CHAPITRE XLVIL
11 Du choix de sa vocation.
‘EM y a plusieurs vocations auxquelles on peut être appelé de Dieu : l’état ecclésiastique, le barreau, le célibat, le mariage, la profession des armes, etc. Jly a dans chaque état des grâces purs pour en remplir les devoirs et pour s’y anctifier. Si vous entrez dans l’état que le Seigneur vous a destiné, il vous sera beaucoup plus facile de vous sauver. Si au contraire vous prenez une autre vocation que celle où Dieu vous ‘appelle, tout sera à craindre pour votre salut. Tel se sauve à la guerre, dans le parti des armes, qui se fût damné dans l’état ecclésiastique ; et tel se damne dans la religion, qui peut-être se fût sauvé dans le monde : tel aussi se damne dans le mariage, qui se fût sauvé dans le clergé, ou dans la rtraite. Ilest donc d’une grande conséquence pour vous, jeunes gens, de connaître la vocation et e parti que Dieu vous a marqués. #3 Pour le connaître, il faut avoir de saintes intentions, examiner ses talents, ses dispositions, son inclination, faire de fréquentes et de ferventes prières pour demander à Dieu sa lumière, vivre dans la crainte de Dieu, parce que l’esprit de Dieu ne se communique pas à des jeunes gens qui vivent dans le désordre. Il faut connaître les dangers, les devoirs et les charges de l’état qu’on veut embrasser ; enfin, prendre conseil des per-
262 + + INSFRUCTIONS sonnes désintéressées et éclairées, et surtout de son confesseur. Les avis suivants vous seront d’une grande utilité. :
II, Ceux qui aspirent à l’état ecclésiastique doivent aimer la prière et l’étude, être sobres et chastes, n’avoir d’autres vues que de servir l’Eglise, et de travailler à leur propre .sanctification, en travaillant à celle des autres. | Je dis la même chose à peu près de ceuxiqui aspirent à l’état religieux. Ils doivent aimer-la retraite, avoir un esprit docile et soumis, un grand -désir de leur propre perfection et de leur salut. Un jeune homme qui ne peut fixer son esprit ;. qui n’a aucun attrait pour la prière, pour la retraite et -pour l’étude ; qui a les passions vives et indomptées, qui s’adonne au vin; qui n’a pas d'horreur de l’impureté, et qui a une violente inclination pour le sexe, ne doit s’engager ni dans le clergé, ni dans le cloître, de crainte d’y devenir le scandale des fidèles, l’opprobre de l’Eglise et de la religion. Une fille qui a le dessein de se consacrer à Dieu ‘dans la religion pour se tirer des dangers du monde, et pour travailler à son salut avec plus de sûreté, doit regarder comme une faveur du ciel linclination qu’elle a pour la retraite. , Qu’elle examine néanmoins ses dispositions avant que de s’y engager. Toutes celles qui ont du penchant pour le cloître n’ont pas toujours les qualités. nécessaires. Il faut dans une fille qui aspire à cette sainte vocation, une bonne santé, une humeur douce et patiente, un esprit droit et docile, et des assions .modérées, Celles qui ont une santé aible et chancelante, un génie bizarre et capricieux, qui ont les passions fortes et trop vives, ne sont guère propres à vivre dans une communauté.
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*’ Le célibat, c’est l’état d’un jeune homme, d’une
‘fille ou d’une veuve qui ne veulent point se marier,
Cet état de célibat, si on le choisit en vue de Dieu, est plus parfait que le mariage, et saint Paul le Celui quin’est point marié, dit ce grand
pense qu'à plaire à Dieu; mais ceux qui sont mariés sont occupés des soins du monde et obligés
de complaire à une femme ou à un mari; ainsi leur
cœur est partagé. Si vous voulez vivre dans le Célibat, embrassez cet état par vertu, afin d’avoir
‘’plus de moyens et de loisir de servir Dieu.
‘” Ceux qui ont des passions immortifiées, et qui ’succombent aux tentations, feront mieux de s’en- ‘’gager dans le mariage. C” ‘piège de l’ennemi que de s’éloigner Au mariage, ‘quand on a des habitudes fortes et des inclinations ‘violentes à la volupté. I! vaut mieux se marier,
C’est tomber dans le
dit saint Paul, que de brüler du feu impur.
‘ Les personnes qui, par des intentions saintes,
.‘ veulent vivre dans le célibat, ne devraient faire ‘aucun vœu dé chasteté sans l’avis de leurs confesseurs. Il serait même quelquefois plus à propos
de ne faire ce vœu de chasteté que pour un temps,
‘’et le renouveler de temps à autre, plutôt que de le ‘faire perpétuel.
‘faire un vœu que de mal accomplir son vœu.
Il vaut mieux, dit le Sage, ne pas Vous ne péchez point en ne faisant pas un vœu, mais vous
‘’péchez en accomplissant mal ce que vous avez voué.
Quant au mariage, comme il y a dans cet état beaucoup de dangers et d’obstacles pour le salut, il y a aussi beaucoup de grâces et de secours pour
s’y sanctifier; mais, pour obtenir de Dieu ces
secours, il faut s’engager dans le mariage avec de
grandes précautions: c’est pourquoi, jeunes gens, profitez des avis suivants ; vous en comptendrezun Jour les conséquences.