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dirent-ils, de la tribu de Nephtali, et nous demeurons à Ninive. Puisque vous demeurez à Ninive, leur dit Raguel, vous connaissez peut-être Tobie, mon parent et mon ancien ami? L’ange lui montrant le jeune Tobie : Voilà, lui dit-il, le fils de <e cher parent dont vous parlez. Aussitôt Raguel se jeta au cou de ce jeune homme, et l’embrassa en. versant des larmes, Ah! mon fils, lui dit-il, que le Seigneur vous comble de ses bénédictions:; vous êtes le fils d’un grand homme de bien. Il lui parla si tendrement, qu’Anne sa femme et sa fille Sara en pleurèrent de joie.
Raguel fit préparer un festin. Je ne mangerai et je ne boirai point chez vous, lui dit le jeune Tobie, que vous ne m’ayez accordé la grâce que je vais vous demander : e’est votre fille que j’ai l’honneur de vous demander en mariage. Raguel fut saisi de
frayeur, et pâlit à cette proposition, Il pensa
d’abord que, s’il lui donnait sa fille, il arriverait à . ce jeune homme le même accident qu’aux sept autres maris de Sara. L’ange, qui voyait son embarras, lui dit: Ne craignez rien, Raguel, le jeune Tobie est celui que le ciel destine à votre fille ; soyez assuré que rien de fâcheux ne lui arrivera. Les autres maris de votre fille ont été livrés au démon, parce qu’ils étaient des hommes tout charnels ; mais ce jeune homme n’est pas de même : il est craignant Dieu, et n’a que de saintes intentions. Raguel, à ces paroles, mit sa confiance en Dieu, consentit à ce mariage, et, prenant la main du jeune Tobieet celle de Sara sa fille, il leur donna sa bénédiction en disant : Que le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob, soit avec vous; qu’il vous unisse ; qu’il comble votre alliance de ses grâces el de ses faveurs célestes. On écrivit ensuite le
contrat de mariage, et on soupa avec une sainte joie, en bénissant Dieu. .
Après le souper, on conduisit les jeunes époux dans la chambre nuptiale ; la jeune Sara n’y entra qu’en tremblant, appréhendant toujours qu’il n’ar-
\rivât à ce nouvel époux le même accident qu'aux autres. Tobie y entra sans crainte, plein de con: fiance en Dieu. Quand il fut seul avec sa nouvelle épouse, il la rassura et lui dit : Ne craignez point, Sara, le Seigneur sera notre protecteur et notre père ; il est juste que nous lui consacrions les prémices de notre mariage ; passons les trois pre: mières nuits en prières, el ne songeons qu’a nous unir à Dieu, et à purifier notre cœur. Ils passèrent ensuite la nuit en oraison. |
Raguel, de son côté, craignait toujours pour Tobie ; il fit même creuser, par précaution, une fosse pendant la nuit pour l’enterrer, en cas qu’il füt trouvé mort comme les autres maris de Sara : de manière que, ne pouvant vaincre son inquiétude, il se leva avant le jour, et dit à Anne sa femme : Envoyez une de vos servantes pour voir si notre gendre est encore vivant. La servante y alla, et revint promptement leur dire qu’ils étaient tous deux en vie ct en santé : aussitôt le père et la mère se prosternèrent à genoux pour remercier Dieu de ce qu’il agréait et favorisait ainsi le mariage de leur fille, et passèrent le reste de la nuit en prières pour elle et pour son époux.
Le jeune Tobie, après avoir réglé et disposé toutes ses affaires, pria son beau-père Raguel de Jui permettre de s’en revenir, et d'emmener Sara son épouse, Raguel y consentit enfin, lui remit sa fille avec beaucoup de domestiques et de grandes richesses. dr
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+ Allez, mes enfants, leur dit-il en pleurant et leur faisant ses adieux, allez en paix ; je prie de tout mon cœur l’ange du Seigneur qu’il vous conduise, ét vous préserve de tout accident: que le ciel bénisse votre alliance et votre postérité. Pour vous, ma fille, nous ne vous verrons peut-être plus ; mais écoutez les derniers avis de Raguel votre père et d’Anne votre mère. Ils l’embrassèrent tendrement,
. @t lui dirent ; Honorez votre beau-père et votre belle- :
mère, respectez votre époux, appliquez-vous à régler votre famille, gouvernez avec sagesse et avec patience votre maison et vos domestiques, el vivez sans reproches dans la crainte du Seigneur. À ces mots, les larmes recommencèrent, on s’embrassa pour la dernière fois. Tobie, son épouse et leur cortége partirent.
Après quelques jours de marche, Tobie prit le devant avec l’ange Raphaël, afin de consoler son père et sa mère, qui étaient en peine de lui. Il arriva quelques jours avant Sara. On ne peut exprimer la joie de ce bon père lorsqu’il revit son fils, et qu’il apprit son heureux mariage. Ce bon vieillard était aveugle, et ce qui aug.nenta sa joie, c'est que son fils Tobie le guérit, et lui ouvrit les yeux par le secours d’un remède que l’ange lui avait appris : les premières paroles de ce saint homme furent de bénir et de remercier Dieu.
Au bout de sept jours, on vit arriver la jeune Sara, épouse de Tobie, avec tout son équipage et sa suite. On doit juger avec quel empressement, avec quelles marques de tendresse et de cordialité on reçut cette vertueuse et jeune épouse, et quelle fat la joie de Sara d’entrer dans nne maison où elle voyait tant de charité, d’union et de crainte de Dieu ; elle bénit le Seigneur de l’avoir appelée à
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un mariage où elle ne voyait rien que de :couso- Jent pourélles | Lo MOIS -Tobie le père appela son:fils, et lui dit en parti- À lier : Que donnerons-nous à ce jeune homme qui ous a. accompagné pendant votre voyage? (il rarlait de l’ange Raphaël, qu’il ne connaissait pas #ncore et qu'il croyait véritablement être un jeane 10mme.) Ah! mon père, reprit le jeune Fobie, ‘ousnos biens ne sont pas suffisants pour recommaitre 88 grands services qu’il. m’a rendus. Je lui dois a vie, je lui dois mon épouse ; vous lui devez la sue ; je lui dois mes biens, je. lui dois tout. Le ère et le: fils lui offrirent, par reconnaissance, la noitié dé leurs biens,'en lui demandant pardon de ui offrir si peu de choses. L’ange, sans se faire Hncore connaître, leur répondit, adressant la parole i Tobie le père : Je ne vous demande rien que de sénir le Dieu du ciel, et de publier ses miséricordes. ÆEcouter-moi, je vais vous apprendre cé que vous ne savez pas encore : ne vous repentez vas des choses que vous avez faites pour votre Dieu ; vous voyez à présent, par votre expérience, yu’on ne perd rien au service d’un si grandmaître. D’est moi qui offrais au Seigneur vos prières, vos eûnes, vos aumôûnes, votre patience et vos bonnes æuvres. Vous avez été aflligé : mais c’est parce que vous étiez serviteur et ami de Dieu qu’il 4 fallu que vous fussiez tenté et éprouvé. C’est moi aiété envoyé de sa part pour éonduire votre ls; c’est moi qui ai lié ke démon, afin qu’il ne vût lui muire ; c’est moi qui lui ai procuré la ver: ueuse Sara pour être son épouse et pour être votre consolation. Maintenant que j’aiexécuté tesordres du Seigneur, je vais sous dire qui je suis, et bénissez:en Dieu. Je suis l'ange Raphaël, un des
sepi anges qui sont toujours présents devant le trône de Dieu. Ilest temps que je retourne vers celui qué ma envoyé ; pour vous, je vous.le dis encore en vous quitlant, bénissez le Seigneur le reste de voire vie, et publiez parlout ses miséricordes:et ses merveilles. (Ce farent là les dernières paroles de Pange, qui disparut dans un moment. A ces mots, les deux Tobie père et fils furent saisis d’un si grand respect et d’une si profonde admiration, qu’ils furent trois heures entières prosternés:la face contre terre, tout occupés à remercier et adorer Dieu, sans pouvoir prononcer une seule parole.
Tant de grâces et de faveurs les rendirent: plus fidèles à Dieu que jamais. Le Seigneur bénit tellement cette pieuse famille, que le saint vieillard Tobie eut, avant que de mourir, la consolation de voir jusqu’à sa troisième génération. Le ciel répandit tant de bénédictions sur le mariage du jeune Tobie son fils avec Sara, que ce fils vécut près de cent ans, et laissa une nombreuse postérité dans la paix et dans la crainte de Dieu.
Cette histoire est admirable et instructive dans toutes ses circonstances; elle vous apprend, 10. que Dieu protége toujours ceux qui le craignent, et qui le servent avec fidélité. 20. Elle apprend aux jeunes gens qui se destinent au mariage, avec. quelles intentions ils doivent s’y engager, et comment ils
doivent s’y. disposer. Est-ce par l'inspiration du
bon ou du mauvais ange qu’ils se fréquentent pour le. mariage et qu’ils s’y engagent? C’est.ce qu’ils doivent bien examiner. S'ils entrent. dans. le mariage par l'inspiration du ciel et avec des intentions saintes, Dieu bénira leur. dessein ; . mais, s’ils,se disposent au mariage avec. des. intentions criminelles; s’ils se fréquentent avec danger et
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‘s12 : INSTRUCTIONS
avec scandale, ou par l'inspiration du mauvais ange et de l’esprit d’impureté, hélas! que de malheurs n’ont-ils pas à craindre! Le démon ne les étouffera pas comme les sept maris de Sara; mais Dieu saura bien les + d’une autre manière par les accidents, les disgrâces et les chagrins dont leur . mariage sera rempli.
30- Enfin les père et mère apprendront, par cette histoire, qu’ils ne peuvent procurer un établissement plus heureux à leurs enfants, lorsqu'ils les engagent dans le mariage, que de les donner à des gens vertueux, et que la sagesse et la crainte de Dieu sont les‘ biens les plus précieux qu’ils puissent leur laisser.