proclame les noms des trois labrHireur» dont les IravMux or)t m'Tiié la couronne d'eucourngi lisent ; et il Uar a été r«nu-. une conronne d\irp^enî. Joa.r;;! de Fi'tncfoit i-jgH. Nr. 186. Ex.Uait dea uouvelltâ de Paris du 29 juin.
(b) 2i Janvier, t;£c.
» des alliaîices , sans aucune espérance des biens promis , et sans Dieu en ce monde (i).
C'est encore pour établir et étendre le règne de Firréligion , qu'on a proclamé comme un droit naturel de l'homme, Tabsurde liberté de communiquer, de manifester toutes ses pensées , de publier impunément sur tout ses opinions religieuses. Cette liberté monstrueuse , si hautement proclamée dès les premiers instans où la conjuration éclata (2) , a encore été maintenue, de la manière la plus expresse , par la dernière constitution. Aux termes de celle-ci , nul ne peut être empêché de dire^ écrire^ imprimer et publier sa pensée : les écrits nepeui^ent être soumis à aucune censure avant leur publication : nul ne peut être responsable de ce qu'il a écrit ou publié^ que dans les cas prévus par la loi (3) ; et aucune loi ne prévoit le cas où la Reh'^ion seroit outragée , où l'existence même de Dieu seroit attaquée. Le succès n'a que trop repondu déjà aux vues des promoteurs de cette licence effrénée. A. quels scandales n'a-t-elle pas déjà ouvert la porte !
Elle a enfanté cette secte nouvelle qui , sous le masque de Tamour de Dieu et des hommes , couvre les desseins les plus noirs contre Dieu , dont elle tend à détruire le plus bel ouvrage^ contre les hommes, qu'elle cherche à entraîner dans la voie qui aboutit
(1) Eratis in illo tempore sine Chrîsto , alienali à conversatione Israël, et hospites testanicntoram, piomissionis spem non liabenles , et sine Dco in hoc mundo. Epîies. II. 12.
(2) Nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas Tordre établi par la loi. La libre communication des pensées et des opinions est un des droiis les plus précieux de Thonime. Déclaration des droits deriiorame, 1791. Art. X et XL
(3; Constitution du 1795. Ail 353.
( 109 ) à la mort éiernelle. Ces nouveaux sectaires, pour lâcher de faire illusion , affectent de se parer d'ua nom propre à faire croire que ce qui les caractérise, est Tamour qu'ils portent à Dieu et à leurs semblables (^i) : mais que lillusion est facile à dissiper, puisque leur doctrine (2) les accuse et les convainc d être tout à la fob les ennemis de Dieu, les ennemis des hommes!
En effet ils ne confessent point la divinité de Jésus— Christ ^ ils ne croient point à la rédemption que ce Dieu Sauveur a opérée ^ ils abjurent la Religion qu'il a cimentée de son sang : et ce trait seul suffit, d'après la règle tracée par lapôlre saint Jean, pour faire connoître ce qu'ils sont, et à l'égard de Dieu , et à fégard des hommes. « Mes bien-aimés, T> écrivoit aux premiers fidèles cet apôtre bien-aimé 3> lui-même de son divin Maître, ne croyez pas à » tout esprit^ mais éprouvez si les esprits sont de » Dieu ; car plusieurs faux prophètes se sont élevés •» dans le monde. Voici à quoi vous reconnohrez 5> l'esprit qui est de Dieu : tout ssprit qui confesse » que Jésus— Christ est venu dans une véritable s> chair, est de Dieu : et tout esprit qui ne confesse » pas Jésus— Christ, lequel est venu dans la chair » ( et qui le divise ) , n'est point de Dieu ; et c'est-là
(1) Tliéophilantropes.
(1) « CeUe secte ( desThëophilantropes) s''ac€onimo(le dans a ses pratiques au goût du siècle, et à Pétat actuel de nos 2> lumières. Ses dogmes sont simples et clairs : l'amour de » Dieu , rameur de ses frères , et Timmortalité de lame , 2> voilà toute sa doctrine. Comme dans cette nouvelle Eglise » on ne reconnoît d'autre autorité que colle de la raison, » chacun n'obéit qu'à la sienne, et elle lui tient lieu de w ministre- et de casuiste. « Extrait dun journal de Paris inséré dans la gazette de Deuxponts du 19 novembre,
C iï<> )
» Tesprit de r Antéchrist {i). Plusieurs imposteurs se » sont élevés dans Je monde, qui ne confessent » point que Jésus-Glirisl est venu dans une chair » véritable.» G'est>là être séductenret Antéchrist (2).
Au mépris de TEvangile, ce monument imnioriel de la charité de Dieu envers les hommes , ces nouveaux sectaires prêchent nn prétendu système de Relij^ion, dans lequel la révélation nVrilre pour rien ^ où la raison seule préside^ où Ton ne reconnoît d'autre autorité que celle de la raison : et ils osent se nommer Théophilantropes y et par-là ils vou— droieni faire croire qu'ils ne respirent que Tamour de Dieu et Tamour de leurs semblables !
Hélas! où la raison a-t-elle conduit les hommes, quand ils n'ont eu qu'elle pour guide ^ et quel a été rélat des nations, quels honneurs ont— elles rendu au vrai Dieu , depuis qu'elles eurent perdu les traces de la révélation primitive , jusqu'à ce que TEvangile lewr fût annoncé !
« On adoroit tout, jusqu'aux bejes et jusqu'aux :> reptiles. Toîit étoit Dieu, excepté Dieu même; » et le monde , que Dieu avoit lait pour manifesîer » sa puissance , sembloit être devenu nn temple » d'idoles. Le genre humain s'égara jusqu'à adorer
» ses vicesetses passions C'est par-là que l'amour
» impudique eut i^nt d'autels, et que des impuretés » qui font horreur, commencèrent à être mêlées » dans les sacrifices. La cruauté y entra en môme
(i) Carissimi ^ nolite omni spirilui credere ; sed probale spiritus , si ex Dco sint : quoniam muki pseudo-pioplutie exienuu in niundum. In hoc c<jjs;noscitur Spiritus Dei ; omi)is Spiritus qui contiietiir Jesurn Lhristum in carne venisse , ck Deo est. Et omnis spiritus qui solvil Jesum , ex Deo non est; et hic est Anlichristus. i Joan. IV. 1 ., 2 , 3.
(2) Multi seductores exierunt in mundum qui non con— filentur Jesum Chrislum venisse in carne : hic est seducior et Antichiisius. 2 Joan. i^. 7.
i> temps ; il fallut verser le sang humaîn av.ec
» celui des bêïes. Une aveugle fureur poussoii les
» pères à immoler leurs enfâns, et à les brûler à
s> leurs Dieux au lieu d'encens Dans tous les
» peuples du monde, sans en excepter aucun , les
> hommes ont sacrifié leurs semblables^ et il ny
» a point eu d'endroit sur la terre dû Ton n'ail
♦ servi de ces tristes et affreuses diviuites , doux 3> la haine implacable pour le genre humain exi- » geoit de telles victimes.
> Au milieu de tant d'ignorance, Thomme vint
» à adorer jusqu'à fœuvre de ses mains. Il cnvt
» pouvoir renfermer TEsprit divin dans des statuts,
» et il oublia ; profondément que Dieu Tavoit
» fait , qu'il criU à son tour pouvoir faire un Dieu,
* Qui le pourroit croire, si Texpërience ne nous » faisoit voir qu'une erreur si slupide et si bru— » taie n'e'toit pas seulement la plus universelle , ^ mais encore la plus enracinée et ia plus incorri- » gible parmi les hommes (i)?
» Les nations les plus éclairées et les plus sages,
» les Chalcléens , les Egj^ptiens , les Phéniciens ,
T> les Grecs , les Piomains étoient les plus ignorans
» et les plus aveugles sur la Religion.... Qui ose—
» roit raconter le?» cérémonies des dieux immor-
ï> tels et leurs mystères impurs? Leurs amours, leurs
» cruautés, leurs jalousies et tous leurs autres excès
» éioient le sujet de leurs fêtes, de leurs sacrifices,
» des hymnes qu'on leur chanloit, et des peintures
» que l'on consacroit dans leurs tem*ples. Ainsi le
» crime étoit adoré et reconnu nécessaire au cuîie
» des dieux. Le plus grave des philosophes àéfand
r> de boire avec excès , si ce n'est dans les fêtes
» de Bacchus , et à l'honneur de ce dieu. Ua
(i) Bossuet , diâc. sur Thist. univ. , a' p. , n^ III.
» autre , après avoir sévèrement blâmé tontes leÉ
5> images malhonnêtes ^ en excepte celles des dieux
!^ qui vouloient être honorés par ces infamies. On
» ne peut lire sans étonnement les honneurs qu'il
j> falloit rendre à Yénus, et les prostitutions qui
» étoient établies pour Tadorer. La Grèce , toute
!& polie et toute sage qu'elle étoit , avoit reçu ces
» mystères abomiuables
» S'il falloit adorer Tamour , ce devoit être du
» moins Famour honnête : mais il n'en étoit pas
» ainsi. Solon , qui le pourroit croire , et qui
!^ attendroit d'un si grand homme une si grande
» infamie ? Solon , dis-je , établit à Athènes le culte
j> de Vénus la prostituée , ou de famour impudique.
» Toute la Grèce étoit pleine de temples consacrés
» à ce Dieu ^ et l'amour conjugal n'en avoit pas
» un seul....
5> La gravité romaine n'a pas traité la Religion
» plus sérieusement, puisqu'elle consacroit à fhon-
s> neur des dieux les impuretés du théâtre, et les
» sanglans spectacles des gladiateurs, c'est-à-dire,
» tout ce qu'on pouvoit imaginer de plus barbare
» et de plus corrompu (i)....
3> Durant ces temps d'ignorance , c'est-à-dire ,
j> durant les temps qiii ont précédé Jésus—Christ ,
» ce que l'ame connoissoit de sa dignité et de son
» immortalité l'induisoit le plus souvent à Terreur.
» Le culte des hommes morts faisoit presque tout
» le fond de Tidolâtrie : presque tous les hommes
» sacrifioient aux Mânes, c'est-à-dire, aux âmes
» des morts. De si anciennes erreurs nous font voir^
:» à la vérité , combien étoit ancienne la croyance
» de l'immortalité de l'ame, et nous montrent
(i) Ibid., nO V.
qu'elle
( «iS)
» cfirelle doit être rangée parmi les premières tra- » diiions du genre humain ^ mais l'homme qui » gâtoil tout, en avoit étrangement abusé, puis- » qu'elle le porioit à sacrifier aux morts. On alloit » même jusqu'à leur sacrifieF des hommes vivans : y> on luoît leurs esclaves et même leurs femmes^ » pour aller les servir dans l'autre monde. Le^ » Gaulois le pralrquoient avec beaucoup d'autres » peuples; et les Indiens^ marqués par les auteurs 5> païens parmi les premiers dt^lenseurs de limmory> taHté de Tame , ont été aussi les premiers à in- » troduire sur la terre, sous prétexte de Religion^ :> ces meurtres abominables. Les mêmes Indiens se 3> tuoienl eux-mêmes, pour avancer la félicité de » la vie future; et ce déplorable aveuglement dure » encore aujourdhui parmi ces peuples (i). »
Si dans la suite des siècles il s'est rencontré des hommes , qui se sont acquis une grande réputatiou pour s'être livrés à ce qu'ils ont appelé l'étude delà sagesse, de quelle ressource ont-ils été pour le genre humain ? Aucun d'eux ne lui a présenté l'ensemble de ses devoirs, ni la vérité toute entière^ et souvent leurs spécnlaiions n'ont abouti qu'à enfanlerdenouvelleserreurs. Qui peut, sans frémir, se rappeler le matérialisme d'Epicure , et le doute universel de Pyrrhon ? Que dire « de ceux qui ^ croyoient à la transmigration des âmes, qui » les faisoient rouler descieux à la terre , et puis de 5> la terre aux cieux ; des animaux dans les hom— » mes, et' des hommes dans les animaux; de » la félicité à la misère, et de la misère à la féli— » cité ; sans que ces révolutions eusseid jamais ni 5> de terme , ni d'ordre certain ? Combien étoit
(i)Ibid.,n« VI.
» obscurcie la justice , la providence , la bonté
r divine , parmi tant d'erreurs (i)?»
Eiitin lorsque quelques-uns d'entre eux sont parvenus à découvrir la première des vérités , ils n'ont pas eu le courage de Tenseigner. « Les
j> philosophes avoient à la fin reconnu qu'il y
3> avolt uu autre Dieu, que ceux que le vulgaire
» adoroit : mais ils n'osoienl Favouer^ au contraire
» Socrale dounoit pour maxime qu'il falloit que
^ chacun suivît la religion de son pays. Platon,
» son disciple, qui vojoit la Grèce et tous les pays
» du monde remplis d'un culte iti sensé , ne laisse
» pas de poser comme un fondement de sa repu—
» bhque , quil ne faut jamais rien changer dans
» la religion qu'on trouve établie , et que cest
^ avoir perdu le sens que dj penser. Des phi—
^ losophes si graves , et qui ont dit de si belles
» choses sur la nature divine, n'ont osé s'opposer
» à Terreur publique, et ont désespéré de la vaincre.
s> Quand Socraie fut accusé de nier les dieux
5> que le public adoroit , il s'en défendit comme
(k d'un crime; et Platon, en parlant dii Dieu qui
» avoit formé l'univers , dit qu'il est difficile de le
» trouver , et qu'il est défendu de le déclarer au
» peuple. Il proleste de n'en parler jamais qu'en
» énigme, de peur d'exposer une si grande vérité
» à la, moquerie.
» Dans quel abîme étoit le genre humain ,
» qui ne pouvoit supporter la moindre idée davrai
5> Dieu? Athènes la plus polie et la plus savante de
s> toutes les villes grecques , prenoil pour athées
» ceux qui parloieut des choses iulellectuelles ;
» et c'est une des raisons qui avoient fait condamner
(i)Ibid.
(n5) » Socrate. Si quelques philosophes osoient enseî- ^ guer que les statues nëtoienl pas des dieux, comme y:' l'eniendoit le vulgaire, ils se vojoient coutrainis » de s'en dédire^ encore après cela etoient-ib '» bannis comme des impies , par sentence de 5> TAreopage. Toute la terre eioit possédée de la » même erreur ^ la vérité n'esoit y paroître (i).
Et ce n est pas seulement en ce qui concerne la Religion , que les philosophes ont donné d<.ns des écarts si condamnables. ?se s'en est il pas rencontré, qui justitioient la communauté des femmes, les concubinages, les commerces incestueux , dans les degrés même les plus révohans ^ qui permettoient de faire périr le fruit conçu , d'exposer les enfans ^ qui alloient même jusqu'à prescrire ce procédé si barbare à Tégard de ceux qui étoieut nés disgraciés de la nature? Et, par ces maximes^ les erreurs grossières autant qu impies qui remplissoient toute la terre^ xi étoient-d\ts pas sans remède (2) f
Qu'il est étonnant qu'après une si fatale expérience , on ose encore proposer de ne donner à l'homme que la raison pour guide ! Espère- t-oa de bonne foi qu'à l'aide du simple raisonnement , la plupart des hommes saisiront avec certitude toutes les vérités qu'il leur importe essentiellement de connoître ^ se traceront le tableau fidèle de leurs devoirs envers Dieu , envers leurs semblables, envers eux-mêmes , et trouveront des motifs capables de les déterminer à les remplir f
Gomment parviendront-ils à ce but, ceux dont les facultés sont trop bornées, pour qu'ils soient
fO ihiJ. n^ V-
(2; iLid. u° XîL
suscepiibles de ce genre d'éludé , ceux qtic h léifèi eié de leur esprit détourne sans cesse de toute application , et ceux que la nécessité toujours pressante de pourvoir à leur subsistance assujélil sans relâche à des travaux pénibles ?
Avec plus d'aptitude, plus d'application ^ plus de loisir, il seroit, il est vrai, possible d'acquérir qiiclques connoissances utites : mais d'abord , que ces découvertes seroient tardives î Qu'il y a de préalables nécessaires, avant qu'on puisse s'appliquer avec fruit à l'élude de ce qui concerne la P.clii^ion et la vertu! Et que l'ame est peu propre aux réfiexions profondes que cette étude exige, loisque durant la Jeunesse elle est sans cesse agitée par les mouvemens des passions ! Quel seroit ensuite le degré de certitude que ces découvertes nourroieni obtenir , tandis que chacun n'auroit aue ses foibles lumières, pour garans de ses succès dans la recherche de la vérité, et qu'on sauroit d'aiilevirs que d'autres, après s'être livrés à de semblables recherches, embiassent des opinions difli'i entes , professent même des maximes opposées ?
Enfin sans pousser plus loin ces détails, bornonsnous à dire qu'il est hors de doute que ceux même aui auroient plus d'aptitude, qui pourroient apporter plus d'application , qui jouiroienl de plus de loisir, ne renverseront jamais par la seule force de leur raison les obstacles que mettent à la recherche de la vérité et à la pratique de la vertu , Fempire des préjugés et h tyrannie des passions. El pour s'en convaincre , ne suffit-il pas de consifU'rer combien de fois la raison a eu à rougir de sa défaite, quand elle a lutté seule contre les préjugea ^ 1 1 combien elles ont toujours été foibles , les digues fiu'opposent aux passions la beauté de la vertu , l!i difformiié du vice , le bonheur que procure
( «17 ) le lëmoignage €l*iinei)ODue conscîeRce^ Ie« remords qu'enfante le crirne, et Tidee même d'une vie future où Dieu récompensera les bons et punira les me— chans , lorsque celte idée n'est aperçue qu'à la lueur de la raison, et nest point mise dans tout son jour par la lumière de la révélation (i) ?
S'obslinera-t-on à méconnoîlre la ne'cessité de ce secours divin , eu prétendant que malgré tous les obstacles qui semblent s'opposer à ce que la multitude découvre le vrai et pratique le bien , elle ne sera pas néanmoins sans resssources , et qu'il est inutile que le ciel s^'ébranle et que Dieu iiuervienne, pour lui en fournir, parce que sur la ïerre ^lle en trouvera de suffisantes que des hommes auront su lui ménager ? Meltra-t-on en avant qu'il se rencontrera des hommes qui, après avoir consacré leurs veilles à l'étude de la sagesse, feront part an reste du genre humain des fruits de leurs travaux , et linblruiront de tout ce qu'il
(a) Scquerenlar tria mconvenientia , si hujusmoJî veritas -solunimodô rationi inquireuda relfnqueretur. Unam est quèd .paucis hocuiQÏbusDei co^^uiiio SitlLem accurala inesset: idque" tîisn ob tar-dum muitorum ingenium qui ad scicndurii naturaliier indispoHti sunl : tùm ob necessilalera rei faoïiliaris , tiini ob pigritiam. Secundum inconvemens est quod illi qui ad ;praedictae ventatis cognilioncni vel inventiontui perveuirent, vix post longum teriipus peilingereut^ (ùm \)iopler veritaiis profiiuditaleiii^ tùm propier multa qiiœ piitcXiguuUir . tùm •fjuôd lempore juvenltuis, dùm diversis niolibus passionuin «nima œstuat . nou estaptaad tamaliae veritatis cogiiitionera. l^ertium jeconvenieus est quo-l investigationi rau'onis humante pleruinque falsilas admiscealur , propter debilitatem in— itîlleciïis noslri iu judlcando,, -et phaotaïmatum perraixu'o— iiem ; €t idto apud eos i<i diibitalione rtina»erent ei quœ -suât eliam verissirnè demoiîôUala , dùrn vim demorslrationis ignoraïu. et pra^cipuè cù»b -vidcant à fJiversis qui sapieiHcà dicuntur , divcrsa decciL S. Thom., lih. I , contra Gentes^
lui sera nécessaire de savoir, en lui communiquant les couuoissances qu'ils auroiil acquises ? \outlrat-on en un mot persuader au ^enro huuoain qu'il n'a aucun besoin de la révélation divine, en lui promettant des philosophes pour insiiiutenrs? Mais cefte fonction , qui n'a pu être remplie par les philosophes de l'antiquité , ra-t-elle mieux été par les philosophes des derniers siècles ? Ces nouveaux docteurs ont-ils acquis plus de droit à la confiance des peuples ? Ou plutôt ne sont-ils pas convaincus par leurs écrits et leur conduite, de n j en avoir aucun ? Leurs écrits d'abord sont tout à la fois leurs accusateurs , leurs témoins et leurs juges ^ puisqu'ils semblent avoir pris à tâche d y reproduire toutes les erreurs et les absurdités , qu'on a eu à reprocher aux différentes écoles du paganisme. Et pour peu qu'on veuille ensuite considérer attentivement le tableau des philosophes modernes , tracé de nos jours par une main non suspecte , qu^il est facile de se convaincre que les hommes qu'il représente , sont absolument incapables de former les autres hommes à la Religion et à la vertu !
^ Je consultai les philosophes , dit le trop fameux » citoyen de Genève ^ je feuilletai leuis livres , » j'examinai leurs diverses opinions^ je les trouvai » tous fiers , affirmalifs , dogmatiques même dans » leur scepticisme prétendu ^ n'ignorant rien , ne » prouvant rien, se moquant les uns des autres ^ et 3> ce point commun à tous me parut le seul sur ^ lequel ils ont tous raison. Triomphans quand » ils attaquent , ils sont sans vigueur en se dé- ^ fendant. Si vous pesez les raisons , ils n'en ont » que pour détruire^ si vous comptez les voix , » chacun est réduit à la sienne : ils ne s'accordent > que pour disputer : les écouter u'éloit pas le
♦ moyen de sorlir de mon incertitude Quand
> Jes philosophes seroient en e'iai de découvrir. » la vérité, qui d'enlr'eux prendroit intérêt à elle? T^ Chacun sait bien que son système nVst pas mieux » fondé que les autres : mais il le soutient , parce » qu'il est à lui. 11 ny en a pas un seulqui, venant » à connoîire le vrai et le faux , ne préférât le men- » songe qu*"!! a trouvé, à la vérité découverte par un s> autre. Où est le philosophe qui, pour la gloire, ne » iromperoit pas volontiers Je genre humain? Ou est » celui qui, dans le secret de son cœur, se propose » un autre objet que de se distinguer ? Pourvu qu il » s'élève au-dessus du vulgaire, pourvu qu'il efface » ses concurrens, que demande— t-il de piusT LV.s- » sentiel est de penser autrement que les autres: 1? chez les croyans , il est athée ^ chez les athées, !> il seroit croyant (i)- »
Et quand on supposeroit que les nouveaux ins-lituieurs qu'on promet au genre Jiumain , profitant des fautes de ceux qni les ont précédés dans la carrière delà prétendue philosophie, travaillassent sérieusement à s'affranchir du joug des prissions ^ et à épurer leur doctrine ^ dans celte supposition là même , ils ne pourront pas remplir la lâche dont on veut les charger.
En effet par quelle autorité ohligeronl-ils les hommes à se rendre leurs disciples f Qui pourra garantir qu'ils ne laiseront ignorer à leurs élèves aucune des vérités nécessaires à connoître? Quel sera enfin le terme des travaux de ceux qui iront prendre leurs leçons ?
Ces instituteurs philosophes , si jaloux des droits de la i'atson , ne prétendront pas sans doute qu'on
f i) Emile, I. 3,
les croie sur lenr parole: ils laisseront sans douie la liberlé de leur demander des preuves de ce q.i'ils auronX avancé , et du nVnibrasser leur -docirine, qu'après qtion aura bien saisi la furce des raolils sur lesquels elle seja appuyer : or ^ s'ils eu agissent ainsi , que de temps ne faudra-l-il pas pour rendre c^s preuves sensibles à tous les espriis ^ pour les convaincra tous de la nécessité d'adopter les maximes qui leur auront été proposées ^ pour Iciir persuader à tons de mettre en pratique les règles de conduite qui leur auront été tracées f
Cependant il y a nécessité de bien vivre à tout âge , comme dans tous les états. « Il faut » être sage de bonne heure ^ car ce serait se 2^ tromper , de croire que cette vie nous est » donnée pour chercher la sagesse, et qu'il nous y> en sera accordé une autre pour vivre avec sa- » gesse: les deux choses doivent être faites dans » la vie présente: la sagesse doit donc se trouver » promptement , pour qu^on puisse l'embrasser » promptement, et ne rien perdre de celte vie > dont le terme est si incertain (i). »
Et s'il en est ainsi , comme on ne peut pas raisonnablement le révoqiier en doute, ne faut-il pas conclure de tout ce qui vient d'être dit, que, pour former les hommes à la Religion et à la vertu ^ il leur faut un maître qui n'ait qu'à ])arler jîour se faire croire et obéir ; un maître dont les leçons soient démontrées infaillibles par cela même , que
(i) Sapiondum €»L, et qiiidem mature. Non enim nobis alttra vita conccditiir , ul, cùrn in l)ac sapieniiam qua^ramus^ jn illa saprre possinius. In haç uirunique fieri necesse est: cito inveniri del)ei, »t ciio suscipi possit, ne quid pereat e^ Jiac viia cuiiis iiiKS inccrlus i?st. Lactant., institut, divin., 1. 311, ciê.
-c^est lui qui les donrae^ qui-, par Teteadue et la j)eifèctioii de son enseignemcnl, épargne à ceux qu^i instruit la <iifficulté des reclierches et Fem— l)arras des examens^ un maître dont l'autorité su- .preme assujëlisse l'e^prir et soumette le cœur ; dont la science, la sagesse, la sainteté, la bonté infinies ne iaissent aucun doute sur la vérité de ses paroles ni sur l'équité de ses préceptes ^ un maître enfm dont la puissance et la justice sans bornes impriment aux lois qu'il dicte la sanction la plus imposante: eu un mot, q^^e, pour former les hommes à la Religion et a la vertu, il leur faut JDJeu pour maître 1'
Ce i>esoiu des hommes est si réel, qu'au milieu inême des ténèbres de la geniiiité il s'est rencontré <les philosophes qui ont su Tapercevoir, et qui, apiès avoir reconnu qu'il ny avoit rien parmi les iiommcs qui fut au-dessus de la piété , sont convenus que personne ne pouvoit fenseigner, s^il ii'avoit -eu d'abord Dieu même pour guide et pour maître (i).
Aussi Dieu a-t~il daigné accorder aux hommes ce secours dont ils avoient un besoin si pressant : .il leur a parlé , il les a instruits ^ il leur a donné une Religion , dont on \ oit la suite immuable -dès r origine du monde (2).
Oui, la Religion «aime que nous professons » est toujours uniforme , ou plutôt toujours la » même, dès Torigine du monde . On y a toujours » reconnu le même Dieu comme auteur , et le
(1) Pietale nihil majus inter Iiomme?... docere eam ne^ minerTi pas*e ,nisi Deus quasi dux , et magibterpraeiverit. Plato, in tpinomide.
(3) ijcssuet, dise, sur Thisl. univ., 2p», n® XII.
» rriême Christ comme Sauveur du genre lui— 9 mauî. (0
s> La loi vient au-devant de l'Evangile, la succes- ?> sion de Moïse et des patriarches ne lait qu'une V même suite avec celle de Jésus-Christ : être "» attendu, venir, et être reconnu par nue postérité » qui dure autant que le monde , c'est le ca- !^ ractcrc du Messie en qui nous croyons. (2) * Jésus- Christ est aujourdliui , il éioit hier ^ il ^ est a non siècles des siècles (3).
Pendant que Jésus-Christ attendu faisoii la consolation des vrais fidèles, Dieu s'est plu à anno-ncer jusque dans les moindres détails fout ce qui regardoit ce Sauveur qu'il avoit promis. lia fait marquer la tribu, la famille dont le Sauveur devoit tirer son origine selon la chair ^ la virginité de sa tnère ;^ Fépoque , le lieu de sa naissance dans le temps , te signe prodigieux qui devoit la révéler aux gentils et en conduire les prémices aux pieds de sa crèche \ la persécution qu'il devoit éprouver dans son berceau ; sa présentation dans le second temple ^ la sainteté de sa vie et de sa doctrine \ les miracles qui dévoient accompagner sa mission ^ les coniradiclions qu'il devoit essuyer pendant Texer— Cîce de son ministère *, les opprobres dont il devoit être rassasié ^ les tourmens qu'il devoit souffrir ^ fa patience invincible dont il devoit donner rexemple-, toutes les circonstances de son suppHce, de sa sépulture; la gloire de son tombeau^ sou ' élévation dans le ciel; le chaîimerît terrible du peuple qui Fauroit renoncé; la rapidité des
rO Ibid., n«T.
(2) Ihid-, n« XTII.
(?.) Hebr.. XIII. 6.
conquêies faites en son nom, IVtendiie , la slali^ lilé , la perpétuité de son règne.
EîA vain cherclieroit-on â élever des doutes sur l'ancienneté et rauthenlicité de ces oracles : l'nue et l'autre est garantie par les Juifs euxmêmes qui, depuis tant de siècles, conservent avec un religieix respect ces litres divins du christianisme. Et quand on vient à comparer les évèn€mens avec les prophéiies . fciccord se trouve si parfait que les prophètes semblent avoir été des historiens.
Lorsque la plénitude des temps est accomplie, et que le Sauveur promis paroît sur la terre, il fait » ressentir aux hommes une autorité et une » douceur , qui n'avoient jamais paru qu'en sa » personne :^ il annonce de hauts mystères, mais il » les confirme par de grands miracles : il com- » mande de grandes vertus , mais il donneen même
» temps de grandes lumières Tout se soutient:
î> sa personne, sa vie , sa doctrine, ses miracles. p La même vérité y reluit pnr-iout : tout con- » court à y faire voir le maître du genre humain, » et le modèle de la perfection.
» Lui seul vivant au milieu des hommes et à » la vue de tout le monde . a pu dire : qui de 'vous 9 me reprendra de pckhé {\)? Et encore: je suis » la lumière du monde : ma nourriture est de » faire la volonté de mon Père ; celui qui m/ a » envoyé est avec moi et ne me laisse pas seul y » parce que je fais toujours ce qui lui plaît (a). Ses s> miracles sont d'un ordre particulier et d'un carac- » tère nouveau.... il les fait presque tous sur les * hommes même.etpour gu^'rir leurs infirmités.Tous
(0 Joao. Vin, 46.
(2j Joaa. YZU, i2, Ibid,, IV, 34. Ibid., VUF, 29.
9 ces miracles tiennent plus de la bonté qi>€ (1<î ^ia » puissance, et ne surprennent pas tant les spec- » tateurs , qu'ils les louchent dans le fond du cœur. » ii les fait a\ec empire:^ les di^mons et les maladies » lai obéissent: à sa paioleJes aveugles-nes re— ^ çoivcnt la vue, les morts sortent du tombeau » et les peclie's sont remis* Le principe en est eu » lui— même^ ils coulent do source. Je Sens ^ dit— » il, qu'une "vertu est sortie de mci (ï). Aussi » persoimon'en avoit-il (art ni de si j^rands, ni eu » si grand nombre. Et .toutefois il promet que ». ses disciples feront en son nom encore de plus y> orandes choses (2), tant est féconde et inepui- » sable la vertu qu-il porte en lui-môme (3).
» Ces miracles sont si ^incontestables que les y> Geuiils, non plus que les Juifs, n'ont pu en «>- disconvenir^ il est certain que les Juifs ne 'les
s>. ont jamais nies ^ seulement, pour les obscur-
»; cir, ils ont dit qu'il les avolt faits par les en— ». chaulemens qu'il avoit appris en Egypte^ ou » même par le nom de Dieu , ce nom inconnu », et ineffable dont la vertu peut tout, selon les » Juifs, et que Jésus-Christ avoit découvert , ou »: ne sait comment, dans 1^ sanctuaire^ ou enfin ■» parce qu'il ëtoit un de ces propriétés maïqu^'^ ^. uar Moise , dont les miracles trompeurs dévoient »• porter le peuple à Tidolàtrie. Jésus-Christ, vain- »î:,qiieur des idoles, dont TEvant^ile a fait recon- ». noître un seul Dieu par toute la terre, n-« pas
besoin d'èlre jusliQé de ce reproche : les vrais i>>. prephèles .n'ont pas moins prêché sa divinité, »: qu'il l'a fait lui-même^ et ce qui doil résulter