SECOND SIÈCLE
Le second siècle produisit un plus grand nombre d'hérétiques. Les principaux sont les disciples de Saturnin et de Basilides , les gnostiques et les valentiniens,les marcionites, les montanistes et les encratites.
Les disciples de Saturnin et de Basilides étaient eux-mêmes disciples de Simon le magicien et de Ménandre ; Us ajoutèrent plusieurs extravagances à celles de leurs maîtres.
Saturnin fut le premier qui condamna les noces et le mariage.
Basilides osa le premier soutenir que Jésus- Christ n'avait eu qu'un corps fantastique , et qu'il n'avait pas été véritablement cruciûé. Ces hérétiques ont été puissamment réfutés par saint irénée , dans ses livres contre les hérésies; par saint clément, prêtre d'Alexandrie, dans ses stromates ou tapisseries , et par les autres Pères qui vivaient alors.
(1) Liv. des écriv. ecclésiast. sur S. Jean, ch. 19.
de l'église. 525
Les gnosttgues suivaient la plupart des erreurs des hérétiques précédents* Ils disaient que Jésus-Christ était un pur homme; ils Joignirent à cela des pratiques abominables, que les païens attribuaient par prévention, ou par calomnie, à tout le corps des chrétiens, pour avoir un prétexte spécieux de les persécuter. Ces hérétiques ont été réfutés par les mêmes auteurs (1).
Ce serait un détail ennuyeux, que de mettre ici le catalogue des erreurs des valentlniens, des serdoniens, des marcioniles. Tous ces hérétiques étaient des rejetonsdes hérésies précédentes, auxquelles ils ne faisaient qu'ajouter de nouvelles imaginations , plus extravagantes les unes que les autres, lis ne laissaient pas d'avoir un grand nombre de sectateurs; et les Pères de l'Eglise étaient obligés de les combattre trèssérieusement, c'est ce qu'ont fait Tertullien, saint Irénée, saint Justin, saint Epiphane, saint Clément d'Alexandrie, et plusieurs autres.
Les monlanistes y ou cataphrygiens eurent pour auteur Montan, phrygien de nation, qui voulut passer pour le Saint-Esprit, le Paraclet,
(I) On peut lire aussi Minutius Félix , qui répond fortement, dans son livre intitulé : Octavius , aux calomnies des gentils contre les chrétiens.
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fct qt)1 faisait régarder comme prophétesses deux femmes de mauvaise vie qu'il menait 'avec foi.
il prétendait que les secondes noces étaient détendues, il voulait obliger les fidèles à observer trois carêmes , au lieu qu'Us n'en observaient qu'un, selon la tradition des apôtres. ¥l' prétendait qu'il y avait un grand nombre de péchés dont l'Eglise n'avait pas le pouvoir Hltyfceoràer l'absolution. On lui attribue plusieurs ^res erreurs , à lui où à «es disciples. iïeHuWén, qui était une des plus éclatantes Wtoièfes tfu second et du troisième siècle , eut le malheur de tomber dans l'hérésie des mon* tanlstes, lai ^ulavttlt si solidement écrit contre *tes héré^s, et'qùi avait établi dans son livre 'intitulé : Les prescriptions contre fes hérétiques, ilës principes pour réfuter invinciblement toutes les erreurs de Montan : exemple terrible • des exdès où peut tomber Pesprit le plus éclairé, ^and, en punHion de son orgueil, Dieu l'abandonne à ses propres lumières, preuves teonvalneantes de la nécessité de se soumettre fremWement â l'autorité dq l'Eglise. Easèbe, ^u>ci»quièniie1Ivtç de -s (m histoire ecclésiastique , rapporte le nom des auteurs qui ont écrit contre cette hérésie.
Tatten et ses disciples, nommés les encrantes , condamnaient le mariage; Ils disaient
qu'il n'était pas penfcfs de manger de la chair des animaux , ni de bùite dû via. A cause de ces erreuts ils furent nommés encrantes , mot grec qui veut dlrè continents. L'horreur qu'ils avaient pour le vin , faisait qu'ils n'offraient que de l'eau au saint sacrifice de la messe : ils niaient qu'Adam fût sauvé ; fis ont été réfutés par saint €Wïnent d'Alexandrie , saint Irénée, origène, &iht Epiphane et plusieurs autres.