PAKT. I, SECT. II, CHAI'. III, § X
publiquement la philosophie. Mais sa mauvaise dialectique le fit tomber dans plusieurs erreurs sur la Trinité et sur d'autres matières. Elles sont rapportées par saint Bernard, qui les combattit avec beaucoup de zèle et de succès; et il n'est pas nécessaire d'en faire ici le détail, d'autant plus qu'elie^n'ont point eu de suite, ni formé aucune secte; il fut condamné dans le concile de Soissons, de Tan U20 , et de Sens , de l'an 1 140. Ces condamnations furent confirmées par le pape innocent II. Abailhard rétracta ses erreurs; il vécut avec piété dans l'abbaye de Cluny, où il avait été admis par pierre-le- Vénérable ; il se réconcilia avec saint Bernard ; et il mourut d'une manière édifiante dans un monastère de cette congrégation (i). I
Gilbert de la Porrêe , évèque de Poitiers, voulant trop subtiliser sur la Trinité, ensei- I gna des erreurs qui furent réfutées par saint / Bernard , et condamnées au concile de Reims. \ Pan l H8 , où il se rétracta.
Eon de V Etoile , gentilhomme breton, fut
(1) Ce fut dans le prieuré de Saint-Marcel , de Cbàlon sur-Saône , où il avait été envoyé pour recouvrer sa santé, par saint Pierre-le-VénéraI>le , abbé de Cluny,' qui fait de grands éloges de la vie édifiante qu'il mena dans Tordre de Cluny jusqu'à I* mort.
de l'église. 573
un fanatique fort ignorant , qui , se déchaînant avec force contre les ecclésiastiques et les religieux, attira après lui un grand nombre de sectateurs d'entre le petit peuple : il imagina plusieurs extravagantes opinions, et en vint enfin jusque un tel excès, qu'il osa publier que c'était lui qui devait un jour venir juger les vivants et les morts; il appuyait cette extravagante pensée sur les exorcismes de PEglise qui finissent ainsi : Per eum qui venturusest judicare vivos et mortuos ; on prononçait alors ce mot Eum > comme si l'on eût écrit Eon ; et il abusait de cette prononciation, pour faire entendre au peuple que c'était lui qui était désigné par ce mot; que c'était par la vertu de son nom que les démons étaient exorcisés ; et que ce serait lui, Eon, qui viendrait juger les vivants et les morts à la fin du monde. Ce fanatique fut condamné à une prison perpétuelle par le concile de Reims , tenu l'an tus. H eut plusieurs disciples qui furent bientôt dissipés par la vigilance des magistrats , lesquels condamnèrent au feu tous ceux qui purent être découverts.
les apostoliques étaient des manichéens qui s'étaient répandus vers le pays de Cologne : ils étaient à peu près dans les mêmes erreurs que les albigeois (1).
(1) S. Bernard en parle dans ses sermons, serm.
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Les vaudois doivent leur origine à un marchand de Lyon nommé Valdo. On les nomme autrement les pauvres de Lyon, parce qu'ils faisaient ostentation d'une grande pauvreté. Us se mêlèrent d'enseigner sans mission; car ils étaient tous laïques. Etant repris, ils ne se soumirent pas, et ils enseignèrent plusieurs erreurs dont quelques-unes étaient semblables à celles qu'ont depuis ce temps-là enseignées les prolestants; car ils différaient d'eux sur quantité d'articles très-importants, on peut voir leur histoire et leurs erreurs dans le livre onzième de l'histoire des variations , écrite par M.Bossuet, évôquede Meaux; et dans Reinérus , qui , ayant été vaudois, se convertit, se ût dominicain, et écrivit contre ces hérétiques qui ont été condamnés dans plusieurs conciles : dans celui de Lombès , l'an 1163 ; de Toulouse , l'an 1178 ; dans le troisième de Latran, qui fut le onzième des généraux , célébré sous le pontificat d'Alexandre M, l'an 1179; et enfin dans le quatrième de Latran , tenu sous Innocent in, l'an 1215, qui fut le douzième des conciles généraux.
64 , sur les Cant. n. 8; serin. 65, n. 1 , 2 , 4 , 6 et 7 ; serai. 66, n. 8 et 12 , et lett. 365 ou 323, à Henri, archev. de Mayence , n* 2 j et M. Bossuet , évôque de Meaux «en son Hist. des variations, liv. XI.