‹ Instructions générales en forme de catéchisme, où l'on explique en abrégé, par l'ecriture sainte et par la tradition l'histoire et les dogmes de la religionChapitre 37 sur 165 · Attendre un Rédempteur , et espérer en lui · texte numérisé non relu

Attendre un Rédempteur , et espérer en lui

3.° Aimer le prochain comme eux-mêmes , s'abstenir de toute injustice , et vivre selon les lois de la conscience et de la droite raison»

Telle était l'obligation générale de tous les peuples de la terre , avant le Messie. Mais outre cela, les Juifs, dont nous parlerons dans la suite, étaient obligés à observer fidèlement * tous les préceptes de la loi de Moïse , et à croire tout ce que Dieu leur avait révélé de particulier.

En vivant ainsi, les hommes pouvaient se sanctifier avant la venue du Messie : sans cela ils se perdaient et se damnaient \2).

(1) Héh. XI , 39, 40. Voyez S. Aug. sur Nptlre aux Gaiat. ch. 3, n. 23 et 24, et hv.de caiech. rudih. ch. 19et suiv. n.33, etc.

(2) Voyez le liv. de la nécessité de la foi en Jésm-Umsl, imprimé à Paris, chez Osmontj en 1701.

BIST. DE Lk RELIG. DEPUIS LE PÉCHÉ. 77

D. Est-ce ainsi que les hommes ont véibu ?

R. Le nombre de ceux qui se sont sanctifiés ayant la venue du Messie , a été petit , en comparaison de ceux qui ont mal vécu , même par* miles Juifs, à plus forte raison parmi les autres peuples: nous le verrons bientôt en détail Cl).

D. pourquoi Dieu a-t-il permis qu'un si grand nombre de peuples se soient perdus avant la venue du Messie?

/?. l.° Dieu n'a fait aucun tort à ceux qui se sont perdus, ils se sont perdus eux-mêmes volontairement ; et Dieu , par un effet de sa justice, les a abandonnés à leur corruption. Par là II a fait éclater davantage sa miséricorde sur le petit nombre de ceux qui se sontsanctMés : et dans ce petit nombre il a fait voir, par avance, ce que le Messie devait opérer par toute la terre après sa venue , et quelle était la grâce du christianisme. H était juste que cette grâce ne. fût pas si abondante avant le Messie , qu'elle devait l'être dans la suite 2).

2 ° On peut dire que le petit nombre de ceux mêmes d'entre les Juifs , qui avant le Messie se sont sanctifiés, en comparaison de ceux qui

(t) Voyez S. Aug. sur le chap. 3 de Pepttre aux Calâtes , verset 20 , n, 24.

(2) Voyez Rom. IX, 23, et S. Léon , serra 23, qui est le 4. sur la naissance de Jésus-Christ , cb» 1.

' TSr PART» I, SBC1\ J, CHAP. IV, S#H>

se sont perdus, était une Ggute de ce que le Messie lui-même a dit, (juç beaucoup sont appelés) et peu sont élus (1).

§2. Comment Adam, Eve et leurs enfants , ont vécu depuis le péché*

Bi Comment Adam et Eve se conduisirent- Ils quand ils eurent été cbassés du paradis terrestre ?

R. rtieo leur fit miséricordè, et ils se sanctifièrent par la pénitence (2;#

û. Eurent-ils des enfants avant leur péché?

R. Non, fis n'en eurent qu'après leur chute , et c'est pour cela que tous les hommes naissent coupables du péché originel (3).

ik Tous les hommes descendent donc d'Eve et (T Adam ?

n. ouU Eve est appelée , dans l'Ecriture ,

mère de tous les hommes vivants (4).

(1) Matin. XX, 16.

(2) Voyez Sap. X, ! ; S. ïrén. îîv. 3 , contre les

hérésies, ch. 31, 33, 34; S. Aiig. îiv. des hélés.

liée, j*, letl. 164 ou 9»; à BvodMrt, *h. S-j m 6,

liv. 2 , des mérites et de la rémission des pérhés,

ctu 24, de U nalure et de la gràçech^I,

Genèse, IV, 1 ; ftorn^V , 12 suiv.

HISX. DE LA. ,Bf44G. DEPUIS LE PÉCHÉ. 79

D. Pourquqi Dieu a-t-ii vpulu que tous les, hpmmesnaqqlsscntd'un seul?

R. pour les obliger à s'aimer les uns les autres comme frères, et c'est pour cela que Jésus- Çhrisit nous fait entendre que tous les hommes sont notre prochain J).

D, Adam et Eve ont-ils eu îjn.grand nombre (fyntyints?

ft» un très-grand nombre ; car ils ont vécu p)U5 de neuf cents ans; et Dieu, qui voulait fliffl le monde fût peuplé par eux, Ipur accorda Uijejfrande fécondité.

' //. savons-nous le nombre pt le nom des enfants d'Adam? ,

R. L'Ecriture mainte n'en dit pas le, nombre : elle n'en nomme que trois, qui sont Caïn, Aljel ^tseth <2..

JK Pourquoi l'Ecriture sainte ne fait-elle meattpn que de ces trois enfants d'Adam?

R. Parce que Dieu n'a voulu nous a^grgpdro dans l'Ecriturç sainte l'histoire dejs hommes, qu'autant qu'elle contribue à nmis foircf cpflj naître la religion. Or, il suffit, p^url^iconfi^ sance de la religion , que les nqfps, de Gf |n, d'Abel et de Selh nous soient connus en parti-

(1) Luc , X , 27 et raîv. VàyèzS. Ajiç. Hv. 12 4e {3 çilé de Dieu , ch. 2,t el 27, n. } , et tv. if, ch. |.

(2) Ce0èsé,IV,l,2,2i;; V,4. • ' \ .

80 PART. 1 y SECT. 1 , CHAP. IV , § II,

culfcr; et que nous sachions, en général, qu'Adam a eu un grand nombre d'autres enfants, qui se sont répandus par toute la terre , eux et leurs descendants 1).

/?. Qu'est-ce que l'Ecriture nous apprend surcaïn?

/?. Qu'il fut le premier enfant d'Adam ; qu'il fut laboureur; qu'il offrit à Dieu des fruits de la terre en sacrifice; que ni lui ni son offrande ne furent agréables à Dieu ; qu'il tua son frère Abel par envie et par jalousie, parce que Dieu recevait favorablement les sacrifices d'Abel; qu'il fut maudit de Dieu; qu'en punition de son crime, il demeura vagabond et fugitif par toute la terre; que Dieu mit un signe sur lui, pour empêcher qu'il ne fût tué par ceux qui le trouveraient; qu'il bâtit une ville h laquelle II donna le nom de son fils Enoch (2).

D. Qu'est-ce que l'Ecriturç sainte toous apprend sur Abel ?

/ R. Qu'il fut le second fils d'Adam ; qu'il fut pasteur de brebis ; qu'il offrit à Dieu en sacrifice les premiers-nés de son troupeau , et ce qu'il avait de plus gros et de plus gras; que

(1) Vojex S. Aug. llv. 15 , de la cité de Dieu , Cb. 15, n. I.et2.

(2) Genèse , V , 1 et suiv. S. Aug» sur le ps. 39* n. 13*

0I8T. DE Ljl RELIG. DEPUIS I.B PÉCHÉ. 81

Dieu 1c regarda favorablement , lui et tous ses présents; qu'il fat tué par son frère Caïn; et que la voix de son sang s'éleva jusqu'au trône de Dieu, pour en demander vengeance (i).

D. Qu'est-ce que l'Écriture sainte nous apprend sur seth?

/t. Qu'il vint au monde après la mort ri'Abel; qu'il vécut saintement, et que la piété se conserva plus long-temps dans sa famille que dans celle de caïn; qu'il fut un des ancêtres de Jésus- Christ 2).

z>. Qu'est-ce que l'histoire de Caïn et d'Abel nous fait connaître par rapport à la religion ?

R. 1.° Nous voyons en la personne de ces deuxfrères l'image des deux cités, c'est-à-dire des deux sociétés d'hommes qui doivent vivre ensemble sur la terre jusqu'à la fin du monde.

2.» ils sont une figure très-expresse , Abei de Jésus-Christ, Caïn des Juifs.

D. Qu'entendez- vous par ces deux cités , ou sociétés d'hommes qui doivent vivre ensemble jusqu'à la fin du monde?

R. J'entends la société des bons et Ja société des méchants, qui ne seront séparées qu'à la fin du monde, et c|ui jusqu'alors seront sur la

(1) thid. et Matih, XXHÎ , 35 -, Hél». XI , 4.

(2) Genèse , IV, 25 01 26* V, 9 et suiv. Eccl. XLIX, 19 : Luc, III ,38.

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