ABS REY EE
‘ des péchés auxquels ils exposeraient un.
doivent pas même, sans raison suffisante, s’opposez à.un mariage convenable ; ils. répondront à Dieu
ges anandalss qui suivraient un pareil 2 +19 aenfant ne doit pas pour cela se porter à des excès.et agir par caprice. Ainsi, jeunes.gens, si vos père et mère. s'opposent. à votre mariage pax
iniâtreté, par humeur et par avarice,. tâches
obtenir leur consentement. par votre. complai: sance, par votre obéissance et votre patience. Priez quelques parents, quelques amis prudents de parles à votre père ; qu’ils lui fassent comprendre qu Ni ue peut en conscience s’opposer sans raison à ux mariage légitime, ni vous laisser ainsi sans établis, sement dans un. état dangereux pour votre salut, ou contraire à votre fortune.
EXEMPLE
Environ l’an 1115, lorsque le royaume d’Angle: terre était encore catholique, la divine providence appela au mariage, d’une manière singulière et admirable, un jeune gentilhomme de la ville de Londres, nommé Gilbert. (Ue jeune seigneur, inspiré de Dieu, fit le voyage de Jérusalem, accom; pagné d’un domestique nommé Richard, dans le dessein de combattre à la guerre contre les inf. dèles. À peine fut-il arrivé dans la Terre-Sainte, qu’il fut pris avec son domestique par les infidèles,
i l’enchaînèrent, et le mirent dans les prisons
’an prince des Sarrasins, ou grand seigneur .dg pays. Gilbert demeura un an et demi, avec Rÿ chard dans cette dure captivité, très-fatigué, pes les ouvrages pénibles auxquels on l’oceupait. Ilétais cependant moins misérable que lesautres esclaves,
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parce que le prince, qui voyait en lui beaucoup éducation et de sagesse, le traitait avec bonté, et” même avec considération. k
Ce prince sarrasin avait une fille unique, qui &mirait la conduite de Gilbert, et qui était charmé de sa vertu. Cette fille, depuis quelque temps, cherchait l’occasion de lui parler en particulier, et, Payant un jour trouvé seul, elle lui demanda d’où il était. Je suis, répondit Gilbert, de la ville de Londres en Angleterre. De quelle religion êtesxous ? lui dit cette fille. Je stis, répondit-il, de la religion catholique, apostolique et romaine. Quelle est cette religion, continua cette jeune princesse, et que vous enseigne-t-elle? Gilbert lui expliqua en peu de paroles les mystères de notre religion, et surtout les mystères de la vie, de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, l’assurant qu’on ne pouvait être sauvé sans la foi en Jésus-Christ, et que les prophètes avaient prédit toutes ces choses plus de mille ans avant qu’elles arrivassent. : |
Cette fille, que Dieu voulait convertir par le ministère de ce jeune gentilhomme, goûtait tant de plaisir et de consolation à l’entendre, que, depuis ce temps, elle épiait les moments et ne manquait aucune. occasion de lui parler. Gilbert, de son côté, lentretenait avec beaucoup de modestie, toueq des choses de Dieu et du salut. Il lui parlait avec tant de dignité de nos saints mystères, des vertus chrétiennes, du plaisir qu’il y a d’être à Jésus-Christ et de le servir, qu’un Jour elle lui dit: Vous aimez donc bien ce Jésus-Christ, duquel vous me dites de si belles choses? Oui, lui ré: pondit le jeune esclave, je l’aime de tout mon cœur, et je l’aime avec tant d’ardeur, que je vou-
drais embraser tous les cœurs de :son. amour, Mais, poursuivit-elle, souffririez-vous la mort pour lui” Gilbert, à cette proposition, crut que cette lle était d'intelligence avec le prince son pure pour le tenter, et ‘pour le faire renoncer à Jésus. Christ, ct sur-le-champ il répondit que: ce serait avec joie qu’il mourrait pour Jésus-Christ, et que, la plus grande grâce qu’il pût recevoir en ce monde était de donner sa vie et son sang pour son: wuveur, %
. Cette réponse si généreuse toucha si vivement, le cœur de cette fille, qu’elle prit la résolution d’embrasser une religion si parfaite, Dans ce moment, elle dit à Gilbert : Votre religion me parait sainte et divine ; les vertus qu’on y pratique et que je vois en vous sont si. admirables, que je suis résolue de me faire chrétienne, d’abandonner ma fausse religion, de quitter mes parents, mes biens et mon pays, pour adorer et servir Jésus-Christ, Mais, comme je ne connais point de chrétien que vous, je vous prie de me promettre que vous m’épouserez. Je trouverai le moyen de vous tirer de votre prison, et je me sauverai de la maison du prince mon père pour aller avec vous dans votre pays. Ce n’est point l'intérêt, ni aucune incli nation naturelle, ni un motif humain qui me fait parler de la sorte ; vous êtes esclave, et moi je suis princesse, fille d’un des plus grands seigneurs de ce pays. Si je demande votre alliance, ce n’est que pour avoir la consolation d’être instruite dans votre loi, et de vivre avec vous dans la religion de Jésus-Christ. Le Prince mon père me destine un païti riche et puissant; mais j’aime mieux me sanctifier avec vous que d’être placée sur le trône ; et je me croirai la plus heureuse des femmes si je
486 CANSOOTIONS |:
pts ‘être ‘ün jour l'épouse d’un homme aussi Vértueux que vous. 14.
‘GHbert qui ne s’attendait pas à une pareille proposition, fut’#i étonné de ce discours, qu’il démeura Load sans répondre une seule parole.. ‘EH préhendait que cette fille ne lui tendît un piége, ‘qu’elle n’eût un ordre secret de son père pour le surprendre, et peut-être pour le faire mourir ; c’est pourquoi il se contenta de lui répondre en général Fe e serait heureuse d’être chrétienne ; qu’elle évait prier le Seigneur de l’écluirer, et d’accomplir sar elle sa saïnte volonté. Ilse passa énsuite quelque temps, et Gilbert, ayant trouvé une favorable occasion, rompit ses chaînes, sortit de la tison, et se sauva la nuit avec Richard, son omestique, et avec tous les autres esclaves, sans rien dire à personne. | La fille du prince sarrasin n’eût pas plus tôt appris que ‘Gilbert s’était enfui, qu’elle se retira dans sa chambre pour n’être vue de personne ; elle s’abandonna à une telle douleur, qu’elle était incon-
solable : pendant plusieurs jours elle ne fit que,
pleurer en secret de ce qu’elle n’avait plus pérsonne pour linstruire dans la religion de Jésus- Christ Ah ciel! s’écriait-elle en soupirant, ne serai-je donc jamais catholique ? Faudra-t-il done
evenu Gilbert, ee saint homme, qui m’a dit des Choses si divines? Elle se souvint que Gilbert lui avait dit qu’il était de la ville de Londres en Angleterre ; elle s’informa de quel côté était l’Angleterre, et résolut d’y venir chercher Gilbert jusqu'à Londres, afin qu’il l’instruisît de la religion catholique. Après avoir pris secrètement ses mesures, elle sortit au milieu de la nuit du palais de
ue je rneure dans ma fausse religion? Qu'est.
Me 0e un" of D Mie ne. Air.e on ol. De am
son père, et s'enfuit toute seule, renonçant à es ses grandes richesses et à sa patrie pour. y chercher Jésus-Christ. Elle n’appréhenda poi les fatigues et les suites d’un si pénible voyages et Dieu permit qu’elle passât par les pays infidèles, et qu’elle traversât plusieurs royaumes sans accidents, Arrivée sur les bords de la mer, elle trouva heureusementun vaisseau où il yavaient quelques marchands et quelques voyageurs qui allaient en Angleterre, Comme ils entendaient un peu la langue de cette jeune fille, et qu'ils la voyaient seule, ils la laissèrent entrer par charité dans le vaisseau. luÿ
: Lorsqu’elle fut débarquée en Angisiene, elle quitta ces voyageurs et ces marchands, et arriva
ans peu de jours à Londres. Elle allait dans
toutes les rues de cette ville, sans pouvoir se faire entendre. Comme elle était habillée à la sarrasine, et qu’on ne comprenait pas son langage, on la prit pour une folle, de sorte qu’elle. servit. pendant plusieurs jours de risée et de jouet à la populace et aux enfants, qui se moquaient de cette étrangère. Enfin Dieu permit que Richard, le domestique de Gilbert, la rencontrât sur la place. publique et. la reconnût, On ne peut exprimer la joie de cette princesse lorsqu'elle vit Richard et qu’elle reconnut que c’était le même qui était dans la prison de son ère avec Gilbert. Que faites-vous ici? lui dit Richard. Je suis venue, répondit-elle, pour.me faire instruire de la religion catholique Demeurez- À, dit Richard, je vais en avertir mon maître. Gilbert ne crut pas d’abord ce que Richard lui dit, ne pouvant se persuader qu’une jeune fille aussi délicate et d’une si grande qualité eût tra. versé tant de pays et de provinces pour venir en Angleterre ; mais, comme il vit que.Richard pa
nr et l'assurait de la vérité, il adimira la oietle courage de cette fille, et né douta pius que le doigt de Dieu ne fût là. Ilne voulut pas, pour de bonnes raisons, la retirer dans sa maison, et dit à Richard de la mener chez une dame de sa connäissance, la priant d’en avoir soin comme de sa propre fille. | " Le lendemain Gilbert alla chez cette dame, Dès que la jeune Sarrasine le vit, elle eut le cœur si serré et si transporté de joie, qu’elle se jeta à ses pieds, embrassant ses genoux, et les arrosant de ses pleurs. “Ne me rebutez pas, lui dit-elle; ‘ vous êtes celui que Dieu a destiné pour me con- “ vertir et pbur me faire chrétienne.” Gilbert fut touché de ces paroles, qui marquaient la grande foi de cette étrangère, et fut inspiré de l’épouser, afin qu’elle pût être instruite plus à loisir de notre sainte réligion. 4 je ‘Ne sachant néanmoins à quoi se déterminer, parce qu’il avait promis à Dieu de se consacrer à la üerre des chrétiens contre les infidèles, il alla consulter son évêque qu’il trouva avec cinq autres prélats, (Gilbert leur ayant raconté le fait, et les aventures de cette demoiselle, ils lui dirent tous que cette vocation venait de Dieu, et que l’un et l’autre ‘ayant des intentions si saintes et si pures, le ciël bénirait leur mariage.
Gilbert instruisit cette jeune princesse dés mystères et des maximes de fu religion chrétienne. Elle goûta les vérités du christianisme, et en reçut les instructions avec des dispositions si saintes, que, dans peu de temps, elle fut capable de recevoir le baptême, auquel elle se disposa par la prière et'par l'esprit de pénitence, L’évêque de Londres voulut lui-même la’ baptiser. ‘ Avant que de: faire cette
POUR LÉS SÉUNES GENS. s0t
auguüste cérémonie, il lui demanda, selon la coutume de l’Eglise, si elle voulait être baptisée ; elle répondit avec une sainte ardeur, et avec une eflusion de larmes qui attendrit tous les assistants, qu’élle le désirait de tout son cœur ; que c'était pour cela qu’elle était venue, au péril de sa vie, d’un pays si éloigné. L’évêque la baptisa, et lui donna le nom de Mathilde ; Gilbert ensuite l’épousa en présence de l’évêque, qui leur donna la bénédiction nuptiale,
Le mariage étant célébré, Gilbert se trouva dans de grandes inquiétudes sur ce qu’il devait faire. Il était, d’un côté, résolu de tenir la promesse qu’il avait faite à Dieu de retourner à la guerre contre les infidèles, et, de l’autre, il n’osait abandonner une épouse qui l’était venu chercher de si loin, Mathilde s’aperçut de son embarras, et lui dit: Qu’avez-vous, monsieur ? Etes-vous affligé de ce
. que j’ai l’honneur d’être votre épouse ? Non, ma
chère épouse, lui répondit Gilbert ; le sujet de mon inquiétude, c’est que je dois partir pour aller à la guerre combattre pour Jésus-Christ contre les infdèles, et je crains que mon départ et mon absence ne vous afligent. Non, mon cher époux, reprit cette vertueuse dame, partez pour une guerre si sainte ; je n’en serai point afiligée, puisque c’est la volonté de Dieu. Je n’ai souhaité d'être avec vous que pour apprendre à vivre en Jésus-Christ : vous m'avez déclaré, étant captif chez mon père, que vous. étiez prêt à faire à Jésus-Christ le sacrifice de
votre vie ; je suis de même prête à lui faire le
sacrifice de votre personne. Quoiqu’il m’en coûte beaucoup de me séparer de vous, je suis cependant ravie de rendre à Dieu un époux que je n’ai cherché que pour Dieu; Allez donc, mon cher époux, Dieu
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$02 ANSTRUCTIONS
bénira vos entreprises; ne soyez point en peine de moi : le Seigneur, qui m’a fait miséricorde lorsque. j'étais infidèle, me protégera beaucoup plus main- ‘ tenant que je suis chrétienne. Ils se séparèrent en versant des larmes, après s’être promis mutuellement le secours de leurs prières, Gilbert, qui ne pouvait se lasser d’admirer la sainte générosité de son épouse, partit, et lui laissa Richard pour avoir soin d'elle. Gilbert demeura trois ans et demi dans cette guerre, et s’en revint. Dieu répandit sa bénédiction sur un mariage si saint ; ils eurent un fils prédestiné, et Mathilde, pendant sa grossesse, ent plusieurs inspirations et de secretk pressentiments que l’enfant qu’elle pottait dans son sein serait grand devant Dieu. Elle accoucha, l’an 1119, de ce bienheureux enfant, qui fut nommé Thomas. Mathilde ne fut pas trompée, son fils Thomas fut un grand saint : il fut archevêque de Cantorbéry, et reçut la couronne du martyre pour la défense de l'Eglise. On célébre sa fête le lendemain des saints Innocents. …. -: Jeunes gens, édifiez-vous par cetexemple, et que ces deux illustres époux soient. votre modèle, Eorsque vous pensez à vous marier, ne cherchez que Dieu et votre salut, à l'exemple de Mathilde ; n'ayez que des intentions saintes et des conversations innocentes, à l’exemple de Gilbert, et Dieu bénira votre mariage et votre postérité.
LUTRE EXEMPLE.
» Ge qui commence par la joie finit souvent par le regret; dit le Sage : c’est ce qu’on voit dans plu: sieurs mariages, dont les commencements paraissent agréables, mais dont les, suites sont bien
ine de orsque.
| mains rent en ituelle-
irer la | laissa meura revint age si thilde, ions et Ile por- . Elle
amères. Parmi plusieurs exemples que l’expérience montre tous les jours, en voici un arrivé depuis peu de temps.
Un jeune homme et une fille, après plusieurs années de fréquentations et d’assiduités, se marièrent malgré leurs parents. Avant le mariage; ils avaient tant d’attache l’un pour Pautre qu’ils étaient inséparables : il semblait que leur amitié, ne devait jamais finir. Mais ils éprouvèrent bientôt que 1 amitiés d’entêtement et de jeunesse ne sont pas de durée, et que Dieu ne bénit pas de tels mariages. A peine furent-ils mariés, que le mari ne pouvait plus souffrir sa femme ; il la traitait comme une esclave. La femme prit le meilleur parti, qui était celui de la patience et du silence. Ils eurent une fille nommé Symphorienne, Ce mari brutal ayant donné un coup de pied à sa emme, elle en mourut au bout de huit jours.
Avant que de mourir, elle appela Symphorienne, qui avait treize ans: Tu vois, ma fille, lui dit-elle, l'état où je suis ; tu sais les cruautés que j’ai éprouvées de ton père : je les ai soutffertes en esprit de pénitence et comme uné juste punition de mes désobéissances et des chagrins que j'ai faits à mes père et mère, en me mariant contre leur gré et par caprice. Prends exemple sur moi, et sois plus sage que je n’ai été. Je te laisse sous la conduite de ta chère tante, qui aura soin de ton éducation ; ne fais rien sans ses conseils, et prends garde de te jamais conduire par ta propre volonté. Que tu aies toujours devant les yeux la atainte de Dieu ; sois humble et chaste, évite les fréquentations et les familiarités avec des garçons: c’est ce qui a commencé ma perte. Je te plains, ma fille ; bientôt tu n’aures plus:de mère surla
terre ; mais je prie la sainte Vierge d’être ta mère’ et de te protéger.
N'oublie jamais le respect que tu dois à ton père : il n’est pas capable de te donner l’instruction : je te recommande cependant de lui obéir et de prier pour sa conversion. Je lui pardonne pour Pamour de Jésus-Christ tous les mauvais traitements qu’il ma faits. Cette femme mourut ensuite
«dans une parfaite résignation à la volonté de Diew';
‘et Symphorienne, sa fille, profita si bien des avis salutaires de sa mère mourante, qu’elle vécut en sage fille, suivit les conseils de sa tante, se maria saintement et eut un parti avantageux. |
Son père, après la mort de cette femme, eut tant de regret et de confusion de la mort qu’il lui avait causée par ses duretés, qu’il en tomba malade, et mourut quelques jours après dans une espèce de transport et de désespoir.
Voilà quelle fut la fin d’un mariage contracté par libertinage et par fantaisie. Ne voit-on pas souvent de pareils événements dans les paroisses, à la ville, à la campagne, que Dieu permet pour l'instruction des jeunes gens ? |
Combien de filles seraient avantageusement établies et heureuses dans le mariage, si elles congultaient Dieu et la volonté de leurs parents? Combien en voit-on qui perdent leur âme et leur fortune, parce qu’elles sont sans pudeur et sans’ modestie ? Combien de jeunes hommes qui, en se mariant par un criminel entètement, attirent sur eux et sur leur famille la malédiction du ciel ! :O: qu’on est aveugle, qu’on est malheureux, lorsqu’on: cherche sa fortune et son établissement par le: ” libertinage et par le crime,
AUTRE EXEMPLE
L’Ecriture sainte nous apprend des circonstances bien édifiantes et bien extraordinaires dans le mariage du jeune Tobie. Son père, qui s’appelait aussi Tobie, lui dit un jour: Mon fils, prenez la
ine d’aller jusque dans la ville de Ragès, r om à Gabélus l'argent qu’il nous doit ; els, comme le voyage est long’ cherchez quelque personne sage et craignant Dieu pour. vous conduire. A apr le jeune Tobie fut-il sorti de la maison, qu’il vit venir à sa rencontre un jeune homme qui avait l’air noble et modeste (c'était Pange Raphaël que Dieu lui envoyait pour être son guide, déguisé sous la forme d’un voyageur). Ne sauriez-vous point, lui dit Tobie, le chemin qui conduit à Ragès en Médie ? Sans doute je le sais répondit l’ange ; je connais même les habitants de ce pays-là, et je puis vous y rendre service. Le jeune Tobie fit entrer ce jeune étranger dans la maison ; le père le pria de conduire son fils, et lui an qu’il ne perdrait pas ses peines. L’ange
aphaël (qu’ils prenaient tous pour un jeune homme) lui répondit: Je conduirai fidèlement votre fils, et je vous le ramènerai en bonne santé. Allez, mes enfants, leur dit le père en leur donnant sa bénédiction ; je vous souhaite un heureux voyage ; que le Seigneur vous protége en chemin, et que son ange vous accompagne,
Après quelques jours de marche, se trouvant près d’une ville, l’ange dit au jeune Tobie: Vous ne savez peut-être pas que vous avez ici un proche parent, amide votre père. Ce parent, c’est Raguel, il n’a qu’une fille unique, nommée Sara ; elle est très-vertueuse, elle a du bien; le Seigneur l’a
destinée pour être: votre. épouse, et je sais que votre père y consentira. er dans la maison de Raguel que je vais vous conduire, ne manquez pas de lui demander sa fille en mariage.
Aux noms.de Sara et de Ragnel, Tobie fat époue vanté, et dit à l’ange: Vous. ne savez donc pas que cette fille a: déjà eu: sept maris, et que tous:les se ant: été étouffés, par le démon dès la première nuit de:leurs noces: je crains qu’un pareil accident ns
m'arrive. Ilest vrai, lui dit l’ange, que le démon.
mis à mort les dr maris de Sara, parce qu'ils le méritaient, et qu’ils étaient indignes de l’alliance de cette sainte, fille. Mais rassurez-vous, le même accident ne vous arrivera point: le démon n’a pas de pouvoir sur tous les hommes. Ceux qui n’entrent dans le mariage qu’avec des intentions grossières,
et:qui, sans crainte de Dieu, se comportent d’une.
manière toute brutale, comme des bêtes sans raison, voilà ceux que Dieu abandonne quelquefois au pouvoir de Pesprit malin. Pour vous, vous n’en userez pas de la sorte; vous épouserez Sara et vous ne lépouserez que selon l'esprit de Dieu, dans des intentions saintes ; soyez assuré que rien de fcheux ne vous arrivera, que le démon n’aura point de pouvoir sur vous, et que Dieu bénira votre alliance. Le jeune Tobie remercia l’ange, ajouta foi à ses a et lui dit qu’il profiterait de ses sages conseils. Etant arrivés dans la ville, ils allèrent chez Raguel, qui reçut avec bonté et avec franchise ces deux voyageurs sans les connaître. Ensuite, ayant envisagé le jeune Tobie, il dit tout bas à Anne sa femme : Ce.jeune homme: ressemble beaucoup à Tobie notre cousin: Une louable curiosité le porta à demander à ces déux: étrangers: d’où ils étaient : Nous sommes,