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CHAPITRE XLVIII

Des dispositions au mariage.

I. Si vous êtes appelé au mariage, vous devez regarder cet engagement comme une chose des plus importantes de votre vie. Votre bonheur en ce monde et votre salut dépendent des précautions

… avec lesquelles vous y entrerez, et de la manière dont vous y vivrez. Une chose quiest d’une telle conséquence demande qu’on y pense et qu’on s’y dispose sérieusement.

Un mariage heureux est une faveur du ciel qui ne s’accorde pas à tout le monde. Une femme verlueuse, dit le Sage, ext le partage d’un homme craignant Dieu. Une telle épouse sera donnée à l’homme à cause de ses bonnes œuvres. Les parents peuvent donner les richesses ; mais il n’appartient qu'à Dieu de donner une femme prudente. Ces paroles peuvent également s’appliquer aux per-

sonnes du sexe. Si un jeune homme qui a vécu dans la piété doit espérer que le ciel le favorisera d’un parti avantageux, de même aussi une fille qui aura passé sa jeunesse dans la crainte de Dieu doit espérer qu’un époux fidèle, un homme de bien, sera la récompense de sa vertu. |

Que si après avoir passé votre jeunesse dans la

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pratique de la vertu, le Seigneur, pour vous et permettait que vous épousassiez. un mé6chant homme ou üne méchante femme, vous ne seriez pas pour cela privé de la consolation du ciel, parce que les croix et les afflictions que vous auriez dans ce mariage deviendraient pour vous une source de mérite et de salut, par la patience et la soumission que Dieu vous donnera. Mais, si vous passez votre jeunesse dans le désordre, vous avez tout sujet de craindre qu’un mariage malheureux ne soit le juste châtiment de votre libertinage, et un danger de damnation.

Souvenez-vous donc, jeuncs gens, qu’il n’y a point de temps où vous deviez plus craindre le

| psoné, et plus ménager les grâces de Dieu, que

rsqué vous pensez à vous engager dans le mariage. . Les péchés que vous devez surtout éviter

sont l’impureté, les péchés secrets et honteux, les

familiarités avec les personnes qui ne sont pas de votre sexe, les paroles et les chansons peu chastes. Evitez encore la débauche, l’intempérance, l’orgueil, les courses nocturnes, la désobéissance à vos parents : ces sortes de péchés éloigneraient de vous les grâces de Dieu, et vous priveraient des secours dont vous aurez besoin pour vous sanctifier

dans le mariage.

H. 1] ne suffit pas d’avoir mené une vie sainte pour se disposer au mariage; il faut de plus congulter Dieu dans la prière, la retraite et la fréquentation des sacrements. Dieu est le maître de la dévotion ; c’est à lui à vous la faire connaître, et c'est à vous à demander et à mériter cette grâce. Consultez votre confesseur, et suivez ses conseils : prenez les avis de vos père et mère, de vos curateurs, et de ceux qui auront lautorité sur vous

Gardez-vous bien de prendre aucun engagement, de faire des propositions etd’avoirdesentrevues pour lemariage, sans leur agrément et leur conseil : vous auriez, dans la suite, sujet de vous. repentir de votre imprudence.

Ne vous fiez pas à vous-même, et prenez: garde si l’inclination et l’amitié que vous avez. pour une pont vient de Dieu, ou d’un mauvais principe.

l y a des amitiés saintes; mais il y a aussi des amitiés criminelles, amitiés fragiles et de peu de durée. Le démon inspire souvent de telles amitiés entre les jeunes gens, et les leur ôte quand ils sont mariés.

ne peuvent plus se souffrir. dès qu’elles sont ensemble, et qui ont autant d’aversion l’une pour l’autre après le mariage, qu’elles avaient d’inelination et d’amitié avant que d’être mariées. . :

L’inclination que vous avez pour une personne ne doit pas être une inelination de-caprice ni d’entêtement: elle doit être fondée sur la raison. Jeuné homme, si vous n’aimez une fille que pour sa beauté, pour ses agréments et ses manières enjouées, vous êtes un aveugle qui alléz vous jeter dans le précipice. Et vous, fille, si vous n’aimez ua jeune homme que pour ses manières. agréables, ses belles paroles, ses flatteuses cajoleries et ses, douces promesses, une telle amitié vous. coûtera cher un jour. |

La beauté, les agréments, les flatteries,-passent ; mais la personne reste avec tous ses défauts. Vous verrez un jour dans cette personne que vousestimez tant de vices que vous ne connaissez pas encore. Un dehors brillant et agréable cache souvent de grands défauts, qui sont dans la suite un sujet de

De là vient qu’on voit des personnes qui.

chagrin et de repentirs amers. S’engager de passer ,

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toute sa: vie avec une personne qu’on ne connait qu'à demi, est une entreprise délicate et bien sérieuse. On envisage dans la jeunesse cet engagement comme une agréable société, et, quand on

est-engagé, on sent un joug pesant qui accable. Qn:s’imaginait que, dans le mariage, tout y serait

de roses, et on éprouve dans la suite que presque tout y est d’épines.. Voilà à quoi doivent s’attendre

©idinairement ceux qui se marient par passion et par fantaisie, à passer. le reste de la vie dans la :discorde et dans l’inquiétude,

roll, L'amitié et l’estime que vous avez pour-une -personne en‘vue du sacrement, doivent être fondées eur sa: vertu plutôt que sur ses biens.. Les richesses, ‘sans la: crainte de Dieu, ne font que des mariages malheureux. :: Les grands biens ne rendent pas

l’homme content. Un homme sage ou une femme

prudente vaut bien mieux pour vous que tous les

trésors de la terre. Il vaut mieux avoir moins de biens, et vivre en paix et se sauver, que d’en avoir

‘beaucoup et se perdre.

: Ainsi, pour faire le choix de la personne avec .

‘laquelle vous voulez vous allier, examinez plutôt

les qualités de son espritet de son âme que les qualités de son corps:et que celles de sa parenté.

:$i la fille à qui vous parlez est douce, humble et

modeste, chaste et retenue ; si elle aime le travail, la prière, les sacrements et l’éloignement des com- . pagaies ; si elle vit en paix dans sa famille ; sielle .

respecte ses père et mère, vous se%ez heureux d’a- -voir une telle personne pour votre compagne. Si

au contraire cette fille est d’un esprit volage; si

“elle n’aime que la vanité et le plaisir; :si elle est -arrogante, paresseuse, babillarde, danseuse, co- -quette, impérieuse ; si elle est. sans dévotion, sans

eur et sans piété"; sielle ‘souffre toutes sûttes

de libertés ; si elle n’a ni déférence ni soumission

ee son père et pour sa mère, ni charité pour'ses

rères et sœurs, que ferez-vous avec une télle

épouse, et quelle éducation donnera-t-elle à vos ep-

fants? Telle vous la drez, bonne ou miauvaise, telle vous la garderez toute votre vie.

Et vous, filles chrétiennes, si le jeune homtne qui vous cherche esticraignant Dieu ; s’il fréquente les sacrements ; s’il est sobre et retenu dans les compagnies ; s’il n’est point dissolu en paroles ; s’it'est chaste dans ses manières ; s’il aime letravail'et les occupations de son état ; s’il est respectueux envers ses père et mère ; s’il est d’une ‘humeur douce et pacifique ; Palliance avec un: tel mari sera avantageuse et consolante pour vous, 'et attirera sur votre famille les bénédictions du eiel. Mais, s’il est vicieux et libertin ; s’il fait des chagrins à ses parents et à sa famille ; s’il est jureur, brutal, déréglé en ses paroles et en chansons, trop libre avec vous dans ses manières, et surtout sil

“veut prendre des libertés indécentes et criminelles ; s'il n'aime ni la parole de Dieu, ni les choses saintes ; s’il est fainéant, querelleur, ivrogne; en ux mot, s’il n’est pas bon chrétien, à quoi vous ex-

‘posez-vous en vous engageant avec un tel homme ? Que de larmes et que de repentirs suivront votre mariage ! et que deviendront vos enfants sous la

‘conduite d’un tel mari? H vous promettra de se

-corriger quand4l sera marié; mais promesses-frivoles! Le mariage fait changer d’état; mais rarement fait-il changer les sentiments et les mœurs.

:EV. La sincérité et la droiture sont inséparables -de l’honnête homme et du chrétien; c’est pour

‘qmoi. vous ne devez pas fréquenter plusieurs-pèr-

sonnës pour le mariage, ni tromper qui que ce. soit. Un jeune homme qui voit nJusieurs filles, et

qui leur fait entendre qu’il veut Tes épouser, est.un imposteur ; il leur fait tort, et est iudigne de la s0-. ciété d’une honnête fille. De même une fille qui. amuse et qui entretient plusieurs jeunes hommes,

et qui donne à tous de belles espérances d’un ma-

rage futur, est une dissimulée et une trompeuse,

et ne mérite pas l’alliance d’un honnête homme,

: C’est un abus de se fréquenter trop longtemps quand on veut se marier : lorsqu'on se fréquente plusieurs années sans rien conclure, on s’expose à se déshonorer, à faire parler le public, et souvent on scandalise une paroisse. Plus longtemps vois serez fréquentée, plus vous ferez connaître vos défauts, et plus on se dégoûtera de vous. C’est pour cela que les filles qui sont si longtemps recherchées perdent souvent les meilleurs partis, et n’ont ardinairement que le moindre.

: V. Mais le er grand de tous les abus, c’est de tout #il se disposer au mariage par le libertinage et par le inelles ; crime. © mon Dieu! comment pouvez-vous béair de telles alliances, et combien sont-elles abominables à vos yeux! Faites donc attention, jeunes gens, à cet avis important. Si vous fréquentez une personne pour le mariage, fréquentez-la avec ctainte de Dieu. Ne lui parlez point seul à seul, ni à l’insu de ses parents; parlez-lui le jour, peu de:temps et saintement, et presque jamais la nuit, autant qu’il se peut. Souvenez-vous qu’il ne vous est point permis de folâter ensemble, ni de souffrir des cajoleries, ni de prendre des libertés dangereuses ou sensuelles, Mais, direz-vous, c’est par amitié : il est vrai que c’est par amitié ; mais vous sous.aveuglez si vous croyez que ce sont là des

marques d’une amitié sainte. Ces de M immodesteqet peu chastes sont effet de lepassion, la marque d’une attache qui n’est pas innocente, et une preuve qu’on ne craint ni le péché, ni la présence de Dieu. | La marque d’une vraie et sainte amitié, c’est: d’avoir du respect pour la personne que vous :fréquentez, de s’édifier mutuellement, et de prier l’un. pour l’autre. (Ce n’est pas véritablement aimer, une personne que de la scandaliser. Malheuréux que vous êtes ! si vous aimez cette persorine, quoi la portez-vous au mal? pourquoi lui faites. vous perdre la pce de Dieu par des libertés qu’elle vous souffre? pourquoi devenez-vous. le meurtrier de son âme? De pareilles dispositions pou vous marier vous feront un jour verser.des ârmes, et attireront peut-être sur votre mariage et sur vos enfants les malédictions de Dieu. Ï Si les familiarités peu chastes et les maniètes trop libres sont défendues quand on se. fréquente pour le mariage, elles ne sont pas moins défendues quand on est fiancé. Jeunes gens, ne l’oubliez jamais ; le temps des fiançailles est: comme, un temps sacré pour vous ; vous le devez passer ddns la sainteté, dans la pénitence et la prière, et vous tetirer de certaines compagnies du monde, pour vous disposer, par la tetraite, à la ‘célébration de Yotre mariage, vous souvenant que cette cérémos nie doit être sainte, et qu’elle est une-des plusims portantés actions de votre vie. FO Te -

”’ Faites, quelques semaines avant-vos noces; ume

confession générale, pour réparer les fautes qub

vous pourriez avoir faités dans vos confessions

dssées. N'oubliez pas qu’il faut’être en:étatrde

râcé pour se marier, et: tâcher, autant qu'ourle a!

FOUR LNS SAME PEN. Mi oi la consqi i pue A re bénédiction a maple, que pi ee de

8 malheur ‘état de. péché mortel, vous profs un "gran sacrement, et vous feriez un sacril a, en\vous privant | de Ja. du sacrement à >, aurait pour vous des suites funestes,

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