IDEE GÉNÉRALE DE TOUTE LA. RELIGION
Plan et division de cet ouvrage.
Demande. Quelle est l'affaire la plus Importante que les hommes aient sur la terre ?
Réponse. C'est de*connuitre Dieu et Jésus- Christ , et de se connaître eux-mêmes, c'est-àdire , de connaître ce qu'ils sont, pourquoi ils \ivent, ce qu'ils doivent devenir après cette vie , et ce qu'ils ont à Taire pour être véritablement heureux; en un mot, de savoir la religion, et de vivre conformément à ce qu'elle prescrit.
1). Donnez-nous une idée générale des vérités de la religion?
B. Ces vérités se réduisent à ce qui suit: Charancy. Catéchisme. À
il y a un Dieu qui est un être très-parfait, subsistant en trois personnes distinctes. Ce Dieu est unique., et il est ie créateur du ciel et de la terre.
Les anges et les hommes sont les créatures de Dieu les plus parfaites : Dieu les a créés pour les rendre heureux, en se communiquant à eux.
Entre les anges , les uns sont toujours demeurés attachés à "Dieu , les autres tfen sont
séparés.
Les premiers *ont heureux éternellement , et Dieu s'en sert pour l'exécution de ses ordres.
Les autres se sont Tendus malheureux à jamais , et forment pe qu'on appelle lasociété des démons.
Dieu créa l'homme et la femme pour les rendre heureux comme les anges, sans les assujettir à la mort: H les créa dans un état de sainteté et de justice, et 11 grava sa loi dans leur cœur; en sorte qu'ils connaissaient parfaitement ce qu'il fallait faire, et qu'ils avaient une grande facilité pour l'accomplir. Il les mit dans un lieu de délices nommé le paradis «terrestre.
Mais au lieu de suivre les lumières de leur esprit et le penchant de leur cœur , Ève , la première femme, se laissa séduire par le démon, et désobéit à Dieu ; Adam , le premier homme ,
suivit l'exemple de sa femme , et désobéit à Dieu comme elle , sans être sôduit.
Par cette désobéissance , ils se rendirent malheureux, eux et leur postérité, à laquelle ils ont communiqué leur péché et les suites de ce péché, qui sont l'ignorance , .la pente au mal , l'inimitié de Dieu , les incommodités de la vie , la nécessité de mourir.
Ils furent chassés du paradis terrestre , et ils auraient été condamnés au feu éternel de l'enfer , si Dieu ne leur eût fait miséricorde , et s'ils n'eussent fait pénitence.
La première miséricorde que Dieu leur fit,fut de leur promettre un Rédempteur , lequel a été attendu sur la terre l'espace de quatre mille ans au moins.
Cependant les hommes, corrompus par le péché de leurs premiers parents , se sont portés à toutes sortes de crimes et de dérèglements.
Pour les punir , Dieu les extermina par un déluge universel , où tous les hommes périrent, à l'exception de Noé et de sa famille.
Les descendants de celte famille ayant repeuplé le monde, les hommes devinrent, en peu de temps , aussi méchants , pour le moins, qu'ils étaient avant le déluge.
Alors Dieu abandonna tous les peuples delà terre à leur corruption , et il choisit Abraham et sa postérité pour pn faire un peuple particulièrement consacré à sou service. 2
Ce peuple , né d'un seul homme , composé , pour ainsi dire , d'une seule famille , el appelé le peuple hébreu , et ensuite le peuple juif, a été le dépositaire de la loi de Dieu , de son culte public, de ses promesses, de ses prophéties; et Dieu a opéré , en faveur de ce peuple , une infinité de miracles.
C'est principalement par le ministère de Moïse que Dieu a opéré ces merveilles. Ce fut lui qui porta à ce peuple la loi de Dieu , gra\ ée sur des tables de pierre, et qui leur apprit les règles et les cérémonies du culte du Seigneur.
Toutes ces faveurs et ces merveilles n'ont point empêché le peuple juif de vivre trèssouvent dans l'oubli de Dieu et dans le crime, comme tous les autres peuples de la terre.
Dieu lésa souvent punis, tantôt d'une manièretantôt d'une autre; et, nonobstant ces différentes punitions, ils ont presque toujours vécu dans le désordre.
Enfln , le Rédempteur des hommes est venu au temps marqué par les prophètes.
Ce Rédempteur est le Fils de Dieu fait hommo dans le sein d'une Vierge.
Ce Dieu-Homme est appelé Jésus-Christ.
Jésus-Christ, après avoir appris aux hommes, par ses exemples et par ses instructions, ce qu'ils doivent faire pour être heureux, et après leur avoir prouvé sa mission et sa divinité
PRÉUMIMÀIRE. S
par ses miracles , les a enfin réconciliés avec Dieu , par la mort qu'il a soufferte sur la croix.
Après avoir été mis dans le sépulcre, il ressuscita glorieux le troisième jour ; et quarante jours après sa résurrection, il monta au ciel à la vue de ses disciples.
Dix jours après son ascension , Il envoya le Saint-Esprit sur ses disciples, assemblés par son ordre dans la ville de Jérusalem.
Cet Esprit saint grava de nouveau, dans le cœur des hommes, la loi de Dieu qui en avait été depuis si long-temps presque effacée par le péché, et que Moïse n'avait gravée que sur la pierre, en la donnant aux Juifs de la part de Dieu.
Dès lors les disciples de Jésus-Christ, dont les douze principaux avaient été par lui nommés apôtres, annoncèrent aa^ Juifs , et ensuite, à leur refus, à tous les. peup^s de la terre, les vérités que Jésus-Christ leur avait apprises, et les faits dont Us avaient été témoins.
Ces prédications soutenues par de grands miracles , scellées par le sang des apôtres , de leurs disciples et d'un nombre Infini de martyrs , accompagnées de l'efficace de l'Esprit de Dieu, ont converti la plus grande partie de la terre , malgré les oppositions de toutes les puissances humaines réunies, et animées par les démons* Enfin, ces puissances ont elles-
mêmes embrassé cette religion, qui , selon les vues de la prudence humaine , devrait avoir été plusieurs fois anéantie.
Cette société de personnes, converties à la fol de Jésus -Christ par les apôtres et par leurs disciples, répandue par toute la terre , conduite par les successeurs des apôtres, est ce qu'on appelle l'Eglise catholique.
L'Eglise est une société visible , qui doit toojourssubsister sous la conduite de Jésus-christ, son chef Invisible, de son chef visible le pape (vicaire de Jésus-Christ sur la terre, successeur de saint Pierre, et évéque de Rome), des évêques et des autres ministres employés sous eux à l'édification du corps de Jésus- Christ.
L'Eglise catholique a toujours été et sera toujours distinguée de toutes les autres sociétés qui prennent le titre d'Eglise, par quatre caractères qui lui sont propres. Ces caractères sont, qu'elle est une, sainte, apostolique et catholique , c'est-à-dire , universelle.
L'Eglise a toujours combattu sur la terre, et elle y combattra toujours jusqu'à la consommation des siècles : mais elle a toujours triomphé et triomphera toujours de tous ses ennemis ; les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle , parce qu'elle est et sera toujours animée par le Saiht-Èsprit, et con-
duite par Jésus-Christ, son chef, lequel l'assiste , la fortifie , et lui donne tous les secours et tous les avantages dont elle a besoin pour se soutenir au milieu des tempêtes dont elle est continuellement agitée.
Cette société , qui commence sur la terre , ne sert» parfaite et consommée que dans le ciel , à la fini du monde.
En attendant cette consommation générale , chaque homme meurt, et, aussitôt après sa montait comparait devant Dieu pour être jugé*
Après ce jugement particulier, l'âme de char que homme va, ou en paradis, ou en purgatoire ? ou en enfer.
Enfin , quand le nombre de ceux qui doivent composer l'Eglise du ciel sera rempli, tous les hommes morts ressusciteront, et Jésus-Christ viendra plein de gloire, accompagné des an^ ges et des saints, pour juger de nouveau tous les hommes.
Après ce Jugement général , il n'y aura plus de purgatoire ; mais les bons iront en corps et en âme en paradis, et les méchants iront en corps et en âme en enfer.
on appelle bons, les chrétiens qui mènent sur la terre une vie conforme aux lois de Dieu f pour arriver à la vie éternelle, pour laquelle les hommes ont été créés.
Et on appelle méchants, sans acception de
! peuples et de religions, tous ceux qui mènent une vie opposée à la volonté de Dieu.
La vie qu'il faut mener sur la terre, pour être heureux , se réduit à deyx chefs : à être détaché de tout péché , et à être attaché «à Dieu.
Si l'on veut être détaché de tout péché , il faut travailler sans reldche à surmonter l'inclination naturelle que les hommes , depuis le péché originel, ont â satisfaire leur orgueil, leur sensualité et leur curiosité : parce que ces trois inclinations sont la source de tous les péchés qu'on peut commettre.
Pour être attaché à Dieu , il faut croire , éspérer en Dieu, et l'aimer; car ce n'est que par la foi, l'espérance et 2a charité, qu'on peut s'attacher à Dieu et le servir.
La charité est l'âme de toutes les autres vertus chrétiennes; et, quelque chose que puis* ^ sent faire les hommes, s'ils n'ont la charité, ils ne sont rien, et ce qu'ils font ne peut leur mériter le ciel.
La marque à laquelle nous pouvons connaître si nous avons la charité, c'est la pratique exacte des commandements de Dieu, dont l'observance a toujours été nécessaire aux hommes.
Il est nécessaire aussi d'observer les commandements de l'Eglise, qui n'a d'autre vue, dans ce qu'eiie prescrit à ses enfants, que de
déterminer, selon le besoin, les temps, les lieux et la manière d'observer les commandements de Dieu.
En un mot, vivre chrétiennement, ce n'est autre chose que s'abstenir de tout péché, croire en Dieu, espérer en lui, l'aimer, lui obéir , et par conséquent obéir à son Eglise, suivant ce qu'il prescrit lui-même.
En vivant ainsi, on arrive infailliblement au bonheur éternel, pour lequel les hommes ont été créés.
! Mais nous ne saurions arriver à ce bonheur,
ni vivre chrétiennement, par nos propres forces; nous avons besoin pour cela de lagrdce et du secours de Dieu.
Ce secours est un pur effet de la miséricorde de Dieu ; Dieu ne le doit à personne; personne ne le peut mériter par ses propres forces, et
! Dieu le donne à qui il lui plaît, et avec la mc-
. sure qu'il juge à propos.
' Jésus-Christ a mérité ce secours aux hom-
mes par sa mort; et toutes les grâces que les hommes reçoivent depuis le péché, sont une application des souffrances de Jésus-Christ, et le prix de son sang.
\ Ce n'est que par la verlu de cette gr«1ce de
Dieu, donnée par les mérites de Jésus-Christ, que nous pouvons être réconciliés avec Dieu ,
et devenir ses amis et ses enfants , d'esclaves
du démon et d'ennemis de Dieu que nôaâ étfôite par le péché.
oieu a établi deux canaux ordfftaîres de se* grâces, qui sont les sacrements et la prière.
Les sacrements sont des signes sensibles, par lesquels Dieu communique au* Irôrfimèô toutes les grâces nécessaires , otf poiir lés pai^ ticuliers, ou pour la société : ils sont au nombre de sept.
Le Baptême nous donne la vie spirituelle- La Confirmation nous donne la perfection de cette vie. L'Eucharistie nourrit et entretient cette vie. La Pénitence redonne cette vie quand on ra perdue. L'Extrême-Onction foftifle Mme des malades , et efface les restes du péché. L'ordre établit des ministres pour les fonctions publiques du cuite de Dieu. Et le Mariage donne à l'Eglise des enfants jusqu'à la consommation des siècles.
La prière est toujours jointe à l'administra- Uon solennelle des sacrements, et elle est comme l'âme de toute la vie chrétienne. C'est par elle que nous nous élevons à Dieu pour lui rendre nos hommages, et pour attifer sur nous son secours.
Tout ce que nous pouvons légitimement demander à Dieu , est renfermé dans la prière qu'on nomme Dominicale, dont Jésus-Christ çst l'auteur.
A considérer la prière en général, comme renfermant toutes les actions par lesquelles nous pouvons nous élever à Dieu, la plus excellente de toutes les prières, c'est le sacrifice. Dieu même en a voulu régler, dans l'ancienne loi , toutes les différences et les cérémonies.
Mais ces sacrifices anciens n'étaient qu'une ombre et une figure du sacrifice de Jésus-christ, offert sur la croix, et continué sur nos autels.
Ce sacrifice de nos autels est ce que nous appelons la sainte Messe ; il a toujours été offert dans toutes les églises du monde , depuis les apôtres, pour les vivants et pour les morts.
Rien n'est plus grand et plus saint que toutes les prières qui composent cet auguste sacrifice , ni rien de plus digne de respect que les cérémonies qui accompagnent ces prières.
Il en est de même de toutes les autres prières, cérémonies et usages de l'Eglise catholique, comme sont les exorcismes , les bénédictions, les processions, et généralement tout ce que l'Eglise autorise dans son culte. Toutes ces choses sont vénérables par leur antiquité, dignes de respect pour leur sainteté; et il faut être frappé du dernier aveuglement , pour oser les critiquer , quand on veut les approfondir.
Voilà le précis et l'abrégé de toutes les vérités de la religion. Il n'y en a point qui ne puisse ■ 6
1 2 CHAPITRR
être réduite à quelqu'un des chefs que nous venons d'exposer. On le verra dans le détail de cet ouvrage.
Z>. A combien de parties peut-on réduire toutes les vérités de la religion?
/?. Nous diviserons en trois parties l'explication qje nous en ferons, suivant i'ordre qui vient d'être rapporté.
Dans la première , nous expliquerons Ees principes, les commencements et les progrès delà religion, depuis la création du monde jusqu'à la consommation de la vie éternelle , pour laquelle les hommes sont créés.
Dans la seconde , nous expliquerons quelle est la vie que les hommes doivent mener sur la terre , pour arriver à la vie éternelle pour laquelle ils ont été créés.
Dans la troisième, nous expliquerons les moyens par l'usage desquels les hommes peuvent mener sur la terre la vie qu'il faut y mener pour arriver à la vie éternelle.
Saint Augustin veut qu'on suive à peu près cet ordre pour l'expiication dos vérités de la religion^).
(I) Voyez le livre fie catechizandfs rudtbut , cli. .6, n. (0, et de la véritable religion } ch. 7, n. 12 el 13.
FRéUMINMflB. 13
On trouvera l'explication du symbole des apôtres dans la première partie ;
L'explication des commandements de Dieu et de l'Eglise dans la seconde ;
Et l'explication des sacrements et de l'oraison dominicale dans la troisième.
En sorte cependant que ohacuqe de ces trois parties renfermera l'explication de plusieurs choses qui ne sont ni dans le symbole , ni dans les commandements de Dieu ou de l'Eglise , ni dans les sacrements , ni dans l'oraison dominicale, quoiqu'on puisse absolument, si l'on veut, les réduire toutes à quelqu'un de ces quatre chefs*
La première partie de cet ouvrage sera partagée en deux sections.
La première section contiendra tout ce qui regarde la religion, jusqu'à la venue de Jésus- Christ.
La seconde traitera de l'état delà religion, depuis Jésus-Christ jusqu'à la consommation de la vie éternelle.
La seconde partie de cet ouvrage contiendra un chapitre préliminaire 'sur la vie chrétienne en général , et quatre sections.
La première section traitera des péchés.
La seconde, des vertus.
La troisième , des commandements de Dieu.
La quatrième , des commandements de l'Eglise.
14 CHAPlfM WtfLlWNAIRE.
ta (rdisfétrie partW dé cH outrage contiendra un chapitre préNtntaafre âor la grâce 5 et «eux secMcrtff.
La première sectton traiteta des sacrements ét de tout ce qui y a rapport.
La seconde traitera de la prière et de tout cè qui y * rapport.
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