o Mener toujours une vie véritablement chrétienne
(1) Voy. S. Aug. sur le ps. 38 , n. 19 et 21 $ serai. 151 ou 5 , des paroles de l'Apôtre , n. 15 ; serm. 361 ou 120 , de diuersis, n. 5, 12, 16 et suiv. serm, 20 ou 3 , de ceux que le P. Sirmoud a fait imprimer , nomb. 4 ; serm. 39, ou nom. 13 , parmi les 50 home'!, n. 1 et 2 \ serm. 40 > ou homél. 11, parmi les 50 borné I. n. 2, 3,6 et 7; sur le ps. 148 , n. 11 \ voy. aussi le serm . 154 , nomb. 10 de Pappendix du 5- tome de S. Aug. qui était autrefois le 45. de l'appendix , et *U* paravaotle 120. de tempore.
616 PART. I, SECT. ÏT, CHA.P. HT, g XÏV.
(Nous expliquerons toutes ces choses en détail, dans la suite de cet ouvrage. )
D. La mort doit-elle paraître terrible à un vrai chrétien?
rt. Bien loin de là, elle devrait lui paraître désirable. Si les chrétiens, vivant comme ils doivent vivre, ne comptaient que sur la vie présente, ils seraient, selon la parole de saint Paul, les plus malheureux de tous les hommes Us doivent donc envisager avec joie le moment qui Ûnit leurs malheurs, en les faisant entrer dans cette vie heureuse , dont l'espérance fait toute leur consolation sur la terre*
D. N'est-ce pas des seuls apôtres , et de leurs successeurs dans le ministère évangélique , qu'il faut entendre ce que dit saint Paul, que nous serions les plus malheureux de tous les hommes, si nous ne comptions que sur la vie présente ?
JR. Cela se peut entendre aussi de tous les chrétiens , parce que, pour vivre chrétiennement, il faut être détaché de toutes les cupidités du siècle , et ne vivre que pour Dieu ; 11 faut par conséquent être sans cesse aux prises contre soi-même, se roidir contre le» torrent des passions , de la coutume , de l'exemple 9 des préventions, de la naissance et de J'éda-
(1) 1. Cor. XV , 19. i
de l'église.
cation ; surmonter des difficultés qui naissent de toutes parts; être souvent en butte à la contradiction des hommes ; souffrir leurs mépris, leurs railleries, leurs calomnies, leur violence; se réduire soi-même à l'humiliation, aux souffrances, à la privation de toutes choses, plutôt que de vivre dans l'injustice. Tout cela est rude à la nature. Ainsi l'espérance d'une autre vie plus heureuse , est la seule consolation solide qui soutient ici les vrais chrétiens. Sans cette espérance , ils seraient malheureux, et les plus malheureux de tous les hommes.
C'est à chacun de ceux qui lisent ou entendent ces paroles de saint Paul, de voir si effectivement ils peuvent dire, sans se tromper, que , supposé qu'il n'y eût point une autre vie à espérer pour eux, ils se trouveraient, les plus malheureux de tous les hommes.
Saint Augustin dit, avec raison , qu'il suffit de ne pas souhaiter le bonheur de l'autre vie , et de mettre toute sa confiance dans le bonheur de celle-ci , pour être en état de damnation éternelle. Ce principe de saint Augustin est conforme à ce qu'Abraham dit au mauvais riche dans l'Evangile (l).
(1) Luc, XVI, 25; voyez S. Àug. sur le ps. 148, n. 4 , et sur leps-85, nomb. 11. Ces deux endroits de S. Aug. sont d'une grande beauté, surtout le dcroier.
618 PART. ï, SECT. II, CHAP. III, S
D. Doit-on regarder comme mauvais chrétiens ceux qui craignent la mort?
rt. Craindre la mort comme le moment qui doit , malgré nous , nous arracher à nos eu* pidités, dont nous voudrions jouir éternellement, s'il était possible, c'est un sentiment très-ordinaire , mais très-corrorapu. La charité est bannie d'an cœur où la cupidité domine : c'est être en état de damnation que d'avoir un tel motif de crainte de la mort (t).
Mais on peut craindre la mort légitimement , par un sentiment naturel dont on n'est pas le maître , et que Jésus-Christ même a voulu ressentir, pour la consolation des gens de bien que la vue de la mort effraie. Il est aussi permis de la craindre dans la vue de nos péchés , qui nous mettent dans l'incertitude de l'état où nous entrerons après la mort. Mais il faut toujours être soutenu par les vues de la foi et de la confiance en la miséricorde de Dieu ; être dans la disposition sincère d'aimer mieux mourir que de rien faire contre sa conscience ; et souffrir la mort au moins avec soumission, comme la peine du péché , si l'on n'est pas encore assez parfait pour la recevoir avec Joie , comme la fin de nos peines et le commencement de notre bonheur. Ce serait offenser
(1) Voy. S. Aug. sur le p*. 85, nomb. 11.
de l'église. 619
Dieu et mourir en réprouvé, que de ne pas accepter la mort avec soumission, en esprit de pénitence et de sacrifice (i).
D. Qoi sont ceux à qui la mort paraît la plus terrible?
B. Ceux qui ont vécu dans le péché sans faire pénitence, qui ont toujours aimé le monde, qui sont attachés à la terre, et qui s'y trouvent bien, on quitte avec peine ce qu'on aime, il faut pourtant le quitter alors malgré qu'on en ait , et dans un temps où l'on ne voit rien qui n'effraie (2%
z>. Que faut-il faire pour éviter cette frayeur inévitable aux méchants ?
/?• Il faut se Jeter de bonne heure entre les bras 4e la miséricorde de Dieu, faire pénitence,
(1) Voy. S* Aug. serai. 306 ou 12 , de divers is, n.4, et serm. 305 ou 26 de ceu* que le P. Sirmond a fait imprimer ,n. 4 ; serro. 247 ou 107 , de diversis , nomb. 3 et 4; traité 33, sur S. Jean, nomb. 12; traité 60, n. 2 et 5; traité 9, sur la l.ép. de S. Jean, n. 2; livre des 17 quest. sur S. Matth. quest. 17, n. 5; Voy. aussi S. Cyprien , de la mortalité; S. Amb. du bien de la mort, n. 7 , 8, 14, 15,16, 28, 30,31, 38 et 39 , et le livre du P. l'Allemand , intitulé : les saints désirs de la mort , livre excellent.
(2) Eccl. XLI , f i voy. S. Aug. serm* 1 , sur le pi. 36, n. 1.
620 PART. I , SBCT. 11 , CIUP. III , S x,v«
entrer par la porte étroite dans le sentier qui seul mène à la vie éternelle^ et travailler sérieusement à prévenir le malheur dont Dieu menace les pécheurs par ces paroles :J'ai appelé, et vous n'êtes pas venus :je vous ai tendu la main, et vous n'avez pas regardé; vous avez méprisé tous mes conseils, vous n'avez tenu aucun compte de mes châtiments. Je rirai aussi à l'heure de votre mort; je me moquerai , quand ce que vous craignez sera venu; lorsqu'une calamité inopinée viendra fondre sur vous; lorsque la mort vous surprendra comme une tempête. Alors Us m'Invoqueront , et je ne les exaucerai point; Us se lèveront de grand matin (c'est-à-dire , Us me chercheront avec empressement), et Us ne me trouveront point , parce qu'Us ont eu de l'aversion pour la règle et la dts* ctpllne; qu'Us n'ont point reçu en eux-mêmes la crainte du Seigneur; qu'Us n'ont point acquiescé à mon conseil, et qu'ils ont méprisé tous mes châtiments. Ils mangeront donc le fruit de leur vie, et Us seront rassasiés de leurs propres
conseils (I).
L'expérience fait voir que cette prophétie menaçante est accomplie tous les jours à la lettre, à l'égard d'une infinité de chrétiens.
(1) Prov. I, 24 et suly.
de l'église
Malheur à quiconque vit sans y penser, ou sans se corriger (i)!
D. Pourquoi Dieu a-t-U voulu que notre dernière heure fût incertaine ?
B.AÛn que nousregardions chaque heure comme pouvant être la dernière, et que cette pensée nous tienne sans cesse dans la vigilance (2).
S 15. Du jugement particulier.
D. Que devient notre âme au sortir de notre corps?
R. Elle comparait devant le tribunal de Jésus- Christ, pour rendre compte de tout ce qu'elle a fait de bien ou de mal en cette vie (3). Ce compte est de là dernière exactitude. Jésus- Christ dit que les hommes rendront compte, au jour du jugement, de la moindre parole inutile qu'ils auront dite (4).
(1) Voy. S. Aug. serm. 109 ou 1 , des paroles du Seigneur , n. 1 et 4 , et serm. 20 ou 4 de ceux que le P. Sirmond a mis au jour , d. 4 , et serm. 19 ou 4 , de ceux du P. Sirmond , n. 6.
(2) Voj. S. Aug. serm. f , sur le ps. 34, n. 14; serm. 1 , sur le ps. 101 , nomb. 10; sur leps. 144, nomb. lt y serm. 39 , ou hom. 13 des 50 bomél. n. 1, et serm. 241 , qui est le 12. de la tète de Pâques , ou 143. de tempore, n. 2.
(3) Hébr. IX , 27 ; Rom. XIV , 10 ; 2. Cor. V , 10.
(4) Matth. XII , 36 ; Sophonie ,1,12 etsuiv.
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