‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gensChapitre 36 sur 58 · II. Pour vous préserver de ce vice, faites les ré · texte numérisé non relu

II. Pour vous préserver de ce vice, faites les ré

flexions suivantes :

1. Considérez que tous les hommes sont nés pour' îe travail. Dieu les y a condamnés par un arrêta solennel dès la naissance du monde. Si vous menez une vie oisive, vous résistez à la volonté de| Dieu, et vous allez contre Pordre qu'il a établi,, Quelle raison avez-vous de vous exempter d'une loi de laquelle il n'a jamais dispensé personne?

Si les hommes sont obligés au travail pendant toute la vie, ils le sont encore plus dans la jeunesse.

1. Parceque, si à cet âge on ne s'exerce pas à des occupations convenables, on contracte des vices qui durent ordinairement jusqu'à la mort.

2. Parceque le temps de la jeunesse est le plus; propre pour cultiver l'esprit. C'est dans ce temps qu'on peut se rendre capable d'apprendre les vertus, les sciences, les arts et les professions qui doivent occuper le reste de la vie. Si ce temps est une foiS; perdu, il ne peut plus être réparé. Le temps perdu ne revient plus : mais il y a cette différence, que le temps perdu dans les autres âges n'a pas de suites; si fâcheuses ; au lieu que le temps perdu dans la jeunesse esc plus irréparable, et ades suites plus funestes.

2. Pensez au regret que vous aurez un jour d'avoir perdu le temps de votre jeunesse, lorsque vousi vous trouverez sans talents, sans éducation, sans in- ^ telligence pour les affaires, sans esprit, et sans établissement. Vous ne le croyez pas à présent, mais rous le sentirez un jour, et vous en pleurerez.

EMPIOI DU TEMPS.

3. Si vous perdez le temps, le compte que vous en rendrez à Dieu au jugement doit vous faire trembler. Dans ce jugement épouvantable, toute votre vie vous sera mise devant les yeux ; et le premier article du compte qu'on vous demandera, sera l'emploi que vous aurez fait de votre jeunesse. Dieu vous fera voir tous les désordres qui ont suivi cette perte de temps, l'ignorance où elle vous a jeté, les péchés et les vices dans lesquels elle vous a précipité, tous les talents dont elle vous a rendu incapable. Qu'aurezvous à alléguer à ces reproches, et à quelle condamnation faudra-t-il vous attendre ?

4. Combien d'ames à présent dans les enfers reconnaissent que la cause de leur damnation vient d'avoir mal employé le temps de la jeunesse ? Si elles pouvaient espérer un seul moment du temps que vous avez, que ne feraient-elles pas pour l'employer utilement ? Est-il possible que leur repentir ne vous touche pas? Faites-vous sage à leurs dépens, et apprenez par leur exemple à éviter le malheur dans lequel elles sont tombées.

0 mon fils ! je vous conjure donc, par l'amour que vous devez avoir pour votre amc, de fuir l'oisiveté comme un des plus grands obstacles à votre salut.

Ne soyez jamais désœuvré. Faites toujours quelque action qui vous occupe d'une manière convenables à votre condition, où à la lecture, ou à la couture, ou à l'étude, ou à la prière, ou à l'écriture, ou à quelque exercice qui soit utile. Le démon ne

cherche que l'occasion de vous trouver fainéanf pour vous surprendre. Pour éviter les pièges de Pennemi, suivez cet avis de St. Jérôme : Vivez " de telle sorte, que le démon vous trouve toujours "occupé. Ne regardez pas votre travail ou votre "étude comme une chose pénible, mais comme un saint exercice qui vous est ordonné de Dieu, et comme un moyen de salut. Offrez-le à Dieu le ^' malin, et quand vous le commencez, priez le Sei-^ gneur qu'il le bénisse, et qu'il le fasse réussir àsa gloire." Pendant vos occupations, entretenez votre esprit de saintes pensées, en élevant souvent votre cœur à Dieu, afin que votre travail ne soit pas sans mérite. Faites ce qui vous est commandé et occupez-vous selon la volonté de ceux qui ont l'autorité sur vous. Chantez dans le travail, selon l'avis de St. Paul, les louanges de Dieu, et quelques cantiques édifiants ; et n'y chantez jamais des chansons profanes et dangereuses.

Les jeunes gens ne doivent jamais avoir honte de faire le bien.

Un moyen des plus pernicieux dont l'ennemi du salut se sert pour perdre les ames, c'est la honte de faire le bien. 11 tâche de donner pour la vertu une honte qu'on ne doit avoir que pour le péché. ]

Pour réussir, et faire tomber dans ce piège, le dé-

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