DU MENSONGE
à mort. Les officiers de l'empereur demandèrent à cet évêque où était cet homme. Je ne puis vous répondre^ leur dit Pévêque, parceque je ne puis ni mentir ni découvrir celui que vous cherchez. On fil souffrir à Firmus de cruels tourments, pour savoir de lui où était cet homme : on le menaça même de la mort. Je sais souffrir et mourir^ leur dit-il, mais je ne sais point parler quand il s^agit de parler contre la vérité ou contre le prochain. On le présenta à l'empereur, qui, ayant admiré la vertu de ce saint évêque, le renvoya, et fit grâce à celui qu'il cachait chez lui. Vous voyez par cet exemple qu'il vaut mieux souffrir la mort que de dire un mensonge, et de blesser la charité du prochain.
AUTRE EXEMPLE
Vous verrez dans les deux exemples suivants des punitions tragiques du mensonge. Quelques pauvres ayant rencontré St. Jacques, évêque de I*^isibe, le prièrent de leur donner quelque chose pour aider à enterrer un de leur compagnon qui était mort, (C'était un impudent mensonge, parceque le compagnon était vivant et contrefaisait le mort.) Le saint leur donna l'aumône, mais Diei: punit leur mensonge et leur tromperie. Dans le temps qu'ils disaient au compagnon qui contrefaisait le mort de se lever, il rendit l'esprit, et mourut véritablement.
AUTRE EXEMPLE
L'écriture sainte rapporte qu'Ananie"^ Saphir sa femme, ayant dit un mensonge à St. Pierre^ ils tom-»
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bèrent, en punition, morts à ses pieds. Craignez que Dieu ne vous punisse pour vos mensonges.
CMAFITRia XIX.
De la nécessité d'avoir yn bon confesseur et guide dans les voies du salut.
I. Le chemin du salut est un chemin difficile et dangereux ; vous avez donc besoin d'un guide pour y marcher. Si un aveugle conduit un autre aveugle, dit le Fils de Dieu, ils tomberont tous deux dans la fosse ; et à plus forte raison, si un aveugle se conduit lui-même dans un chemin qu'il ne connaît pas. Malheur à celui qui va seul, dit le Sage, parce que s'iZ vient à tomber^ il n'a personne qui le relève : et c'est pour cela que le Saint-Esprit avertit si souvent les hommes " de ne pas se fier à leurs propres lumières ; que celui qui s'appuie sur son jugement est un insensé ; que c'est le propre des fous de se fier à eux-mêmes ; et que le sage se conduit en tout par les conseils d'un homme prudent." Choississez donc, jeunes gens, un confesseur habile et un guide éclairé, qui vous conduise dans la vertu, et qui vous en enseigne les maximes ; qui vous montre ce que vous devez fuir, et ce que vous devez faire, et qui vous remette dans le chemin du cieb quand vous vous en éloignez ; qui vous apprenne à résister aux tentations, qui vous éloigne des, compagnies pernicieuses, et vous ea fasse connaître les
DU CHOIX d'un confesseur.
dangers, qui vous fasse craindre le péché, et vous apprenne à aimer Dieu. Tels sont les avantages que vous trouverez sous la conduite d'un bon confesseur, II. Ayez un grand respect pour lui ; il est l'ange visible par lequel Dieu vous parle. Ayez confiance en ses conseils ; soyez exact à pratiquer ses avis, et rendez-lui compte de Pusage que vous en aurez fait. N'ayez point de honte de lui déclarer vos tentations, vos penchants et vos péchés, même les plus secrets. Gardez-vous bien de tomber dans le piège de certaines gens, qui étant coupables de quelques grands péchés, vont se confesser à un autre par une sotte honte de déclarer un péché à leur confesseur ordinaire ; agir ainsi, c'est rendre inutile la conduite d'un confesseur, et s'exposer à tomber dans beaucoup d'autres péchés, et peut-être à se perdre.
Ayez envers votre confesseur la confiance qu'un enfant a pour son père, et qu'un malade a pour son médecin ; découvrez-lui tout le bien et tout le mal qui sont en vous -, ne faites rien de conséquence sans lui communiquer, surtout lorsque vous délibérez sur le choix d'un état de vie.
III. Mais pour trouver ce bon confesseur, ce directeur fidèle et zélé, il ne faut pas le choisir au hasard ni sur la parole de certaines gensjqui ne cherchent que des confesseurs faciles, et qui décrient les confesseurs exacts et prudents. Il faut, dit saint François de Sales, le choisir entre dix mille, et le demander à
Dieu. Priez le Seigneur de tout votre cœur de vous faire connaître celui qu'il vous destine. Allez à ce confesseur, non pas par une confiance naturelle, mais uniquement pour votre sanctification.
Votre pasteur est pour l'ordinaire }e meilleur pour vous. 1. Parce que vous connaissant mieux qu'un autre, il vous donnera des avis plus sûrs et plus convenables. 2. Parcequ'étant plus obligé de répondre à Dieu de votre ame qu'un autre confesseur, il aura plus de zèle pour vous conduire à Dieu. 3. Parcequ'à raison de son ministère de pasteur^ il a plus de grâce selon l'étendue de ce saint ministère, et par conséquent Dieu lui communique plus de lumières pour vous diriger. Si vous avez des raisons légitimes de ne pas vous adresser à votre pasteur, priez-le, ou priez quelques personnes éclairées de vous indiquer un confesseur qui soit selon l'esprit de Dieu ; et quand vous l'aurez trouvé, ne le changez pas facilement et sans de bonnes raisons. Ce n'est pas un moyen de se corriger que d'aller sans discernement, tantôt à un confesseur, tantôt à un autieîSi néanmoins votre confesseur ordinaire est absent, adressez-vous à un autre ; son absence ne doit pas vous empêcher de faire votre devoir.
IV. Si votre confesseui* use quelquefois envers vous d'un peu de sévérité, n'en murmurez pas, et ne le quittez pas pour cela j les médecins trop doux ne guérissent pas les plaies invétérées. S'il vous laissait vivre à votre fantaisie, il vous rendrait un
DU CHOIX d'un confesseur.
mauvais office, en vous laissant courir à votre perte. Quand il vous diffère l'absolution^ lorsque vous êtes dans Phabltude ou dans l'occasion du péché, vous devez lui en savoir bon gré ; c'est afin que vous vous en corrigiez, et que vous n'abusiez pas du sacrement. Vous devriez même, lorsque vous n'êtes pas disposé à mieux vivre et à changer de vie, surtout si vous avez quelque dangereuse habitude, priez-même votre confesseur de vous différer l'absolution, afin que vous preniez du temps pour vous disposer par la prière et par l'amendement à recevoir une absolution salutaire.
Souvenez-vous d'un exemple mémorable que l'écriture rapporte du roi Joas. Ce roi avait été élevé par le grand-prêtre Joïada, dans la crainte de Dieu, depuis l'âge de sept ans jusqu'à quarante. Pendant tout ce temps il vécut saintement, et l'écriture en attribue la cause à la conduite de ce saint homme. Joas, dit le texte sacré, se comporta saintement devant Dieu, tant qu'il fut enseigné par Joïada le grand prêtre j mais Joïada étant mort, ce malheureux prince n'étant plus retenu par les sages conseils de son saint maître, s'abandonna aux désordres d'une vie criminelle, et attira sur lui de grands malheurs, et une mort misérable.
Cet exemple vous apprend combien est avantageuse et nécessaire la direction d'un guide fidèle et prudent dans le chemin de la vertu.
Tous les fidèles, et surtout les jeunes gens, doivent se confesser souvent.
Un des plus importants avis qu'on puisse donner à tous les chrétiens, et surtout aux jeunes gens, c'est de se confesser souvent : en voici trois raisons.
I. Parce que, quoique vous puissiez vivre quelque temps sans tomber dans le péché mortel, néanmoins, sans la confession fréquente, vous ne pouvez éviter beaucoup d'autres péchés, qui, étant négligés^ vous conduiront peu-à-peu aux mortels.
IL Sans la confession fréquente, vous vous engagerez insensiblement dans des habitudes périlleuses, ou dans certaines occasions que vous croirez innocentes, ou sans danger, et si vous n'êtes averti du piège, tôt ou tard elles vous feront tomber dans quelques grands crimes 5 or c'est en découvrant souvent votre conscience à un confesseur, que vous connaîtrez par ses avis les dangers du salut, et que vous conserverez votre innocence.
III. Vous serez souvent attaqué de tentations et surtout contre la chasteté : or il est impossible que vous y résistiez long-temps sans la confession fréquente, et sans les avis d'un prudent confesseur. Voilà le grand remède contre les coups que l'ennemi vous porte ; " celui qui néglige le remède, tombera " dans la maladie, et de la maladie dans la mort, di^
le Sage."
Le démon n'a point de piège plus dangereux pour perdre les jeunes gens, que de les rendre muets sur les secrets de leur conscience, afin que dans ce pernicieux silence, ils ne trouvent ni secours pour résister aux tentations, ni moyens pour se retirer du vice.
Le péché, dit saint Bernard, est bientôt guéri quand ^ il est déclaré, mais il s'augmente par le silence.
Si on le découvre, de grand il devient petit : si on " le cache, il devient plus grand." Oh ! qu'on est aveugle, quand on fuit les sacrements ! c'est fuir la vie, et chercher la mort de son ame.
Autres avis touchant la confession.
L Si vous êtes dans l'habitude du vice, et si vous avez des tentations fréquentes, confessez-vous tous les mois. Mais, pour être parfait, vous devez vous confesser plus souvent, surtout lorsque les tentations vous attaquent plus fortement.
N'imitez pas ceux qui ne pensent à se confesser que lorsqu'ils ont succombé à une tentation. N'estce pas une folie de ne penser au remède qu'après qu'on est tombé dans une maladie mortelle, quand on peut la prévenir par ce même remède. Employez le remède avant la maladie, dit le Sage.
Gardez-vous de suivre l'exemple de ceux qui, étant tombés, au lieu de se relever promptement, se laissent de nouveau aller au péché, et négligent de se con-
fesser par honte ou par lâcheté, ou pour attendre l'occasion d'une grande fête. Ce délai est cause que plusieurs retombent dans de plus grands désordres-. Il ne faut point perdre courage pour être tombé 5 relevez-vous de vos propres chutes pour veiller avec plus de précaution sur vous-même.
II. Lé démon, pour vous empêcher de vous confesser, vous suscitera des obstacles. Tantôt il vous persuadera qu'il y a trop de peine ; tantôt que vous n'êtes pas assez préparé ; tantôt que vous n'en avez pas besoin 5 une autre fois il fera naître une affaire. Souvent il vous donnera du dégoût de la confession • et peut-être tàchera-t-il de vous en retirer par cette funeste honte qu'il a coutume d'inspirer aux jeunes gens qui craignent quelquefois de passer pour dévots^ tandis qu'ils n'ont point de honte de passer pour libertins. Enfin il n'y a point d'artifices qu'il n'emploie pour vous éloigner de la confession. Mais, au nom de Dieu, passez sur tous ces obstacles, et regardez comme une des plus dangereuses tentations de l'ennemi toutes les pensées qui vous éloignent des sacrements.
III. Faites une confession générale avant votre première communion^ et lorsque vous vous disposez à prendre un état de vie. Si vous avez eu le malheur de cacher par honte des péchés mortels avec connaissance, il faut depuis ce temps réitérer vos confessions, parcequ'elles ont été sacrilèges. De même si vous avez vécu plusieurs années dans des
habitudes de rancune, d'impureté, d'ivrognerie, de jurements énormes, etc., je vous conseille de répéter les confessions que vous avez faites en cet état ; c'est quelquefois même une nécessité, parceque les confessions faites sans amendement, dans des habitu" des mortelles, sont, ou nulles ou suspectes.
€ISAPIR£ XXII.
Avis plus particuliers pour la confession.
1. Examinez-vous principalement sur les péchés auxquels vous avez plus de penchant. Examinezvous avec sincérité et avec humilité, mais sans scrupule, sans trouble et sans inquiétude.
Excitez-vous ensuite avec confiance et avec amour au regret d'avoir offensé Dieu, et demandez lui pardon de tout votre cœur, en implorant son secours et sa clémence.
Approchez-vous du confesseur avec beaucoup de respect et de modestie, vous représentant que vous allez comparaître devant Dieu et devant votre juge .pour demander miséricorde. Si vous êtes obligé de rester long-temps auprès du tribunal avant que d'être confessé, ne vous en inquiétez point, et ne vous dissipez pas ; tenez-vous dans une posture humble et respectueuse, priant Dieu, ou lisant quelque livre qui vous inspire des sentiments de pénitence.
Déclarez vos péchés au confesseur, humblement, clairement, simplement, et en peu de mots, 11 y en
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a qui expliquent trop de choses dans leurs confessions, et qui racontent trop de circonstances ; c'est scrupule et perte de temps. D'autres, par malice, ne disent leurs péchés qu'à demi, et attendent que le confesseur leur demande le reste ; abus qui fait souvent des confessions nulles ou sacrilèges.
Garde z-vou« bien de cacher aucun péché mortel dans la confession, de propos délibéré. Ce malheur arrive quelquefois aux jeunes gens pour certains péchés déshonnêtes qu'ils n'osent déclarer. Une criminelle honte leur ferme la bouche, et les tient dans un état de sacrilège. Ne tombez jamais dans ce malheur ; il vaudrait mieux pour vous n'avoir jamais vu le jour.
Ne cherchez point dans vos confessions à être estimé de votre confesseur, mais à être purifié de vos péchés, et instruit dans le chemin du salut.
IL La déclaration de vos péchés étant faite, éetoutez attentivement les instructions et les avis de votre confesseur. Ne faites pas comme plusieurs qui s'occupent à rechercher quelques péchés pendant que le confesseur leur parle. Cette faute peut faire perdre le fruit de la confession.
Avant que le confesseur vous donne Tabsolution, et pendant qu'il la doanera, demandez pardon à Dieu de vos péchés, avec un vif regret de les avoir commis, et avec une sincère volonté de changer de vie. Souvenez-vous qu?, sans la confession, il n'y a point de sacrement , mais excitez-vous sans trouble et
sans inquiétudej laissez ensuite le tout à la miséricorde de Dieu.
III. Quand à la pénitence, écoutez-la avec attention, lorsque le confesseur vous l'impose : acceptez-la avec docilité, croyant que vos péchés en méritent incomparablement plus : accomplisssez-la sans négligence, et avec tidélité.
Les bonnes œuvres imposées par le confesseur sont plus méritoires et plus efficaces que les autres œuvres volontaires.
EXEMPLE
On ne voit guère d'exemple plus ins^.ructif pour les pénitents et pour les confesseurs, que l'exemple suivant rapporté par un célèbre auteur de théo- I logie. Un homme de qualité, ne pouvant obtenir I l'absolution de son pasteur ni de plusieurs pères jésuites à qui il s'adressa parcequ'il ne voulait point quitter ses usures, ni mettre fin à ses crimes, trouva enfin un confesseur qui lui dit que ceux qui lui avaient refusé l'absolution étaient des scrupuleux, et qu'il la lui donnerait. Il se confessa quelques années à ce confesseur, et le faisait même souvent manger à sa table. Cet homme étant tombé dangereusement malade on courut aussitôt avertir son confesseur ; mais pendant ce temps le malade mourut. Le confesseur étant en chemin, cet homme lui apparut, et lui dit : Où allez-vous, mon père ? — J'allais vous confesser.— N'allez pas plus loin, reprit l'autre ; je viens de mourir, et je suis condamné à l'enfer pour
les péchés que vous m'avez laissé commettre pendant tant d'années. Vous êtes en partie la cause de ma perte. Vous êtes indigne du sacré ministère " que vous exercez, et que vous profanez ; si vous aviez eu plus de zélé pour mon ame, si vous ne m'aviez pas donné Tabsolution avec tant de facilité, si vaus m'aviez dpnné des avis et des moyens pour me retirer du vice, j'en aurais profité, et je serais sauvé. Puisque vous avez eu tant de part à mes péchés par votre criminelle facilité à me laisser vivre dans le désordre, il est juste que vous en partagiez aussi la peine." En même temps la terre s'ouvrit sous leurs pieds, et tous les deux furent engloutis. Le compagnon du confesseur tout consterné et hors de lui-même, annonça dans le lieu cetter tragique aventure. Cette histoire fut racontée dans un sermon devant l'archiduc d'Autriche, Albert, par un religieux de la compagnie de Jésus : ce prédicateur assura qu'il l'avait apprise d'un savant homme, qui lui dit qu'il connaissait parfaitement la personne et le lieu où elle était arrivée.
EXEMPLE
Saint Antonin rapporte un événement tragique an sujet des confessions sacrilèges. Une fille âgée de dix-huit ou vingt ans ayant caché, par honte, à son canfesseur un péché d'impureté qu'elle commettait Sheule, et qu'elle avait appris d'une compagne, ce péché alarmait tellement sa conscience, et lui causait de 51 cpueb remords, qu'elle en perdait le sommeil }
mais la honte lui fermait toujours la bouche en con-» fession. Elle se fit religieuse pour mettre sa cons-* cience en repos, espérant qu'en faisant de grandes pénitences en religion, elle en obtiendrait le pardon sans le confessser. Etant au lit de la mort, son péché se présenta à son esprit plus vivement que jamais, et sa conscience toujours plus alarmée la tourmentait horriblement, et la pressait de dire ce péché au confesseur ; mais elle eut encore la lâcheté de le cacher, et mourut en cet état, (tant il est vrai qu'on meurt comme on a vécu, et que, quand on abuse des grâces et des sacrements pendant la vie, on en abuse ordinairement à la mort ). Cette religieuse hypoctite passait pour très-verlueuse, et fut regrettée de toute la communauté.
Trois jours après sa mort, elle apparut à une de ses amies dans un état affreux, et lui dit ces paroles Ne priez plus pour moi, ma sœur ; je suis damnée pour un péché d'impureté que j'ai commis seule: " il m'était facile d'en obtenir le pardon en le confes- «^sant, mais une criminelle honte me l'a toujours "fait cacher ; et en abusant ainsi de la confession, "et du sang de J. C, je me suis attiré la plus " sévère damnation." Elle poussa un grand cri et disparut.
Sans les sacrements on ne petit se sauver, mais maK heur à ceux qui en abusent.
De la sainte conmunion.
Jésus-Christ, par un effet de sa grande miséricorcle, a institué le sacrement de pénitence pour purifier notre ame et pour remettre nos péchés. Mais il a fait pour nous quelque chose encore de plus admira» ble. Par un excès incompréhensible de son amour il nous a laissé dans l'adorable sacrement de l'eucharistie son corps et son sang pour servir de nourriture à nos ames, pour nous conserver dans la grâce, et pour nous conduire à la vie éternelle.
La sainte communion est donc un moyen efficace pour se sanctifier, et si vous avez un vrai désir de vous sauver, vous devez, autant qu'il est en vous vous rendre digne d'en approcher souvent. " Si vous
ne mangez ma chair, dit Jésus-Christ, et si vous ne
buvez mon sang, vous n'aurez point la vie en " vous."
C'est dans cette source vivante que vous puiserez abondamment tous les secours pour acquérir toutes les vertus. Vous cherchez la sagesse, et vous recevrez la sagesse éternelle. Vous demandez la pureté, et vous recevrez ici le Dieu de la pureté même. Vous avez besoin de grâces, et vous recevrez ici l'auteur de toutes les grâces. Vous avez besoin de force dans les tentations et dans les dangers, et vous recevrez ici le pain àe vie et le pain des forts. Ne refusez