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POUR EDS SEUMESGENS. 43.
‘L’orgueil est une estime désordonnée. de nouss mêmes, une vaine: complaisance en nos bonne qualités, et un désir déréglé d’être estimé des dutres. Ce vice pernicieux se glisse dans Pesprit des jeunes gens à mesure qu’ils eraissent en âge, et qu’ils se croient savants, ou riches, on plus par faits que les autres. Cet orgueil les rend incapables d’une sainte éducation ; il rend inutiles. en eux les instructions et les impressions de la grâce; il les éloigne de Dieu, et Dieu, à son tour, leur résiste et se retire de leur cœur. L’orgueil enfin les aveugle, et les conduit à leur perte. | Mon fils, prends garde que l’orgueil ne domine jamais en La pensée, ni en tes paroles, parce qu’il est le principe de lous les maux, disait le saint bomme Tobie à son fils. Pourcombattre l’orgueil, il faut s’appliquer à la pratique de Phumilité : je n’entends pas une humilité hypocrite, qui ne consiste qu’en paroles, qu’en une vaine démonstration de bas sentimentsde soi-même, cartelle est la fausse bumilité de certaines personnes, qui paraissent: humbles au dehors, tandis qu’ils ont au dedans un cœur superbe. L’humilité doit être sincère : elle : doit être dans le cœur, et paraître dans votre conduite. Pratiquez cette vertu, soit par rapport à vous-même, soit par rapport à Dieu, soit par rapport aux hommes, - K Soyez humble par rapport à vous-même. Ne
| vous élevez pas en votre pensée, dit le Sage, c’est-à-
dire ne vous estimez point vous-même, ni pour vos richesses, ni pour votre condition ni pes votre beauté et vos agréments. La gloire que l’on tire de: ées choses est basse et frivole ; elle est une marque d’un esprit faible et vain. Ne vous éstimez jamais
pour vos talents, pour votre insdustrie, pour votre:
sprit, ni pour votre science: ce sont des dons de Dieu, et vous faites injure à Dieu quand vous cherchez votre propre gloire dans ses dons.
Vous faites encore plus d’injure à Dieu quand vous vous estimez pour votre vertu, parce qu’elle vient encore moins de vous. S’en glorifier, c’est se mettre en danger de la perdre; croire avoir de la vertu, c’est manquer de la vertu principale, qui est l'humilité : il arrive même souvent que tel qui croit avoir quelques vertus n’en a peut-être aucune. Vous vous rassurez sur quelques bonnes qualités que vous croyez avoir, tandis que vous avez lieu de trembler à la vue des vertus qui vous manquent. Ne savez-vous pas d’ailleurs qu’un de vos défauts, aaché à vos yeux, est capable de l’emporter sur vos prétendues vertus ; et que vos justices, vos bonnes œuvres, sont devant Dieu, selon la parole du prophète Isaïe, comme un linge souillé? S'il y aien nuus quelque chose de bon, nous devons en donner toute la gloire à Dieu seul, qui en est l’auteur ; et non pas à nous, qui n’avons presque de notre fonds que l'ignorance, le péché et la misère.
: IL. Soyez humble envers Dieu dans la considé-
ration de sa grandeur, devant laquelle vous êtes comme un rien. Humiliez-vous à la vue de sa puissance et de sa majesté souveraine, qui fait trembler les anges mêmes. Reconnaissez les offerses que vous avez commises contre cette grandeur infinie; les bienfaits sans nombre que vous avez reçus de sa bonté ; l’abus que vous avez fait de ses grâces, sans lesquelles vous ne pouvez rien faire pour le salut ; le compte que vous en rendrez
au jugement, et le danger de condamnation où vous
êtes continuellement exposé. Si vous faites ces réflexions, vous ne trouverez que trop de sujets de
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de vous humilier et de vous confondre devant celui qui doit vous juger. 4 | III. Soyez humble envers les hommes. Îl'est facile d’être humble à l’égard de Dieu (car com: ment une misérable créature ne s’abaisserait-elle pas devant son créateur et son juge?) Mais il n’est pas facile d’être humble envers tous les hommes ; cependant cela est nécessaire. Or, parmi les hommes, les uns sont au-dessus de vous, les aütres sont vos égaux, et les autres sont vos inférieurs. 19 Quant aux premiers, soyez-leur respectueux et obéissant ; trouvez bon qu’on vous avertisse de vos défauts, qu’on vous reprenne, qu’on vous corrige êt soyez soumis à ceux qui ont droit de vous commander. Honorez tous ceux qui vous surpassent en âge, en science, en qualité, etc. Respectez les vieillards, gardez-vous de les insulter, de contrefaire leurs manières, de vous moquer de leurs faiblesses, de leur parler avec mépris et avec hauteur, de leur faire des grimaces, de les menacer, et de les chagriner. L’exemple que l’Ecriture sainte nous rapporte de quarante-deux enfants qui, s'étant moqués du prophète Elisée, en traitant 6e saint vieillard de téfe chauve, furent en punition dévorés par des ours ; cet exemple, dis-je, doit nous faire comprendre que ces sortes de péchés attirent quelquefois les châtiments de Dieu sur ceux qui en sont coupables. A | ‘29: Quant à vos égaux, traitez-les tous avec èstime et avec déférence, sans vous en faire accroire, sans vous enfler de votre rang, ni des honneurs qui vous sont dus, sans vouloir vous élever au-dessus des autres. Un esprit bien fait ne se repaît jamais de ces honneurs imaginaires : il conserve son ratig avec modestie, quand ilest nécessaire ; mais il le
45 INSPRUCTIONS conserve sans orgueil et sans faste, sans contestation et sans aigreur.
Ceux qui vivent dans une même famille, les enfants et les domestiques, les beaux-frères et les belles-sœurs, doivent, non-seulement, avoirles uns envers les autres beaucoup de condescendance et d’humilité, mais encore se soulager, s’entr’aider, se supporter avec patience, et ne jamais se quereller ; que les plus grands aiment et excusent les petits; que les petits aient du respect pour les grands ; qu’il n’y ait jamais entr’enx aucune envie, parce que l’envie est le vice du démon, et met le désordre partout.
Les jeunes gens doivent se montrer serviables et complaisants ; faire volontiers ce qui se présente; révoir ce qui est à faire dans la maison ; prévenir s besoins des autres ; faire eux-mêmes ce qu’un domestique devrait faire, pour le soulager ; ne pas faire attention si les autres font autant d’onvrage qu'eux, et ne pass’en plaindre ; mais, au contraire, par une sainte émulation, tâcher de faire plus que #3 autres, Ceux qui sont ainsi prévenants et patients, qui aiment à rendre service, sont véritablement humbles, et sont bénis de Dieu.
8° Quant aux inférieurs, c’est-à-dire quant à ceux qui sont au-dessous de vous, ou qui vous servent,
soyez-leur affable, les considérant comme vos frères
et vos sœurs. Maîtres, dit l’apôtre S. Paul, traites
vos domestiques avec douceur, n’usant nide menaces,
ni de rigueur ; vous souvenant que vous avez uà maire commun avec eux dans le ciel, qui n’a égard né à la qualité de maître, ni à celle de serviteur. Rendez-vous accessible et aimable à tous ceux
qui sont de moindre condition que vous, surtout
envers les pauvres, selon ce précepte du Sage:
contesta-
mille, les res et les irles uns dance et ntr’aider, s se quecusent les
pour les une envie, , et met le
rviables et présente ; |; prévenir s ce qu’un er; ne pab d'ouvrage contraire, > plus que ants et pa t véritable-
ant à ceux 18 servent, e vos frères aul, éraites
s avez uù ji n'a égard e serviteur.
tous ceux
us, surtout
du Sage:
Rendes-vous affable aux pauvres gens: ils sont peut-être plus élevés que vous ee celui qui:
sonde les cœurs. Soyez prompt à leur rendre ser vice, et à les secourir dans: leurs besoins.
IV. Enfin, pour réprimer la superbe et l’orgneil, considérez ce que c’est que l’homme, et ce qui le suit après la mort. De quoi te glorifies-tu, 6 terre! 6 cendre! s’écrie le Sage. Les puissances d’entre les hommes n’ont qu’une vie courte: aujourd’hui roi, demain rien. El l’homme sera mori, son corps deviendra la pâture des bêtes, des serpents et des vers. Quel sujet de s’humilier !
Ne considérez pas ce qui est au dehors de vous. Ces biens que vous possédez, ces vêtements brillants qui vous couvrent, cette beauté qui vous rend si vain, ces amis qui vous flattent, cet emploi, ce crédit, qui vous élèvent au-dessus des autres, tout cela n’est pas dans vous, ne: vient pas de: vous, et ne vous: rend pas meilleur, ni plus bon: nête homme ; c’est peut-être ce qui sera un jour votre malheur et votre perte: Maïs considérez ce que: vous: êtes. dans: vous-même, et ce qui vient de vous; c’est l’avis de S. Bernard: “ Si l'homme, “dit. ce saint docteur, se: considère attentivement, il ne trouvera en lui-méme: que des sujets de confu- “:s$on et d'humidité :: sa conception est dans le péché ;: sa naissance, dans la misère ; sa vie, une suite: de: inavaux ; sœ mort, inévitable, et, après la mort, il me:lui restera que l'infection, la: pourriture et Ro: poussière. Voilà toute la destinée de son: corps: en celte vie; quant à l'âme, il lui reste à subir" le jugement de Dieu, pour y recevoir la décision: 6. de:son bonheur ou de son malheur éternel: ef cer “jugement. sera terrible aux plus saints.” Voilk : créature usine et pécherssse, ce-que vous:êtes.! die‘
48 2 «1 ENSTRUCTIONS
quoi dono vous glorifiez-vous ? Loin de chercher à. paraître, allez plutôt vous cacher et vous confondre; et pensez bien plus à gémir sur votre misère, sur: votre néant et sur vos crimes, qu’à vous élever.