PART. I, SECT. II , CHAP. I, $ XVII
D. Qu'est-ce qu'lsaïe a prédit de plus précis sur la passion de Jésus-Christ ?
Ii. Il n'y a presque point de chapitre , dans le livre de ce prophète, qui ne marque Jésus- Christ et l'Eglise. Nous nous contenterons de rapporter le chapitre cinquante-troisième. On le prendrait plutôt pour une histoire d'un événement passé, que pour une prédiction de l'avenir. On peut nommer ce chapitre la passion de Jésus-Christ selon Isaïe. Le voici:
a Qui a cru à noire parole, et à qui le bras b du Seigneur a-t-rt été révélé? Il s'élèvera de- » vant le Seigneur comme un arbrisseau , et » comme un rejeton qui sort d'une terre sèche. » il est sans beauté et sans éclat : nous l'avons » vu, et il n'avait rien qui attirât l'œil, et nous » l'avons méconnu. U nous a paru un objet de » mépris, le dernier des hommes, un homme » de douleur, qui sait ce que c'est que souffrir : » son visage était comme caché; ii paraissait » méprisable, et nous ne l'avons pas reconnu. U 9 a pris véritablement nos langueurs sur lui, et » il s'est chargé lui-même de nos douleurs; nous » l'avons considéré comme un lépreux, comme » un homme frappé de Dieu et humilié. Et ce- » pendant il a été percé de plaies pour nos » iniquités; Ha été brisé pour nos crimes ; le » châtiment qui devait nous procurer la paix » est tombé sur lui, et nous avons été guéris
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» par ses meurtrissures. Nous nous étions tous
* égarés comme des brebis errantes: chacun
• s'était détourné pour suivre sa propre voie : 9 et Dieu l'a chargé lui seul de l'iniquité de 9 nous tous. Il a été offert, parce que lui-même p l'a voulu; et fi n'a pas ouvert la bouche, il » sera mené à la mort comme une brebis qu'on p vaégorger.ll demeurera dans lesilence, sans » ouvrir la bouche , comme un agneau est muet » devant celui qui le tond. Il est mort au mi- » lieu des douleurs, ayant été condamné par » les Juges. Qui racontera sa génération? lia a été retranché de la terre des vivants* Je l'ai
# frappé à cause des crimes de mon peuple. » Et 11 donnera les impies pour le prix de sa » sépulture, et les riches pour la récompensé *> de sa mort. Ces* paroles peuvent être ainsi » interprétées selon V hébreu , et c'est le sens » le plus naturel du texte original ( on avait » résolu qu'il n'aurait point d'autre sépulture » que celle des impies , et néanmoins il a 9 été enseveli, après sa mort, comme les ri- » ches): parce qu'il n'a point commis d'ini- » quité, et que le mensonge n'a point été dans » sa bouche. Mais le Seigneur l'a voulu briser » dans son infirmité: s'il livre son «1me pour » le péché, il verra sa race durer long-temps, » et la volont' de Dieu s'exécutera eureusc- » ment par sa conduite» Il verra le fruit de ce
324 PART. !, SECT. H, CHUP. !, g »VM.
» que $00 âme aura souffert, et il en «er^ra*- » sasié. Comme mon serviteur est juste, il » justifiera par sa doctrine un grand nombre » d'hommes, et il portera sur lui leurs iniqui- » tés. C'est pourquoi je lui donnerai, pqur pac- » tage i une multitude de personnes , et M di$- » iribuera les dépouilles des Torts, parce qu'il » a livré son âme à la mort, et qu'il a été mis » au nombre des scélérats f qu'il a p^tç, les » péchés de plusieurs y et qu'il a prié pepr |e# » violateurs de la loi. » ;,
Z>. Qu'est-ce que Daniel a prédit sur la pas* «ion de Jésus-Christ?
/{. Voici ses paroles (l); nous en avons déj* parlé (?) : « Uieu a abrégé et fixé le temps & » soixante-dix semaines, par rapport à voire » peuple et à votre ville sainte ; afin que 1$ » prévarication soit consommée , que le péché » trouve sa fin, que l'iniquité soit effacée, » . que la justice éternelle vienne sur la terec, » que les visions et les prophéties soient » compiles, et que le saint des saints soit oint » de l'huile sainte. Sachez donc que.. après » soixante-deux semaines, le Christ sera mi$ » à mort, et le peuple qui le doit renoncer, nqt » sera point son pfluplç. peuplQ,avec son
(1) Daniel, IX, fci <*t suiw.
» chef qui doit venir, détruira la ville et le » sanctuaire, etc. » Nous avons déjà expliqué cette prophétie (r.
D. Qu'est-ce que zacharie a prédit , par rapport à la passion de Jésus-Christ ?
R. En voici quelques endroits :
« Je répandrai sur la maison de David, et » sur la maison de Jérusalem , un esprit de » grâce et de prière. Hs jetteront les yeux sur » moi , qu'ils auront percé de plaies, lis pleu- » reront, avec des larmes et des soupirs, cc- » lui qu'ils auront blessé, comme on pleuré » un lils unique , etc. (2). »
Ces paroles ont été accomplies en partie au Jour de la Pentecôte, et elles le seront entièrement à la fin du monde (3),
La même prophétie dit encore ce qui suit :
« Alors on lui dira : D'où viennent ces plaies » que yous avez au milieu des mains ? et H » répondra : J'ai été percé de ces plaies dans 9 la maison de ceux qui m'aimaient.
»0 épée, réveille -toi , viens contre mon » pasteur, contre l'homme qui se tient toujours » attaché à moi, dit le Sôigncur des armées.
(1) îbld. m\
(2) Zacharie, XII, 10.
(3) Voy» S. Aug. cilé de DUu . liv. 20, ch. 30, Dum. 3.
Charakcy. Catéchisme. T
32B PAJfcT. I, SECT. Il, CHkPf I, S
o Frappe le pasteur, et lçs brety.Br seront di£- » persées; et j'étendrai ma, n>a(n f>\$ les fte-
» tits, etc. (1). » i
/>. Quelles prédations trouve-t-on dâns le livre de la Sagesse, pv rapport à la passion <fc Jésus-Christ?
r. « Les méchants ont dit, dans l'égarement » de leurs pensées : Surprciifpns le juste; fai- *> sons-le tomber dans nos pièges , parce qu'il » est contraire à notre manière de vie; qti'il » nous reproche les violements de la loi , ët » qu'il nous déshonore , en, faisant connaltrè » le dérèglement dç notre conduite.
» il assure qu'il a la sçience de Dieu ; et il » s'appelle le Fils de Dieu, il est devenu le » censeur de nos pensées même, âa seule vuè » nous est insupportable , parce que vie » n'est point semblable à celle dès autrçs^ et » qu'il suit une conduite toute différente delà » nôtre.
» U nous considère comme des jjens qui rie 9 s'occupent qu'à des niaiseries : il s'abstient 9 de notre manière de vie, comme d'une chose 9 impure ; il préfère aux biens qtfe. nous ai- 9 mons, ce que les justes attendent à la mort; 9 et il se glorifie d'avoir Dieu pour père. Voyons 9 donc si ses paroles sont véritables, éptou-
(l) Zacharie, XIII, 6 et7; MalUi.XXVI, 31.
» vons ce qui lui arrivera, et nous verrons » quelle sera s:i fin. Car s'il est véritablement » le Fils de Dieu , Dieu prendra sa défense , et » il le délivrera des mains de ses ennemis, ln- » terrogeons-le par les outrages et par les » tourments, afin que nous reconnaissions » quelle «.se sa douceur, et que nous fassions » l'épreuve de sa patience. Condamnons- le » à la mort la plus infâme; car Dieu pren- » dra scinde lui, si ses paroles sont vérita- » bles. Ils ont eu ces pensées, et ils se sont » égarés , parce que leur propre malice les » a aveuglés (1). »
Un esprit est bien aveugle , un cœur est bien endurci, s'il ne se rend à l'évidence et à la vérité d'une religion établie sur des fondements aussi inébranlables que le sont toutes ces prophéties , toutes ces figures , et cet accord admirable de l'ancien Testament avec le nouveau.
eïi>iun4 4fT97i;itf sn IimIo'. j»> • .f ^ pn\
S IS. Prodiges arrives à la mort <tè Jdsur-Christ.
/>. Outre ces prophéties, qdi sont une preuve évidente de la divinité dé Jésus-Christ, vous avez dit ci-devant que Jésus-Christ donna, au temps même de sa mort, des preuves de sa
(1) Sap. Iï, 10, 1 etsuiv.
328 PART, î, SECT. If, CHAP. i, S tmtê
vertu et de sa puissance; Youdriez-vous bien nous les rapporter?
R. Nous avons déjà vu qu'au temps de sa passion, Jésus-Christ terrassa les Juifs qui venaient le prendre; qu'il guérit miraculeusement Malchus, à qui saint Pierre avait coupé une oreille ; et qu'aussitôt qu'il fut sur la croix, Je soleil parut éclipsé, contre les lois de la nature , pendant trois heures* Mais outre ces merveilles , il s'en Ht encore plusieurs autres après sa mort.
D. Avant que de nous rapporter ces autres merveilles, expliquez-nous pourquoi vous dites que cette éclipse se ût contre les lois de la nature ?
K. Parce que Jésus-Christ mourut au temps de la pleine lune , puisqu'il mourut le Jour de la Pâque dés Juifs, féle qui était toujours célébrée à la pleine lune du premier mois. Or, tout le monde sait que, selon les lois de la nature, les éclipses du soleil ne peuvent jamais priver qu'un jour des nouvelles, lunes.
D. les prophètes avaient-ils prédit cette éclipse du soleil P
/?. i.e prophète Amos semble l'avoir prédite ; voici ses paroles: o En ce jour-là , dit le Sei- * gneur, le soleil se couchera en plein midi , » et je couvrirai la terre de ténèbres lors- » qu'elle devrait être pleine clc lumière. Jechaa*
» gérai vos jours de fête en des jours de tar- » mes, et vos chants de Joie en des pleurs. » J'enverrai la famine sur la terre, non la fa- » mine du pain, ni la soif de l'eau, mais la » famine et la soif de la parole de Dieu. Us se- » ront dans le trouble , depuis une mer jusqu'à » l'autre, et depuis i'aquilon jusqu'au couchant* » Us iront chercher de tous côtés la parole » du Seigneur, et ne la trouveront point (1). » C'est l'état ou les Juifs sont réduits , depuis qu'ils ont mis à mort Jésus-Christ.
Le prophète Zacharie, de qui nous avons déjà vu tant de prédictions sur les circonstances de la passion et de la mort de Jésus-Christ, s'explique sur celte éclipse miraculeuse, d'une manière encore plus précise* Voici comme il parle (2 : a \\ viendra un jour qui est connu aa » Seigneur, qui ne pourra être appelé ni jour » nt nuit. Et vers le soir le jour paraîtra. En ce » jour-là des eaux vives sortiront de Jérusa- » lem. »
L'explication de cette prophétie n'est pas difficile. Le jour de la mort de Jésus-Christ, l'éclipsé , qui dura dans sa totalité pendant trois heures, flt qu'il fut vrai de dire alort
(1) Amos , VIII , 9 et $uhr. Voy. S. Jérôme sur c* endroit , liv. 3*
12) Zacharie, XIV, 7.
330 PART. î , SBCT. 11 , CBXP. I, S xv"l-
qnW n'était ni jour ni mit» 11 n'étail pas jour, puisque les ténèbres étaient répandues par toute la terre: il n'était pas nuit, puisque le soleil, bien loin d'être epuchè, était qu, milieu de sa course. Et vert lç soir, le jour parut , c'est-à-dire , à trois heures gprès midi. Mt en ce jour- là des eaux vives sortirent de Jérusalem! car Jé9us-Chrlst ayant été, aussitôt après sa mort, percé d'une lance, Il sortit de son côté de l'eau et du sang pour laver tous les péchés des hommes.
B. Y a-trll quelque auteur païen qui ait parlé de cette éclipse miraculeuse?
Quand aucun d'eux n'en aurait fait mention, le fait ne laisserait pas d*ètre incontestable* L'autorité des évangéltsfes , qui l'ont rapporté dans un temps où un million de témoins jrrê* prochables pç l'ont pascoqtesté , est au-dessus de toute exception. Mais Tertullien, faisant l'apologie de là religion chrétienne devant (es empereurs romains, au second siècle, soutenait que la mépioire de cette éclipse était pooservée dans les archives de Borne 0>; frt Dieu a permis qqe lea ftaïew ei* aiçnj y&Wt
fiWégpn , franchi de -l^pere^r Adjl^Or?
composé, entre autres choses, un ouvrage divisé en seize liyares, m H *é£p* ce qui s'est
(I) Yoy. Tertull. apul. ch. 21/
DB JÉSUS-CHïmT. 831
passé de plus considérable dans le monde , depuis le commencement desolyrrtp fades jusqu'à son temps, c'est-à-dire, jusqu'à l'an 137 de Jésus-Christ. Or, darts le treizième livre de cet ouvrage , il dit, 4u'en la quatrième année de la 202* olympiade, c'est-à-dire, la propre année de la mort de Jésus-Christ, il y eut une éclipse du soleil, la plus grande qu'on eûtjamais vue ; en sorte qa'oh vit les étoiles en plein midi, il ajoute que cette éclipse fat sutvlë d'un grand tremblement de terre. Tallus, autre écrivain païen, parle encore de cette éclipse dans ses histoires, au rapport d'Africanus , écris vain du troisième siècle (1). '
n. Rapportez-nous présentement les mer* veilles qui arrivèrent après la mort de Jésus- Christ?
n. Le voile du temple , qui séparait le sanctuaire d'avec le lieu saint, se déchira en deux, pour marquer que le ciel allait être ouvert au tl hommes; que Jésus-christ allait entrer, pa¥ sa mort, dans le véritable sanctuaire1; que tes
(1) Voy* sur cela Eusèbe dans sa chra Pan 33 fle Jésus-Chrisl; S. Jérôme, sur la çhron. d'Eusèbë ;.te* P. Pélau, doctr. des temps, liv. 12, ch. 21 ; Ml d# TiWémoot, note 30 sur Jésus- Christ et la .vie de Pémpcr. Adrien, § 18, et la démonslr. évaugl de M« Httel ; le Uv. de M* Ferrpûd v eeroposé pour* «l'explication des prophéties de Jacob et de Daniel* etc>
832 PART. I, SHCT. Il, CBAP. I, S XTIIU
ombres de la loi allaient finir, et que les temples des Juifs de toute la nation juive allaient être abandonnés (1 ).
2.° La terre trembla , les rochers se fendirent, les tombeaux furent ouverts , plusieurs morts ressuscitèrent, et furent vus à Jérusalem. C'était l'effet de la mort du Messie, qui nous devait donner la vie (2).
/>. Est-ce avant ou après la résurrection de Jésus-Christ, que ,les morts, dont il est parlé dans les évangélistes , ressuscitèrent ?
R. Les sentiments des interprètes sont partagés Jà-dcssus. Néanmoins la question paraît décidée par saint Matthieu, qui dit que ces morts ne sortirent de leurs tombeaux, qu'après la résurrection de Jésus Christ: et saint Paul appelle Jésus-Chrisi le premier-né d'entre les morts, les prémices des morts (3).
X>. Les saints qui ressuscitèrent alors , entrèrent-ils ensuite avec Jésus-Christ en corps et en âme dans le ciel, ou moururenWIs une seconde fois?
(1) Ilëlir. IX , 8 ; S. Ambr. sur le ch. 23 de S. Luc, liv* X, n. 128; S. Cyrille de Jérusalem , calccln 13, n. 16, etc.
(2) Voy. S» Léon , sërnw 2, sur la passion , qui est le 51 , chap. 2. .
(3) Matin. XXVII, 52 el 53; 1, Cor* XV, 20 ; voyez les iulei'|ircies. *. r * «. 1
/f. Saint Augustin a cru qu'ils moururent de nouveau , et que cette résurrection ne fut que passagère. Quelques Pères de l'Eglise sont d'un autre sentiment; la chose est fort incertaines).
IK Ces prodiges ne flrent-ils aucune impression sur ceux qui en furent les témoins?
A. te cenlenier qui commandait la garde des soldats romains, se convertit à la vue de ces prodiges (2 .
Les soldats rendirent aussi témoignage à la vérité, et reconnurent que Jésus-Christ était le Fils de Dieu ; mais II y en eut qui se laissèrent corrompre par l'argent des Juifs. Un grand nombre de ceux qui étaient présents au spectacle s'en retournèrent en se frappant la poitrine; mais la plupart des Juifs, et surtout les prêtres, demeurèrent aveugles et obstinés, plus durs en cela que les rochers qui s'étaient tendus, dit saint Léon (3).
(t) Voj. les interprète*, et S. Aug. lelt. 164 ou 00, à Evodius , n. 9 et 14; S, Thomas , 3. partie j question 53 , in corpore.
(2) Yojr. sur cela S, Chrysost., bom. 30, sur S. Matin. M. de Tillémout, vie de J. C. art. 21, et note 38.
(3) Serai. 66, qui est le 17. sur la passion, ch. 3.
331 HRT. I, SECf. 1! , CU. It S XIX.
S 19. Pourquoi ei pour gui Jlésusf Christ est mort sur la croix. Comment il « satisfait à Dieu par sa mort* Fruit de cette mort.
D. Pourquoi Jésus-christ a-rMl voulu moa-^ ri r (Tune manière a^si ignominieuse et tyissi qruelle, qu'était alors le supplice de la cro|x?
/t. H a chois! ce genre de mort, l.© pour nous fyjre sentir plus vivement l'qnqripH^ <|ii péché pour lequel II mourait ;
2,o pqur guérir l'orgueil, la sensualité, la curiosité de l'homme, c'esM^re, les trois sources empoisonnées de tqw les péché* (1).
Z>. Pour q uels péchés Jésus-Christ est-il mort?
fl. pour les péchés d'Evç $\ d'Adarrç, et pour ceux de tous leurs de$cçn<foot*U e?t iport pour tws. il * offert sqn sang à sou Wre W Mitftta tion des péchés de tous les hqnaipes > depuis lo commencement du monde jusqu'à la fin; c'est pourquoi II est la Sauveur de tous lea hommes (2)*
D. Si Jésus-Christ a satisfait pour tous Tes péchés des hommes, ne sembtc-t-H pas que leg,
(!) Voy. 5. ÀvÇnWP* 20t t qui est le 3. %ur la tète de l'Epiphanie ; ou l'auteur du sermon 31 , dç tempore , n. 2, à la fin,
(2) Voy. 2. Cor, V, 14, 15; t. Timot. II , 4 et IV, 10;l,J<aQL,II,2.
pèchent s ne doivent plus être pnnls éterneïlèirientpour aucun péché? - !S -
il. a La conséquence n'est pas juste : car » quoique Jésus-Christ soit mort pour tous , » tous néànmoins ne reçoivent pas le fruit » dé sa mort, dit le concile de Trente; mats * ceux-là seulement h qui le mérite de la » passion de Jésus-Christ est communiqué, ét » auquel le prit de son sang est appliqué. » Or, cette application demande la coopération du libre arbitre de l'homme. Dieu, qui nous a éïréés sans notre coopération , ne nous sauvera pas de même, dit saint Augustin. Jésus- Christ est serhblable â un prince qui a réellement payé lé prix de Ia rançon de tous ses sujets captifs, 4ui Voudront sortir de leur esclavage. Cette rançon, quoique destinée pour la délivrance dé tous , devient inutile à céux qui Volontairement préfèrent leurs chaînes à la liberté m ledrést offerte. Jésus-Christ, selori saint Jean , est la véritable lumière qui éclàtré tout homme sur la terre; et selon les saints Pérès,// les éctaire autant qu'il eslen lui .c'est, a-dtre que rienne ^langue de saparliPourgu>m puissent marcher dans la lumière : mais comme lia lumière du soleil visible esl inutile à celui gui ferme volontairement les yeux du corps > ainsi la lumière du soleil de justice ne dissipe point les ténèbres de ceux qui résistent à ses gnt-
336 PART. 1, SBCT, II, CHMVi, S xix.
ces, et qui refusent de se servit* des moyens qu'il a clioisis pour leur appliquer le prix inûnl de ses satisfactions. C'est pourquoi saint Jeçn ajoute , que la lumière était au milieu du mande, sans que le monde l'ait connue , et que les Aommes n'ont point reçu leur libérateur ; mais que ceux-là seulement qui l'ont reçu ont été faits enfants de Dieu ( 1 ) .
V. La satisfaction de Jésus-Christ était-elle absolument nécessaire ?
H. oui; car si un Homme-Dieu n'eût satisfait pour nous , nos péchés n'eussent jamais été effacés Une personne qui n'eût point été d'une dignité infinie, n'eût pu offrira Dieu qu'une satisfaction Unie, et par conséquent insuffisante pour apaiser la colère de Dieu, il fallait une satisfaction d'un prix infini, une satisfaction d'un Dieu-Homme, pour expier une offense faite à Dieu par les hommes; offense que la majesté de la personne offensée rendait inflnie (2). *./
(1) Concile de Trente, sect. 6, ch. 3 de la justificat. Jean, ch. 1; S. Jean Cbryso*tome , horaél. 8, sur 8. Jean. S. Cyrille d'Alex, liv. | , sur S. Jean , cb. 11 ; S. Ambr. serra. S, sur le ps. US.
(2) Voy. S. Aug. serra. 1 sur le ps. 48, n. 8 et 1 1$ S. Basile , sur le môme ps. 8. Cyrille, liv. 4 , sur S. Jean, cb. I, 29, et S. Léon* leur. 24 ou 10 , a Flavien,à la fin du ch. 1; S. Thomas , partie 3^ quest. 1 , art. 2, ad secundum , etc.
de JéstJS-ciriusT. 337
D. Dieu ne pouvait-il pas pardonner aux hommes, sans exiger d'eux, ou pour euxj aucune satisfaction ?
R. Nous pouvons croire que Dieu Petit pu, s'il l'eût voulu: car il est le maître. Mais il a mieux aimé prendre la vole que sa sagesse a Jugée la plus convenable pour satisfaire a sa justice, il est de l'ordre de cette justice souveraine, que tous les péchés soient punis. SI Dieu nous eût pardonné, sans exiger aucune satisfaction , sa miséricorde seule eût éclaté ; mais la justice, Inséparable de la miséricorde , n'eût pas été satisfaite. La satisfaction infinie de Jésus-Christ, qui s'étend à tous les péchés et à tous les temps , fait éclater tout à la fois la miséricorde en nous pardonnant , et la justice en la satisfaisant par la hiort précieuse que le juste à voulu souffrir pour les pécheurs ; mort qui est plus que suffisante pour expier les péchés de tout le monde lv.
D» Quand nous disons que Dieu à souffert pour nous, est-ce à dire que la nature divine à souffert?
R. Non. C'est la. nature humaine, unie à la personne du Verbe , qui a souffert, et non pas la nature divine , qui ne pouvait ni souffrir, ni
(I) Hébr. Xct l; Jean, II, 2; S. Grog. liv. 17 des Mach. sur Jub , ch. 18 ; S. Léon , ithU eic.
33$ part. if Nm* Ui mi* i , S
mourir, wti* ^nipn, decesd^ux natures en la personne du Vei»h8 , fait q«e l'en attribue la mort et la passion à Dieu , et qu'on 4M simple^ m*at : Dieq a atmffeft, nien es* -mp*t Pimr nous (l)f
z>. Gomment ^èsusTChç^t a- WJ eattefoitiiftiir nos péchés y
R* En souffrant , eopime homme , les tqqrroents et la mort que nof péchés, méritaient , et donnant, comme Dieu t m prix infini à srçs souffrances
Qnefc bienfaits, Jésus^rlst nous «hHI
procurés par s^ mort ?
iï. l.o U npus a lavés de nos péchés (3) * ty \l npm 3 délivrés de Tesctov^go du dé*
mw, sous lequel nous $émi$$iQu*, (et de$
peines de L'enter que çqus avions méritée^ (4) j S." U nous a ouvert, Ventrée du. ciel, qqi noua
était fermée depui^le péché (5) ;
(0 Voj. t^ipipe* \\, fyS* A*ig. W*>< W», <fc ifitnpwç s $• l***oa » ..
(2) Voy. S. Léon , et lettr. 13 J pu 97 ^ à l'emp. Léon ,ch. 5.
(3) Rom. 111,25,- Coloss. I, 14,20, etc., et H, 13, etc.; Apocalyps. ï, 5.
(4) Jean XII , 31 ; S. Augè traité 52 , sur S. Jean , n. 7 et 9 ; S. Léon, sermon U de la Passion, qui est le 60 , <-hap. 3. ,
(5) llébr. V, 9; IX, 8, et X, 19.
M* rtrtus-eirttf**. 38»
4.» If nous a donné fe meéèïe de toutes les vertus, par 1<1 pratique desquelles neus pouvons arriver au ctel (f) ;
5.0 il nous a mérité toutes lés grâees qui nous sont nécessaires pour pratiquer ces vertus*, et pour arrive^ à la vie éternelle j car sans lui nous ne pouvons rien faire : et toutes cés grâces sont, comme nous l'avons dit, le fruit de
sa mort (2).
1). N'y avait-il pas, dans l'ancienne loi, quelque figure des grâces et des mlçéricordeà que Jésus-Christ a procurées par sa mort?
j?.0UL Dieà àvaft ordonné qu'il y aurait, dans toute la Judée , des villes qu'on nommait de refuge, où se retiraient et vivaient en asile/ et comme en exil , Jusqu'à la mort du grandprêtre, ceux qui avaient comrai* quelque mearf trft invatantftire- Aussitôt qtoe le grand- prètfce était mort, ces réfugiés avaient plotop liberté. Fl^re ejççcUçnte flç IWqù vivant Je* hommes justes sur la terre , ^nt la rflort (Jq J&iA?* Christ, le vrai pontife , dont le grand-prêtre de ftinciennè loi était la figure (sy.
(1) Voy. S. Aug, lin de la véritable religion ^cb#' 16,o. 31 cl 32.
(2) Rom. 5 ; Jean , XV , 4 , 5 ; Colos». ï , 22.
(fc) Voyez les Nombres , ch. XXXV , il ei siiiv. 8. Jérôme, liv. 2, contre Jovin, pag. 549, ëiiiu dé' Paris, de 1609, iu-fol. lome 1 , el hv. 1 , contre Hs
340 PART» I, SECf. n9 CBàPf I, S
2.° L'immolation de l'agneau pascal , du sang duquel les portes des Hébreux furent leintes , les délivra de la mort, les fit sortir de l'Egypte, et devint, comme nous Pavons dit (i), la figure des effets de la mort de Jésus-Christ ,ie véritable agneau, qui ôte les péchés du monde 2).
Nous parlerons ailleurs du jubilé des Juifs, qui et ilt aussi une f gure des grâces que Jésus-Christ nous a faites par sa mort (3 •
D. Outre ces Cgures , les prophètes n'avaientils pas aussi prédit les grâces que Jésus-Christ nous a procurées par sa mort?
J?. Oui. On n'a qu'à lire entre autres le cinquante-troisième chapitre d'/saïe,et le neuvième chapitre de Daniel , ci-devant rappor-
tés (4).
§ 20. Descente de l'âme de Jésus~Chrl*l aux enfers. Ouverture de ton côté. Sépulture de son corps. * .
D. Qu'entendez-vous quand vous dites qae Jtsus-Christ est mert?
pélag. pag. 814, tome l; S. AmbMiv. de la fuite du siècle, eh. 2 d. 5 et 13 ; Théodore! , quest. 50, sur le* Nom n.
(1) SecLI,cb. 4, § S.
(2) Jean, I, 29.
..(3) Voy« le litre des indulgences dans la 3. partie de cet ouvrage, sect. I, ciiap. V7§ 18 19 el 20. (4) Vojr. le $ 17 de ce chap.
' DK JÉSUS-CHRIST. 341
R. J'entends qu'il est arrivé à Jésus- Christ ce qui arrive à tous les hommes qui meurent ; son âmé s'est séparée de son corps.
D. La divinité se sépara-t-elle aussi du corps ou de l'âme de Jésus-Christ après sa mort ?
R. Non. La nature divine a toujours été unie au corps et à Mme de Jésus-Christ ; et elle n'a Jamais pu en être séparée par la mort i).
IK Où alla IMme de Jésus-Christ, quand elle fat séparée de son corps ?
il. Elle descendit aux enfers , c'est-à-dire , comme dit saint Paul , aux lieux bas de la terre (2).
1). Qu'entendez-vous par les enfers , ou par les lieux bas de la terre , ou Jésus-Christ descendit ?
A. Ce mot peutavoir plusieurs significations.
l.o Selon l'idée la plus commune, on entend par le mot d'enfer, dans les livres du nouveau Testament, le lieu où les démons et les réprouvés souffrent les supplices éternels (3).