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9° PROGRÉS DU MARIAGE civi.— Les progrès du mariage civil sont surtout dus à l’incrédulité.
Dans le dix-huitième siècle, les fausses doctrines et Ice mauvaises mœurs avaient perverti la socitté européenne, et le droit divin et ecclésiastique était presqu’enticrement méconnu. La fausse doctrine du mariage civil prit de l'extension chez les peuples catholiques, à l'époque où la législation autrichienne admit comme principe, que le contrat civil dans le mariage était antérieur au sacrement, et que le sacrement ne peut exister que lorsque le contrat est terminé avec toutesles conditions prescrites par la loi civile.
Lorsque la révolution éclata en France, Far le culte catholique fut proscrit et le clergé exilé, la république française accepta la législation autrichienne sur ce point et ordonna le mariage civil. De nos jours, les idées révolutionnaires ont envahi et bouleversé l'Italie; un des premiers actes de ce gouvernement révolutionnaire a été de proposer une loi pour ordonner le mariage civil. Une législation Sublable a été adoptée dans d’autres états, et partout où les idées révolutionnaires ou protestantes triomphent, un des premiers actes de tout gouvernement anti-catholique est d'établir le mariage civil.
8° MAUX QUI RÉSULTENT DU MARIAGE CIVIL.—Le mariage étant considéré comme un contrat civil, qui dépend de la loi civile, considérons les conséquences qui en découlent, conséquences que les protestants out tirées de ces faux principes, l'hitoire en est témoin.
Première conséquence. Le mariage a perdu l'indissolubilité dont il jouissait jusqu'alors dans le christianisme.
Les princes assigncrent plusieurs canses qui autorisaient un vrai divorce; l’adultère, une absence affectée du mari, l’hérésie, (entendue à leur façon) l’antipathie, les troubles du ménage et d’autres causes de même nature. On a laissé aux tribunaux civils le soin de discuter ces causes. Or, ces causes, suivant l’avis des docteurs protestants, peuvent être réduite ou étendues indéfiniment. D'où il arrive que les divorces sont plus ôéu moins nombreux, selon que les juges sont plus sévères où plus bienveillants.
Contentons-nous de remarquer qu’en Angleterre, où la loi sur le divorce a été plus sévère, vu qu'on n’accordait le divorce que pour cause d’adultère, plusieurs époux, ennuyés de vivre ensemble, s’engagèrent mutuellement à l’adultcére, afin que leur mariage put ètre dissout pour une cause
légale ; en sorto que par la malice de l’homme, la loi portée pour empêcher l’adultère est devenue une cause déterminante à ce crime.
Deuxième conséquence.
c’est la polygamie.
Du vivant de sa première femme qu'il a renvoyée, l'homme en épouse une seconde, puis une troisième. La femme, du vivant de son premier mari, dont elle est séparée légalement par le divorce, en épouse un second, puis un troisième. C’est une conséquence de Ja déclaration du divorce entier, par lequel, selon la loi civile, chacun devient libre de prendre une autre femme, et chaque femme devient libre de prendre un nouveau mari. Car tel est le but pour lequel on fait décréter le divorce, afin que celui qui a légalement divorcé, puisse légalement contracter un nouveau Inariage.
Troisième conséquence. Non-seulement les protestants admettent la polygamie, en un certain sens, successive, comme conséquence du divorce légal, on voit en outre parmi eux des cas de polygamie simultanée.
Depuis l'autorisation qui fut donnée par Luther à Philippe de Hesse d’avoir deux femmes à la fois, on a vu plusieurs exemples semblables dans l’histoire des protestants. Ainsi Guillaume II, roi de Prusse, mie Elizabeth de Brunswick sa femme. Il prit en sa place la fille du prince de Hesse, et sans renvoyer cette seconde femme, il prit encore la comtesse de Woss. Non content de ces deux femines, du vivant d'Elizabeth qu'il avait répudiée, du vivant de la princesse de Iesse et ile comtesse de Woss avec qui il vivait maritalement, il voulut encore prendre une quatrième femme. Mais il eut quelques scrupules, et il consulta ses pasteurs évangéliques. Ét les pasteurs évangéliques de l’évangélique roi de Prusse le rassurèrent et lui permirent de prendre une quatrième femme.
Un journal de Londres (Weekly Register) du 29 mars 1856, renferme le passage suivant: “ Le mois de mars, aux assises de Liverpool, le juge a constaté que les cas de bigamie devenaient excessivement nombreux ; les cas de trigamie même, ajouta-t-il, se présentent fréquemment. Ces monstruosités ne sont pas encore autorisées par les lois civiles, mais plusieurs docteurs protestants ont déclaré que cette manière d'agir est permise, et plusieurs la mettent en pratique.”
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