CHAPITRE XXXIX
De la dévotion à notre Seigneur Jésus-Christ, et de la visite au très-saint Sacrement.
Le premier et principal objet de la religion, cest Jésus-Christ, parce que c’est par lui que nous
devons rendre à Dieu nos hommages, et parce u’il est Dieu lui-même. La dévotion à la mère
;Diéu, aux anges, aux saints, est une. dévotion sâinte et très-utile ; mais la dévotion à Jésus Christ estnécessaire. Car Jésus-Christ étant Dieu, à lui seul appartiennent l’adoration, l'amour, l’homy meur et la gloire dans les siècles des siècles.
Outre la communion et la sainte messe, dont Mous avons parlé ci-devant, n’oubliez pas un autre devoir que la religion doit vous inspirer envers [ésus-Christ, qui eat de le visiter souvent dans Pauguste sacrement de l’autel, On va en voyage wisiter les reliques et les tombeaux des saints, et les lieux où la mère de Dieu est spécialement honorte, pour obtenir quelques grâces du ciel ; <ombien plus doit-on avoir d’empressement pour Aller visiter Jésus-Christ, le saint des saints et
J'auteur de toutes les grâces !
… Quelle honte pour les chrétiens qu’un devoir ai saint et si légitime soit négligé ! Les. palais deg
inces sont remplis de courtisans, et Les églises, les palais de Jésus-Christ, sont désertes et abandonnées, Les rois sont environnés d'officiers et de
ardes qui leur font hommage, et on laisse seul
ésus-Christ, le roi des rois. On voit, dans la maison des juges, une foule d’humbles suppliants golliciter des affaires temporelles, et presque personne ne vient auprès de Jésus-Christ, le ju rem pour le supplier et solliciter laffaire du salut.
Que retire-t-on de ses assiduités auprès des grands du monde et des seigneurs de la terre ?,, On n’en retire souvent que des rebuts ; mais Jésus- Christ ne rebute personne : sa maison et son cœur sont ouverts à tous ; il reçoit même avec bonté las
et parce à la mère . dévotion
à Jésus tant Dieu, our, l’honr les.
esse, dont s un autre rer envers vent dans en voyage s saints, et écialement s du ciel; ment pour s saints et
in devoir ai alais des
laisse seul it, dans la y suppliants eq per st, le ju
l'affaire du
auprès des terre ?,, On nais Jésus bt son Cœur
c bonté les
grands écheurs qui viennent s’bumilier devant luf, enez à moi, dit-il, vous fous qui éles chargés, etjè vous soulagerai. O mon fils ! que de grâces, que de consolations et que de forces ne recevriez-vous pas, si vous alliez souvent visiter cé divin Sauvetit dans son sacrement d’amour? Jamais vous ne sortiriez de sa présence, sans recevoir quelques faveurs et quelques grâces nouvelles.
Allez tous les ours lui rendre vos respects, #i vous le pouvez ; alléz-y du moins les dimanches et les fêtes. Pourriez-vous passer plus utilement ces saints jours, que d’en passer une partie aux pieds de votre Sauveur ? N’est-il pas juste d’aller au moins le dimanche pleurer devant lui les péchés que vous avez faits À ajanbnns la semaine, et de lui demander la grâce de passer plus saintement la semaine suivante? Vous allez voir vos amis pouf vous renouveler dans leur amitié ; serait-ce trop d’aller une fois chaque semainé renouveler à Jésus: Christ votre amour et votre attachement pour lui ?
Allez surtout lui rendre vos hommages, ét le visiter les jours que vous savez qu’il est grièvement offensé, dans le temps où il y a quelques scandales, quelques assemblées de débauches, de danses et de libertinage. Serait-il possible que, tandis que les mondains se livrent au crime et à la dissolution, Jésus-Christ n’eut point de zélés serviteurs ni dé servantes fidèles qui le dédommageassent des où: trages qu’on lui fait éprouver ? : Lorsque vous savez qu’il est offensé, représentez-vous qu’il vous dit ces paroles qu’il adressait à ses plus fidèles disciples * Et quoi! voulez vous aussi m’abandonner comme les autres? Le Saint-Esprit fait l’éloge du jeuné Tobie, qui ne se trouvait jamais dans les amuse: ments puérils de la jeunesse, ét qui allait au temple
adorer son Dieu pendant que les autres allaient dans les assemblées des impies,
II. Le démon fera tous ses efforts pour vous éloigner d’une si sainte pratique ; il vous inspirera qu’il faut agir comme les autres ; que vous n’avez pas de loisir ; que vous perdez le temps dans ces visites ; que vous n’y avez qué des distractions et de l’ennui. Ah! mon fils, prenez garde d’écouter le tentateur. Loin de vous laisser séduire par l'exemple des autres, engagez-les, si vous pouvez, à vous suivre : pouvez-vous les conduire dans une compagnie plus honorable et plus consolante que dans la compagnie de Jésus-Christ ? Quant au loisir, vois en avez assez pour d’autres choses ; vous ne regrettez pas le temps que vous employez à vous divertir, pourquoi regretteriez-vous celui que vous emploieriez à vous sanctifier? Vous ne vous ennuyez pas avec vos amis, pourquoi vous ennuieriez vous avec votre Dieu? ‘OO doux “ Sauveur! disait amoureusement à Jésus-Christ sainte Thérèse en versant des larmes, on trouve “ du plaisir dans les fades conversations des créa- “ tures, et l’on est assez malheureux pour n’avoir “que du dégoût et de l’ennui dans votre com- “ pagnie.” |
Ne vous rebutez pas, quoique vous sentiez des sécheresses et de lennui dans les visites que vous faites à notre Seigneur. Persévérez avec courage : ces visites saintes qui vous paraissent si insipides et si longues deviendront, dans la suite, douces et agréables. $? vous les continuez, vous éprouverez que les heures passées aux pieds de Jésus-Christ ne vous sembleront que des moments, et qu’elles seront pour vous une source de bénédictions et de grâces. Si vous n’avez pas le temps de faire de
; allaient
jour. vous inspirera us n’avez dans ces actions et d'écouter duire par 18 pouvez; dans une plante que Quant au s choses; employez ous celui er? Vous rquoi vous “« O doux ésus-Christ on trouve s des créaur n'avoir votre com:
sentiez des s que vous
courage :
i insipides
douces et prouverez ssus-Christ et qu’elles tions et de de faire de
longues visites au Saint-Sacrément, faites-les courtes, mais affectueuses et ferventes.
Allez surtout à Jésus-Christ lorsque vous avez des chagrins, des embarras, des inquiétudes, des ‘tentations extraordinaires, des affaires difficiles. ‘Vous trouverez auprès de ce Dieu Sauveur, des lumières, de la force et de la consolation.
Les visites que vous faites à Jésus-Christ doivent être réglées par la prudence, ou par l’obéissance. Ce n’est plus une dévotion louable, lorsqu’elle empêche ce que vous devez à votre famille, à vos emplois, ou à vos maitres. Il n’est pas temps d’être à l’église quand il faut être au travail, ou à son ménage, ou à l’étude. Votre dévotion doit céder ici à l’obéissance et aux devoirs de justice et de charité.
Lorsque, par l'éloignement des lieux, ou par vos ‘occupations, vous êtes empêché d’aller rendre visite à notre Seigneur, vous pouvez, pendant la journée, réparer ce que vous perdez à ce sujet, Remplacez par des actes d’aloration et d'amour, pendant vos occupations, ce que vous ne pouvez pas faire à l’église. Nous devrions avoir sans
-cesse Jésus-Christ dans notre esprit et dans notre
cœur, puisqu'il pense lui-même toujours à nous. Prenez donc la sainte coutume de penser souvent à lui, Dites-lui plusieurs fois le jour: O mon Sauveur ! je vous adore el je vous aime ; je vous
‘donne mon cœur...O Jésus! Fils de Duvid, ayez
pitié de moi ne m’abandonnez pas, etc.
Sainte Gertrude répandait des torrents de larmes, ‘et passait quelquefois les nuits au pied des autels, “en disant à Jésus-Christ: O Sauveur du monde! -pourquoi les hommes pensent-ils si peu à vous?
‘Vouspensez continuellement à nous, 6 Jésus ! et nous
vous oublions! On a vu des païens, lorsque les - missionnaires les instruisaient des bontés et des mystères de Jésus-Christ, s’écrier : O que le Dieu des chrétiens est bon! et comment peut-on s’emécher de l’aimer ? Quel sujet de confusion pour ‘9 chrétiens qui, loin de l’aimer, à peine pensent à lui!