‹ Instructions dogmatiques sur le mariage chrétien [microforme]Chapitre 6 sur 61 · MARIAGE, CONTRAT INSTITUÉ PAR DIEU · texte numérisé non relu

MARIAGE, CONTRAT INSTITUÉ PAR DIEU

Ce n’est pas la volonté arbitraire de l'homme, c’est Dieu lui-même qui a institué le mariage.

Nous lisons daus la Genèse : ‘“ Dieu créa l’homme et la femme, il les bénit et leur dit : croissez et mutipliez-vous. ” Et encore : ‘ Il n'est pas bon que l’homme soit seul, faisonslui une aide qui lui ressemble.”

Plus bas, l'historien sacré ajoute : ‘ Adam n'ayant pas d'aide qui lui fut semblable, le Seigneur lui envoya ua doux sommeil ; pendant qu'il était endormi, il lui tira une . côte, et mit de la chair en sa place ; il forma de cette côte la femme qu'il présenta à Adam, et Adam dit en la voyant : C’est l’os de mes os, et la chair de ma chair. Elle sera appelée du nom pris de l’homme, parce qu’elle a été tirée de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule Chair.” |

Ces paroles de la Sainte Ecriture nous apprennent que c'est Dieu lui-même qui a établi le mariage avec ses propriétés ei ses conditions.

“ Le premier père du genre humain, dit le Concile de Trente, Adam, inspiré par le Sair.-Esprit, déclara la perpétuité et l’indissolubilité du lien conjugal, quand il dit : Vorci l’os de nes os et la chair de ma chair; c'est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et S'altachera à son épouse, ei us seront deux dans une seule chair.

“ Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné plus ciairement que par ce lien, deux personnes seulement doivent être unies, un seul homme et une seule femme, lorsqu'après avoir rapporté les paroles prononcées par Adam, il dit : C’est pourquoi, ils ne seront plus deux, mais une seule chair; et aussitôt il confirma la fermeté du nœud du mariage, déclarée par Adam si longtempsauparavant, en ajoutant ces mots : Donc ce que Dieua uni homme ne le séparera point.”

Erunt duo in carne und: Unité du mariage.

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Quod Deus conjunæit, homo non separet. Indissolubilité du mariage. |

Le mariage est donc un, indissoluble, même sous son rapport naturel, avant qu'il fut élevé à la dignité de sacrement ; et c’est Dieu lui-même qui, en l’instituant, le déclare un, indissoluble.

C’est donc Dieu qui à établi le mariage et qui a voulu qu'il fut un, indissoluble. Il l’a établi pour Adam et pour toute. sa postérité. Tous les peuples descenden’; d'Adam, soit les fidèles, soit les hérétiques, soit les infidèles. Dieu a donc établi le mariage avec ses lois pour tous les pe‘iples, pour les fidèles, pour les hérétiques et pour les inficèles. Et ces lois obligent tous les peuples comme les autres lois divines. ÆErunt duo in carne und. Quod Deus conjunæit, homo non separet. Tous les, peuples sont obligés d’adorer Dieu, d'éviter le parjure, d’aimer les parents, d'éviter la colère, la fornication, le vol, l’injnstice, le inensonge, parce que la loi divine l’ordonne, de même tous les peuples sont obligés de respecter les lois divines sur le mariage. Comme différentes lois du décalogue ont été altérées chez les infidèles, et que ceux-ci ne sont pas pour cela dispensés de ces lois, ainsi la loi divine dans l'institution du mariage a pu

s’altérer chez les infidèles, mais les infidèles ne sont pas pour.

cela dispensés de ces lois Comme les princes temporels ne sont pas les interprètes de la loi de Dieu en géneral et qu’ils ont souvent failli en l’interprétant, ainsi ils ne sont pas les interprètes de la loi de Dieu sur le mariage et ils se sont souvent trompés en interprétant.

Comment donc connaitre ces lois et le sens véritable de “es lois de Dieu sur le mariage ? Tous les peuples ont conservé quelques traditions primitives. Suivant que ces traditions ont été plus ou moins altérées, leur doctrine sur le mariage a été plus cu moins vraie. Mais Dieu a confié le dépôt des traditions et de ses lois à une autorité visible : Eglise visible avant Jésus-Christ, dans les Saints Patriarches, dans le peuple de Dieu, dans les saints des temps anciens ; Eglise visible depuis Jésus-Christ, dans l’Eglise catholique; et il a chargé cette autorité, son Eglise, de les expliquer, de les interpréter.

L'Eglise seule nous déclarera donc quelle est la loi du mariage dans le genre hunmain.et chez Le fidèles, et chez les hérétiques et chez les infidèles.

C'est toujours d’après les décisions du Saint-Siége que les missionnaires se règlent dans les questions concernant les

mariages des infidèles et des hérétiques qui se convertissent

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Innocent [fl déclare que les empèchements de droit ecclésiastique ne lient pas les infidèies, parce que, n’ayant pas reçu le baptème, ils ne sont pas sous la juridiction de l'Eglise. Ils peuvent par conséquent contracter validement des mariages qui seraient invalides, s'ils étaient contractés sans dispense par ceux qui sont sous la juridiction de l'Eglise, par exemple, les ‘nariages des parents au second degré ; et s'ils se convertissent à la foi, ils doivent rester ensemble, sans qu’il soit nécessaire de solliciter une disrense de l’empèchement de parenté, parce que leur mariage contracté dans l’infidélité a été valide. (Cap. de infidelibus de consanguin. et affin.) Matrimonium sic (avec l’empêchement de consanguinité ou d’affinité) contractum non est post Baptismi lavacrum separandum, cum à Judæis Dominus requisitus, si liceret uxorem ex quicumque causé dimiltere, ipsis respondit : quos Deus conjunæit, homo non separet : per hoc innuens esse matrimonium inter eos.

Innocent III déclare aussi qu’un infidèle qui s’est séparé de sa femme et qui se convertit, doit la reprendre, à moins qu’elle ne refuse de cohabiter avec lui. En même temps le Souverain-Pontife déclare que le divorce n’est pas permis aux infidèles: Paganus, qui secundüm ritum suum legitimam repudiavil uxorem, cûm tale repudium veritas in Evangelio reprobaverit, numquäm, ed vivente, licitè poterit aliam, etiäm ad fidem Ehristi conversus, habere, nisi post conversionem ipsius illa renuat cohabilare cum ipso.

Benoit XIV déclare que les mariages contractés sans dispense entre les infidèles et les hérétiques sont nuls. (Matrimonium) quod antè üinierant, irritum omniné fuit propter impedimentum dirimens, quod vocatur disparitatis cultüs).

C'est donc le Souverain-Pontiie qui déclare quelle est la loi du mariage,non-seulement chez les fidèles, mais chez les hérétiques et chez les infidèles ; et il donne ses décisions, indépendamment des lois locales et des princes temporels.

Dieu qui a voulu que le mariage fût un et indissoluble, a permis dans les temps anciens,en certains cas, le divorce, et la pluralité des femmes.

La loi de Moïse a permis, en certaines circonstances, les lettres de divorce et la séparation ; mais, dit J. C., c'était à cause de la dureté de vos cœurs. De même, dans les temps anciens, Dieu a permis la pluralité des femmes, Jacob épousa Lia et Rachel, mais il n’en était pas ains: dès le commencement, et la loi de J. C. a révoqué ces permissions, comme nous l'enseigne St. Paul

Quant au mariage des infidèles, c’est-à-dire de ceux qui

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n’ont pas reçu le baptême, voici un cas, où, comme St. Paul nous l'enseigne, aujourd’hui encore le divorce est autorisé, quelles que soient les lois de l'autorité civile. Un infidèle marié se convertit au christianisme, l’autre partie s’obstine dans linfidélité et se sépare de la partie convertie. Dans ce cas, celui qui s’est converti, peut se considérer comme libre de ses engagements, comme séparé de l’autre qui l’a quitté, et se marier.

De même, un homme ou une femme se convertissent ; la :

partie restée infidèle maltraite et expose au péril de perdre la foi celle qui est convertie ; la partie fidè'e peut quitter la partie infidèle et se marier. Ce sont des divorces àutorisés par Dieu dans :a Sainte Ecriture. Mais chaque fois que l'autorité civile voudra autoriser le divorce, l'Eglise répondra : Ge que Dieu a uni, l’homme ne le séparera pas. Ainsi, Dieu a uni ces infidèles, Dieu à uni ces hérétiques, l'homme ne les séparera pas. Ainsi Dieu défend aux infidèles de divorcer, aux hérétiques de divorcer, et les infidèles et les hérétiques transgressent la loi de Dieu, quand ils divorcent: car Dieu est l’auteur de leur mariage, et ce que Dieu a uni, l’homme ne le séparera pas.

Si les infidèles ou les hérétiques prétendent contracter un nouveau mariage, du vivant de la partie qu’ils ont abandonnée, ce ne sera plus un mariage : Ce ne sera qu’un adultère continu et un honteux concubinage.

Voilà pourquoi le Souverain Pontife Innocent ITT déclare (ce sont ses paroles) : qu'un païen qui répudie sa légitime épouse, s'il se convertit à la foi, ne nourra jar: ais, du vivant de celle qu'il a 1épudiée, se marier à une autre, à moins que l'épouse infidèle refuse de cohabiter avee lui; car Jésus- Christ, la vérité même, a réprouvé un tel divorce dans l'Evangile.

Mais les infideles ct les hérétiques disent: Nos lois nous permettent le divorce. Notre auguste souverain et nos assemblées législatives autorisent notre divorce. Et votre auguste sonverain et vos parlements auraient-ils quelque pouvoir, quelque autorité contre l'autorité et contre le pouvoir de Dieu ? Dieu a-t-il dit à votre auguste souverain et à vos assemblées législatives : Je vous autorise à séparer ee que ve uni ?

Ces lois dont vous parlez, que sont-elles ? Elles ne sont que l'expression des passions déréglées de l’homme. Il vous est défendu de vous y conformer, comme il était défendu aux chrétiens d’ohéir aux lois qui ordonvaient d'offrir de l’encens aux faux dieux. Pour que la loi humaine oblige, il faut qu'elle soit conforme à la volonté de Dieu.

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Dieu est l’auteur de votre mariage. Ce que Dieu a uni l'homme ne peut pas le séparer. Toute loi civile qui préten autoriser à séparer ce que Dieu a uni, est une iniquité.

Dieu seul peut faire cette déclaration : Je sépare ce que j'ai uni Et tous les pouvoirs humains sont nuls devant ce pouvoir divin.

Chacun doit savoir qu’en conscience, il pêche, quand il concourt à reconnaître à un pouvoir humain le droit de transgresser la loi de Dieu sur le mariage, Jamais Dieu n’a donné, ni aux princes infidèles, dans les temps anciens ou modernes, ni aux princes chrétiens, aucun pouvoir sur le lien conjugal ; il leur laisse seulernent régler {es effets civils du mariage.

Si quis dixerit causas matrimoniales non spectare ad Jjudices ecclesiasticos, anæthema sit. (Conc. Trid.)

‘“ Si quelqu'un dit que les causes qui concernent le mariage, n’appartiennet pas aux juges ecclésiastiques, qu’il soit anathème ! ” |

Certains doctrinaires veulent se donner le droit de faire des lois sur le mariage ; il$ disent qu'ils ont beaucoup d'arguments en leur faveur. Patience, on examinera leurs raisons, on y répondra, tout viendra en son temps.

Nous avons donc démontré que Dieu est l’auteur du mariage, que Dieu a voulu que le mariage fût un et inAissoluble, et qu’il a dit par son Eglise dans quel cas 1l permet le divorce.

Quand nous avons parlé du mariage des infidèles, nous avons parlé d'un véritable mariage, ‘el qu’il existait chez les Grecs, chez les anciens Romains et chez les autres peuples avant qu'ils fussent dégradés; nous avons parlé de ce contrat naturel par lequel un seul homms et une seule femme s'unissent légitimement d'une maniere stable pour former ensemble une société perpétuelle. Nous n’entendons pas parler de ces peuples dégradés qui, dans leur sbrutissement, achètent des femmes pour les revendre ensuite quand ils en sont dégoûtés ; ou bien de ces peuples modernes, chez qui l’homme et la femme contractent pour quelques années, à condition de se réparer quänd bon leur semblera. Ils ressemblent, quant au mariage, aux anciens habitants de leurs forêts.

Si cependant, même dans cet état de dégradation, un homme faisait avec une femme le contrat naturel dont nous avons parlé, il serait légitimement marié avec elle, et il ne pourrait plus s’en séparer. Etla première avec laquelle il a formé le contrat dont nous parlons, sera toujours devant Dieu la seule vraie, la seule légitime épouse. Ce qui se

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passe hors de ce contrat unique, tant que les deux vivent, ne peut être considéré que comme un indigne libertinage.

Après avoir considéré le mariage comme contrat institué par Dieu lui-même, considérons-le dans l’état où il a été élevé par Jésus-Christ. Considérons le contrat matrimonial devenu, par la volonté de Jésus-Christ, sacrement pour tous ceux qui ont reçu le baptême. Remarquons seulement qu’étant élevé à la dignité de sacrement pour les chrétiens, le contrat matrimonial est resté pour les infidèles soumis aux jois que Dieu a. établiés pour nos premiers parents. Comme contrat naturel et divin, c’est le même contrat pour ceux qui sont infidèles, mais il n’est pas contrat-sacrement. Pour le chrétien, il est contrat-sacrement. Mais pour ler uns et les autres, il est resté soumis aux lois que Dieu a établies dans son institution. Elevons donc nos pensées et nos cœurs pour considérer le mariage chrétien.

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