‹ Instructions générales en forme de catéchisme, où l'on explique en abrégé, par l'ecriture sainte et par la tradition l'histoire et les dogmes de la religionChapitre 132 sur 165 · ONZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

ONZIÈME SIÈCLE

Les nouveaux manichéens, Bérenger et Michel côrulaire troublèrent l'Eglise par leurs erreurs dans ce siècle.

Ces nouveaux manichéens parurent en France, dans la ville d'Orléans, sous le règne du roi Robert. Us eurent pour chefs deux chanoines de cette ville, qui, ayant été découverts, furent condamnés dans un concile et dégradés*

Bérenger 7 archidiacre d'Angers, lit parler de lui vers le commencement de ce siècle. Il est le premier, après Jean Scot dont nous avons parlé , qui ait osé enseigner que le corps de Jésus-Christ n'est contenu qu'en figure dans le Saint-Sacrement de l'autel. Toute l'Eglise se souleva contre lui , comme contre un novateur et un hérétique , opposé à la doctrine de l'Eglise enseignée partout depuis les apôtres. Hugues, évôque de Langres ; Lanfranc, archevêque de Cantorbéry ; Durand, abbé de Troarn ; Guimon, évêque d'Aversano , près de Naples; et Alger, diacre de Liège, et ensuite moine de Cluny , homme recommandabie par sa sainteté et par sa science, furent ceux qui écrivirent le plus contre Bérenger. 11 fut condamné dans le concile tenu à Rome sous Léon IX, Pan 1050; par ceux de vercell et de Paris, tenus la môme année ; par celui de Florence, sous Victor if,

ùo'ô PART. I, SECT, Il , CHAP. III ^ S X.

l'an I 055 , et de Tours la même année ; de Rome, sous Nicolas If, 1059 ; de Rouen, 1063 ; de Poitiers, 1075; de Rome, sous Grégoire VIII, 1078; autre de Rome, 1079. Bérengcr rétracta son erreur, et mourut en pénitence dans le sein de l'Eglise catholique.

Michel cérulaire , patriarche de Constantinople, l'an 1043, écrivit contre l'Eglise latine. Les principaux chefs de ses accusations , étaient, l.°que les Latins consacraient avec du pain sans levain ; 2.« qu'ils mangeaient des viandes suffoquées ; 3.o qu'ils se rasaient la barbe; 4.o qu'ils Jeûnaient le samedi ; 5.o qu'ils mangeaient de la viande pendant toute la semaine de la Quinquagésime ; 6.° qu'ils avaient ajouté au symbole de Nicée , ce mot Filtoque , pour faire entendre que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils ; ce qu'il taxait d'erreur; 7.» que deux frères avaient le pouvoir, dans l'Eglise latine, d'épouser deux sœurs ; 8.o qu'on se donnait le baiser de paix à la messe, avant la communion; 9.o qu'on ne chantait pas 1 ' Alléluia carême. 10. o il accusait l'Eglise latine de ne pas honorer les reliques des saints, ni les images. Il formait quelques autres semblables accusations, ou fausses, ou frivoles. Ce sont ces articles qui ont servi de prétexte au schisme de l'Eglise grecque.

Le pape Léon IX fit ce qu'il put pour ramener Michel Cérulaire de ses erreurs fit de ses pré-

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veillions. Il envoya à Constanlinoplc , pour procurer la paix, trois légats, à la tète dosquels était le savant cardinal Humbert, évêque de Blanche-Selve, SHvce Candidœ. Ils lurent reçus avec honneur par l'empereur Constantin, surnommé Monomachus : ils conférèrent souvent avec le patriarche ; mais n'ayant pu le faire revenir, ils l'excommunièrentdans l'Eglise de Sainte-Sophie. Michel, de son côté, osa déclarer les légats et le pape lui-même excommuniés. L'empereur chassa Michel Cérulaire du siège de Constantinopl^; ce qui n'empêcha pas que le schisme ne fit de grands progrès dans l'orient, quoique la plupart des Eglises grecques communiquassent encore avec l'Eglise romaine dans le siècle suivant.

Ilyen a plusieurs encore aujourd'hui qui sont dans notre communion; mais il faut avouer qu'elles sont en petit nombre , en comparaison de celles qui sont séparées de l'Eglise romaine, soit par l'hérésie des nestoriens, $pit par celle des eutychiens , soit par celle des monotélites, soit par le schisme de Michel Cérulaire.

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