DE LA SAINTE COMMUNION
donc pas la grâce de ce divin Sauveur, qui se donne à vous par un amour ineffable. C'est une marque qu'on n'a aucun désir de son salut, quand on néglige i un moyen si puissant et si saint, qui contient l'amour même du salut.
IL Quoiqu'on ne puisse pas prescrire en général un temps pour la communion, parceque cela dépend de l'état de chacun, je vous dirai néanmoins qu'il est à propos de communier ordinairement tous les mois. Si vous vous confessez plus souvent, vous prendrez pour la communion l'avis de votre confesseur qui vous le permettra plus souvent ou plus rarement, selon que vous aurez de zèle à en profiter, d'ardeur à vous ep approcher, et de fidélité à vous corriger.
On ne peut communier trop souvent quand on le fait avec de saintes dispositions ; et l'église vous y exhorte. Mais comme la santé ne consiste pas à manger souvent, mais à profiter de ce que l'on mange, de même aussi la sainteté ne consiste pas précisément à communier souvent, mais à profiter de la communion. "Vivez donc de telle sorte, dit St. Ambroise^ que vous méritiez de recevoir tous les jours ce pain divin."
Prenez garde de ne jamais communier indignement et en état de péché mortel ; il vaudrait mieux pour vous n'y avoir jamais été. " Que l'homme s'éprouve soi-même, dit St. Paul, et qu'il mange de ce pain ; car celui qui mange et boit indignement le eorps et le sang du Seigneur, boit et mange son ju-
CHAPITIIE XXIII.
gement." Les exemples suivants vous feront corn* prendre le malheur d'une sacrilège communion.
Si vous communiez souvent, tâchez de purifier votre cœur de plus en plus des péchés véniels. A l'exemple des saints dont vous verrez ci-après quelques exemples, vous pourrez quelquefois, pour vous mieux disposer, différer quelques jouis votre communion. Si votre confesseur vous la diffère lui-même, soumettez-vous à ses avis,
EXEMPLE
De quelle horreur n'est-on pas saisi, lorsqu'on pense au sacrilège que commit Judas, et aux funestes suites de son indigne communion ? L'évangile nous apprend qu'aussitôt que Judas eût communié, le démon entra dans le corps de ce malheureux, qui alla ensuite trahir et livrer Jésus-Christ. Après ce crime il se désespéra et s'arracha enfin lui-même la vie. Voilà l'effet du premier sacrilège ; un disciple de Jésus-Christ possédé du démon ; un Dieu trahi et vendu ; un apôtre désespéré et perdu.
AUTRE EXEMPLE
Saint Cyprien, archevêque de Carthage, a été témoin de plusieurs évènemens mémorables arrivés au sujet des communions indignes dont il nous a laissé lui-même l'histoire dans ses livres. C'était la coutume alors de faire communier les petits enfants et de leur donner du vin consacré. Une petite fille qui était encore à la mamelle fut agitée de convulsions au moment qu'on la présenta à la communion, et