‹ Instructions chrétiennes pour les jeunes gensChapitre 46 sur 58 · DE LA VISITE DU SAINF SACREMENT · texte numérisé non relu

DE LA VISITE DU SAINF SACREMENT

l'obéissance , l'humilité, la chasteté, la grâce de conserver l'innocence de votre cœur, la grâce de ne jamais offenser Dieu mortellement, et surtout la grâce de connaître votre vocation. Ce dernier avis est très important.

2. Dans les visites qu'on fait au St. Sacrement, il faut prier aussi pour les autres. Si vous avez une famille, recommandez-la à J.-C. "Ne permettez " pas, ô Jésus, que ces enfans que vous m'avez don- •'nés soient vos ennemis. Faites, ô mon Diéu, que "jamais ils ne vous offensent; qu'ils ne soient pas ^'réprouvés et séparés de vous dans l'éternité."

Si vous avez des ennemis qui vous aient fait tort, qui vous aient maltraité, ou parlé mal de vous, regardez-les dans If cœur de Jésus qui les aime. Priez pour eux, pardonnez-leur de bon cœur pour son amour, et le suppliez de vous pardonnez de même.

Dans ces heureux momens que vous passerez aux pieds de J.-C. addressez-lui vos prières pour la sainte Eglise Romaine, pour N. S. père le Pape, pour les Prélats, pour tous ceux qui travaillent au salut des ames, pour votre Pasteur, pour votre père et votre mère. Souvenez-vous de prier pour le Roi, ])our la paix entre les princes chrétiens, pour vos maîtres et pour vos domestiques. Priez surtout pour la conversion de tant de pécheurs qui vivent dans l'aveuglement et dans le crime ; n'oubliez pas les défunts.

Au reste, quand on aime J.-C. on trouve assez de sujets pour s'entretenir avec lui. Si néanmoins vous

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VOUS trouvez dans la sécheresse, si votre esprit vous fournit rien pour dire à N. S., ne vous rebutez ' pas, tenez-vous en sa présence avec humilité. ^ Quoique vous ne lui disiez rien, il voit le fond de ' votre cœur, il sait pourquoi vous êtes là, c'est assez. Les amis, quand ils sont ensemble, ne parlent pas toujours. Si vous ne pouvez parler à J.-C. écoutez du moins dans le fond du cœur ce qu'il veut vous dire ; et lorsque, dans la sécheresse de votre esprit, il vous semble que vous ne pouvez lui rien dire, contentez vous de faire la prière du pauvre Publicain :

Seigneur, je suis un grand pécheur, ayez pitié de | ^^moi." Une courte affection, un seul acte souvent i répété, est une excellente prière. Les rebuts et les || ennuis qu'on trouve dans la visite du St. Sacrement et dans l'oraison, sont ordinairement un artifice du démon, et quelquefois une punition de nos infidéli- jj tés ; mais quand on les supporte avec humilité, loin ' d'ôter le mérite de cette action, servent à l'augmenter. ,

Avant que de finir, demandez à J.-C. sa bénédic- I tion, en disant ces paroles de l'Ecriture : " Je ne <^ vous quitterai point. Seigneur, que vous ne m'ayez

donné votre bénédiction."

CMAFITKE XJLÏ.

Du respect qu'on doit avoir pour les Prêtres. L Lorsque les Juifs se révoltèrent contre les ord-

res du prophète Samuel, ce saint homme gémissant amèrement devant Dieu sur leur aveuglement :

Prophète^" lui dit le Seigneur, " ce n'est pas toi

qu'ils ont outragé, mais c'est moi-même qu'ils ont "rejeté!" C'est donc outrager Dieu que de manquer de respect aux Prêtres et aux Pasteurs : c'est à eux que le Seigneur a dit : Celui qui vous mé- ^* prise me méprise^

Et pourquoi? parce que, dit St. Jean Chrysostôme, " les Prêtres appartiennent spécialement à Dieu ; ils sont ses lieutenants et ses ministres." J.-C. est le Pasteur par excellence, le Docteur, l'Evêque. et le Sanctificateur de nos ames ; il est le Souverain Sacrificateur, et le Prêtre Eternel. Les Prêtres participent à cette dignité, et au Sacerdoce de J.-C. ; ils ont le pouvoir de sanctifier les am.es par les Sacremens, de remettre les péchés, de chasser les démons, d'offrir le sacrifice et de faire descendre le Roi du Ciel sur l'autel ; pouvoir qui est au-dessus de celui des anges mêmes. Les prêtres ont encore reçu de Dieu le pouvoir d'instruire et d'enseigner les peuples et les rois. " Nous sommes," disait St Paul, " les embassadeurs de J.-C, et c'est Dieu qui ex-

horte et qui parle par notre bouche."

Comprenez-donc quel outrage vous faites à Dieu, lorsque vous méprisez ceux qu'il a lui-même honorés de tant de privilèges. — " Humiliez votre tète devant " les grands du monde," dit l'Ecriture, <^ mais hu- " miliez votre ame devant un Prêtre."

m CHAPITRE XLÏ m

Cependant quel respect a-t-on aujourd'hui pouf eux? Ils sont méprisés et haïs, et souvent, parcequ'ils font leur devoir. Dans les compagnies, dans les familles, dans les libelles, on en parle, on en murmure, on relève comme des crimes leurs moindres imperfections, on empoisonne même quelquefois juFqu'à leurs intentions les plus droites. " Chrétiens ingrats !" s'écrie St. Jean Chrysostôme, est-ce là la reconnaissance des services qu'ils vous rendent ? N'est-ce pas par les mains des Prêtres " que vous recevez la rémission de vos péchés, la "réconciliation avec Dieu? Ne sont-ce pas les Prêtres qui offrent pour vous le sacrifice, qui " vous donnent le corps et le sang de J.-C, qui vous " instruisent, qui rompent à vos enfans le pain de la divine parole, qui vous annoncent le Royaume " de Dieu, qui prient pour vous et qui vous ouvrent « le Ciel ?"

II. S'il arrivait qu'un prêtre et autres personnes consacrées à Dieu, ne vécussent pas saintement, et menassent une vie mondaine, malheur à eux ! ils seront sévèrement jugés et sévèrement punis de Dieu ; mais, nonobstant cela, il ne vous est pas permis de les mépriser, vous devez au contraire cacher leurs défauts, et n'en point parler. J.-C. ne nous en a-t-il pas donné l'exemple ? Il connaissait les mauvais desseins de Judas, cependant il l'honora toujours ; et dans le temps même que ce perfide le trahissait, J.*C. l'embrassa, l'appela du nom d'amij

et tout cela, dit St. Ambroise, pour marquer le respect que J.-C. avait pour le caractère sacré de Prêtre et d'Apôtre, dont Judas était honoré.

Quoique les prêtres soient hommes comme les autres, ils sont cependant élevés au-dessus des autres par leurs dignité et par le caractère qui les consacrent à Dieu. La vie d'un prêtre et des personnes consacrées à Dieu, doit être toute sainte ; mais quand même un prêtre ne serait pas saint, et qu'il serait aussi indigne que Judas, il ne laisse pas d'être toujours un ministre du Seigneur ; et si vous touché à son honneur, à ses droits légitimes, à son ministère, ou à sa personne. Dieu est sensiblement offensé. " Quiconque touche à mes prêtres," dit le Seigneur, " il me touche à la prunelle de l'œil." C'est pour cela que Dieu si souvent punit exemplairement le mépris qu'on fait d'eux.

III. Le mépris du Sacerdoce conduit au plus grand libertinage, au mépris de la religion, à l'hérésie, et à l'athéisme. Il n'y a ordinairement que des orgueilleux et des gens vicieux qui méprisent les ministres de Dieu.

La plus horrible punition que Dieu exerce sur ceux qui se moquent de ses ministres, et qui méprisent les Prêtres et les pasteurs, c'est de les abandonner à leur aveuglement et à leur sens réprouvé, et de permettre, par une redoutable effet de sa justice, qu'ils meurent sans sacremens et sans secours. Il est juste qu'ils soient délaissés à la mort, de ceux qu'ils ont méprisés pendant la vie.

Ayez donc toujours un grand respect pour les per* sonnes consacrées à Dieu, et surtout pour vos pasteurs. Vous en avez besoin pendant votre vie 5 vous en aurez besoin à votre mort. Evitez ce qu'ils vous défendent, faites ce qu'ils vous conseillent, croyez ce qu'ils vous enseignent. Si par malheur un pasteur était suspect dans sa doctrine, s'il n'était pas uni au chef de l'église Romaine, alors il ne mériterait plus votre confiance.

EXEMPLE

Instruisez-vous, par les exemples suivans, du respect qui est dû aux prêtres et aux personnes sacrées» Marie, sœur de Moïse, ayant murmuré contre son frère, en disant : "qu'avons-nous besoin que Moïse, " nous prêche ? n'en savons-nous pas autant que

lui ? Ne dirait-on pas qu'il n'y a que lui qui " sache les vérités et les secrets de Dieu?" Moïse souffrit avec patience cette insulte, mais Dieu la vengea d'une manière exemplaire. Marie, en punition de sa témérité, fut subitement frappée d'une lèpre dont elle serait morte, si Moïse n'eut prié pour elle. — Dieu en considération de Moïse son fidèle ministre, la guérit, et lui pardonna, mais à condition qu'elle serait séparée du peuple, et comme excommuniée, pendant sept jours, pour pleurer, et faire pénitence de sa faute. Apprenez de cet exemple mémorable ce que méritent ceux qui se moquent si

souvent des prêtres du Seigneur et des ministres de sa paroles.

AUTRE EXEMPLE

Le Roi Osias fut si puissant, qu'il avait une armée de plus de trois cent soixante et onze mille hommes. Il ne fut pas content de sa prospérité, il voulut encore s'élever jusqu'aux fonctions des prêtres, et offrir l'encens sur l'autel. Le Grand Prêtre Azarias l'en reprit et lui dit ; " Prince, il ne vous est pas permis " d'entreprendre ainsi sur l'office et sur le droit des " prêtres qui sont consacrés à ce ministère. Le roi volut lui résister, et je menaça, mais dans le moment Dieu le punit, et le couvrit d'une lèpre honteuse qui lui dura jusqu'à la fin de sa vie. Si Dieu traite ainsi un puissant Roi qui résiste aux Prêtres, comment traitera-t-il les particuliers qui les méprisent.

AUTRE EXEMPLE

Nous lisons dans l'histoire des Juifs, que Alexandre-le -Grand, un des plus fiers et des plus puissans rois qui aient jamais été, allant contre Jérusalem avec son armée pour en massacrer les prêtre et détruire cette ville, le Grand-Piêtre Jaddus alla au devant de lui, revêtu de tous les ornemensde sa dignité. Aussitôt qu'Alexandre le vit, qu'il sut qu'il était le prêtre du vrai Dieu, il fut pénétré d'un si profond respect, qu'il mit pied à terre, se prosterna devant le prêtre Jaddus, comme s'il l'eut adoré, et

lui accorda tout ce qu'il lui demandait. On fut étonné de voir qu'Alexandre, qui lui-mênie se faisait adorer comme un Dieu, s'abaissât si profondément devant un homme qu'il avait résolu de faire mourir. Pharménion, son favori, lui en ayant demandé la! cause i "A !" s'écria Alexandre, " ce n'est pas Jad-

dus que j'ai adoré, mais c'est le vrai Dieu dont il "est le prêtre: Je reconnais et j'adore le Dieu

Eternel dans la personne de son Ministre, et je lui * " rends cet honneur comme à Dieu." Que diront à cet exemple certains grands du monde, qui ont si peu de respect pour l'Eglise, et pour les ministres du - Très-Haut.

AUTRE EXEMPLE

Je rapporterai encore ici d'autres exemples tirés de l'Histoire Ecclésiastique, L'Empereur Constantin disait souvent, que s'il voyait un prêtre, ou une autre personne sacrées, tomber dans une faute, loin de la découvrir, ou d'en parler, il irait lui-même la couvrir de son manteau impérial pour la cacher, lli avait une grande raison de penser ainsi, parce que î les libertins se servent des fautes des prêtres pouri s'autoriser dans le vice, et en publient ordinairement^ plus qu'ils n'y en a ; et ces libertins s'en servent pour décrier la religion et l'Eglise de J.-C. qui en est innocente.— C'est en décriant les personnes sacrées et les pasteurs, que l'hérésie fait tant de progrès 5 "Dès qu'on s'en prend au pasteur," dit l'Evangile^

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