DE LA SAINTE COMMUNION
criait comme si on lui eut déboité les os. Aussitôt qu'elle eut pris du sang du Sauveur, elle le vomit avec de grandes et de nouvellt-s convulsions. Cet enfan^ était innocent et n'avait point encore péché 5 mais des idolâtres, par moquerie de nos saints mystères, avaient fait avaler à cet enfant du pain qui avait été offert aux idoles ; c'est pour cela que le sang du Seigneur ne put demeurer dans la bouche et le corps de cet entant, qui avaient été ainsi infectés et souillés* Oh ! combien plus le Sauveur a-t-il d'horreur de demeurer dans une ame souillée du péché mortel* Saint Cyprien rapporte aussi qu'une femme coupable d'un crime énorme, s'étant approchée en cet état de la sainte table, et ayant communié, elle se • sentit dans le moment comme étouffée, et après plusieurs horribles tremblements, elle tomba morte sur la place ; et qu'un autre approchant du sanctuaire pour communier, il en sortit une flamme qui l'empêcha d'avancer et de recevoir la sainte eucharistie. Ce?, ainsi, dit St. Cyprien, que Dieu en pun't exf»mplairement quelques-uns en ce monde, pour rendre les autres sages.
Saint Ambroise défendit à son diacre Géronce d'approcher des saints mystères, et de communier, jusqu'à ce qu'il eût expié pendant quelque temps par la pénitence quelques paroles vaines et indiscrètes qu'il arait proférées.
Saint Jean^Chrysostome n'ayant pu léconcilier deux personnes qui se querellaient, eut le cœur un
peu ému en voyant leur opiniâtreté. Cette émotion de son cœur était un effet de sa charité : cependant il n'osa ce jour-là. célébrer les divins mystères, ni communier, pour marque qu'il faut avoir le cœur en paix pour recevoir J.-C. Gardez-vous donc bien d'aller à la sainte table, si vous avez un ressentiment volontaire contre quelqu'un.
Sainte Thérèse disait que tout ce qui l'animait et la soutenait le plus dans ses persécutions et dans ses peines, c'était la divine eucharistie : elle trouvait sa consolation, son soulagement et et sa force dans la communion.
Communiez donc souvent, allez souvent à J.-C. qui désire s'unir à votre ame ; mais éprouvez-vous auparavant par une confession humble et sincère, et par l'amendement, et pratiquez les avis suivants.
Avis pour bien communier.
I. Demandez à Dieu le soir précédent, et dans votre prière du matin^ la grâce de recevoir dignement ce sacrement auguste, afin qu'une action si divine, qui doit vous sanctifier, ne serve pas à votre condamnation. Occupez votre esprit et votre cœur dans la pensée de cette grande action, et dites en vous-même ce que David disait lorsqu'il se préparait a bâtir un temple à Dieu : C'est une grande en-
treprise dans laquelle on prépare une demeure, non
AVIS POUR BIEN COMMUNIER. lS7
pas à un homme, mais à un Dieu." Oui mon fils, c'est à J.-C. votre Dieu que vous préparez une demeure/ans votre ame ; il faut donc lui en préparer une qui soit digne de lui.
II. Prenez environ une demi*heure avant votre communion pour vous recueillir, et faites ces quatre choses.
1. Humiliez-vous profondément devant notre Seineur, vous reconnaissant indigne de le recevoir ; indigne à cause de sa grandeur et de sa sainteté, indigne à cause de vos péchés et de votre bassesse. ^ Quoi, disait Solomon, après avoir bâti le temple,
" est-il possible que Dieu veuille habiter parmi les " hommes.
2. Demandez à J.-C. pardon de vos péchés, en lui disant avec St. Pierre : " Ah, Seigneur ! retireZf
vous de moi, parceque je suis un grand pécheur.''
3. Demandez-lui la grâce de vous uni^^'^à lui avec une conscience pure, avec un ardent amour et un grand désir de lui être fidèle. Si vous savez quelques oraisons pour la communion, vous les réciterez avec attention et avec ferveur.
4. L'heure de la communion étant venue, quittez toutes prières vocales, approchez-vous de la table sainte avec modestie, la vue baissée, sans vous presser pour approcher des premiers. Adorez N.-S. avec un grand sentiment de votre indignité ; recevez avec une amoureuse confiance et une profonde humilité le Dieu du ciel et le sauveur de votre ame*
m. Après la communion, ne prenez pas d'abord votre livre, mais entretenez-vous quelque temps avec votre sauveur, que vous possédez en vousmême, et faites ce qui suit :
1. Adorez sa grandeur infinie, et sa majesté suprême dans le fond de votre cœur. Anèantissez-vous en sa présence par le plus profond respect.
2. Admirez sa bonté de vous venir visiter luimême, en disant : " D'où me vient ce bonheur que
mon Dieu me vienne visiter." Reconnaissez que vous êtes indigne de cette grâce.
3. Demandez-lui de nouveau pardon de vos péchés, repentez-vous d'avoir offensé un Dieu qui se donne à vous avec tant d'amour et de tendresse. Protestez-lui que vous voulez l'aimer, et que rien ne sera jamais capable de vous sépaierde lui. Dans ces heureux moments où vous posséderez votre sauveur, rspr^fcntez-lui les nécessités de votre pauvre ame. Implorez les secours île sa grâce pour résister aux tentations, pour quitter vos attaches et vos mauvaises habitudes, et pour avancer dans la vertu. Dites-lui avec le malade de l'Evangile : " Ah Seigneur ! si vous voulez, vous pouvez mt- guérir :" ou bien ces paroles de Jacob : Seigneur, je ne vous quitterai pas que vous ne m'ayez donné votie bénédiction."
4. Remerciez.le de la grâce qu'il vous a faite de se donner à vous, et en reronnnaissance, ofîVez-lui votre ame, vos puissances, votre vie, tout ce que vous avez, tout ce que vous pouvez pour l'aimer et
REGLEMENT DE LA JOURNEE
pour le servir. Faites ces actes avec beaucoup de ferveur et de dévotion. C'est surtout alors qu'il faat renouveler vos résolutions^ et lui promettre de tout votre cœur de vous corriger de vos habitudes criminelles et de quitter le péché.
5. Sortez de l'église avec modestie. Soyez le reste de ce saint jour, plus attentif et plus recueilli dans tout ce que vous ferez. Assistez à la prédication et aux offices, si vous le pouvez. Employez quelque temps à une lecture spirituelle, et à la visite du St. Sacrement. Ne conversez pas avec toutes sortes de personnes pendant ce jour, mais seulement avec des personnes de piété. Entretenez-vous de bons discours, et que ce soit là votre plus grande récréation pour ce jour là.
CMAPITKE JTJCV.
Du lever et du coucher : de la prière et du règlement de la journée.
I. Consacrez à Dieu les premiers moments de votre journée. Vous seriez bien ingrat, si vous les donniez au démon. Dieu vous demande votre cœur, le démon voudrait aussi l'avoir : l'on peut dire que celui-là en sera le maître pendant le jour, qui en aura pris possession le premier, dit Saint Jean-Climaque.
A votre réveil, votre première pensée doit être de vous offrir à Dieu, votre première parole, le saint nom de Jésus et de Marie, votre première action, le signe de la croix
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Lorsqu'il est l'heure de vous lever, ou lorsqu*on vous appelle, levez-vous promptement et ne disputez point avec le démon de la paresse. Pensez que J.-C. vous appelle.
En prenant de l'eau-bénite, priez le Seigneur qu'il lave et qu'il purifie votre ame, et qu'il vous pardonne vos péchés, surtout ceux que vous auriez eu le malheur de commettre pendant la nuit. En vous habillant, soyez toujours dans une telle modestie que jamais on ne vous trouve dans un état indécent, Eespectez votre corps, et craignez jusqu'à vos propres regards.
Ne manquez jamais à votre prière. Dieu envoyait aux juils la manne du ciel pour les nourrir et les fortifier, mais c'était le malin qu'ils devaient la recueillir, j)our vous apprendre que c'est surtout le matin qu'il faut recueillir dans la prière les grâces du ciel, afin de fortifier l'ame contre le péché pendant le jour.
Ne faites pas votre prière avec négligence ; une prière {uiU sans dévotion n'est pas une prière, mais une moqr.erie. Observez quatre choses à votre prière du matin.
1. Piosterné devant la majesté de Dieu, adorezle comme votre souverain maître,