‹ Instructions générales en forme de catéchisme, où l'on explique en abrégé, par l'ecriture sainte et par la tradition l'histoire et les dogmes de la religionChapitre 120 sur 165 · PART. I , SBCT. II, CHAP. III, S · texte numérisé non relu

PART. I , SBCT. II, CHAP. III, S

Leur schisme vint de ce qu'un certain Donat, évêque de Cases-Noires , en Afrique, eut la témérité d'ordonner Majorinévêque de Carthage, au préjudice de Cécilien /évêque légitime , qui avait canoniquement succédé à Mensurius.

L'occasion de ce schisme fut que , du vivant de Mensuriusy Cécilien, qui était alors archidiacre de Carthage, avait repris une femme de qualité très-riche , nommée Lucile , de ce qu'avant la réception du corps de Jésus-Christ au saint sacriûce de la messe , elle honorait publiquement les reliques d'un martyr qui n'avait pas encore été reconnu par l'Eglise. Lucile ne pardonna jamais cet affront prétendu : et Cécilien ayant été ordonné évêque de Carthage , après la mort de Mensurius , elle fit une brigue contre lui , et eut assez de crédit pour faire élever autel contre autel, par l'ordination de Majorfn. Après la mort de Majorin, les schismatiques élurent un autre évêque nommé Donat. Celuici donna le nom au schisme des donatistes qui eut de longues et fâcheuses suites 0).

Les donatistes joignirent bientôt l'hérésie m schisme ; leurs principales erreurs étaient que le Baptême et les autres sacrements donnés hors de l'Eglise , étaient nuls ; qu'il fallait

(i) Voy. ce qiTc: a écrit M. Dupin, dans sa nou* ' Telle édiU de S. Oplat.

rebaptiser tous les hérétiques; que l'Eglise était périe par toute la terre, et qu'elle ne subsistait que dans leur société. En conséquence de ces erreurs, ils ordonnèrent des évêqués et des prêtres pour tous les lieux d'Afrique où leur schisme était répandu, prétendant que toutes les ordinations faites par les èvéq ues catholiques étaient nulles, et que les pasteurs catholiques étaient déchus de tout droit au ministère. Il n'y a point de violence , d'excès , de sacrilèges , qu'ils ne commissent dans les. églises dont ils pouvaient se rendre les maîtres. Ils profanaient la très-sainte Eucharistie ; et il arriva que les chiens auxquels ils l'avaient jetée , se jetèrent avec fureur sur ces sacrilèges, ils foulaient aux pieds les saintes huiles. Us brisaient les autels, ils rompaient les vases sacrés, ils obligèrent les vierges sacrées à renouyeler leurs vœux de virginité , comme si les premiers , faits dans l'Eglise , eussent été nuls, ils exerçaient mille violences contre les catholiques, ils se divisèrent entre eux en plusieurs sectes opposées , mais réunies contre l'Eglise , à l'exemple de tous les hérétiques ; ainsi que Tertullien l'avait remarqué plus d'un siècle auparavant (1) , et que l'expérience de tous les siècles l'a fait remarquer dans la suite.

(1) TerUiv. des prescripl. ch. 4 1.

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