CHAPITRE IX
Que les seigneurs et magistrats, sous peine danathème, ne contrain-
dront point leurs justiciables à se marier contre leur gré.
L’intérèt et l’attache aux choses de la terre aveuglent d'ordinaire si fort les yeux de l'esprit des seigneurs temporels et des magistrats, que bien souvent, par menaces et par mauvais traitements, ils contraignent leurs justiciables, de l’un et de l’autre sexe, principalement ceux qui sont riches ou qui ont à espérer quelque grande succession, de se marier contre leur gré avec les personnes qu'ils leur présentent, Or, comme c’est une chose tout-à-fait exécrable de violer la liberté du mariage, et que l’injure vienne de la part même de ceux de qui on devait attendre justice, le saint Concile dtfend à toutes sortes de personnes, de quelque état, quaïité et condition qu'elles soient, sous peine d'anathème, qui s'encourra par l’action mème, d'apporter aucune contrainte en #12
cela à leurs justiciables, ni à autres que ce puisse étre, ni d’empècher en quelque manière que ce soit, directement ou indirectement, qu’ils ne se marient en toute liberté.
CHAPITKE X.
Défense de célébrer les solennités des nuces pendant l’avent, ni le carême,
Le saint Concile ordonne que toutes personnes observeront avec soin les anciennes défenses des noces solennelles, depuis l’avent jusqu'à l’Epiphanie; et depuis le mercredi des Cendres, jusqu’à l’octave de Pâques inclusivement. En tont autre temps, il permet les dites solennités des noces: les évèques auront soin seulement qu’elles se passent avec la modestie et l’honnèteté requises ; car le mariage est une chose sainte, qui doit être traitée saintement.
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