PART. I , SECT. II , CH. III , § X
apostoliques et les vaudois, tarent les principaux qui troublèrent l'Kglise en ce siècle par leurs erreurs*
Tanchelin était un très-méchant homme, qui, vers le commencement du douzième siècle , osa enseigner , à Anvers, que Jésus-Christ n'avait pas institué le ministère des évèques et des prêtres , et que la participation à la sainte Eucharistie ne servait de rien pour le saluU 11 joignit à cela une vie pleine d'Infamies. Anvers n'était point encore une ville éplscopale : il n'y avait alors qu'un seul prêtre , et ce prêtre était de mœurs Irès-corrompues. Tanchelin prit ce temps-là pour ravager ce troupeau destitué de pasteur; et il fit de si grands progrès, que tout le monde le suivit comme un grand prophète. Dieu eut pitié de ce peuple. II suscita saint Norbert, fondateur de l'ordre des prémontrés , et ensuite évêque de Magdebourg , qui , s'étant transporté à Anvers, combattit cette hérésie avec un tel succès, qu'elle fut bientôt éteinte et dfssipée.
Pierre de Bruis , du lieu de Saint-Gilles , dans le diocèse de Nîmes, renouvela les erreurs des manichéens , auxquelles il joignit plusieurs nouveautés, lesquelles ont été embrassées aux siècles suivants par les luthériens et par les calvinistes. Ayant été arrêté , il fut condamné au feu par les magistrats, dont le jugement fut
exécuté â'Saint-Cilles. Ses sectateurs furent nommés Pétrobusiens. Us furent aussi nommés Henriciens, parce qu'après la mort de Pierre de Bruis, ils eurent pour chef un de ses disciples, nommé Henri, moine apostat, qui répandit beaucoup les erreurs de son maître, et en ajouta de nouvelles. De là vint la secte des albigeois (i) , dont nous parlerons au siècle suivant. Les pétrobusiens et les henriciens ont été réfutés par le grand saint Bernard, premier abbé de Clalrvaux ; par saint Pierre-le-vénérable, abbé de Cluny , et par plusieurs autres. Us ont été condamnés par le second concile généra! de Latran, tenu Pan 1039 , sous innocent il : c'est le dixième des conciles généraux.
Arnaud de Bresse en Italie fut d'abord clerc, ensuite religieux, puis apostat II enseigna plusieurs erreurs sur l'Eucharistie , sur le baptême des enfants, sur l'état ecclésiastique et sur Pétat religieux, il suivit en plusieurs choses les erreurs des pétrobusiens : 11 fut réfuté par saint Bernard, et condamné par le concile général de Latran, tenu sous innocent II, Pan 1139.
Pierre Aballlard, né dans le territoire de Nantes en Bretagne , s'acquit une grande réputation dans l'université de Paris, où il enseigna
(1) On peut le voir en détail dans l'Hist. des variations de M. Jtossuet , évéque de Meaux , ltv« XI.