‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gens [microforme]Chapitre 78 sur 97 · CS O · texte numérisé non relu

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4, Qu'il ait un grand attrait pour la chasteté, et un ardent désir d'obtenir cette admirable vertu. f1 doit la démander tous les jours à Dieu par l’intercession de la sainte Vierge, la singulière protectrice des âmes chastes. Qu'il ait en horreur toute ensée impure, et que jamais il ne souille sa angue par l’obscénité des paroles libres, Etant seul ou avec d’autres, étant dans le lit ou au bain, qu'il se comporte toujours avec modestie, parce que le corps d’un chrétien est le temple du Saint- Esprit. Que surtout il ne fasse jamais lui-même, et ne permette jamais à d’autres, sur sa personne, aucune uction jiudécente contre la pudeur. Vos corps, dit saint Paul, ne sont pas à vous, ils sont les membres de Jésus-Christ. Vous devez donc respecter, dans vous et dans les autres, les me-;bres de Jésus-Christ méme. Quel crime necommettriez-vons pas en les profanant? En ceite matière, ce qui ne vous paraît être qu’une bagatelle est souvent un grand péché. Soyez donc chaste, et fuyez la:société de ceux qui ne le sont pas. Un écolier qui fréquente un jeune homme qui n’est pas pur et chaste, on qui demeure avec lui, doit quitter sa compagnie; il vaudrait mieux babiter parmi les couleuivres et les scorpions.

Il ne doit pas moins se tenir en garde contre les piéges que le démon peut lui tendre du côté des ersonnes de différent sexe. Que jamais il n’ait a honteuse faiblesse de se familiariser avec aucune, surtout avec celles chez qui il demeure. Moins il voit de danger dans ces familiarites, plus c’est une marque qu’il a le cœur gâté. En un mot, qu’un écolier se souvienne que celui qui n’est pas chaste étant seul, ou avec d’autres, qu’un écolier qui prend l’habitude de cajoler le sexe, est perdu, on

u’il est dans le danger prochain de se perdre. il ne se corrige, Dieu se retirera de lui, et Paveuglera sur sa vocation. O que tous ces avis sont importants ! Combien de jeunes gens se sont rdus pour les avoir négligés ! Lisez dans ce livre : es chapitres qui traitent de la chasteté et des moyens de conserver cette vertu.

II. L’humilité n’est pas moins nécessaire à un écolier pour se sanctifier dans ses études : si vous étudiez par vanité, pour briller, pour vous procurer de l’estime, des applaudissements, votre travail et votre étude seront sans récompense devant Dieu. N'ayez point d’autre intention dans vos études que de Le la volonté de Dieu, et de contribuer à sa gloire. Si vous avez des talents et de l’ouverture d'esprit, ne vous en prévalez pas : vous les avez reçus de Dieu seul, qui est le maître des sciences ; témoignez-lui votre reconnaissance, et humiliez vous de plus en plus, lui rendant grâ-s des lumières

u’il vous donne préférablement à d’autres qui en tt un meilleur usage que vous. Prenez garde que votre science ne vous inspire de la fierté, et du mépris pour ceux que vous croyez moins savants que vous. La science sans l’humilité est un poison ai corrompt et qui enfle le cœur, qui rend i’homme présomptueux, entêté et superbe, et le conduit enfin à l’erreur et à l’hérésie.

Lorsque vous étudiez les hautes sciences, il est louable, pour acquérir la facilité de vous expliquer sur les matières, de vous exercer à la dispute ; mais que ce soit avec modération, sans emportement, sans clameur, sans opinâtreté : vouloir l’emporter toujours sur les autres, c’est argueil. Or, souvenez-vous de cette maxime tirée des livres saints, que celui-là ne sait rien qui ne sait pas

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En parlant de l’humilité, il n’est pas hors de propos d’avertir que ce serait manquer d’humilité, que ce serait même une sotte vanité, si un écolier, qui est de meilleure famille, ou qui a des parents plus riches, s’oubliait jusqu’à dédaigner ceux qui sont de moindre condition. Si on est d’une haute condition, on ne doit être que plus humble et plus affable envers tous. Un jeune homrmne est même plus méprisable, quand il se laisse devancer en diligence et en vertu par ceux qu’il croit être audessous de lui.

IH. Un étudiant ne doit pas oublier que la tempérance, la sobriété, la modération dans ses divertissements et dans ses récréations, sont des vertus nécessaires à tous les chrétiens, mais surtout aux étudiants. Les fréquentes et petites parties de débauche commencent ordinairement le dérèglement et l& perte d’un écolier, lui ôtent le goût de l’étude, appesantissent son esprit, dérangent son tempérament et sa santé, lui font manquer ses classes et perdre son temps. Disons la même chose des promenades à contre-temps, des jeux de cartes et des jeux publics. Un jeune homme qui aime les cartes et le jeu abandonne ses livres et ses cahiers, devient paresseux, fainéant, dissipé, et reste dans sa honteuse ignorance. |

Pour éviter ces écueils, un écolier ne doit pas être avide d’argent ; les parents eux-mêmes sont très-imprudents de lui confier l'argent qu’il faut pour ses pensions et son entretien ; ils feront sage-

ment de la confier à d’autres. Une triste expérience nous apprend tous les jours qu’un écolier qui a de l'argent en abuse. C’est une occasion de gourmandise et de jeu, à laquelle il ne résiste guère. Les autres écoliers ne manquent pas de lui proposer quelques parties et de l’entraîner; il donne dans le piége et se perd.

IV, il west rien que Jésus-Christ ait plus recommanclé dans l’Evangile que la vigilance ; elle est nécessaire, spécialement à un écolier, pour trois raisons : pour conserver son innocence, pour conserver sa réputation, pour profiter du temps. 10:11 doit veiller sur soi, pour conserver l’innocence et la pureté de son cœur ; il doit veiller au dehors, il doit veiller au dedans. S’il n’a pas soin d’éviter au dehors les occasions du péché, la saciété de certains écoliers libertins, impurs, joueurs, négligents à leurs devoirs, dissolus dans leurs manières et dans leurs paroles, il perdra avec eux la crainte de

Dieu et sa grâce, contractera des habitudes vi-

cieuses, qu’il portera jusqu’au tombeau. Au dedans, qu’il veille sur les mouvements de son cœur, sur les pensées de son esprit, sur ses paroles et sur ses regards. S'il a des secrets penchants au mal, de fréquentes tentations, qu’il découvre sincèrement son intérieur et les plaies de son Ame à un bon confesseur, qu’il lui est important de bien choisir et dont il doit suivre les avis.

20. Le Saint-Esprit nous avertit d’avoir soin de notre réputation. Un écolier doit donc veiller pour conserver la sienne, et prendre garde d’y donner atteinte par une conduite irrégulière. Il doit surtout s’observer avec vigilance (sans toutefois être hypocrite) dans le temps qu’il est en vacance chez ses parents, chez lui, ou ailleurs.

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duite d’un écolier qui retourne chez lui, et chacun fait paraître de la dissolution, s’il prend des petits aïrs de fierté et de suflisance, s’il fait des parties de débauche s’il a peu de respect pour sori père et sa mère, s’i traite avec hauteur ses frères et sœurs, s’il ne fréquente pas les sacrements, s’il a coutume de fréquenter les compagnies et les veillées dangereuses, et surtout s’il est trop libre avec le sexe, il fera parler ; et les discours que le public tiendra sur son compte lui porteront un jour des coups funestes,

Il ne doit pe moins veiller sur soi-même, lorsqu’il le, ou dans le lieu de ses études, ou chez

st à la vi ses hôtes.

-Qu'il se souvienne que bien des gens, quoiqu'il n’y prenne pas garde, observent sa conduite dans les rues, dans les compagnies, à la maison. Sion remarque en lui de Ja dissipation et du dérèglement, peu de piété et de réserve dans ses manières, la renommée le fera connaître à ceux de qui dépend son établissement, et lui fera perdre sa vocation. 30. Le temps de la jeunesse étant le plus précieux et le plus propre pour cultiver l’esprit, et pour se mettre en état de correspondre aux desseins de Dieu, un jeune homme doit veiller sur l'emploi du temps, et craindre d’en perdre un seul moment. S’il perd le temps, quels seront les reproches de sa conscience, lorsque, dans la suite, étant placé dans un bénéfice, dans un emploi ou dans une charge, il se verra, par son ignorance, incapable d’en remplir les devoirs ! Quel compte à Dieu ! il sera trop tard pour savoir ce qu’on n’est plus en état d’apprendre. On voudrait alors avoir mieux fait ; mais il ne sera plus temps, et l’on sera d’autant

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plus malheureux, qu’en connaissant ses égarements passés, on ne pourra plus retourner sur ses pas. Il est donc bien important à un écolier de ménager écieusement et d’employer utilement le temps de

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C’est pourquoi un étudiant qui a de la santé, et qui a du zèle pour son avancement, ne se contente

s du travail qui lui est imposé par ses maîtres; il a encore soin, après un temps modéré donné à ses petites récréations, de s’instruire, tantôt par des lectures de piété qu’il fait tous les jours, tantôt par d’autres lectures utiles sur des livres que des personnes éclairées lui conseillent. Mais qu’il prenne garde de se livrer à la dangereuse curiosité de lire des livres qui traitent d’aventures galantes ou qui sont contre la religion et contre l’Eglise. Il n’a déjà que trop d’autres occasions de se gâter Pesprit et le cœur, sans chercher le poison dans les mauvais livres. On conseille même à un jeune homme qui sort des classes, de cultiver sa mémoire en apprenant tous les jours quelque chose par cœur, et le répétant souvent pour le retenir: par exemple, quelques versets du Nouveau Testament des Epiîtres de saint Paul, rfmitation de Jésus- Christ, ou quelque chose du Concile de Trente, du Droit canon et du droit civil, etc., afin que, dans la suite, il puisse se servir de sa mémoire avec plus de facilité pour la gloire de Dieu, à laquelle seule il doit rapporter son travail et ses études,

Nous n’avons garde d’oùblier un avis de grande conséquence, qu’on doit répêter ct inculquer aux écoliers, qui est de demander souvent fervemment à Dieu la grâce de connaître leur vocation. On leur conseille de lire à cette fin le chapitre. suivant, et de méditer profondément les réflexions importantes

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