NEUVIÈME SIÈCLE
Sergius et Baanes , Claude de Turin (Cotes* Calck , selon plusieurs) , Photius et Jean Scot, furent les principaux qui troublèrent en ce siècle PEglisepar leurserreurs.
Sergius et Baanes firent revivre, en orient, l'hérésie des pauliciens, nouveaux manichéens dont nous avons parlé ci-dessus, y ajoutant de nouvelles impiétés, ou donnant un autre tour à quelques-unes des anciennes.
Claude , évêque de Turin , renouvela les erreurs de risilance^X^Aértus, sur les reliques
et sur l'invocation des saints , et celles des iconoclastes sur les images. Il fut réfuté principalement par Jonas , évêque d'Orléans , et par un saint diacre du diocèse de Paris, nommé Dungale, moine de la célèbre abbaye de Saint-Denis en France.
Goiescaick , moine de l'abbaye d'Orbai au diocèse de Soissons en France , fut accusé d'enseigner les erreurs attribuées , dans le cinquième siècle y à ceux qu'on nomme prédestinations, desquelles nous avons parlé ci-dessus. Raban Maure, archevêque de Mayence, et Hincmar, archevêque de Reims, se déclarèrent avec éclat contre ce moine, et écrivirent contre lui. Hincmar le punit sévèrement; elles, erreurs dont il fut accusé, furent condamnées par le conciie de Mayence de l'an 848 , et par ceux de Cressi, pour mieux dire, Querci, Carislacum, des années 849 et 853.
Phoiius était neveu de saint Tharasius, patriarche de Constantinople , sous qui fut célébré le septième conciie général. C'était un des plus savants hommes et un des plus beaux esprits de son temps, comme il parait par les écrits que nous avons de lui, dont le plus célèbre est sa bibliothèque , où Ton voit l'extrait et la critique des livres qu'il avait lus. Etant encore laïque, il fut intrus sur le siège de Constantinople, à la place de saint Ignace,
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patriarche légitime, qui fut chassé de sou siège par l'impie Bardas, neveu de l'empereur Michel III, et régent de l'empire. La sainte liberté d'Ignace lui attira ce traitement; il avait refusé la communion à Bardas , lequel scandalisait tout l'empire par un inceste public avec sa belle-mie.
Photius, homme d'une ambition démesurée , se fît ordonner en six jours, de laïque qu'il était , patriarche de Constantinople, par Grégoire de Syracuse , évêque excommunié et déposé, et par d'autres évêques pareillement excommuniés. Le pape Nicolas I, après une mûre discussion , excommunia Photius et ses adhérents. Photius, méprisant l'excommunication , eut encore l'insolence de vouloir excommunier le pape, dans un faux concile qu'il assembla. Alors il commença à écrire contre l'Eglise romaine, et enseigna que le Saint-Esprit ne procède point du Fils; erreur opposée à la doctrine perpétuelle de l'Eglise , dont les Pères grecs les plus anciens, saint Basile, saint Athanase , etc., aussi bien que les Pères latins, ont été les dépositaires dans tous les siècles.
L'impie Bardas ne tarda pas long-temps à éprouver la vengeance de Dieu ; l'empereur Michel le Ût mourir , et son corps fut déchiré en pièces après sa mort. Michel lui-même , qui avait appuyé Bardas dans la déposition de saint
Ignace , fut aussi tué. L'empereur Basite-lc- Macédonien, lui ayant succédé, réassembler le huitième concile général à Constantinople , Tan 869. Saint Ignace fut remis sur son siège dans ce concile: Photius fut déposé et excommunié, après quoi l'empereur l'exila. Mais dix ans après, saint Ignace étant mort, Photius eut assez d'adresser pt)ur se faire rétablir dans lè siège de Constantinople, par le crédit du même empereur, dans les bonnes grâces duquel il était rentré, il fit confirmer son élection par le pape Jean vin, qui eut la faiblesse d'y consentir enfin, pour empêcher un plus grand mal. Photius fut alors patriarche légitime.
Se voyant paisible, il assembla un faux concile, qu'il osa appeler le 8.« général. Il y fit annuler tout ce qui avait été fait contre lui dans le huitième concile , et se déclara de nouveau contre l'Eglise romaine. Le pape prononça contre lui une sentence de déposition , et confirma tout ce qui avait été fait contre Photius dans le 8.* concile. Marin, successeur de Jean vil! , renouvela la déposition de Photius; après lui , Adrien III et son successeur , Etienne v , firerit la même chose. Photius persista dans son schisme , appuyé par l'empereur Basile. Mais celuici étant mort, Léon-Ie-Sage, fils et successeur de Basile , chassa Photius du siège de Constan-