‹ Instructions dogmatiques sur le mariage chrétien [microforme]Chapitre 8 sur 61 · MARIAGE CIVIL · texte numérisé non relu

MARIAGE CIVIL

Filii sanctorum sumus, et non possumus ità conjungi.sicut gentes quæ ignorant Deum.

Nous sommes les enfants des saints, et nous ne pouvons nous marier comme les gentils qui ne connaissent pas Dieu Tob. 8. 5.

MONSEIGNEUR, M. F

Nos pieux ancêtres dans la foi s'étaient fait la plus haute idée du sacrement de mariage. [ls comprenaient tout ce qu'ily a de grand, de saint, de mystérieux dans l’union légitime de l’homme et de la femme. Saint Augustin nous fait remarquer que du temps des apôtres, le Saint-Esprit descendait visiblement sur ceux qui étaient confirmés, afin de montrer qu'il descend toujours invisiblement dans le cœur de ceux qui reçoivent ce même sacrement. Ainsi notre divin Sauveur a honoré de sa présence lés noces de Cana, pour faire voir qu'il se trouve toujours invisiblement aux noces des fidèles. C'est lui qui unit les époux. C’est un article de foi, puisque la vérité même nous a dit: ‘ que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni.”

Les autres sacrements signifient des grâces particulières qui sont ies effets du mystère de l'incarnation, Le baptéine siguifie que l’âme de l'enfant est purifiée du péché originel; l'extrême onction, que l’âme du malade est fortifiée, contre les tentations; mais le mariage signifie la grâce même de l'incarnation, de l'union hypostatique eutre la nature divine et la nature humaine, l'alliance auguste du Verbedivin avec l'humanité et avec l'Eglise catholique.

Vous comprenez aisément, mes frères, que quand les chrétiens se sont formés des idées aussi saintes et aussi sublimes du sacrement de mariage, ils ne peuvent le recevoir

qu'avec une grande pureté d’Âme, et des dispositions parfaites. Ils disent comme Tobie : nous sommes les enfants des saints, et nous ne pouvons pas nous marier comme les gentils qui ne connaissent pas Dieu.” C’est une chose impossible pour tons ceux qui savent ce que c'est que d’être les enfants des saints.

Malheureusement l'impossibilité n’existe plus. Chaque jour des chrétiens se marient:comme les :gentils qui ne connaissent pas Dieu. hate Ve

Deveuus matériels et sensuels, les hommes voudraient ne plus considérer le mariage comme une institution divine, comme un sacrement, ils voudraient n'y voir qu'une instituon purement humaine, qu'un contrat puretuent civil, soumis aux mèmes lois que les autres contrats, pouvant être changé, modifié, rompu, annulé par les lois de l'Etat.

Une fausse doctrine qui est bien commune et bien répandue en plusie‘rs états, une doctrine qui se répandra partout, si les cath;liques ne montrent de la vigueur et'de l'intelligence, c’est que, dans les mariages des chrétiens, le contrat doit ètre distingué du sacrement, que le contrat est souris aux lois de l'Etat, et que le sacrement seul est du domaine de l'Eglise. Cette doctrine est fausse, elle est une cause de désordre et de perdition ; elie est condamnée par l'Eglise.

IL ést nécessaire que la question du mariage civil soit traitée devant vous. Ce mal, après avoir infecté plusieurs peuples chrétiens d'Europe ei d'Amérique, cherche à se répandre et à atteindre les heureuses populations qui en ont été préservées jusqu’à ce jour. Partout où dominent certaines sociétés secrètes, une de leurs premières œuvres est d'établir le mariage civil; témoin ce qui se pässe de nos jours en Îtale et en Portugal. Et vous savez les efforts qu'elles font pour s'emparer du pouvoir et faire prévaloir leur fune:te doctrine.

Il est bon de remarquer que, dans nos instructions, nous ne vous eXposons pas des opinions, nous ne développons pas devant vous de vaines théories, mais nous vous rappelons différents points de la doctrine catholique, et nous vous montrons Comment les erreurs contraires à cette doctrine sont condamnées par le Saint Siége. s

Disons d’abord ce qu'il faut entendre par mariage civil; ensuite, quelle en a été l’origine, quels en ont été les progrès ; enfin quels sont les maux qui en résultent.

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