PA.RT. I , SBCT. I, CHAP. U, § H
R. Parcè <itië tes anges ressemblent pins parfaitement à Dieu ; ils sont tout esprit, ils n'ont point de corps. Et l'homme, qui est composé de corps et d'âme, ne ressemble à Dieu que par sou âme, qui n'est qu'une partie de luimême.
ZI* Quand est-ce que Dieu a créé i'bomme ?
F. Le sixième jour de la création du monde, eoimne nous l'avons dit ci-dessus , à la dernière réponse du premier paragraphe de ce chapitre,
h. Comment est-ce que Dieu forma l'homme ?
/?. il forma son corps de terre, et il donna la vie à ce corps en l'unissant à une âme raisonnable; car l'àme raisonnable est le principe de la vie du corps haroain (1).
Qu'est-ce que l'àme raisonnable?
/?. C'est un esprit immortel , créé de Dieu, pour être uni au corps humain-
D. comment savons-nous que notre âme est spirituelle et immortelle?
/?. La foi et la raison nous l'apprennent
JS xpl /cation.
La foi nous l'apprend par toute l'Ecriture sainte , et par toute l'économie de la religion,
(l) Genèse. II.f 7; & Âug. liv* 13, de la cité de Dieu, ch. 24, n. 1 cl 2.
DÈS OUVRAGES DE DIftU.
qui ne saurait subsister sans cette Yérité fondamentale.
La raison nous fournit diverses preuves trèsconvaincantes : nous n'apporterons ici qq'ua seul raisonnement.
si Piime est spirituelle , elie est immortelle : car il n'y a de mortel que ce qui est corruptible, fi n'y a de corruptible que ce qtri a des parties séparables l'une de l'autre. Ce qdt est spirituel est indivisible ; il est donc incor* ruptlbte.
Or, l'ilme est spirituelle; car tout ce qui pense et qui réfléchit sur ces pensées, est spirituel : la matière n'est pas capable dé pend ser et de raisonner. De quelque manière qu'oit la tourne, vous n'y concevrez jamais que de Fétendue , des figures , du mouvement local* Il est fmpossibfti qùe ht pènsce soft corps, til que le corps soit pensée; or, nous ne poùvpns douter que nous ne pensions, que nous né connaissions, que nous ne voulions, que nous ne réfléchissions , etc. Le doute si nous pensons, est lui-même une pensée ; il y a donc en nous un principe spirituel qui nous fait pensér : et ce principe est ce que nous appelons Pâme raisonnable (ij.
(1) Voyez ce raison berner, t plus élendu avefr plusieurs autres, dans les auteurs qui ont écrit
54 PART. I , SECT. ï , CHAP. I! , § IIÎ.
D. Comment est-ce que Dieu forma Pâme raisonnable du premier homme ?
R. Il Ta créa, c'est-à-dire qu'il la tira du néant : et Dieu crée ainsi toutes les âmes pour les unir au corps humain.
Explication.
Saint Augustin n'a voulu rien décider sur la question de l'origine de l'âme : si Dieu crée chaque âme en l'unissant au corps ; ou si l'âme de chaque homme, quoique spirituelle et immortelle, est une émanation de l'âme d'Adam, leurpére commun (1).
Saint Grégoire, et quelques auteurs postérieurs, ont sur cela la même réserve que saint Augustin
exprès sur celte matière: ils sont entre les mains de tout le monde. Voyez aussi le liv. de S. Aug. sur l'immortalité de Pâme, ch. 1, n. 1,10, 12,16, et ch. 16 , n. 25.
(1) Voyez S. Aug, 1. liv. des rélract., ch. 1, n.2 cl 3; lett. 166 ou 28, à S. Jérôme sur l'origine de Pâme, ch. 1, n. 1, etc.
(2) Voyez S. Grég. liv. 7, éplt. 54; S. Eucherde Lyon, sur le 2. ch. de la Genèse, liv. 1 , n. 12 et des quest. sur la Genèse , pag. SiO du fom. 6 de la grande hibl. des PP. de Lyon ; Cassiodore , livre de l'Aine, ch. U, tome 2 de la grande hibl. des PP. de Lyon, pag. 1264; Raban, liv. 2, de l'institution des clercs, ch. 57.
Saint Jérôme , saint Ambroise , saint Cyrille d'Alexandrie , saint Alhanase , saint Grégoire de Nysse , et presque tous les autres Pères, enseignent que Dieu crée chaque âme en Tu* nissant au corps : c'est le sentiment que tous les théologiens soutiennent avec raison, comme étant le plus conforme à la sainte Écriture (1)»
D. Dieu a-t-il formé la première femme de la même manière que le premier homme ?
/?. La formation de l'âme de l'un et de l'autre a été la même ; mais pour former le corps de la femme , Dieu ne prit pas de terre, comme il en avait pris pour former le corps de l'homme. Au lieu de cela , Dieu envoya à l'homme un sommeil, pendant lequel il tira une de ses côtes; et de cette côte de l'homme, Dieu forma le corps de la femme (2).
(!) Voyez le ps. XXXII, t5; Zach. XII, i; Eccl. XII, 7; Hébr. XII, 9; S. Jérôme, lett. à P cbius, 61, et leit. à Marcellin et Anapsicbie, qui est la 165 ou 27 dans les lettres de S. August. et comment, sur le dernier chap. de PEccJésiaste , etc. S. Amh. liv. sur Noé et l'arche, ch. 4, n. 8 et (0, et ch. 25, et n. 92, livre du bien de la mort, cb. 9, n. 38,40, et 42; S. Cyrille d'Alex, liv. 1 , sur saint Jean, chap. 9, tome 4, pag. 78, édition de Paris , in-fol. a un. 1638 ; S. Alhanase, liv. I, contre les gentils, n. 31 3 S. Grég. deWjsse, liv. de l'âme , ch. 6 ; Esiius , sur le 2. livre des sentences,, dist. 17,8 U, 15 et 16.
(2) Ceuès^. 11, 21,22.
5ft PART I, StCT. I, CFÏAP. I!, § III.
D. Pourquoi Dieu en usa-t-il ainsi ?
R. Pour Taire comprendre la grande union que ie mariage devait former entre l'homme et la femrné, puisque l'homme pouvait dire: 0ue la femme était l'os de ses os , et la chair de sa chair ; ce furent les paroles d'Adam, quand Eve fut formée (1).
/>. Qu'était-ce que le sommeil que Dieu envoya au premier homme , quand il voulut former le corps de la femme ?
A. C'était une espèce d'extase , qui représentait un grand mystère.
2>. Quel mystère ?
/?. Le Yoici. Comme la femme n'a été unie â l'homme par le lien du mariage qu'après avoir été formée du côté de l'homme endormi , ainsi l'Église n'a été unie à Jésus-Christ par le lien sacré qui forme entre eux une union indiss3luble, qu'après avoir été , pour ainsi dire, formée par l'eau et le sang qui sortirent du côté de Jésus -Christ percé sur la croix après sa mort. C'est pour faire allusion â ce mystère , que saint Paul dit : Que nous sommes les membres du corps de Jésus-Christ^ la chair de sa chair, et les os de ses os9et que le mariage représente l'union de Jésus-Christ et de l'Eglise (2).
(1) Genèse. Il, 23 , 24. Voyez S. Aug. liv., !2 de la cite* de Dieu, ch. 27, n. !•
(2) Voyez E|»hés. V, 30, 32; S. Aug. traité 9 ,sur saint Jean , n. 2 , et liv. 12 , contre Faustc , ch. S.
2>. Quel esl le nom du premier homme et de la première femme?
R. Adam et Eve (1).
S 4. &u paradis terrestre , de l'état d'innocence.
D. Où Dieu mit-U Adam, après l'avoir créé?
/?. Dans le paradis terrestre, afin qu'il s'y occupât et qui! s'y conservât (2).
D. Qu'était-ce que le paradis terrestre ?
R* C'était un jardin délicieux, dans lequel Dieu avait mis tontes sortes d'arbres agréables à la vue, et des fruits agréables au goût ; entre autres , l'arbre de vie, et l'arbre de la science du bien et du mal (3).
Z>. Qu'était-ce que l'arbre de vie?
R. C'était un arbre dont le fruit , dit saint Augustin, aurait empêché les hommes de vieil-' Iir et de mourir 4).
l>. Qu'était-ce que l'arbre de la science dû bien et du mal?
R- Il est ainsi appelé, à cause des effets dont il devait être l'occasion.
(!) Genèse, 111,20; V,î.
(2) Genèse. II.
(3) Genèse. II , 8,9.
(4 8. Aug. liv. i , des mérites et de la rémission des pèches, ch. 3, n. 3, et cild de Dieu , liv. 14. ch. 19.
58 PART. !, SECT. !, CHAP. H , S ,y*
Explication.
Pour entendre cette réponse, il fautsavoir que Dieu permit aux hommes de manger de
tous les fruits du paradis terrestre : Il leur défendit uniquement de toucher au fruit de l'arbre que l'Ecriture sainte nomme l'arbre de la science du bien et du mal liestainsi nommé, parce que les hommes, en s'abstenant de manger du fruit de cet arbre, pour obéir à Dieu, devaient être heureux, et par conséquent connaître le bien; au Heu qu'en mangeant de ce fruit contre l'ordre de Dieu, ils devaient se rendre malheureux, et par conséquent connaître le mal par une funeste expérience
/>. Le fruit de cet arbre était-il mauvais par lui-même ?
R. Non : il était bon comme les autres; Dieu ne le défendit aux hommes, que pour éprouver leur obéissance (2).
Z>. Pourquoi Dieu a-t-H fait l'homme?
fi. Pour le rendre heureux comme les anges, en se communiquant à lui sans aucune réserve, pour toute l'éternité.
JK Les hommes et les anges ne pouvaient-Us être heureux que par la possession de Dieu?
(1) S« Àug. 14, de la cit<5 <ie Dieu ,ch. 17. (2; S* Aug. même liv. de la cilé de Dieu , ch. 12 et 15, o.l.
DKS OUVRAGES DE DIKU. 59
R. Non : car on n'est heureux parfaitement, que quand on a tout ce qu'on peut souhaiter, en sorte qu'il n'y ait plus rien à désirer , ni rien à craindre.
Or, il n'y a que Dieu qui soit le souverain bien , dont la possession ne laisse plus rien à Souhaiter, ni rien à craindre. Tout autre bien est imparfait et fragile: line peut jamais contenter pleinement l'esprit ni le cœur (l).
o. Qu'est-ce qu'Adam et Eve devaleni faire, après leur création, pour arriver au bonheur pour lequel ils avaient été créés?
R. Ils devaient vivre dans la dépendance et l'obéissance à l'égard de Dieu , s'attacher à lui de tout leur cœur, et Jui rendre leurs hommages comme à leur souverain, vivre entre eux en paix et en union. En un mot, ils -devaient aimer Dieu par dessus toutes choses, et le prochain comme eux-mêmes, et s'abstenir de prendre ou de donner du fruit défendu.
D. Comment savaient-ils qu'ils devaient pratiquer ces choses?
R. Dieu même avait gravé dans le fond de leur cœur l'impression de ces grands et indispensables devoirs ; et il leur avait positive- *
(1) Voyez S. Au g. liv. | des confess. ch. |.p, L et livre de la nature du bien, cb, 7.