LÉON ÉVÉQUE, : SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU
À loue les Fidèles Chrétiens qui verront ces Lettres, Sulut et Bénédiclion Apostolique.
NOTRE âme tressaitlait de Joïe en Dieu notre Sauveur, lorsque, l’an née dernière, après les longues et noires tempêtes qui avaient agité partout la-sainte Eglise de Jésus-Christ, nous vous annoncions, au bruit de la trompette Apostolique, qu'enfin venaient de luire des jors plus doux et plus heureux, Nous pûmes nous féliciter alors avec vous tous de voir commencer l’année de la miséricorde du Seigneur, l’année du grand Jubilé dans laquelle le trésor infini des mérites de notre Sauveur et üe ses Saints, trésor dont la bonté céleste a daigné nous rendre le dispensateur, et que, par un juste et sévère jugement de Dieu sur les péchés des hommes, l'ennemi du genre humain avait tenu si long-tems fermé, allait s’ouvrir de nouveau par le ministère de notre faiblesse, Ainsi, prêchant ä tous le temps favorable et les jours de salut, nous exhortâmes avec un amour paternel tous les Fidèles Chrétiens à apaiser, par la sincère pénitence du cœur et par réforme des mœurs, la divine Majesté tant de fois offensée par uos crimes;
à recourir avec conflance au trône de la grâce divine, pour obtenir miséris corde dans le moment. opportun, à entreprendre, selon la coutume anicittte he, un pieux pélerinage aux tombeaux des saints Apôtres, afin d'y méris ter, par d'humbles supplications, le pardon de leurs péchés.» Aujourd’hui tous vous annonçons, avec un nouveau tressaillement de joie, qu'à cet égard notre .#atisfaction a été complète,et que, selon les désirs de notre cœur, l'heureuse année du Jubilé a commencé et fini, non seulement avec paix et tranquillité, mais encore, par le bienfait de la divine miséricorde, d'une manière pieuse et sainte, et comme nous avons toute raison de l'ese pérer, avec beaucoup de profit pour les âmes, Car, selon l'antique usage et avec. la solennité accoutumée, nous avons ouvert et fermé les portes saintes, soit par nous-même, soit par nos Vénérables Frères les Cardinaux de la sainte Église Roïmaine, En eflét, la veille de la Nativité de Notte- Seigneur, nous avons ouvert nous-mêmes la porte suinie de la Basilique du Prince des Apôtres sur le Vatican, avec une joie incroyable de notre cœur, et au milieu d’un grand concours de peuple ; en même tes nous avons commis des Cardinaux créés Léguts à lalere, pour ouvrir les portes des autres Basiliques. Pareillement, ta fête de la Nativité du Seigneur revenant après une année révolue, les portes saintes ont été fermées avec le même rit solennel, soit per nous, soit par des Cardinaux également revêtus de l'honorable titre de Légats; de sorte que la fin a parfaitement répondu à de si heureux commencemeus, | Îl a manqué néanmoins à notre consolation de ‘pouvoir réunir selon l’ancienne coutume, aux trois Basiliques du Prince des Apôtres, de Saint Jean-de-Latran et de Sainte Marie-Majeure, la quatrième, celle de Saint Paul sur le chemin d'Ostie, afin qu'elle fût visitée comme les autres par le concours du peuple pour gagner l'Indulgence du Jubilé. Mais ce riche ornement de Rome, monument insigne de la munificence et de la piété des anciens âges, consacté par la religion de tant de siècles, ayant été, il y a environ deux ans, la ptoie d’un violent incendie (juste sujet de douleur pour nous, pour le peuple Romain et pour tout le monde Catholique); en Même temps que noks n'épargnons aucun effort pour faire sortir cet édifice de ses ruines, nous avons jugé convenable de pourvoir à la sûreté, von moias qu’à la piété des Fidèles empressés de participer à l’Indulgence du Jubilé. En conséquence, à la Basilique du Docteur des Nations réduite en cendres, nous avons substitué l'antique et vénérable Basilique de Sainte Marie au delà du Tibre, pour qu’elle jouit, pendant cette année sainte, des mêmes priviléges et de toutes les grâces qui avaient té précé= demment accordées à celle de Saint Paul ; suivant en cela l'exemple de notre prédécesseur Urbain VIIT, d'heureuse mémoire, qui, voyant qu’au temps Gu Jubilé promulgué par lui, les Fidèles ne pouvaient, sans péril, fréquenter la Basilique du Saint Paul, à causc de l’insalubrité de l'air et
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Nous avons donc rempli exactement tout ce qui était de notre ministère ; noûs avons ouvert à tous, par l'autorité qui nous est accordéé d’en haut, les trésors de la miséricorde divine, et nous avons, avec une affection pus ternelle, invité tous les Chrétiens à venir, pleins de joie, puiser les eaux dans les sources du Sauveur, eaux viviflantes, eaux qui tejaillissent à la vie Éternelle, Maïs à quoi tout ccla auraitsil servi, si la pieuse disposition des Fidèles et un #èle sincère pour leur propre salut n’avaieut pas répondu à notré sollicitude et à nos vœux ? Aussi davons-nous à cet égard bénir notre Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Père dés miséris cordes et le Dieu de toüte consolation, qui a daigné nous consoler dans cette année uu delà de ce que plusieurs avaient osé attendre, et qui a avr cordé à ses ouailles d'enténdre la voix du Pasteur Suprême par la bouche dé son Vicaite indigne sur la’terre.. Quoiqu'en effet nous n'ayÿons pas vi cette multitude d‘homines de toutes les nations dû monde, qui, à l’occasion du Jubilé, se-rassémblaient autrefois dans la Ville Sainte, et dont ie spec« tacle, objet de l’adiniration de tout l'Univers, réjouissait merveilleusement les Pontifes Romains nos” prédécesseurs, et les remplissait de lu plus puré,
“comimne de la plus vive allégressé ; cependant cette diminution du nombre ‘des Fidèlés accourant aux b
ant ortiques sacrés, nous avons lieu de l'attribuer, üon pau À une dirninütion de foi dans les cœurs, ou à un refroidissement
“pour les œuvres de piété, mais plutôt au malheurs du tems; et ces
mälhéurs ontiété tels, que ce n'est pas ans une grand apparence de juste raison que beaucohp ont redouté les dahgers du pélerinage, eñcote que d'ailleurs toùt se soit passé fort heureusement, Dieu ayant bien voulu, ‘comme ën pareille circonstance, éloigner de nous durant ce témps toute espèce dé calamités. - sd
Ce bienfait:de sa providence ne sera sans doute coflesté par personne, si l'on cohsidère avec attention tous ceux qui sont venus dans la Cité sainte À l'occasion du Jubilé ; car le concours des pélerins a été continuël et assez considérable perdant toute l’année : et, toutefois, il n’y a ni dans la ville ni dane Ké pays où ils ont passé, aucun trouble, aucun tumulre ; mais partout udé joie merveilleuse, partout des transports sincères, et la bonne odeur de Jésus-Christ en tout lieu, Et quant à notre Capitale, en quel temps y régna-t-il une pe plus profonde, une sécurité plus compléte ? À quelle époque yit-on briller d’un plus grand éclat la religion, la piété, la foi la charité et toutes les vertus ? Quand cette noblu Cité sembla-t-elle plus métiter le nom de Mère et de Capitale du monde Chrétien, non seulement bar l'autorité du gouvernement spirituel, mais encote par l'exemple: de la foi? O quelle bellé émularion de ferveur entre le étrangers et les Ro:
mains ! Comme elle était digne des regards de Dieu, des Anges et des hommes! Combien de fois nous avons vu de nos propres yeux de nombreuses troupes de nationaux et d'étrangers, accourant à l'envi aux saintes Basiliques, en esprit d’humilité et avec un cœur contrit, pour recevoir dans Jeurs âmes purifiées par le sacrement de la reconciliation, les mystères vivifians. de l’unité Chrétienne ; invoquant en même temps la céleste clémence, implorant le secours et la protection de la glorieuse Vierge Marie, du bienheureux Précurseur et des Saints Apôtres, priant tous ensemble pour la paix et l’exaltation ce l’Eglise Catholique, pour la conservation et le salut de tous ceux qui croient en Jesus-Christ, pour la concorde et la félicité des princes chrétiens, enfin pour le retour de tous ceux qui s’égarent, et pour la sinvère conversion des pécheurs: Combien de foisnousavons entendu de nos propres oreilles les vastes places,les rues et les collines de Rome,retentir au loin de doux cantiques, de pieuses prières et de louanges divines ! Combien de fois nous avons.senti nos entrailles paternelles profondément émues, en voyant des troupes de Fidèles prosternés. & nos pieds, honorer dans la foiblesse de notre personne la puissance du Vicaire de Jesus-Christ et nous prodiguant tous les témoignages d’une obéissance filiale, révérer en, nous le Prince même des Apôtres, dont la dignité se conserve jusque dans son indigne hénitier,
Que dirons-nous des services de tout genre, inspirés par la miséricorde Chrétienne et rendus aux indigens de toute espèce et de toute nation ; de l'hospitalité exercée envers. les pélerins et les étrangers ? Avec quelles marques d'une sincère bienveillance n’étaient-ils pas reçus à leur arrivée dans lu Ville sainte! De quels soins. assidus n'étaient-ils pas l’objet ! Que d’attentions charitubles pour leur faire oublier les fatigues du pélerinage! Est-il besoin de représenter nos vénérables frères les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine et Les Grands de notre Cour donnant, comme il convenait, l'exemple à tous? Parlerons-nous des autres innombrables Fidèles des deux sexes, -de tout âge et de toute condition, dont plusieurs, non moins distingués par leur rang et leur noblesse que par une piété véritable, s'abaissant au-dessous même des derniers de leurs frères, se sont faits des modéles vivans d’humilité Chrétienne? Et dans le nombre, on a vu des Princes d’un sang Royal, des Souverains qui, par la pratique des bonues œuvres, dans l’ardeur même de la jeunesse, ont excité parmi les Romains et les étrangers une telle admiration, qu'ils ne cessent encore d'en glorifier Dieu et leur Père qu est aux Cieux. Enfin, avec quelles louanges relèverons nous le zèle éclairé, infatigable, et les travaux continuels des vénérables Prêtres et séculiers, et réguliers, qui ont rendu facile à la multitude des pénitens l'accès des sources de miséricorde, fin et but unique de cette salutaire institution du Jubilé ? Mais chacun recevra de Dieu la louange qui luiest dûe pour tout le bien qu'il a fait : quant à nous, qui rap-
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pelons ces souvenirs, nous sommes forcés d’avouer que les paroles sont iu-
suffisantes pour exprimer cette joie intime dont notre cœur a été inondé àce spectacle, et dont le sentiment délicieux nous a tant de fois ému jusqu’ aux larmes, .
Cette année a donc éte véritablement une année de salut, et pour les ha- bitants de cette cité, et pour les nombreux fidèles qui, venus à Rome en pieux gén, pourront, de retour chez eux, confirmer, par leur témoigpage détaillé, ce dont nous n'avons fait ici qu’une légère esquisse. Car eux-mêmes ont vu plus d'une fois, avec admiration, quelle est la force de la charité Chrétienne, pour exciter dans le cœur de ceux qui en sont les témoins, la foi, l’amour de Dieu, le repentir sincère de leurs péchés et un vif désir de perfection ; de cette charité Chrétienne, dis-je, qui ne se trouve que dans l’Eglise Catholique, et qui montre surtout par ses fruits toute la distance qui la sépare de la fausse charité. De retour dans leur patrie, ces pélerins ne raconteront pas seulement combien d’âmes foibles ont été fortifiées, combien de malades rendus à la santé, d’égarésremis dans la
voie de la justice; mais ils se montreront euxmêmes renouvelés de cœur et
d'esprit, amis de la paix et de la concorde, fidèles à leur Prince comme à Dieu, et enfin tellement attachés à l’immuable et souverain bien par la foi,
l'espérance et la charité, qu’il sera manifesté qu'ils ont déposé tout le vaiu
de malice, et qu’ils ont de plus obtenu un riche trésor d’Indulgences, Néanmoins ce fruit, quoique abondant, n'est pas le seul, ni le principal que nous soyons proposé en publiant le Jubilé ; car il convenait que la charité paternelle qui nous presse, embrassât tout l'Univers, .et pourvût au bien particulier de chacun, sans négliger pour cela le bien général. Nous avons donc répandu sur tous les. Fidèles les trésors de la libéralité Apostolique, afin que, saiutement unis par le bien commun, ils puissent, par le concert de leurs vœux, obtenir de la clémence du Seigneur, qu'il daigne augmenter en sainteté, accroître en étendue l’Eglise Catholique et le Royaume de son Fils, délivrer le monde de toute erreur, amener tous les hommes à la connaissance de la vérité et les mettre dans la voie du salut, con solider entre les Princes Chrétiens cette concorde et cette paix que le monde ne peut donner, sauver enfin son peuple, bénir son héritage, et diriger les pas de ses enfans jusqu’ à ce qu'il les ait introduits dans les Cieux. C'est. pourquoi, plein de confiance. dans la miséricorde de Dieu et dans ‘autorité des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, par le pouvoir suprême de lier et de délier que nous avons reçu du Seigneur, tout indigne que nous en sommes nous accordons miséricordieusement dans le Seigneur à tous et chacun des Fidèles Chrèliens des deux sexes, en quelque partie du mon-
de qu’ils se trouvent, unis de communion et soumis au Saint Siége, même
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à ceux qui peuvent étre venus & Rome l'année dernière, et qui, là ou ailleurs, unt déjà, de quelque manière que ce soit, gagné ce même Jubilé,
accordé par fous, pourvu que, vraiment contrils, s'étant confessés el ayant comimumié dans l’espace de sir mois, à compter de lu pubuicalion qui se feru de la présente Bulle dans chaque Diocèse, ils aient visité dévotemens l'Eglise Cathedrale ou Principale, et trois autres Eglises du méme lieu, on de La inéme ville ou des faubourgs, lesquelles seront désignées par les Ordinaires, leurs vicuires où autres d'après leurs ordrés, qu'ils les aient visitées au moins une fois le juur, pendant quinze jours consécutifs ou 8éparés, naturels ou ecclésiastiques (c'est-a-dire, depuis lés premières Vê. pres d’un jour jusqu'à l'entrée de la nuit du lentlemaïn ), et qu'ils y aient adressé à Dieu de ferventes prières pour l'exaltalion de Ta Sainte Eglise notre Mère, pour l'extirpation des hérésies, pour la concorde des Princes Catholiques et pour le salut et la tranquillité de tout le peuple Chrétien; de pouvoir obtenir une fois l'Indulgeñce piénière de celle même année de Jubilé, la rémisssion el le pardon de tous leurs péchés, comme s'ils avaïenl
visité en personne, aux jours marqués, les quatre Busiliques où Eplises désignées par nous dans et hors la ville de Ièome pour gagnér le Jubilé,
et qu'ils eussent rempli toutes les autres condilions requises. Dee
Nous accordons encore, par le teneur des présentés, à ceux qui re trouveratent en Voyage sur terre où sur mer, s'ils reviennent chez eux ou.
qu'ils e”arrètent dans toute autre résidence, après le temps par nots fixé, de pouvoir gagner aussi l’Indulgence du Jubilé, pourvu qu’is accomplissent
les œuvres prescrites ci-dessus, ét visitent ‘autant de fois l'Eglise: Cathédrale, ou Principale ou Paroissiale du lieu de leur dornicile où dé'cette ré-
sidence. Nous accordons pareitlement aux susdits Ordinaires des lieux le pouvoir de dispenser seulement des visites Religieuses, les Convérses, et
autres filles où femmes qui vivent, soit dans l’intérieur des Morastères clot--
tres, soit dans d’autres maisons pieuses, Communautés, ainsi que les Anachorétes ei Ermites, et toutes autres personnes, tant laïques qu’ecclésiastiques, séculières, qui setrouvent en prison où e:captivité, du qui soût retenues par quelqu'infirmié corporelle, ou: partout autré éempêchement qui soit un obstacle aux susdites visites ; etde dispenser de la cotnmunion
les enfans qui n’ont point encore 6té admis: dla première cdmrhunibn ;. comme aussi de prescrire à toutes et à chacune des dites personnes, soit par
eux-mêmes, soit par les Prélats où Supérieurs Régulièrs auxquels ellés sont sOumises, où par de prudens-Confesseurs, d’autres œuvres de piété, de charit 5 où de religion, pour leur tenir respectivement lieu ‘de ces visites, où de la Communion Sacramentelle ;: et méme de require le nornbré des visites, ainsi que la prudence le leur suggèrera, eu faveur des Chapitres, Congrégations, tant de séculiers que de réguliers, Associations, Cônfréries, Universités ou Colléges, qui visitéront processionnellemient les mêmes Eglises, |
En outre, et en vertuide la même autorité et par une grande faveut db
de la c Bieuses desaus, du lieu Religie sexes, tl tion et | la perm fesseur qu’il so des pers territoir pourron ceux et.
solution cussaire:
ment, d et censu que çau et au Si forme Apostol concessi de tous.
pareiller que, cot leur enj œuvres s2rment teté, de qui ne celiX pa péché, 3 du péct péuiten:
culte, q ordres s Nous:
autre ir autre in tractées Llir au ;
a él ayant mn qui se Evolement éme lieu, 8 par les | les aient fs où sé ières Vé.
ils y dient nte Eglise 8 Princes rélien; de née de Ju= Is avaient ù Eplises le Jubilé,
ux qui te eZ eux vu:
is fixé, de omptissent se: Cathé- LB 'cette ré des lieux nivérses; ét
si que les qu'ecclésie û qui sont péchement oinmunion
quels ellés s de piété, es visites, ormbré dés Chapitres, e, Confrément Îles
:faveut dè
stères clote-
union ;.
es, soit par