‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gensChapitre 47 sur 58 · DES DIVERTISSEMENS · texte numérisé non relu

DES DIVERTISSEMENS

<Ues brebis du troupeau seront bientôt dispersées.'^ L'Empereur Théodose avait rendu de grands services à la religion, mais avant eu le malheur de commettre un crime qui scandalisait ses peuples. St. Ambroise, son pasteur et son évêque, l'en reprit publiquement, et lui refusa l'entrée de l'Eglise. L'empereur pour son excuse, allégua que David avait commis un semblable crime, et qu'il en avait obtenu le pardon : " Il est vrai lui dit le saint pasteur, mais puisque vous l'avez imité dans sa faute, imi- ^Uez-le aussi dans sa pénitence." Théodose, tout grand prince qu'il était, se soumit à cette sévère correction de son pasteur.

Après un tel exemple, ne doit-on pas s'étonner de voir des chrétiens et de simples particuliers qui se moquent, lorsqu'un pasteur a la charité de les avertir de leur défauts ou des désordres de leur familles ; et qui osent leur résister en face ? Gardez-vous bien^ mon fils, de tomber dans ce dérèglement ; écoutez la voix d'un pasteur, comme la voix de Dieu même. S'il vous reprend, il fait son devoir ; ne regardez ni ses défauts, ni sa naissaince, ni sa personne ; mais regardez son caractère, sa dignité et l'autorité que Dieu lui donne.

ckapitre: xiiii.

Des Jeux et des Divertissemens.

La récréation est nécessaire à ceux qui s'appliquent

à un travail assidu ou à une élude sérieuse ; la récréation, prise dans un jeu honnête et dans un divertissement modéré, est plus convenable aux jeunes gens, et plus proportionnée à leur âge. Le jeu et le divertissement ne sont donc pas contraire à la vertu, mais, pour être innocens, ils doivent avoir les conditions suivantes, qui regardent le temps, la manière, la substance et la fin du jeu.

1. Quant au temps, on y doit garder la modération. Si on emploie trop de temps à se divertir ce n'est plus une récréation, mais une occupation. Or il est indigne de Phonnête homme et du chrétien de se faire une occupation du divertissement et du jeu. Ce ne serait plus relâcher son esprit, mais se dissiper ; et l(?in qu'une telle récréation rende plus propre au travail, elle afifaiblit les forces et nuit à la santé. N'employez jamais à vous divertir le temps que vous devez donner à l'étude, au travail, aux affaires de votre état, ni le temps que vous devez au soin de votre famille, aux Offices de la paroisse, et au service de Dieu ; ce ne serait plus un divertissement, mais un désordre.

N'est-ce pas en effet un grand désordre et un scandale de voir les jeunes gens se divertir, jouer, folâtrer, pendant que les autres sont assemblés pour adorer Dieu dans les conférences de piété, dans les congrégations, et dans les offices publics? de les voir avec un esprit dissipé entrer dans le saint lieu, au milieu d'un Office commencé, venir interrompre et troubler la

DES DIVERTISSEMBNS.

piété des fidèles ? Quelle attentioQ et quelle dévotion peuvent-ils avoir dans ces saintes assemblées, en sortant étourdiment dujeu, l'esprit rempli de dés, de boules et de cartes.

II. Quant à la manière de jouer et de se divertir, il faut éviter deux choses : l'attache et le péché. 1. Il faut se divertir et jouer sans attache. Les jeunes gens se passionent aisément pour le jeu, et cette passion est d'autant plus à craindre que l'affection trop grande au jeu les fait tomber dans l'excès, leur fait perdre le temps, les occupe, les fait penser continuellement au moyens de se divertir. Cette attache les rend incapable d'une occupation utile et sérieuse. Les applique-t-on au travail, ils ont l'esprit au jeu.

2. Jouez-donc sans attache, mais aussi sans péché^ Ne vous livrer jamais en jouant, ni au jurement, ni aux contestations, ni aux emportemens de colère > c'est la marque d'un esprit mal élévé. Evitez la fourberie et le mensonge, et ne trompez personne au jeu. Banissez de vos récréations et de vos divertissemens les paroles libres et à double sens> les airs passionnés et les chansons obscènes, dont tout chrétien a horreur, quand il a la crainte de Dieu.

III. Pour ce qui regarde la substance des divertissemens et des jeux, il faut faire attention à deux choses. 1. Ne jouez jainais qu'à des jeux permis et innocens, et non point à des jeux défendus, à des jeux d'hasard. Regardez comme des divertissemens

pernicieux et défendus certains jeux de raain avec des personnes de sexe différent. Les bouffonneries et les badinages indécens qui se glissent dans ces sortes de jeux avec le sexe, ne sont ni cbastes ni innocensj et sont souvent très criminels. Une fille qui a de la modestie et de la crainte de Dieu, doit craindre de jouer avec des garçons, même à des jeux innocens. Nous ne lisons point dans l'histoire des siècles que des saintes femmes et des filles chastes se soient fait une habitude déjouer avec des hommes.

Il est plus louable déjouer et de se divertir dans sa famille que dans les assemblées, parce que les assemblées de jeux sont ordinairement dangereuses. Une personne qui a de l'honneur ne se trouve point à jouer dans des assemblée où l'on admet toutes sortes de joueurs. Les assemblées nocturnes où l'on joue en masque, sont des abominations que les lois condamnent, que la religion réprouve, et qui devraient couvrir de confusion ceux qui s'y trouvent, s'il leur restait encore quelque sentiment de christianisme. Un chrétien doit se divertir en chrétien, et non pas en païen.

IV. Quand au motif et à la fin du jeu, on ne doit jouer que pour une fin louable, pour relâcher l'esprit et soutenir sa santé, àfin d'être plus en état de travailler, de remplir les devoîls de sa condition, et de servir Dieu : tout autre fin est blâmable. Jouer précisément et uniquement pour le plaisir de

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