CHAPITRE XXII
De la sainte communion. 4 [. Jésus-Christ, par un effet de sa grande miséricorde, a institué le sacrement de. Pénitence pour
purifier notre âme, et pour remettre nos péchés ; mais il a fait pour nous quelque chose encore de
plus admirable. Par un excès incompréhehsible de son amour, il nous a laissé dans l’adorable sacrement de l’Eucliaristie son corps et son sang pour servir de nourriture à nos âmes, pour nous conserver dans la grâce, et pout nous conduire à la vie immortelle. | iris
La sainté communion ést donc uri moyen efficacé pour se sanctifier ; et, si vous avez un vrai désir de vous sauver, vous devez, autant qu’il est en vous rendre digne d’en approcher souvent. St voa
né mangez ma Chair, dit Jésus-Christ, ef si vous ne buvez mon sang, vous n’aurez point la vie en vous.
C’est dans cette source vivante que vous puiserez abondamment tous les secours pour acquérir les véitus. Vous cherchez la sagesse, et vous recevez ici la sagesse éternelle, Vous demandez la pureté,
t vous recevez ici le Dieu de la pureté même.
ous avez besoin de grâces, et vous recevez ici Paüteur de toutes grâces. Vous avez besoin de force dans les tentations et dans les dangers, et vous recevez iei le pain de vie et le pain des forts: Ne refusez donc pas la grâce de ce divin Sauveur, qui se donne à vous par un amour ineffable. C’est une marque qu’on n’a aucun désir de son salut, quant on néglige un moyen si puissant ét si saint ; qui contient l’auteur même du salut.
IT. Quoiqu’on re puisse pas prescrire en général un temps pour la communion, parce que cela dépend de l’état d’un chacun, je vous dirai néanmoins qu’il est à propos de communier ordinairemient tous les mois. Si vous vous confessez plus dtvent, vous prendrez pour la commmünion Pavis dé votré confesséur, qui vous là permettra ‘plus souvent ou plus raremetit, selon que vous aurez dé
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POUR £39.SEUNES GENS. Mi sèle à en profiter, d'asdeur à vous en approche, t
de fidélité à vous corriger, … }l . On jun communnier {r0p SORVER!, Rsquiia le fait avec de saintes dispositions, et l'Eglise vons y.exhorte. ‘Mais comme la santé ne consiste pas manger souvent, mais à profiter de ce que l’on mange, de même aussi la sainteté ne consiste pas précisément à communier souvent, mais à profter de la communion. Vivez donc de telle sorte, dit saint Ambroise, que vous mériliez de recevoir ous les jours ce nain divin, ul rot
Prenez garde de ne jamais coramunier indigpement et en état de péché mortel ; il vaudrait mieux pour vous n’avoir jamais existé... Que l’homme 56 prouve lui-méme, dit saint Paul, eé qu'il mange.de ce pain, car celui qui mange el qui boit indigne: ment le corps el ie sang du Sauveur, boil et mange son jugement. Les exemples suivants vous feront comprendre Je malheur . d’une communion 88crilége.
Si vous communiez souvent, tchez de purifier
votre cœur de plus en plus des péchés véniels.. A
Pexemple des saints dont, vous verrez. ci-après quelques exemples, vous pourrez quelquefois, pour vous mieux disposer, différer quelques jours votre communion; si votre confesseur vous la diffère lui-même, soumettez-vous à ses avis.
EXEMPLE
De quelle horreur n’est-on pas saisi lorsqu’on nse au sacrilége que commit Judas, et an le suites de son indigne communion ?, LE vangile nous apprend. qu’aussitôt que Judas.eut communié, le démon entra dans le corps de. ge
4 ©! 'INSTRUOTIÔNS
malheureux. ‘Judas’ allé ensuite trahir et livrer Jésus-Christ ; après ce crime, il se désespéra, et $’arracha enfin lui-même la vie. Voilà l’effet du premier sacrilége : un disciple de Jésus-Christ possédé du démon, un Dieu trahi et vendu, un apôtre désespéré et perdu.
AUTRE EXEMPLE
Saint Cyprien, archevêque de Carthage, a été témoin de plusieurs évènements mémorables arrivés au sujet des communions indignes, dont il nous a laissé lui-même l’histoire dans ses livres. C'était la coutume alors de faire communier les petits enfants, et de leur donner du vin consacré.
ne petite fille‘qui était encore à la mamelle fût agitée de convulsions au moment qu’on la présenta à la communion, et cria comme si on lui eût dé: boîté les os. Aussitôt qu’elle eut pris du sang du Sauveur, elle le vomit avec de grandes et nouvelles convulsions. Cette enfant était innocente, et n’avait point encore péché; mais des idolâtres, par moquerie de nos saints mystères, avaient fait avaler à cette enfant du pain qui avait été offert aux idoles, c’est pour cela que le sang du Seigneur ne put demeurer dans la bouche et le corps de cette enfant, qui avait été ainsi infectée et souillée. Oh ! combien plus le Sauveur a-t-il d’horreur de demeurer dans une âme souillée du péché mortel !:
Saint Cyprien rapporte qu’une femme coupable d’un crime énorme s’étant approchée en cet état de la sainte table et ayant communié, elle se sentit dans le moment comme étouffée, et, après plusieurs horribles tremblements, elle tomba morte sur la place ; et qu’une autre approchant du sanctuaire
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pour communier, il en sortit une flamme qui l'empêcha d’avancer, et de recevoir la sainte Eucharistie. C’est ainsi, dit saint Cyprien, que Dieu en punit exemplairement quelques-uns en ce monde pour rendre les autres sages.
Saint Ambroise défendit a son diacre Géronce d'approcher des saints. mystères et de communier, jusqu'à ce qu’il eût expié, pendant quelques temps, par la pénitence, quelques paroles vaines et indiscrètes qu’il avait proférées.
Saint Jean Chrysostôme, n’ayant pu réconcilier. deux, personnes qui se auerellaient, eut le cœur un. peu ému en voyant leur opiniâtreté. Cette émotion de son cœur était un effet de sa charité ; cependant, iln’osa ce jour-là célébrer les divins mystères ni communier pour r1arquer qu’il faut avoir le cœur, en paix pour recevoir Jésus-Christ. Gardez-vous, donc bien d’aller à la sainte table, si vous avez un ressentiment volontaire contre quelqu'un.
Sainte Thérèse disait que tout ce qui l’animait et la soutenait le plus dans ses persécutions et dans ses peines, c’était la divine Eucharistie : elle trouvait sa consolation, son soulagement et sa force dans la communion.
Communiez donc souvent ; allez souvent à Jésus-. Christ, qui désire .de s’unir à votre âme ; mais NET ons auparavant par une confession humble et sincère et par l'amendement, et pratiquez les avis suivants.