‹ Instructions générales en forme de catéchisme, où l'on explique en abrégé, par l'ecriture sainte et par la tradition l'histoire et les dogmes de la religionChapitre 84 sur 165 · PART. I, SECT. H, CHAP. I, § XIÎ · texte numérisé non relu

PART. I, SECT. H, CHAP. I, § XIÎ

tes y conduirait lui-même, paroe qu'il Tétait 4a voie, la vérité et la vie. il ieurpanla^de l'union Ineffable qui subsiste entre son père et lui ; il >Ieufr<dit Jqtoè s'H& livalerit de ia^tyi , ils feraient des miracles encore pkis grands qtfê ceux Qu'ils avalent !faite ; il leur promit 4e faire en . leur TttVour tout «e qu'Us detûa»ée*aienU sofc f ère en son (t\tm.

Il leur p*omltde>teur envoyerle Sartnt-Esprit, Esprit de ivérfké, gui leur enseignerait toute •vérité*; Esprit de 'sainteté, que le monde lie pèut connaître, qui demeurerait (toujours ayec toute.

Si guel^uWn mtvime, ajoutai il, il^urdera mes commandement* , et mon *Pirfrè\aimera±; et "bous viendrons « lui, nous établirons citez hii J notre demeuré.

11 leur dit eâguibe ^ue le Saint-Esprit leur apprendrait et leur mettrait dans le «œur tout ve qu^Ns auraient entendu de sa bouche. H leur -dit qu'il leur)donhait>et leur fiaisâait9apai3Cypatx bien différente de «elle du monde; que s'ils 'avaient unamoursinoète pour lui, Ile devakm I se réjouir de le -voir sur ie point de s'en aller -A son Wér&fli ajouta que le démon allait venir -l'attaQùerj; mats qi^il ne jpouvait avoir de^prtoe .«ur lui, et ;que c'était pour obéir à son Bè*e -tjuîîl se iivf ait volontairement à la mort. !|1 avait dit toatesices q^H>s^s étant assis

dans le lieu où il avstit célébré la pâque. Après ces dernières paroles, il dit à ses apôtres: Levez-vous , sortons d'ici; et il continua à leur parler en chemin (1).

Il leur dit qu'il était la vraie vigne, que son Père était le vigneron , et qu'ils étaient les branches de cette vigne. Qu'il arriverait à leur égard ce qui arrive dans une vigne. Une branche qui ne porte point de fruit, est coupée et jetée au feu. Une branche qui porte du fruit, est taillée pour être mise en état v d'en porter davantage ; mais aucune branche ne peut en porter, si elle est séparée du tronc, et si elle n'est attachée à sa souche. Qu'ainsi Ils porteraient du fruit tant qu'ils demeureraient attachés à lui ; mais que s'ils s'en séparaient, ils sécheraient comme un sarment détaché de la vigne, et ne seraient destinés qu'à brûler.

il les exhorta encore une fois à persévérer dans son amour, et à pratiquer ses commandements. Il leur dit que le grand précepte qu'il avait à leur donner, était de s'aimer les uns les autres, comme il les avait aimés luimême ; et pour leur faire comprendre jusqu'où devait aller, sur ce modèle, l'amour qu'ils se devaient les uns aux autres ; il leur dit qu'il

(I) Jean XIV , 3t.

Chaïuncy. Catéchisme» R

290 PART. !, 8RCT. II , CHAP. I, § XIU

allait mourir pour euxt,ce qui e^t ic dernier effort de la cbarijté d'un ami pouçawm amU

H ajouta qu/if les regarderait eonune ses amis, et non pas comme ses serviteur*, tfjjis faisaient «c^cteificnt tout ce qu'il leur avait commandé. Cç n'est pas vous f ajouta- 1- il , qui m'avez clwlsi ; c'est moi qui vous ai choisis ; et qui vous ai établis , <Lfin qw VOU* alitez , que vous rapportiez du fruit, et quç votre fruit demeure toujours. Il vaujuj, pafr là leur faire entendre que par reconnaissance fis devaient s'attacher à lui obéir et s'aimer e^t*? M* ; ce qu'il leur, inculqua davan^gç.

il leur dit ensuite qu'il y aurait une opposition éternelle entre eux et lia monde ; que le monde les haïrait, qu'il les persécuterait; mais qu'ils devaient se consoler , en considérant qu'il avait lui-même été traité ainsi par le monde , et que les serviteurs et les disciples devaient être contenus , quan4 ils sont traités comme leur maître, il Jeur fit entendre combien les Juifs étaient coupables de le traiter comme ils faisaient , après tout ce qu'ils avaient vu et entendu de sa part Il dit que le Saint-Esprit , quand il serait venu, rendrait un témoignage authentique de son innocence, et aux vérités qu'U avait annoncées , et qu'eux-mêmes , qui avaient toujours été avec lui dé$ le commeucejnent de son

JfiSgS'CHKlST. 291

mini*tèrc, ils lui rendraient aussi le même témoignage (i).

H reprit après cela ce qu'il venait de leur dire sur les persécutions qu'ils auraient à souffrir, il leur déclara que ceux qui les persécuteraient > croiraient rendre service à Dieu, et que cette prédiction serait pour eux i|ne consolation , quand ils en verraient l'accomplissement.

Les apôtres étant tristes , et n'osant rlçn dire à Jésus-Christ, il les rassura, en leur apprenant qu'il était nécessaire qu'il les quittait , parce que sans cela le saintr Esprit ne descendrait pas çur eux; et que quand cet Esprit serait venu, Il ferait voir clairement le péché des Juifs, la justice de Jésiis-Cbrist, et le jugement prononcé contre Je dtmon. Il ajouta qu'il aurait encore plusieurs chose* à leur dire , mais qu'Us n'étaient pas encore capables de ces vérités ;que le $alnt*gspxit tour apprendrait toutes choses, et les instruirait parfaitement de ce qu'Us n'étaient pas alors on état de comprendre.

Il continua à les consoler , en leur disant qu'il ne les quitterait que pour peu de tempa; que pendant ce peu de temps le monde serait dans Ja joie , et qu'ils seraient, eux ,dana 1*

(l) Jean, XV, 18 el 19.

292 PXRT. I , SKCT. Il, CHM\ I % S x»«

tristesse : mais que les choses changeraient bientôt de face; que leur trislesse serait changée en une Joie semblable à celle d'une femme qui , après avoir souffert les travaux de l'enfantement, a la consolation de se voir délivrée, et d'avoir mis au monde un enfant , et que cette joie ne leur serait jamais ôtêe.

Une dernière consolation qu'il leur donna, ce fut la promesse positive qu'ils obtiendraient tout ce qu'ils demanderaient en son nom à Dieu son Père. Il les excita à en faire l'expérience, en leur dfs.int: Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en mon nom , demandez, el vous recevrez. Il leur dit ensuite que le temps allait venir auquel line leur parlerait plus en paraboles, comme II avait fait jusqu'alors ; mais qu'il leur découvrirait, sans énigme , tout ce qui regardait son Père. Mon Père vous aime , ajouta-t-il , parce que vous m'avez aimé , et que vous avez cru que je suis sorti de mon Père. Je suis sorti de mon Père , et je suis venu dans te mçnde ;je quitte présentement te monde, et je vais à mon Père.

Les apôtres dirent à Jésus-Christ qu'ils comprenaient tout ce qu'il venait de leur dire, qu'il leur avait parlé clairement et sans paraboles; qu'Us voyaient qu'il savait tout, qu'il prévenait les questions qu'on pourrait lui faire, et qu'Us étaient persuadés de sa divinité.

DR JRStlS-CHRIST. 293

Jésus-Christ leur dit, qu'ils croyaient alors ; mais que l'heure était venue à laquelle ils allaient tous l'abandonner et le laisser seul.

Il conclut cette admirable et longue instruction par ces paroles : Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous trouviez en moi votre paix. Vous aurez à souffrir dans le monde; mais ayez confiance, y al vaincu le monde (1).

D. Tout ce discours de Jésus-Christ ne regarde-t-ll que les apôtres ?

R. H regarde aussi tous les chrétiens qui doivent vivre Jusqu'à la consommation des siècles. Jésus-Christ leur parlait en la personne desapôtres,et Ils doivent se Taire l'application de toutes ces grandes vérités. C'est pour eux qu'elles sont écrites (2 .

Z>. Que fit Jésus-Christ après ce discours?

/?• il leva les yeux au ciel, et lit à son Père une prière excellente, composée de trois parties. Dans la première, il pria pour lui-même. Dans la seconde , il pria pour les apôtres. Dans la troisième , il pria pour tous ceux .qui défi) Jean , XVI , 23.

(2) Vo/. S» Aug. dans l'explicat. admirable qu'il a faite de ce discours, depuis le traité 61 , sur S. Jean f jusqu'à la fin du traité 10'; elS. Cyrille d'AIexan« drie, liv. 9 et 10. et aux deux premiers cfcay. du liv. 11 sur S. Jean.

294 PART. I, SHCT. tl, CH. I, § x«*

valent croire en loi, et à qui 11 devait donner la v le éternelle a).

D. Que demanda • t— il à Dlèu son Père pour lui-même ?

b. De mire connaître aux hommes, par Péolat de sa résurrection et de son ascension , la gloire dont II jouissait avant la création da ' monde , afin que les hommes , persuadés de la gloire de Jésus-christ , pussent arriver à la vie éternelle <2).

Di Quedemanda-i-ll à Dion pour les apôtres ?

ft9 Qu'ils Tussent toujours intimement et sain* tentent unis; qu'il les préservât de tout mal; qu'il ies4iiticUf)ât dans la vérité, et non pas seulement par Une sainteté extérieure , c'esi-à* dire , cèréinontale; qu'ils n'eussent jamais c}ue la véHté dans l'esprit , dans lé cœur et dans la bottehe ; et cfu'ils sé sanctifiassent en la suivant, et en Renseignant aut autres (S).

t>. Que demanda-t-il pour les fidèles?

& quMIs fussent toujours unis entre ed* pat le tien d'une charité sincère; qu'ils fussent pénétrés de l'amour de Dieu , comme il l'était luimême; et qu'ils fussent un jour placés avec fui dans lé dtt (4). Jê ne prie point pâut le

(î) Jean* XVII.

(S) Jvan , XVII i verset I , jusqu'au

(3) Ibtd, verselS , jusqu'au 20»

(4) IHd. verset 20 ci suiv.

DE JHSUShéfHtfST. 29£

monde, ajouta- t-il ; clest-â-dlre , Je ne demande point que ceux-là entrent dans le cief, qui virent dans la corruption du inonde, et qui , résistant à mes grâces , doivent y persévérer Jùsqu'â la lin. Car ceux qui doivent en quitter l'esprit, sont compris au nombre de ceux pour lesquels Jésus-christra spécialement prié qu'ilfc eussent place dans le royaumè céleste (1).

S 13. Jésus-Christ au jardin des Olives*

D. Que fit Jésus-Christ après la prière qui vient d'être rapportée ?

h* il passa , avec ses apôtres, le torrent de Ccdron, que David, qui était une figure de Jésus-Christ, passa aussi à pied dans une profonde tristesse , lorsqu'il fuyoit son fils Absalon , qui s'était révolté contre lui,.

Après avoir passé ce torrent, il monta à 1* montagne des Oliviers, qui était près de la ville da Jérusalem; et il se retira dans le Jardin d'un lieu nommé Cethsémani, où il savait que Judas devait venir pour le livrer aux Juifs (2)«

(1) S, Aug. traité 10.7, sur s. Jean, n. 1 j voyez^ pour l'explication de toute cette prière admirable T Si. Cyrille d'Alex, liv. XI, sur S. Jean, depuis le 3. ch. jusqu'au milieu du cbap. «2, et S Au£ . sur le ttaite* 104 , sur S. Jean , jusqu'à U tin du traité 1 U.

(2) Jean, XVUI, 1,2*

206 PART* I , SECT. Il , CHAP. 1 , S «11.

Alors II laissa les apôtres à l'écart, après leur avoir recommandé de s'armer , par la vigilance et par la prière , contre la tentation qui approchait: il prit seulement avec lui Pierre, Jacques et Jean, qui avaient été les témoins de sa transliguration , auxquels il recommanda de nouveau de veiller et de prier , et il se sépara d'eux pour prier seul. Dans cet état , voulant éprouver toutes les horreurs de la mort, Il excita en lui un trouble et une tristesse qui le firent entrer en agonie. Il pria son Père avec Instance de détourner, s'il était possible , le calice qu'il lui avait préparé , se soumettant cependant à le boire pour lui obéir. L'agitation qu'il ressentit lui fit suer le sang et l'eau. Dieu lui envoya un ange pour le fortifier elle consoler (1).

Z>. pourquoi Jésus-Christ enlra-t-ii dans une si grande tristesse aux approches de sa mort , lui qui l'avait prédite si souvent, jusqu'aux moindres circonstances; qui l'avait désirée ardemment, et qui avait la force d'un Dieu- Homme ?

/?• i.« C'est pour nous, dit saint Augustin, qu'il voulut ressentir tous ces mouvements et ces impressions* S'étant chargé de nos pé-

(l)Maltfa. XXVI, 36 et suiv.; Marc, XIV, 32 et suiv. ; Luc, XXII, 39 cl suiv. ; Jean , XVIII, i cl 2,

thés , tl voulut porter toute l'humiliation et toutes les peines dues aux pécheurs. Il voulut consoler les plus faibles de ses membres, en leur Taisant comprendre, par sa tristesse volontaire , que la tristesse involontaire et la crainte qu'ils éprouvent, aux approches des maux et de la mort, n'est point un péché, pourvu qu'ils soumettent, à son exemple, celte répugnance naturelle à la volonté de Dieu(f).

2.° Jésus-Christ a voulu p$r là faire voir avec évidence , qu'il s'était véritablement revêtu d'une chair mortelle et sujette à nos faiblesses, excepté le péché : vérité qui devait un jour être contestée par les manichéens et par les apo!linaristcs(2 .

D. Que flt Jésus-Christ dans ce jardin , après son agonie et sa prière ?

i?. H éveilla ses disciples, que la tristesse, la fatigue et le sommeil avaient abattus ; et les ayant avertis que Judas approchait , il alla audevant de ce traître, qui le cherchait, accompagné de soldats armés que les prêtres avaient envoyés avec lui pour prendre Jésus-Christ.

Ce traître , ayant aperçu Jésus- Christ, eut

(1) Voy. S. Àug. sur le ps. 87, n. 3, 93, n. 19, 103 ; n. 11 , el liv. 3 de l'accord des l'vaog. ch» 4 , m 13 el 14.

(2) Voyez S. Amhr. sur le ebap. 22 de S. Luc , liv. X, n.56, 67 , 60 el 62.

298 PART. 1 , SBC? . Il , CHAP. I , $ XUI.

l'insbtence et M perfidie de venir le baiser. Jésus-Christ, qui savait que c'était le signe que ce misérable avdit donné aux Juifs , pour lé livrer entre leurs mains, voulut encore le faire* rentrer en lui-même , par la douceur avec laquelle il lui parla. Mon ami, lui dit-il, qu'êtesi>otts venu faire ? vous trahissez ie Fils de l'homme pnrunbàtser ! Mais Judas était endurci. Jésus- Christ g'approchant ensuite des Juifs, pour leur demander qui Hs cherchaient , ils répondirent qu'ils cherchaient Jésus de Na2areth. C'est moi y répondit Jésus-Christ; et par cette parole 11 i*ënversa les Juifs par terre , pour faire voir qa'if n'Allait souffrir que parce qu'il le voulait bien.

Enfin il délira liif-mêrtié se laissa lier, et leur ordonna de laisser aller ses apôtres qui étaient avec lui.

D. Que devinrent alors les apôtrés ?

#?. ils furent saisis d'épouvanté , et ils s'èrifufrent (i). Pierre , plus hardi , tira l'épée pour défendre son Maître , et coupa l'oreille \ Malchus, serviteur du grarid-prôtre. Jésus-Christ guérit sur-le-champ Malchus , et blâma l'action de Pierre* Il fit sentir en même temps aux Juifs le tort qu'ils avaient de venir ainsi se saisir

(0 Voyez S. Augnst. sur le ps* 74 , n. 6; et $• Oreg. morales, liv. 2, ch. 20ei21,

DÉ *ÉSfî^C!iRI8T. 309

de lui comtae d'Un voleur , ayant eu tant de fois la faciltté de lé prendre dans le temple, ou il enseignait frubliqùeifoent. Mais il ajouta que c'était Pœuvre et la puissance des ténèbres , et que tout cela ne sé faisait que pour accomplir les ptophétiës.

D. A quelle liëùtë Jésus-Christ fut-il pris par les Juifs?

r. on ne sait pas l'heure précise; on sait seulement que ce fut lejeudiausoir , fort tard; et c'est pour cela que PEVaïlgilé dit que les Juifs tinrent chercher Jésus-Christ avec des lanternes et de» flambeaux (1).

&. La trahison de Judas avait-ette été prédite parles prophètes?

É. Bile avait été figurée par la trahison d'Achttophel, l'un des' cônseillërs et des amis dfe David, qui se mit du 0arU d'Atasaiont C'est à l'occasion de cette dernièrè trahison -, que M*» vid , au psaume quarantième , dit les pardles suivantes * que saint pierrt y dans les Actes , rapporte comme une prophétie de la trahison de Judas , et qui effectivement, ne sont dites de David que par rapporta Jésus-Christ.

V homme avec qui je vivais en paix, en gui j'avais mis ma confiance, qtti mangeait à ma table*, c*esl eelut~là même qui s'tsi signalé pôùt

(t) Jean, XVIII, 31.

300 PART. ï, SECT. 11 , CIUP. 1, S XML

me perdre. Pour vous , Seigneur , vous aurez pitié de moi , vous me ressusciterez , et alors je les traiterai comme ils méritent (1).

Le prophète Zacharie avait aussi prédit que Jésus-Christ serait rais à prix pour la somme de trente pièces d'argent, et que cette somme 'd'argent serait ensuite rapportée dans le temple (2).

D. Les prophètes avalent-Us prédit la prise de Jésus-Christ?

R. Jérémie l'avait prédite. Voici ses paroles : Le Clfist , le Seigneur , l'esprit et le souffle de noire bouc/te a ci épris à cause de nos péchés* Nous lui avons dit : Nous vivrons sous cette ombre parmi les nations (3).

MaisJérémie lui- même avait été une prophétie vivante du traitement que reçut alors Jésus-Christ ; car la sainte liberté avec laquelle il parla aux Juifs de son temps , lui attira la haine des princes des prêtres, qui le firent lier et mettre en prison; et il souffrit des tour-

(1) Voy. aussi le ps. LIV, 13 et suiv. et le ps. CVIII, 8.

(2) Zacharie, XI, 12; Matin. XXVII, 9, 10.

(3) Laroenl. Jéréraie, IV, 20; voy. Thitodoret , sur cet endroit; S. Irénde, liv. 3 contre les lidrés. ch. XI, au commencement ; S. Ambusur le ps. 1(8. OCtOD. 15, Dv 5«

ments qui ont beaucoup de rapport avec ceux de Jésus-Christ dont 11 était l'Image (i).

Joseph , qui fut vendu par ses frères , et ensuite livré aux Egyptiens qui le mirent en prison, est une autre figure du traitement que souffrit ici Jésus-Christ (2).

D. La fuite des apôtres , au temps de la prise de Jésus-Christ, avait-elle été prédite ?

A* Oui. Le prophète Zacharie l'avait prédite* Je frapperai le p a sieur , dit Zacharie en un endroit où il parie manifestement de la passion de Jésus-Christ , et les brebis seront disperdess (3).

S 14. Jésus-Chrfsl chez Caïphe.

D. où Jésus-Christ fut-il conduit par les Juifs, quand ils l'eurent pris?

il. lis le menèrent d'abord chez Anne* beaupère de Caïphe, et de là chez Caïphe lui-même, qui était alors grand-prètre.

Caïphe , assisté des princes des prêtres , et de tout le conseil des Juifs , interrogea Jésus- Christ comme un criminel, sur sa doctrine et sur ses disciples* Jésus-Christ répondit qu'il fallait interroger sur cela ceux qui l'avaient en-

(1) Voy. Jérémie , XX , 2 ; XXXVII! , 4 et sui v. etc. (2 Yoy. en la 1. partie de cet ou v. Phist. de Josèphe,*ect. l,ch. IV, §7.

(3) Zacharie, XIII, 7; MaUh. XXVI, 31.

302 PART. I , SRCT. Il, CHAP* ! , g *IV.

tendu. On lui produisit plusieurs témoins; mate, comme la fausseté et la contradiction de ces témoignages était évidente, Jésus-Christ demeura dans le silence» On hii demanda juridiquement s'il était le Christ ; il répondit, sans hésiter, qu'il l'était, quoiqu'il sût que cette réponse devait le faire condamner ù mort : effectivement, ils le condamnèrent tous à mort sur cela seul.

Cette Injuste condamnation , de la part da conseil des Juifs, ne fut pas la seule chose que Jésus-Christ souffrit chea Caïphe*

M souffrit aussi de la part d'un des. valets du grand-prêtre, qui eut l'insolence de lui donner un soufflet, et le grand-prêtre approuva cette insulte par son silence.

il souffrit de la part de saint Herre , qui , now* obstant ses protestations sf souvent réitérées, de donner sa vie pour sort Maître , le renia trois fois, selon la prédiction du' sauveur.

, il souffrit de la part <fe tout ce qu'il y avait de Juifs et do valets che* lé grand-prêtre, qui* aussitôt que J&ifs-Chflst eut été jugé digne de mort par lé conseil, lui crachèrent au visage , lui donnèrent dés soufflet* , lé chargèrent de coups, et lui firent mille autres semblables insultés (1).

(1) M«tlh. XXVI, 57ctsuhv; Jean,XVIIÏ> 12 et suiv.

01? Jésuft-cflWST. 303

p. Qnànd le vatèt dti grartd-prétr e e«t en Wn-

Bolence de frapper Jésus-Christ à la joue, Jésus- Christ lui tendit-il l'autre joue , suivant ce qu'il prescrit lui même dans l'Evangile (!)?

B. Jésus-Christ répondit avec une douceur et une tranquillité d'esprit, qu'il est pius difïK cile d'avoir dans ces sortes d'occasions, que de présenter l'autre joue, et s'il ne l'a pas présentée , c'est qu'il a voulu, selon la remarque de saint Augustin, nous faire connaître, par son exemple, que nous devons, à la vérité, être toujours dans la disposition de cœur de suivre ces conseils de perfection; mais qu'il ne faut les pratiquer au-dehors , que quand cela peut servir au salut du prochain et à la gloire de Dieu ; car, au reste, Jésus-Christ n'aurait pas eu plus de peitie à tendre l'autre joue , qu'à exposer tout son corps aux plus grandstourments, comme H le faisait alors (2).

/>. Comment JésUs-Christ sè conduisit-il à l'égard de saint Pierre , après sa chute ?

R. L'ayant regardé d'un regard spirituel dè miséricorde, saint Pierre entra eu HrMnêiiië* et pleura très-amèrement son péché (3).

(1) HhUR. V j 3*.

(2) Voy. S. Aug. traité 13, sur S. Jean, 1, 4* et lrv. t du serai, sur tomoMiégne, ch. 19, n. 57, 58.

(3) Luc, XXII, 61 , 62; S. Aug. livre 3 de Pac-

301 PART. If SECT. Iïf CHAP. î, S XIV.

D. Pourquoi Jésus-Christ permit-il la chute de saint Pierre?

R. i.° Afin que cette expérience de sa faiblesse lui apprit, quand il ferait les fonctions de chef de l'Eglise, à compatir à la faiùlessc des autres •,!) ;

2.o A(!n que l'exemple de sa chute nous apprît à ne pas présumer de nos forces, à nous préparer a la tentation , à éviter la compagnie des méchants, et que nous regardassions sa pénitence comme le modèle que nous devons su vre pour nous relever, quand nous sommes tombés (2).

D. Comment Jésus-Christ se conduisit-H à l'égard desjuifs, qui lui insultèrent d'une manière si cruelle et si indigne chez Caiphe ?

A. 11 souiïrlt tout cela avec la patience d'un agneau, comme Isaïe l'avait prédit, il ne dit pas un seul mot (3).

D. Les prophètes avaient-ils prédit que les Juifs condamneraient Jésus-Christ à mort, et que ce sentent les prêtres qui seraient les auteurs de ce crime ?

cord des dvang. ch. 6, u. 26, et de la grâce de J. C. du 45, n. 40.

(t) S. Aug. liv. du combat des chrétiens, ch. 30, s. 32.

(2) Voy. S. Ambr. sur le ch. 22 de 5. Luc, lîv.X, n. 84 et suiv.

j (; ) Uaïe, LUI . 7.

r. Tout cela avait été flguré en !a personne de Joseph vendu par ses frères, et en celle de Jérémie , mis dans une basse-fosse par la malice des princes des prêtres; et les prophètes avaient aussi prédit la même chose en plusieurs manières (1).

D. l es prophètes avalent-ils prédit les opprobres que Jésus-Christ a soufferts chez Caïphe ?

R. Ils les avalent prédits en termes formels, voici ce que dit Jérémie en parlant du Messie , sous l'image d'un homme qui, dès sa Jeunesse, a porté le Joug du seigneur : // présentera sajjue à celui gui voudra le frapper; il sera rassasie d'opprobres (2%

Is Vie n'est pas moins formel : U dit que « le » Messie devait livrer son corps à ceux qui » voudraient le frapper, ses Joues à ceux qui » voudraient en arracher durement le poil, sa » face à ceux qui voudraient cracher dessus » et le charger d'opprobres, et qu'il leur pré » senterait son visage comme une pierre lies- » dure (3). »

/>♦ Que devint Judas, après avoir trahi son

Maître ?

(1) Nous rapporterons ci-après ces prophéties tout au Ions; , § 17.

['}) Lameat. III , 30.

(3/ Isaie, L , 6 , etc. vo/ei aussi le ps. LXYIH , 8.

306 part, i roer. 11 y chà*; i, S xv»

/r. lient horreur de sort drtme; frl fe^rt repentit; il restHua Pafgènt qufU avait pris; il rendit un témoignage public è l'innocence de Jésus-Christ. Mais, ayant désèspèré de la miséricorde de Dieu, Il ajouta par là an nowveaa crime au premier; il se pendit, et apprit à toute la postérité, de quelle Importance 11 est de s'opposer à Une? cupidité naissante, en voyant le crime où le conduisit son avarice (i).

§ 15. Jésus-Christ mené à Pilate * envoyé i Bérode, renvoyé clM Pilote qui le condamne à la mort.

D. Qu'est-ce que les Juife firent dè Jésus- Christ, quand ils l'eurent condamné à mort ?

R. lis le lièrent et le conduisirent â Pilàté , gouverneur de la Judée pour les Romains, afin que ce magistrat exécutât la sentence que leur furjur avait prononcée, ils accusèrent Jésus- Christ, devant Pilate, sur trois chefs principalement: i.» qu'il mettait le trouble dans la nation par ses discours; 2.° flu'il empêchait de payer le tribut à l'empereur; 3.o qu'Use disait roi.

(t) Vojr. S. Matlh. XXVII , 3 et suiv. S. Amhr. sur le 22. ch. de S. Luc , liv. X , n. 93 et 94 ; S. Chrys. hum. 86 , sur S» Mullh. S. Aug. serin- 352 ou nom. 27 sur la péuiu 2 , ch. 3 , iu 8.

bK JÉSU8-CHRIST. 307

Pilate , sur ces accusations , interrogea Jésus- Christ; il lui demanda s'il était véritablement roi des .Juifs. Jésus-Christ lui ayant répondu qu'il Tétait, mais que son royaume n'était pas de ce monde, Pilale lui fit plusieurs autres questions, auxquelles il ne répondit riert. Pilate reconnut manifestement l'innocence de Jésus-Christ, et la malignité des accusateurs. Et comme il voulait se débarrasser sans choquer les Juifs, voyant que ceux-ci alléguaient les prédications que le Sauveur avait faites en Galilée , il se servit de ce prétexte pour envoyer Jésus-Christ â Hérode Antipas , tétrarque de Galilée, afin que ce prince connût de cette affaire-là , comme étant de son ressort.

Jésus-Christ fut donc conduit à Hérode, qui se trouvait alors à Jérusalem (1).

Ce prince sut bon gré à Pilate de sa civilité , et d'ennemis qu'ils étaient, ils devinrent amis; pour signifier que Jésus- christ réconcilierait les Juifs avec les gentils par sa mort, et qu'il éteindrait les inimitiés dans son sang [$\ Hérode, ravi de voir Jésus-Chrhst, de qui il avait ouï dire tant de merveilles, espéra qu'il ferait,

(1) Mattb. XXVII, Il et suiv.; Marc, XV, 1 et suiv. ; Luc , XXII! , 1 et suiv.; Jean , XVIll , 28 et suiv. ; XIX , I elsuiv.

(2; Ephés.II, 14, 15, 16.

808 PAKT. I, 8BCT. If y CHAP. 1 , S

en sa présence , quelque prodige. Il lui fit grand nombre de questions; mais Jésus-Christ, ne jugeant pas devoir satisfaire la curiosité de ce prince , ne répondit pas un seul mot. Hèrode le méprisa avec toute sa cour, le lit revêtir par dérision d'une robe blanche, et le renvoya à Pl la te (i).

PU ite se servit de ce renvoi pour faire entendre aux Juifj qu'Hérode avait trouvé Jésus- Clirist inuocent aussi bien que lui. Les Juifs Insistant toujours à demander qu'il fût condamné , ce gouverneur eut recours à deux expédients pour le sauver : voici le premier,

A cette fête solennelle de Pâques, qu'on célébrait alors, les Juifs avaient coutume de demander la délivrance d'un criminel, laquelle leur était accordée. Pitate leur proposa donc de leur donner ou Jésus-Christ ou Barabbas: celui-ci était un insigne voleur, qui , dans une sédition , avait commis un meurtre. Horrible comparaison ! Mais Pllato crut que l'horreur que le peuple devait avoir pour Barabbas , l'engagerait à demander la délivrance de Jésus- Christ, il se trompa; Jésus-Christ devait mourir pour sauver les pécheurs. Les Juifs demandèrent que Barabbas fût délivré, et que Jésus- Christ fût crucMé. Alors Pilate eut recours à

(I) Luc , XXIII , 7 et suiv.

DP JÉSUS-CHRIST. 309

tin autre expédient, bien indigne d'un juge persuadé de l'innocence d'un homme injustement accusé. Il fit flageller Jésus Christ d'une manière sanglante , pour apaiser la fureur des Juifs, et pour exciter leur compassion.

Les. soldats romains dépouillèrent donc Jésus-Christ , et joignirent à la flagellation les insultes les plus cruelles : ils jetèrent sur sa chair déchirée un manteau de pourpre, lui mirent sur la tète une couronne d'épines , et un roseau à la main, comme pour lui servir de sceptre ; ensuite, fléchissant le genou devant lui , et lui donnant des coups sur la tète et sur le visage, ils disaient avec moquerie Ue vous salue , roi des Jtafs. Jésus-Christ souffrit tout cela sans dire un seul mot*

Après cette cruelle exécution, Pilate montra Jésus-Christ aux Juifs, et leur dit: rollà l'homme y espérant que l'état -où il était réduit calmerait leur rage. Mais les prêtres et les Juifs, semblables, selon les prophètes, à des taureaux furieux , ranimant leur passion à ce cruel spectacle, crièrent qu'il le fit crucifier. Pilate leur dit : Prenez-le donc vous-mêmes, et cructfiez-le; car, pour moi , je ne trouve en lui nulle cause de mon. Les Juifs insistant: Nous avons une toi, s'écrièrenl-ils, et selon cette loi il doit mourir, car il dit qu'il est le Fils de bleu. La

crainte de Pilate redoubla à ces paroles , et ,

810 PART. I, «UCT. II, CBÀP. !, S XV.

rentrait daq$ le prétoire , il interrogea «lésa** CUrfct pour savoir d'on il était; à quoi Jésusçhrfot ne répondit rJien. pilate étonné lui dit :

Vou*. ne me répondez point ; ne savez- vous pas que y ai le pouvoir 4e vous faire mourir, ou de vous renvoyer? Jé&u$rChrist lui insinuant qu'il répondrait de cette puissance à Dieu, de qui \\\à tenait, lui en dit a$$ç£ pour lui faire comprendre qu'il ne pourrait sans crime le condawwr; mais il le <yt d'un# maftiére cachée £t plçiqe dpuceur ; Ceux gui m'ont livré en- (pe vos mains , ditril , commettent un plus grand néçJié que vous. C'était as$ez lui faire entendre, dit saint A^u^tln» que le juge siérait, coupable \ $i par timidité « cé<Ja« * la passion Injuste des accusateurs (1).

Pilate sortit du prétoire , résolu de renvoyer Jé$us Ctyrist; jpafe les Juifs, le prenant par 8(^a faille, Iqi crtèjerçt qij'U ne serait pas flaêle à Qés*r, s'U renvoyait Jést*s-Chrtst , parce que JésusrCljrj^t pr^udait être roi, et que quiconque prétendait l'être, devenait l'en- 9$ipi de César» pilate cède à cette raison de politique et d'intérêt: il voulut néanmoins se ^varies mains en pofeUc, et déclara que léftUrS*çUri#t était innocent , et qu'il chargeai Juife <fe l'i»iquité du jugement qu'il allait i>roj*w«e$%}

(I) Traité H6,sur$. Jcao 7 n. 5,

les; Jiiiffc s'écilèreiit : Que ton sang retombe sur nous et s#r nps enfant*; et pair là ils prononcèrent contre eux-mêmes une malédiction terrible, dont les effets qu'Us éprouvèrent bientôt après subsistent encore, selon la prophétie de Daniel, que nous Mm* cHJev*mi expliquée (l).

pyate, après s'être lavé les main*;, prononça l*mtèt de roprt çontre Jésus^qhrist, et^e au& Jutfs pour être crucifié r malgré la pleine conviction qu'il avait de §<w innpcçnce ; exemple terrible poqr tes juge* qui se laissent aller à quelque passion Imqwifle (2).

gteu, ne différa pas long-temps à se venger de oo iiége inique et faussement prude^. çn attendant la punition de J'autrç vie, M fut pûni sur la terre , et il fcmb? dans le, rn^eur qp'ii avait apprébeiwlé^et dent 1* annote lui avait fait conwaettre JfliMsttefc $i stfaiHe. il eqeourut la disgr4oe 4e Itynpeœw, qui le relégua dans les G«Mle«,où il wouryt «alséra^ljeiqent , étant lHi-i»èm<fc devenu spn propre bourreau (3)-

(i) Au 1. § de ce chap. Dan. IX, 27.

I*) Voy. S Chrys. nom. 87, sur S. Malin, et S. Aug. t'-'ûtié 1 16 , sur S. Jean , n. 5.

(3) Voyez Eusèbe , fflsl. eccl. liv. 2 , ch. 7 , et dans sa chronique , sur l aq 41 de J. C.

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