I. CoNSIDERATION
Deux Canons de ce saint Concile.
A bonté de l’Eglise est si grande, qu’elle
a même de l’indulgence pour ceux qui en méritent le moins, pourvu qu’ils commencent de bonne foi leur pénitence. C’est ce qui paraît dans deux Canons du Concile de Nicée. Le Canon 11 parle ainsi: ‘ Pour ceux qui sont ‘ tombés sansnécessité, sans perte de biens, sans ‘ péril ou autre chose semblable, ainsi qu’il est ‘ arrivésous la tyrannie de Licinius; encorequ’ils ‘ soient indignes de toute douceur, ila plu né- ‘ anmoins au saint Concile qu’on en usât en- “ vers eux”. Cette douceur allait néanmoins à les laisser douze ans en pénitence à cause de l'énormité de leur chute, en les déchargeant du reste que la rigueur de la discipline exigeait alors, tant était vive l’impression des saintes ri. gueurs de l’Église où le jugement de Dieu s’exerçait. Mais le Canon 12 s'explique plus clairement sur l’indulgence, et il déclare :
‘ Qu’en toutes ces choses qui regardent la pé- “ nitence (tant dans le Canon 11 que dans celui. ‘ ci) pour tous ceux qui auront montré par les « effets, c'est-à-dire, commeils l’expliquent, par “]a crainte des jugemens de Dieu, parleurs ‘ larmes, leur patience et leurs bonnes œuvres, ‘ que leur conversion est véritable et non pas ‘ feinte; après certains exercices de plusieurs
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‘ années, qu’il serait trop long d’expliquer, il “ sera permis à l’Evêque d’ordonner pour eux ‘“ quelque plus grande douceur et humanité, ‘ Mais pour ceux qui auront fait pénits' ce in- ‘ différemment, croyant (remarquez ces mots) ‘ que c’est assez d’entrer dans l’Eglise pour être “ converti, ils achèveront leur temps”, et on ne leur fera aucune grace. Ainsi la douceur et Phumanité, c’est-à-dire, l’indulgence, selon l'esprit de lEglise et de ce grand Concile, est attachée à la ferveur avec laquelle on aura subi les travaux de la pénitence.