‹ Instructions et médiations pour le temps du Jubilé [microforme]Chapitre 25 sur 34 · II. CoNsIDERATION · texte numérisé non relu

II. CoNsIDERATION

Ce que c’est, selon ce Concile, que faire pénitence indifféremment.

Pesons ces paroles des pères de Nicée : “ Ceux ‘ qui feront pénitence indifféremment, croyant “que c’est assez d’entrer dans l’Eglise pour ‘ être converti, acheveront leur temps”. Que veulent dire ces pères par cette pénitence indifférente, sinon une pénitence et des œuvres satisfactoires pratiquées avec mollesse, avec nonchalance, sans componction, sans courage, sans sentimens, sans prendre rien sur soi-même, sans éviter les occasions qui nous induisent au mal, qui rendent la tentation victorieuse denotre faiblesse. Pour sortir de cette funeste indifférence, il faut s’attacher à la prière, au jeûne, aux aumônes, aux bonnes œuvres, et travailler sérieusement à l’œuvre de son salut, à la durée permanente de sa conversion, autrement on prend trop indifféremment la pénitence ; (Apoc. 3. 16.) on est de ces tièdes que Jésus-Christ vo-

mit de sa bouche, et l’indulgence n’est pas faite pour de tels états, selon le Concile de Nicée.

PRIERES, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS

On demande à Dieu la ferveur intérieure où l’Eglse nous veut porter par l’indulgence.

DIEU, ôtez de mon cœur cette noncha-

lance qui me fait prendre la pénitence indifféremment : il faut avoir oublié ses péchés, ses obligations, son salut, vos Jugemens, vos miséricordes, vos graces, pour faire nonchalamment, et avec mollesseet indifférence, une action aussi importante que celle de la pénitence.

Mon Sauveur, je tremble à cette terrible menace de vomir les tièdes, c’est-à-dire, ceux qui font lâchement votre œuvre. Mais quelle œuvre doit être faite moins lâchement que l’œuvre de la pénitence, où il s’agit de réparer ses làchetés et ses négligences passées?

O mon Dieu ! dans la pénitence il faut vaincre sa faiblesse et ses mauvaises habitudes : quelle action demande plus d’effort, plus de violence que celle-là? N’est.ce pas ici l’occasion où le royaume des cieux souffre violence, et doit être enlevé par force, afin que la coutume de mal faire, cède, comme dit Saint Augustin, à la violence du repentir? Ut violentiæ pænitendi cedat consueludo peccandi.

Seigneur, pour éviter cette nonchalance, donnez-nous ce que votre Eglise, dans le Con. cile de Nicée, demandait aux pénitens: Ja crainte qui nous fait fuir les occasions du péché

pas faite Nicée.

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