‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gens [microforme]Chapitre 13 sur 97 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De l’obéissance,

L’oséissance est un effet de l’humilité. :Or, le vrai caractère d’un esprit humble est d’être soumis : à ceux qui ont autorité sur lui, et de se dépouiller de,sa propre volonté, pour faire celle des autres. | O que cette vertu est rare! mais qu’elle est néces-

saire! puisque, sans l’obéissance et le détache: ment de sa propre volonté, on ne peut parvenir à la sainteté. , L'esprit du juste, dit le Saint-Esprit, méditera l’obéissance.. Un enfant désobéissant est; un.monstre par:les déréglements et les crimes dans: lesquels son indocilité l’entraîne : c’est pour cette raison que $: Paul, faisant un dénombrement des

grands pécheuts, place dans ce rang les enfants sans obéissance.\ us HA) Ne ‘Aimez donc l'obéissance, jeunes gens ; soumettez-vous avec humilité et avec amour à vos parents, | à.vos maîtres, à tous ceux qui ont: autorité sur vous. Je vous dis: d’obéir avec humilité et avec’ amour, parce que ce n’est pas:obéir comme il faut,” si l’on n’obéit, pas saintementeten vue de Dieu: Pobéissance. rendue par une crainte : purement set. vie, ou par force, est une-obéissance d’esclave; qui

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me aucun mérite, et qui n’est pas ‘une vertu. Obéissez dans le désir de plaire à Dieu, et de faire vote devoir.

Estimez-vous plus heureux de faire la volonté des autres: que la vôtre. C’est l’attachement excessif à leur propre volonté qui cause la perte des hommes, et surtout des jeunes gens: c’est un mauvais guide qui les conduit dans le précipice. Ecoutez cet oracle du Saint-Esprit: L'homme obéissant racontera ses vicloires; c’est-à-dire, si vous êtes soumis, vous jouirez du fruit des victoires que vous, aurez remportées sur vos plus dangereux ennemis, qui son’ votre propre esprit et vos mauvaises inclinations ;' vous reconnaîtrez avec consolation combien l’obéissance vous aura été avanta-: geuse, puisqu'elle vous attirera les faveurs et les bénédictions c'e Dieu.

EXEMPLE

Etre soumis et obéissant à un père, à une mère, qui sont intraitables et austères; les aimer malgré leurs vices grossiers et leur ingratitade, voilà, certes, une vertu rare et d’un grand mérite :: ce fut celle d’un jeune homme nommé: Joachim. ‘Il avait un père et une mère qui étaient pauvres, mais trèsméchants et jureurs. Des parents si mal élevés: n’étaient pas capables de donner à leur fils une éducation chrétienne ; mais ce fils tomba heureusement entre les bras d’un zélé confesseur, qui lui inspira tant d’amour et de respect pour ses père et mèxe, que ce jeune homme ne s’écarta jarais de. son devoir en ce point, et fut toujours docile et soumis.

Quand il eut quinze ans, son père lui dit d'aller

servir, il ne pouvait plus le nourrir, 1Joéchim bé, À br ta bonhens de rencontrer un

bourgeois nommé Eugène, homme riche et, orais Dieu, qui le prit à son service. Jemais domestique né fut plus affectionné à son maitre, ni enfant plus attaché à ses père et mère que Joe. chim, leur donnant, pour les aider à vivre, tout. ce: qu'il gagnait. Au bont de huit ans, ses sœurs se marièrent ; som père el sa mère, qui étaient âgés, restèrent seuls, et lui mandèrent de s’en retourner. Joachim ne balance pas un: moment, et se fit un devoir de quitter Eugène, son: bon maître pour Ce maître tâcha:de le retenir, lui promit d’augx menter: ses gages, s’il voulait rester avec lui. J'aime mieux obéir à mon père et à ma mère, répondit Joachim, que de gagner de plus gros gages: je me puis passer de vos gages, mais mes parents ne peuvent se passer de moi. N’en sois pas en peine, lui dit son maître, j’aurai soin de leur entretien ; et; après tout, tes père et mère ne méritent ‘tes services, puisque tu n'as reçu d’eux que

des coups et. des: malédictions:: N'importe, répondit Joachim ; #ils ne méritent pas mes services, Jésus-Christ les: mérite : e’est pour l’amour de lei que je veux leur obéir, et que je ne veux. pas les abandonner dans leur vieillésse. Quelque mauvais: qu’ils soïent, ils sont toujours mes père: et mère, et je suis: toujours: leur: enfant, et je sens ce que Dieu. et lu nature: demiandent de moi à leur-égard. Va, mon cher ami, lui dit Eugène, Dieu te bénira, parce que tu: es ur enfant d’obéissance. Joachiæ rétouwna: donc: auprès de: som pèreet:de:sa:mère; On ne peut dire combien de peine il eut pour iles: nousis ét pour gagner leur vie::: Peur touié rnécon-

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eut pour des: dans l'enfance et dans la jeunesse ; c'est pour cela

pense de son obéissance et de ses services, il:ne recevait d’eux que des injures; mais il soufirait tout en silence et sans se plaindre, | Une obéissanes et une patience :si courageuse ne furent pas sans récompense. Joachim, par:sa vertu, mérita de trouver une fille vertueuse qui lui donna du bien, avec laquelle il se maria: il véeut avec elle dans la crainte de Dieu, et dans une hde paix. Dieu bénit son mariage : il eut une famille nombreuse, qu’il éleva saintement. Sur le point de mourir, il fit venir ses enfants, et leur dit : ‘ Mes chers enfants, la plus grande consolation ‘“ que j’aie eue en ma vie, et la plus grande que ss j'aie à présent, c’est d’avoir toujours été soumis “'h mes père et mère. C’est à cette obéissance “ que je dois ma fortune ; et j’espère qu’en vue de “ cette obéissance que j’ai toujours eue en vue de “ Dieu et pour son amour, le Seigneur me fera “ miséricorde. Je vous recommande d’avoir de “même toujours Dieu en vue, et beaucoup de ‘ soumission et de respect pour votre mère. Si “ vous suivez ce dernier avis que je vous donne, Dieu ne vous abandonnera jamuis.”?

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