‹ Instructions et médiations pour le temps du Jubilé [microforme]Chapitre 27 sur 34 · I. ConNsIDERATION · texte numérisé non relu

I. ConNsIDERATION

| La Doctrine du Concile de Trente dans le décret

rapporté ci-dessus, suffit pour renouveler dans la pratique de la pénitence et de l’indulgence, l'ancien esprit de l'Eglise.

| F ne s’agit pas ici de faire une histoire cu-

rieuse des Indulgences, ni de marquer tous les degrés par lesquels on s’est relâché de l’an-

cienne rigueur des Canons. Il n’est pas même besoin d’examiner si ces Canons subsistent encore d’une certaine manière, et si l'Eglise y a quelque égard dans les Indulgences, comme les docteurs le pensent communément. Les In.

dulgences plénières opposées aux indulgences de sept ans, de quatorze ans, de vingt ans, de vingt jours, de quarante jours, de soixante jours, de cent jours et autres pareilles, semblent faire voir que les Canons pénitenciaux ne sont pas entièrement oubliés; puisque l'Eglise y regarde encore dans ces Indulgences. Mais en laissant ces questions à l’École, et pour ne méditer ici que ce qui sert à l'édification, le Concile de Trente suffit pour nous faire voir que l'Eglise conserve le droit et lintention d'exercer ces saintes rigueurs dans la pénitence; d'y donner des pénitences convenables et proportionnées ; des pénitences qui nous rendent conformes à Jésus-Christ crucifié et satisfaisant pour nous à la justice de son père ; des pénitences qui servent de frein à la licence, et qui soient non-seulement, par rapport à nous,’ un remède des habitudes vicieuses, mais encore par rapport à Dieu une vengeance et un châtiment des péchés passés: voilà l’abrégé et le précis des paroles du Concile de Trente, que nous avons rapportées de la Sess. 14, chap. 2 et 8. C’en est assez pour nous faire voir que lintention de lEglise est toujours de conserver l’ancien droit qu’elle a d'exercer sévèrement sur les pénitens la justice que Dieu a remise entre ses mains. Cette doctrine du Concile contient en vertu toute l’austérité des anciens Canons : l’é-

pas même istent en- Eglise y a omme les Les In.

dulgences ot ans, de > soixante les, semnciaux ne ue l'Eglise es. Mais et pour ne ication, le faire voir l'intention pénitence; et propordent consatisfaisant s pénitenqui soient n remède e par rapiment des précis des ous avons t 8. C’en ’intention èr l’ancien sur les péentre ses ntient en ons : l’é-

normité des péchés que commettent les Chrétiens n’est pas moins grande : leur ingratitude qui outrage le Saint-Esprit qu’ils ont reçu dans le baptême n’est pas moins horrible: la justice de Dieu n’a pas changé ses règles : la pente des mauvaises habitudes contractées par le péché n’est pas moins dangereuse, et la licence de pécher n’est pas moins à craindre que dans les premiers siècles. L'Eglise appuie toutes ces rai. sons dans le Concile de Trente avec une force qui ne cède en rien à celle des pères: la pénitence n’est un second baptême qu’à ce prix; ct comme dit le Concile, s’il n’est accompagné de grands pleurs et de grands travaux, ce ne sera point ce baptême laborieux qui nous ramène à notre première pureté et intégrité. Que si la vigueur de l’ancien esprit du christianismesubsiste dans toute sa force, on a toujours le même besoin de la clémence et de l’indulgence de l’Eglise.

IT. CoNsIDERATION.

Autres décrets importans du même Concile.

C’est pourquoi ce même Concile entrant dans l'esprit et dans le zèle de l’antiquité : pour conserver les Indulgences contre la témérité des Hérétiques, et déterminer ce qu’il en faut croire, parle ainsi : (Contin. Sess. 25. Dec. de Indulg.) ‘ La puissance de conférer les Indulgences ayant « été donnte à l’Eglise par Jésus-Christ, et la ‘ même Église avant usé de cette puissance Gés “ les premiers temps ; le saint Concile enseigne ‘“ que l’usage des Indulgences, très-salutaire au «“ peuple chrétien et approuvé par l’autorité des

‘ saints Conciles, doit être conservé. Le même ‘: Concile frappe d’anathême tous ceux qui assu- ‘ rent ou qu’elles sont inutiles, ou que la puis- “ sance de les accorder n’est pas dans l’ Eglise, ‘ Elle souhaite pourtant qu’on apporte à les ac- ‘ corder la modération qui est établie par la cou- ‘ tume ancienne et approuvée dans l’Eglise ; de ‘ peur que la discipline ecclésiastique ne soit « énervée par une excessive facilité.” Le reste de ce décret ne regarde que les Evêques et le soin qu’ils doivent prendre de déraciner la superstition, les gains illicites, et les abus qui se pourraient trouver dans la dispensation et l’usage des Indulgences : ce qui revient au décret du même Concile, où il est réglé, ‘ que les Indul- ‘“ gences et les autres graces spirituelles, dont ‘il n’est pas juste de priver les fidèles de Jésus- ‘“ Christ, sous pretexte qu’on en abuse, seront ‘ publiées avec les circonspections prescrites ‘# dans ce décret : (Sess. 21. ch. 9. de Reform.) ‘ En sorte enfin, conclut le Concile, qu’on en. “ tende que ces célestes trésors de l'Eglise sont ‘ dispensés, non pas pour le gain, mais pour la 6 piété.” |

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