P1RT. I , SECT. I , CHIP. IV , § XIII
et pour apaiser le murmure , par l'assurance du secours de Dieu
Les remontrances et les exhortations de Caleb et de Josué ne firent aucune impression sur le peuple ; elles ne flrent que l'irriter , parce que les dix autres espions persistèrent à représenter l'impossibilité de la conquête de la terre de Chanaan; et ces deux saints hommes allaient être lapidés, pour avoir soutenu constamment la cause de Dieu , si le Seigneur n'eût, dans l'instant môme, apaisé la sédition, en faisant éclater sa gloire sur le tabernacle (2).
D. Cette révolte demeura-t-elle impunie ?
R. Non. Dieu frappa d'une mort subite les dix espions , auteursde cette sédition : il jura qu'aucun do ceux qui avaient murmuré n'entrerait dans la terre promise ; qu'ils demeureraient dans le désert l'espace de quarante ans; qu'à compter depuis ceux qui avaient vingt ans , ils y mourraient tous , comme ils l'avaient souhaite; que Josué et Caleb seraient les seuls qui auraient l'avantage d'entrer dans le pays de chanaan; et ce peuple rebelle aurait été exterminé dans l'instant même , si Moïse n'eût apaisé la colère de Dieu par ses prières (3)»
(t) Nomb. XIV, I etsuiv,
(2) Nomb. XIII, 31 ; XIV, 10.
(3) Nomb. XIV, 23 et suiv. ps. XCIV, il ; Hébr. III, lOetsuiv. et IV, 1,2,3,6,9,11.
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/>. Que signiûaient les douze espions qui furentenvoyés pour reconnaître la terre promise ?
A. C'était l'image des pasteurs de l'Eglise, qui sont appelés , dans l'Ecriture , les espions et les sentinelles de la maison d'Israël (l).
D. Que signifiait le raisin que deux des espions portèrent sur leurs épaules, attaché à une perche , et comme suspendu?
R. C'était la Ûgure de Jésus-Christ crucifié (2).
D. Que signifiait la révolte des Juifs, causée par le désespoir d'arriver à la terre promise, dans la vue des difficultés qu'ils craignaient ?
R> C'était l'image de la disposition des chrétiens, qui , désespérant de surmonter les ennemis de leur salut , et d'arriver au ciel, se révoltent contre Jésus-»Christ , et s'abandonnent à leurs passions (3).
(1) Isaïe LVI, 10; Ezéch. III, 17; XXXIII, 6 et suiv.
(2) Voyez S. Aug. sur le ps. 8, n. 2, et leserm. 14 de S. Césaire, autrefois le 100. de tempore, parmi ceux de S, Aug. et aujourd'hui le 28, dans VAppendix% n. 1 et 2; le premier serra, du mart. de S. Cypr. attribué à S. Ambr. autrefois 72, qui est de St. Maxime; SU Bern. serm. 44, n. 3, sur les canliq.; S* Jérôme, lett. 127, à Fabiole , sur la 15e station des Juifs dans le désert.
(3) Voyez S. Paul, Ephés. IV , 29 ; S. Aug. sur le ps. 40, u. 4, et sur le ps* 106, n. 5; ce qui est très-beau. *
150 P4RT. 1, SFCT. I, C«UP. IV, § Xin.
/>. De qui Caleb el Josué étaient-Ils la figure?
R Des pasteurs fidèles qui excitent les peuples à mettre leur confiance en Dieu seul , et à compter sur le secours de Jésus-Christ , lequel nous fait surmonter tous les obstacles du sa-* lut.
h. Que signifiait la persécution que Josué et Caleb souffrirent à l'instigation des dix autres espions?
& C'était l'Image de ce que tous les bons pasteurs, qui s'acquittent selon. Dieu , et sans aucune vue humaine , du dévoie de leurs char-? ges, doivent s'attendre à souffrir, à l'instigation des pasteurs lâches , passionnés, et qui ne se conduisent pas parles vues de la toU On en a vu des exemples dans tous les siècles, à coin* mencer par Jésus-Christ et les apôtres (i).
D. Que signifiait la punition que Dieu exerça . contre les auteurs de la sédition, et contre le peuple ?
R. C'était l'image du châtiment dont Dieu punit quelquefois visiblement, mais toujours invi-
(1) Vove* ce que Jésus-Cbrist a souffert de la part ûh scribes et des pharis., dans les- évangélisU; ce» que S. Paul a souffert de la part des faux apôtres* e i sa seconde e'pîlre aux Corinthiens ; ce, que S. Jeau lVvaugélMe a souffert de la uarj. de Diotrdpbcs , °« é|»ître de S. lean> vers. 9 lisez les vies d'Alhanase, de 5. CbrysosL, de S. Basile «etc. '
slblement ceux qui suscitent des persécutions contre les- bons^pàsteurs de ltâglise, et ceux qui participent à ce» persécutions , ou> qui se lais* sent séduire par. les mauvais pasteurs (i).
D. Vous avez dit qu'èntre plus de six cent mille Israélites qui sortirent de l'Egypte, il n'y eut que.Calefr et Jqsuô qui entrèrent dans la terre propose , et que tous les autres péri* rent&ins le désert ; qu'est-ce que cela représentait?
R. C'était la* figure du peu de, chrétiens qui arrivent au ciel, figuré par la terra promise , en comparaison de ceux qui se damnent; vérité terrible, et que nous aurions peine à croire si saint Paul lui-même ne nous expliquait cette figure (2..
$ tu Eaux de contradiction* Servent d'airain* Prédiction et conseil deRqlaarth Zèle de Phb nées. Mort de Moïse.
D. Que firent les israéJitps, d#ns le dé$ert;> pendant les quarante années qu'ifs, furent oblfer gés d'y passer?
R. Dieu les fit marchçr tantôt d'un, çôté, tantôt d'un autre. Par un miracle subsistant,
(1) Voyez l'histoire de la mort d'Arius, dan$la vie, de S. Athanase, ejc.
(2) U Cor. X, verset 5, jusqu'au l«%
152 PART. 1 , 8BCT. I f CHIP. IV , $ XIV»
leurs souliers et leurs vêtements ne s'usèrent point pendant tout ce temps-là , et ils continuèrent à recevoir la manne du ciel, qui tombait tous les Jours , hors le jour du sabbat (i).
D. Furent-ils alors ptas fidèles et plus obéissants à Dieu, qu'ils n'avaient été auparavant?
R» Non. lis furent toujours durs et inflexibles; «t9 s'ennuyant de tant de travaux , ils murmurèrent souvent contre Dieu et contre Moïse : ils firent une fois une sédition, parce qu'ils manquaient d'eau ; une autre fois, ils témoignèrent publiquement le dégoût qu'ils avaient de la manne ; enfin, ils furent toujours rebelles contre le seigneur (2).
Dm Comment futapaisée la sédition causée par le manque d'eau ?
B. Moïse frappa deux fols avec son bâton un rocher , d'où l'eau sortit avec abondance. Ce fut en cette occasion que Moïse n'eut pas en Dieu toute la confiance qu'il avait ordinairement, et l'Ecriture sainte donne lieu de croire qu'il douta s'il pourrait opérer ce miracle. Quoi qu'il en soit de la nature de la faute que fit alors Moïse, ces eauxlurent appelées eaux de contradiction, à cause du murmure du peuple (3).
(1) Deutcr. VIII, et sitiv.; XXIX, 5.
(2) Nomh. XX, XXI; Deutér. XXXI , 9.7.
(3) Nomb. XX, 11, 12; S. Aug. quai. 19 sur les Nomb.
Z>. Dieu laissa-t-il cette faute de Moïse impunie?
H. Non. Pour le punir, Dieu lui dit qu'il verrait de ses yeux la terre promise, mais qu'il n'y entrerait pas , et que ce serait un autre que lui qui mettrait le peuple en possession de cette terre.
D. Pourquoi Dieu permit-il cette faute de Moïse ?
R. Pour l'humilier , et pour faire voir au peuple qu'il était homme comme les autres (1) ; et aussi, pour avoir lieu de représenter, par sa punition , un grand mystère , que nous expliquerons ci-après à la fin de ce paragraphe.
Dm Pourquoi Dieu punit-il promptement cette faute de Moïse ?
/?. Pour lui épargner , par cette peine temporelle, des châtiments plus rigoureux en l'autre vie; car Dieu châtie ceux qu'il aime, et ces corrections temporelles sont des effets de sa miséricorde paternelle (2\
D. Dieu punit-il le dégoût que le peuple té* moigna avoir pour la manne , et ce dernier mur* mure?
R. Oui. Le Seigneur envoya contre le peuple des serpents dont la morsure brûlait comme
fl) Théodoret , qiiest. 37 , sur les Nomb.
(2) Prov. 111, 11 , 12; Hébr. XII , 5 , 6 et suir.
151 PART. T , SFCT. I , ClttP. IV , S x,*«
le feu ; plusieurs en furent blessés ou tués (1).
D. Comment finit cette plaie et cette punition?
R. Moïse flt un serpent d'airain , par ordre de Dieu ; et l'ayant élevé et mis pour signe , tous les blessés qui le regardaient furent guéris v2).
D. Que signifiait le serpent d'airain ?
R. Ce serpent d'airain n'ayant que la figure extérieure d'un serpent, sans en avoir le venin, était la figure de Jésus-Christ élevé sur le bois , dans la ressemblance de la chair du péché, sans péché, et l'unique salut des péchtursf. nous l'apprenons de Jésus-Christ même (3).
Z>. Les Israélites n'irritèrent-ils plus la colère de Dieu après cela, jusqu'à la morbde Moïse ?
R. Ils l'irritèrent encore une fois par les crimes qu'ils commirent avec les femmes madianites. Voici quelle en fut l'occasion.
Balac, roi des Moabites , fit venir Balaam pour l'engagera maudire le peuple d'Israël. Balaam vint: mais Dieu conduisit la langue de ce prophète, qui, au lieu de maudire Israël , le combla de bénédictions; et il prédit la venue du Messie. L'appréhension de perdre la récompense que le roi lui avait promise, détermina
(1) liomh. xxi ,6.
(2) Ihid. verset 9.
(3) Jean, 111, 14, 15. Voyez S. Àn$« Uy. 1, des mérites et delà rémission <tçs péchas, ct^ 32^ u. GO; et Théodore!, quest. 38, sur les Nombres»
BIST, ftf R»MU HHPO» fcB PÉCHÉ. 155
Baiaam à donner à Baiacun conseil détestable, ce conseil fut dteftYoyer aacaaip d'Israël des fermes madianites , afin que le peuple se laissât corrompre par ces femmes, et que par 1$ il s'attirât l'iadteuatlonj de; Dieu : après quoi il serait facile à Balap de, vaincre ce peuple. Le conseil fut suivi, le peuple se laissa aller à l'impureté, et ensuite à L'idolâtrie lq plus infâme (t)#
D* Dieu punit-U ces. crimes ?
R. Oui. Par ordre, de Dieu, Moïse fit pendre tous les chefs criminels du peuple: et il ordonna qu'on UkU sans miséricorde tous ceux qui se prostitueraient à l'impureté et à L'idolâtrie., Vingt-quatre mille Israélites furent tués, et ce fut en cette occasion, que Phinôes , petit-fils d'Aaron, signala son zèle. Ayant vu an Israélite qui commentait le crime avec une femme raadianite, IL les perça tfun et l'autre de sonépée; et par cette action de zèle la colère de Dieu fut apaisée (*)..
■ih Dieu ne puniMtpas aussi les Madianites et les Moabites ?
Rp OuL Dieu envoya deux mille hommes, sous la conduite de Phinéas , pour combattre ces
(1) Nomb. XXII , XXIII , XXIV , XXV , XXXI , 16 ; S.Pierr.II, 14, 15; S. Jude, verset 11; Apoc. II,
(2) Nomb. XXV , 6 et suiv, ps. JCV , 28, 29 , 30 et 31 jl. Machab. II , 54.
156 PART. I, SECT. I, CHÀP. IV, S x,v»
peuples. Balac et Balaara forent tués , et les Madianites furent passés au ftl de l'épée, aussi bien que leurs femmes. Moïse ne fit réserver que les filles vierges (l).
D. Que fit Moïse après cette expédition?
R. Il chargea Josué, de la part de Dieu, de gouverner le peuple, et de le mettre en possession delà terre promise. Il déclara de nouveau au peuple tout ce que Dieu lui avait ordonné de lui dire de sa part. Il prédit fa réprobation des Juifs et la vocation des Gentils. Il donna sa bénédiction à chaque tribu. Et ayant écrit toules ces choses dans un livre qu'il lit mettre dans l'arche avec les tables de la loi , enfin il monta au haut d'une montagne, d'où Dieu lui fit voir la terre promise , dans laquelle il n'entra pas; et il mourut sur cette montagne, sans que les Israélites aient jamais connu son sépulcre, ni su oii était son corps (2).
Z>. vous venez de dire que Moïse ne conduisit le peuple de Dieu que jusqu'à l'entrée delà terre promise, en punitionde sa désobéissance, et que ce fut Josué qui mit les Israélites en possession de cette terre; qu'est-ce que cela figurait ?
(1) Noml».XXXI,2etsiiir.
(2) Deulér. III , 28 ; IV , XXXI, XXXII , 15 et suiv.; XXX11I,XXX1V,5, 6 et 7.
R. C'était la figure d'un grand mystère , dont voici l'explication :
Les hommes étaient , par le péohé, sous l'es* clivage du démon, figuré par la servitude des Israélites en Egypte. Dieu , voulant les en retirer, leur a donné la loi écrite, dont Moïse était le ministre. La lettre de cette loi pouvait, par elle-même, faire connaître aux hommes leur corruption et leur servitude. Elle pouvait leur apprendre ce qu'il fallait faire pour être entièrement délivrés, et leur montrer les biens où ils devaient tendre. Mais seule et sans la grâce , elle ne pouvait pas guérir la corruption du cœur de l'homme , et n'était pas capable de nous introduire toute seule au bonheur éternel. Cette merveille était réservée à Jésus-Christ, Punique Sauveur, dont /osuè portait le nom. C'est Jésus-Christ seul , qui , par sa grâce plus puissante que la loi dont Moïse était le ministre , a purifié les hommes de tous les siècles, Juifs et Gentils. Lui seul pouvait les soutenir et les faire entrer en possession de la vie éternelle , dont la terre promise était la figure (l). Ainsi, quoique la loi de Moïse ne suffit pas seule
(I) Voyez S. Pau1,Galat. HT, 11 et suiv. Hébr. VIT, 19; Thcofloret, quest. 43, sur le DeuteYoo., et préfucc sur Jostie* ; S. Aug. quest. 53, sur les Nombres; S. Th. 1,2, quesu 93, art. 2,à4.
pour sauver les Juifs, ils avaient avec loi un autre secours par lequel Us pouvaient arriver au salut; et pai; conséquent ils ne pouvaient pp3 se plaindra qjie pieu manquât djje lçur donT lier les secours, népes^ires au salut.
§ 15, Conquête et partage de la terre promise, sous la conduite de J os ué. Etal des Israélites sous les Juges*
/>. Que firent les Israélites aussitôt après la mort de Moïse ?
R. ils promirent à Josué de lui obéir en toutes choses; et Josué les mit en possession* de la terre promise (!).
/>. Ne trouvèrent-ils aucun obstacle à se mettre en possession de cette terre?
R. ils en trouvèrent beaucoup : mais ils vinrent à bout de tout sous la conduite de Josué; et ils exterminèrent les peuple» qui habitaient ce pays- là (2 .
J>. i.«s peuples qui habitaient la terre promise furent-ils telleracntextermlnés qu'il n'en restât plus aucun?
J?. Dieu permit qu'ils ne fussent exterminé* que peu à peu, Jusqu'à ce que les Israélites fussent assez multiplié?, pour pouvoir seuls, peu-
(i) J<wué\ 1 , 17.
(8) Voyez tout le. livre de Josué»
HIST. DR LA. RKf.IG. 9E1»UIS; LK P^Çf|É. 15&
pler toute la terre, et aussi pour leur donner de l'exercice, et les obliger à se tenir toujours sur leurs gardes (t;.
D. Comment Josué partagea-t-H la terre de Chanaan entre les Israélites?
fi. il les fit tirer au sort; et chaque tribu prit pour sa demeure le canton que la Providence lui assigna 2).
D. Que signifiaient les obstacles que lesjsraélites, sous la conduite de Josué, trouvèrent* se mettre en possession de la terre promise , et les ennemis qu'ils eurenjt à combattre, ett qu'ils n'exterminèrent que peu à peu?
R. Ces obstacles^t ces ennemis étalent la figure des ennemis intérieurs que ifâglise. et chaque Adèle doivent surmonter aux la terre, poiir être mis en possession du ciel v quii est. 9M9.1A la terre des vivants.
(1) EX. XXIII, 29,-39; Deut. 22; Josu*, XXIII, 4 el sui vv, Juges, III, 1, 2 ; S> 4ti*u*t, <iu?»t- 7, sur les Juges, p. 3, 4.
(2) Nomb. XXVI, 55; Josué, XX^IU, 4; ps* LXXVH,, 55. Celle réponse ne s'enleml que des Israélites qui s'étendirent en-deçà du Jourdain , car ou sait assez que la tribu de Ruben , celle de Cad et la moitié dé celle de Manassès , qui s'établirent au-delà du Jourdain, ne tirèrent point au sort la portion de terre qui leur avait été assignée par Moïse lui-même. Nomb. XXII, 1 , 2 , 3, 4. 5 et 33 ; JQSué ,1,12, 14.
160 PART, I, 8KCT. I, CH. IV, S xv*
Ce n'est que peu à peu que les chrétiens surmontent tous ces ennemis, et Dieu leur en laisse toujours quelques-uns, pour servir d'exercice à leur vertu , pour les tenir dans la crainte, et pour les empêcher de se perdre pur l'orgueil ou par la paresse (l).
/). Pourquoi Dieu voulut-il que la terre promise fût distribuée par le sort aux Israélites?
/?. !.o Pour prévenir les murmures et les contestations;
2.o pour faire connaître que c'était Dieu, et non les hommes , qui donnait à chaque tribu le pays qui lui tombait en partage;
3.o Pour leur faire comprendre que , quoiqu'ils ne dussent posséder la terre qu'après l'avoir conquise, ce n'était cependant que par un effet de la miséricorde de Dieu toute gratuite , qu'ils la possédaient ;
4.o pour faire comprendre de même à tous les chrétiens que , quoique la vie éternelle soit une récompense que le juste Juge donnera à ceux qui l'auront méritée , elle est néanmoins le fruit d'une grâce à laquelle ils sont appelés comme par le sort, dit saint Paul, c'est-à-dire, par un pur effet de la miséricorde de Dieu (2).
(1) Yoyez S. Jérôme, lettre 129, à Dardan, et 103, à Paulin; S. Grég.-le-Grand , moral, sur Job , liv. 4, ch. 22; S. Àug. liv. 2, des mérites et de la rémission des péchés, ch. 19, n. 32.
(2) Voyez ces raisons dans Théodoret , quesU 46.
flIST. DE LÀ RELîG. DEPUIS I E PÉCHÉ. 161
z>. Comment est-ce que les Israélites se conduisirent après qu'ils eurent été mis en possession de la terre promise ?
R. ils servirent le Seigneur tout le temps de la vie de Josué et des anciens qui avaientcté les témoins des merveilles que Dieu avait opérées en faveur d'Israël. Mais après la mort de Josué et de ses anciens, le peuple s'abandonna souvent au désordre et à l'idolâtrie (l).
D. Qui fut la cause de ce désordre ?
r. Ce furent l'alliance et les liaisons que le peuple contracta, contre l'ordre de Dieu , avec les nations infidèles qui restaient encore dans la terre de Chanaan (2j.
D. Dieu lalssa-t-il ces crimes impunis?
R. Non. Pour les punir, Dieu livra les Israélites entre les mains de leurs ennemis. La main du Seigneur s'appesantit sur eux , et ils tombèrent en des misères extrêmes, comme Moïse et Josué le leur avaient prédît (3).
/>. Ce malheur dura-t-il long-temps ?
/?. il dura tout le temps qu'ils persévérèrent
sur les Nomfo. Voyez aussi Rom. VI, 23; Epbés. I, II; Coloss. I, 12; S. Augusl. lett. I9t , ou 105, à Sixte, ch. 3,n. 14, ch. 5, n. 19, et ch. 6, n. 23.
(1) Juges, 11,7,8,9, 10,11.
(2, Ibid. verset 2 et ch. 111, 6.
(3) Juges, II, M, I5j Deutér. XXVllï', lôetsuiv.j Josué , XXIV, 20.
162 PART. ! , SEÇT. I r CïUP. IV, S **t
dans leurs crimes. Quand ils rentraient en euxmêmes , et qu'ils criaient vers le. Seigneur, Dieu leur suscitait des juges qui les délivraient de leur oppression. Mais ordinairement ce peuple ingrat et rebelle retombait dans ses premiers désordres après la mort de ces juges; et par là il était abandonné de nouveau à la fureur de ses ennemis (!;.« Ainsi, ce peuple» » ressentit une vicissitude continuelle de biens » ou de maux, à mesure qu'ils s'éloignaient de » Dieu par leurs crimes, ou que Dieu, par sa » miséricorde, se laissait fléchir à leurs larmes » etaleur pénitence, dit saint Augustin (2;. rç, /
/>. pourquoi ces libérateurs, suscités de Dieu, îurent-ils nommés juges ?
/*. Parce qu'ils rendaient la justice au peuple de la part de Dieu , et qu'ils gouvernaient en son nom.
D. Puisqu'ils gouvernaient le peuple, pourquoi ne prirent-ils pas le nom de rois, ou quelr qu'autre nom semblable, qui marquât l'autorité souveraine ?
/?. parce que ce n'étaient point tant ces juges qui gouvernaient le peuple, que Dieu luimême, comme Dieu le fit dire aux Israélites par
(1) Juges , II, 16 et sui v.
(2 S. Aug. cité de Dieu , Uv. 16, ch. 43, d. 2, et Hv. 18, chap. 13.
Samuel , quand ils voulurent avoir un roi (1). Ces juges n'étaient que les interprètes de Dieu, qui regardait les Israélites comme étant ci lui d'une manière particulière, suivant J'alliance faite avec Abraham, et renouvelée sous Moïse 2).
D. Les Israélites n'eurent-ils point alors d'autres juges que ceux que Dieu leur suscitait extraordinaireraent ?
R. Après la mort de ces libérateurs envoyés de Dieu , ils se choisissaient quelquefois euxmêmes un chef pour les gouverner , et lui donnaient le nom de juge. Ainsi , entre les juges , les uns ont été suscités de Dieu extraordinaire-* ment : tels ont été Othoniel , qui fut le premier de tous ; Aod et Sangar ; Débora , qui était une femme ; Gédéon , samson. Les autres ont été choisis par le peuple : tels ont été Thol a , Jaïr, Jephté , Abésan , Ahialon ou 4ion, Abdon, Héli et Samuel. Il y en a cependant: quelques-uns entre ceux-là, desquels on ne sait point s'ils ont été juges par le, choix du peuple, ou par une mission extraordinaire de Dieu.
SI l'on joint à ces juges Abimèlec , fils de Gédéon, qui usurpa par violence cette dignité,
(1) Voyez le 1. liv. des Rois, VIII , 7.
(2) ïhid. Voyez aussi Josèphe, antiquités judaïques, liv. 6, ch. 4, d. 222; Tbéodoret, queat. |#, sur le 1. liv. des Rois.
164 PART. I, SECT. I, CfUI\ IV, § XV!.
on aura le nom de trustes juges d'Israël, qui ont été au nombre de quinze. On peut voir, dans l'Ecriture , l'histoire de chacun de ces juges. Nous ne la rapportons pas , parce que ce détail n'est pas nécessaire pour l'intelligence de la suite et des progrés de la religion.
§ 16. Etat des Israélites sous les rois , et premièrement de Salil et David.
D. Qui Tut le dernier des juges ?
R. Ce Tut Samuel , un très-saint homme et an grand prophète (!)•
D. Pourquoi n'y eut-il plus de juges après Samuel ?
/*. Parce que les fsraélites voulurent, contre le premier ordre de Dieu , avoir un roi pour les gou\ erner (2).
Z>. Qui fut le premier roi des Juifs?
R. Ce fut saûl, de la tribu de Benjamin (3).
D. Comment fut-il choisi pour être roi ?
R. Dieu même le choisit, après avoir fait représenter aux Israélites qu'il aurait souhaité qu'ils n'eussent point de roi. Samuel sacra Saûl de la part de Dieu : et ce fut le sort qui fît en-
(1) Voyez son histoire au t. liv» des Rois, jusqu'au cb. 25.
(2) I.Reg. VIII, 4, 5 et 6.
(3) 1. Reg. X, 1,20 etsuiv.
suite connaître an peupJe le choix de Dieu. Car Samuel ayant fait tirer au sort toutes les tribus, par ordre de Dieu, pour savoir de quelle tribu le roi serait choisi , le sort tomba sur la tribu de Benjamin. Entre toutes les familles de cette tribu , le sort tomba sur celle de Cls, fils d'Abiel, et père de Saul ; enfin , entre toutes les tètes de celte famille , le sort, conduit par la Providence! se déclara pour Saû), qui avait déjà été saeré'en particulier par le prophète Samuel (1).
D. Ce royaume devait-il être héréditaire ?
R. Oui. Mais la désobéissance de satil aux ordres de Dieu , fit que Dieu lui ôta le royaume , et le transféra à une autre famille et à une autre tribu (2).
Z>. Qui fut le successeur de saûl ?
R. ce fut David , fils de Jessé , de la tribu de Juda. Il était occupé à paître les troupeaux de son père , quand Dieu le choisit pour le faire sacrer roi par Samuel (3 •
D. Comment vécut David ?
R. Ce fut un prince selon le cœur de Dieu , un grand roi, un grand prophète. Etant, au commencement, persécuté par saûl, et exposé à de grands dangers , il donna des preu-
(1) Ibid.
(2) f . Reg. XIII , 13 , 15 , XV , 22 et suiv,
(3) 1. Reg.XVI,!, 12 et 13.