‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gens [microforme]Chapitre 52 sur 97 · II. Quand je vous éxhorte à lire de bons livres · texte numérisé non relu

II. Quand je vous éxhorte à lire de bons livres

je vous avertis en même temps de fuir les mauvais * Le démon n’a point trouvé de plus puissant moyen pour gâter l'esprit et le cœur, que la lecture dés mauvais livres. Il a suscité un nombre infini de ees détestables ouvrages en toute manière et en toute langue, et il en fait inventer encore tous les jours. La plupart de ces livres pernicieux so déguisés sous quelque tours ingénieux d’éloquence, et composés avec quelque délicatesse d’esprit ; et sous ces déguisements, ils cachent le venin mortel qu’ils font couler dans Pâme,

Qes livres sont: 1% ceux qui sont hérétiques, } qui sont contre le respect dû à la religion et aux choses saintes, ou contre les décisions de l'Eglise; 20: ceux qui sont lascifs, qui traitent de larnour à profane et d’histoires galantes, is : Fuyez ces livres comme des piéges que le dé mon vous tend pour vous perdre. Vous ne pouvez presque pas les lire sans vous exposer à pécher mortellement : car ou vous y recevrez des impre# sions funestes, ou vous vous exposerez au danget d’en recevoir. Si vous avez quelques-uns de ces

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POUR 14 PANNES FENS. enr livres, ne les gardez point, et ne les donnez point à. d'autres, Quelques résolutions que vous ayez

vous abstenir de la lecture d’un mauvais mg curiosité vous téntera; et, si vous ne veillez sur vous-même, vous suecomberez, . Un mauvais livre est un serpent que vous gardez, qui vous fera une blessure mortelle lorsque vous y penserez le moins, ; En vain dites-vous que ces [HE sont Cotposés avec esprit, que vous y apprenez la beauté du style, la pureté du langage, que vous y trouvez des choses amusantes et agréables. Je vous répondrai, avec saint Augustin, que c’est là un artifice du démon, ed que, par ces mauvais livres, on n’apprend pas à bien parler, maïs à devenir vicieux ; el que, par ces lectures amusantes, on apprend à penser au mal, et à le commettre sans retenue. Je vous dirai que vous pouvez puiser l’éloquence ailleurs que dans ces sources empoisonnées. Ah! funeste é/1quence et maudite science, qu’on n’acquiert qu’au préjudice de son salut, .en perdant la foi, en perdant la

pudeur, en perdaut son âme !

EXEMPLE

Si les pères et mères doivent procurer de bons livres à leurs enfants, ils doivent avoir encore plus de soin d’empêcher qu’ils n’en lisent de mauvais. Une dame de qualité, pour avoir négligé cet avis important, vit avec douleur dans ses enfants les effets de ces pernicieuses lectures. Cette dame avait deux fils et une fille. Son fils aîné passa sa jeunesse dans la crainte de Dieu, et se fit religieux. Sa fille nommée Euphrosine, fut sage jusqu’à l’âge | de dix-sept ans. Elle eut le malheur de faire amitié avec une jeune demoiselle, à qui on laissait

ITS INSTRUOTIONS I

lire toutes sortes de mauvais livres, et qu1 les com: muniquait à Euphrosine. Ces livres était contre la pudeur et contre la religion, remplis d’impostures, d’impiété, d’obscénités, mais d’un style agréable, Euphrosine se perdit par la lecture de ces livres; car à peine les eut-elle lus, qu’elle devint d’une arrogance insupportable, et perdit tout sentiment de pudeur et de crainte de Dieu. Sa mère en gémissait, et ne savait à quoi attribuer le dérèglement de sa fille. Fe ‘ Euphrosine ayant un jour laissé sa chambre où: verte, son jeune frère, qui avait quatorze ans, y entr: et se mit à lireun livre qu’iltrouva sur la table. Illut des chèses si étranges, que tout de suite il porta le livre à sa mère. Elle en lut une page. Ah ! s’écriat-elle, quel livre! voilà le livre maudit qui a cor: rompu l'esprit de ma fille. Pour vous mon fils détestez ce que vous avez lu dans ce Itvre abomihable, et gardez-vous bien de jamais en Lire de semblables. Le démon parlr dans ces livres : etil vaudrait mieux pour vous prendre du poison, que de vous souiller Pesprit par de telles lectures. Dans ie moment Euphrosine rentra. Ma fille, lui dit ia mère, est-ce là le livre de dévotion que vous lisez? Ma chère mère, lui dit Euphrosine, je vous prie de me le rendre, afin que je le remette à là personne qui me l’a prêté. Vous ie rendre ! dit ja mère ; j'aimerais mieux voir le feu dans ina maison. Il n’est point permis ni à vous ni à moi de remettre et de rendre un mauvais livre: ce livre vous a perdue, malheureuse ! et il en perdrait bien d’autres, Ensuite elle le mit au feu.

Euphrosine avait encore d’autres livres très-mauvais ; elle les porta à son frère religieux pour les lui cacher. Ce religieux eut la curiosité de les

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lire, curiosité qui lui coûta la perte de sa foi et de son âme. .Il avait été jusqu'alors bon religieux ; mais la lecture de ces livres détestables le pervertit de telle sorte, qu’il perdit, comme sa sœur, tout gentiment de piété et de foi. Six mois après il apostasia, se retira à Genève, où il se fit hérétique et se. maria. À

: Euphrosine, de son côté, donna dans un libertifagé si outré, qu’elle se livra à toute sortes de dissolutions. Au milieu de ses désordres, elle fut frappée d’une maladie cruelle dont elle mourut. Un jeune homme qui l’avait fréquentée, et qui lui avait souvent prêté de mauvais livres, vint la voir quelques heures avant sa mort. Ah! lui dit-elle, je suis effrayée de la vie que j’ai menée ; je me suis moquée toute ma vie de la religion et des choses de Pautre monde ; mais je vous assure que maintenant je suis dans d’étranges alarmes. Ah! mon Dieu, que ces choses sont terribles! Je pense à présent làdessus bien autrement que par le passé, el je voudrais bien avoir tenu une autre conduite. Loin de profiter de cette inspiration du ciel et des bons senti: ments que Dieu lui donnait encore, elle étouffa les’ remords de sa conscience, et mourut dans l’impénitence. Ce jeune homme, touché de cette mort funeste, fit ses réflexions et se convertit.

. Ne lisez donc jamais delivres dangereux. Ceux. qui sont contre la pureté des mœurs sont la source, du libertinage et des grands désordres de la jeunesse dans les villes. Les livres qui sont contre la. religion, contre le saint Siége et l’Eglise catholique, sont la source et l’appui de l’hérésie, et conduisent à l’athéisme.. Si l’on voit aujourd’aui, parmi quelaues personnes d’une certaine cordition, si peu de,

#60 HE TONSÉACEHONS

ligion et de pudeur, c'est paree qu'elles lisènt loutes sûres de mauvais livres: ee fl'ést étonnant que des gens d’esprit puissent . oûter les mensonges, les obcénités et les absurdi tés de tant de livres impies: Il faut être aveugle pour ajouter foi à des livres composés par des gèns dissolus et passionnés, au mépris de tant d’exéel: lenis-livres composés par les plus grands génies, par les pius grands saints et dictés par l’esprit de ieu.

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